mercredi 18 février 2015

Dis, Quand Reviendras-tu ?

Dis, Quand Reviendras-tu ?

Chanson française – Dis,Quand Reviendras-tu ? – Barbara – 1962





Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi.






Voici, Lucien l'âne mon ami, la chanson dont je t'avais entretenu l'autre jour, quand je déposais ici-même la version française du « Train de Soldats », le Soldatenzug [[49050]] de Juliane Werding et où je proposais :
« de lui adjoindre, la chanson de la femme qui attend depuis longtemps… C'est en quelque sorte la suite. Une suite possible, il en est d'autres… Je te le dis tout net : pour moi, il n'est pas possible que les Chansons contre la Guerre (CCG) passent à côté de cette merveille : « Dis, quand reviendras-tu ? » et d'ailleurs, je m'en vais leur envoyer prochainement. » C'est donc ce que je fais .


Et j'en suis bien content, car j'ai toujours eu un faible pour cette chanteuse sentimentale. Pour tout t'avouer, elle me fait souvent pleurer sans que je sache trop pourquoi. Elle me prend aux tripes et j'ose imaginer qu'il en est de même pour toi…


Ah, tu me connais bien, Lucien l'âne mon ami. Et là, permets-moi de te le dire, tu as tapé dans le mille. Surtout pour cette chanson-ci qui bien des années après, réveille encore une lointaine, mais profonde, blessure. Il y a des rivages dont on ne revient jamais. Passons. Je l'avais citée à propos de ce soldat qui partait se faire tuer quelque part dans la Somme ou sur l'Yser ou au pied des Vosges dans la Champagne crayeuse… Certes, celle-ci n'est pas nécessairement une chanson de soldat et elle ressemble plus à une histoire d'amour. Mais pourquoi donc les jeunes soldats n'auraient-ils pas des peines de cœur, pourquoi donc ne reviendraient-ils pas au printemps pour parler d'amour ? Beaucoup se le sont figuré… et quatre longues années de suite – pour les survivants. Combien – à raison – n'ont-ils pas pensé que la Guerre était par sa nature-même du « temps perdu ». Et puis, qu'on écoute cette voix descendue de l'Olympe ou de lointaines galaxies. Combien de poilus ont rêvé dans leur trou à rats d'entendre leur amie leur susurrer quelque chose qui ressemble à cette chanson (qui bien évidemment, n'existait pas encore, mais qu'importe !), ne sachant même pas s'ils en reviendraient vraiment. Combien n'ont-ils pas échappé à la folie en ressassant ce rêve étrange et pénétrant... :

« Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris. »

Mais soit, ce n'est pas une chanson de soldat, ni de guerre… Disons que c'est une chanson d'amour, une chanson du temps de paix, mais quoi, n'avais-je pas dit l'autre jour : « Les plus belles chansons contre la guerre sont des chansons de paix. ». J'arrête là, je suis atteint d'une crise de lyrisme…


De toute façon, Marco Valdo M.I. mon ami, que le grand Orwell nous entende, les chansons de paix sont les meilleures des chansons contre la guerre. Il vrai cependant ( Que le grand Orwell nous entende !) que la paix et la guerre sont une seule et même chose du moins tant qu'il y aura des riches, des richesses et des ambitieux et des ambitions, de l'avidité dans l'air et des arrivistes pour grimper au cocotier du pouvoir. Comme d'ailleurs, tu l'as montré ici même des dizaines de fois quand tu évoquais la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]]. Alors, écoutons Barbara et s'il faut pleurer sur nos plus beaux souvenirs, pleurons une bonne fois et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde bouffi de pouvoir et d'argent, mercantile, brutal et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti ?
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour.
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus ?

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois.
À voir Paris si beau en cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus ?

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...


TRAIN DE SOLDATS

TRAIN DE SOLDATS


Version française – TRAIN DE SOLDATS – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Soldatenzug – Juliane Werding – 1994
Paroles et musique de Juliane Werding et Andreas Bärtels


Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement





Une chanson qui raconte le départ du soldat pour la guerre… Un soldat parmi tant, le simple soldat, quoi… Comme dans l'Histoire du Soldat [[7366]]. Il en est beaucoup d'autres de ces chansons du départ [[8755]]. Je propose de lui adjoindre, la chanson de la femme qui attend depuis longtemps… C'est en quelque sorte la suite. Une suite possible, il en est d'autres… Je te les dis tout net : pour moi, il n'est pas possible que les Chansons contre la Guerre (CCG) passent à côté de cette merveille : « Dis, quand reviendras-tu ? » et d'ailleurs, je m'en vais leur envoyer prochainement. D'ailleurs, Barbara a déjà ici une chanson qui pourrait elle aussi être une suite à celle-ci ; elle s'intitule : « Veuve de guerre » [[313]]. Elle conte l'histoire d'une jeune femme qui a perdu son premier amour, son premier amant, mort au front à 19 ans et aussi celle des autres amants qui suivirent, morts eux aussi au front… et de la vie qui continue.


À moi aussi, qui suis un âne, un très vieil âne, ce « Dis, quand reviendras-tu ? » me crève le cœur.
Alors pour en revenir à la chanson de Werding, elle donne très exactement l'envers du décor des trains fleuris, enrubannés qui de Berlin allaient « Nach Paris ! » et les antagonistes qui de Paris allaient « À Berlin, à Berlin ! », véhiculant des milliers et des milliers de candidats cadavres inconscients. Les femmes, elles, n'étaient pas si aveuglées par la gloire et la patrie ; elles voyaient bien qu'on leur prenait leurs hommes…


Écoute, Marco Valdo M.I. mon ami, moi, je déteste ces trains-là, ces trains à soldats ; ces convois pour l'abattoir, présageant d'autres convois (comme celui qui emmena Joseph, le Dachau Express [[8756]], ce train à soldats, mais à soldats trahis) qui s'en iront plus tard, pour d'autres abattoirs. À partir dans les fleurs et les flonflons, il y eut aussi des bateaux, des avions et même, des régiments à pied. J'ai hâte d'entendre la chanson et puis nous reprendrons notre tâche et nous tisserons le linceul de ce vieux monde va-t-en guerre, mortifère, militaire et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Il était temps
De rejoindre le train
Un été ardent
Était passé.
Sa main tenait sa main.
Mots chuchotés
Doucement dans le vent envolés.
Stop pas de larmes,
Car tu verras bientôt que
Nous deux, rien ne peut nous séparer.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.

Elle l'enlace subitement.
Tu pars si longtemps.
Pas de paroles,
Juste un « ne m'oublie pas » timide.
Le train s'ébranle.
De la main, il lui fait signe.
Son rire est plein de sûreté.
Stop pas de larmes,
Car tu verras bientôt que
Nous deux, rien ne peut nous séparer.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Elle sut qu'il ne reviendrait jamais
À la maison.
Elle savait qu'il ne reviendrait jamais
À la maison.

lundi 16 février 2015

NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS !


NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS !

Version française – NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS ! – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Nein, meine Söhne geb' ich nicht ! – Reinhard Mey – 1986



Non, je ne donnerai pas mes fils !
Ils ne marcheront pas dans les rangs et ne se battront pas jusqu'à crever
De froid dans un champ perdu, quand vous vous prélasserez en coulisse.





Sûrement la chanson pacifiste la plus connue de Reinhard Mey, le grand auteur-compositeur allemand malheureusement généralement méconnu en dehors de l'Allemagne. La même grande force rebelle et antimilitariste que le Déserteur, mais cette fois vue du point de vue d'un père qui se refuse de délivrer ses fils à l'armée et à la guerre et les fait déserter en se déclarant disponible à fuir avec eux (et il ne faudrait jamais oublier que la chanson a été écrite en Allemagne ; laquelle, contrairement à l'image stéréotypée qu'on en a, est très probablement, actuellement et depuis la fin de la IIième guerre mondiale, le pays où le pacifisme et l'antimilitarisme sont le plus répandus). Vraiment une chanson à encadrer.



Je pense, je vous écris, je vous dis définitivement aujourd'hui.
Il ne vous faudra pas longtemps pour savoir que j'ai deux fils.
Que j'aime tous les deux, dis-je, plus que ma vue, que ma vie,
Et ils ne porteront pas les armes ! Non, je ne donnerai pas mes fils !

Je leur ai enseigné le respect de la vie, de chaque être comme valeur la plus précieuse,
Je leur ai appris la pitié et le pardon partout et toujours, à mes fils.
Maintenant, ne les abîmez pas avec la haine ; nul but, nul honneur, nul service
N'est digne que l'on tue ou que l'on meure ; non, je ne donnerai pas mes fils !

Ce n'est certes pas pour vous que dans la douleur, leur mère les a mis au monde ;
Ni pour vous, ni comme chair à canon. Ni pour vous, toutes ces nuits de fièvre
Où je me désespérais auprès du petit lit. Où je séchais leur petit visage lisse
Jusqu'à sombrer d'épuisement. Non, je ne donnerai pas mes fils !

Ils ne marcheront pas dans les rangs et ne se battront pas jusqu'à crever
De froid dans un champ perdu, quand vous vous prélasserez en coulisse.
Mon devoir sacré de père est de protéger mes enfants de tous les dangers,
Et donc aussi de les protéger de vous ! Non, je ne donnerai pas mes fils !

Je leur enseignerai la désobéissance, la résistance et la ténacité,
À se révolter contre chaque ordre et à ne pas se courber devant l'autorité
Je leur apprendrai à suivre leur chemin, à ne s'incliner devant aucun artifice,
Aucun tribunal, si ce n'est leur conscience. Non, je ne donnerai pas mes fils !

Et, je m'enfuirai avec eux, plutôt que vous n'en fassiez vos esclaves.
Avec eux, j'irai à l'étranger, pauvres et comme des voleurs devant la justice.
Nous n'avons que cette courte vie, je le jure et je vous le crache au visage,
Ils ne sombreront pas dans votre hystérie. Non, je ne donnerai pas mes fils !

GUERRES SAINTES

GUERRES SAINTES



Version française – GUERRES SAINTES – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Von heiligen Kriegen – Reinhard Mey1967
Paroles et musique de Reinhard Mey






Chanson remontant un demi-siècle, mais – vous en conviendrez – encore plutôt actuelle…


Le commentateur italien qui nous a précédé a bien raison, cette chanson est toujours d'une grande actualité.


Un peu comme l'érotisme à Copenhague [[49024]], sujet à partir duquel j'ai écrit une chanson : « Sois islamique ! », pas plus tard qu'hier à la suite d'un acte imbécile, dément et criminel, commis au nom de la « Guerre Sainte », précisément. Donc, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson sur la « Guerre sainte », « Djihad », comme la nomment certains furieux prophétiques. Elle date d'il y a un demi-siècle ; elle aurait pu être écrite bien avant car on n'a jamais manqué de délirants assassins fauchant leurs contemporains au nom d'entités nébuleuses Dieux, prophètes, livres et autres babioles ; entités fantômes dont ils usent pour justifier leurs penchants au sadisme. Ce qui, par parenthèse, permet de différencier les tenants d'une croyance :d'un côté, l'ensemble des croyants qui se contentent de croire et gardent leur croyance en eux-mêmes et de l'autre, ceux-là qui relèvent de la psychiatrie clinique. Ainsi, la chanson a été écrite en allemand par un Allemand, qui – composant aussi en français – aurait sans doute dû la traduire lui-même. Sans doute, l'a-t-il fait Mais je n'en ai pas trouvé de traces. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi Frédérik Mey (nom que se donne Reinhard Mey quand il chante en français) ne l'a pas mise à son répertoire.


Si je comprends bien, Marco Valdo M.I. mon ami, tu en as fait une version de ton cru.


En effet, je voulais me faire une idée de ce qui y était dit et je suis très content de ce que j'ai trouvé. Car, elle raconte trois guerres saintes – toutes aussi stupides l'une que l'autre : la première relate l'expansion de l'Islam, la seconde les Croisades, la troisième la Guerre de Trente Ans (et c'est une durée très sous-estimée) qui ravagea l'Allemagne et l'Europe centrale et qui je te le rappelle opposait les catholiques aux protestants. Et la chanson un rien sceptique, ou carrément mécréante, pose la vraie question : en quoi une guerre est-elle sainte ? J'ajouterais volontiers : en quoi une guerre sainte est-elle saine (d'esprit) ?


Là, tu as bien raison, c'est le cas de le dire. Il y a lieu de poser autrement la question. On ne peut, sauf en usant d'un sens figuré, poser sérieusement la question de la sainteté ou de la non-sainteté d'une guerre ou de quoi que ce soit ; car la sainteté, cela n'a aucun sens dans le réel. Par contre, on peut se poser la question de la santé mentale de ceux qui croient et qui, à partir de cette prémisse, édifient un univers fantasmatique, où ils abritent d'étranges entités qu'ils déclarent sacrées. Des gens qui à partir de là, veulent imposer leurs fantasmes aux autres humains et en cas de refus d'obtempérer, les massacrent à tour de bras. Tel est le sens de la guerre sainte, chose que nous les ânes, nous nous refusons à pratiquer.


Certes, mais c'est bien là le nœud, seuls les humains sont assez complexés pour vouloir imposer au monde pareilles sornettes. Cela dit, on aurait pu ajouter aux joyeuses tueries qui en découlent, celles qui ont été pratiquées au nom de croyances sans dieux, sans Dieu, sans entités anthropomorphiques désastreuses. En fait, vois-tu, le vrai problème, c'est la croyance elle-même qui est une drogue dangereuse. Elle rend fou celui qui l'absorbe. Ce qui est réjouissant dans cette chanson, c'est qu'elle rappelle que l'humanité a déjà connu pareilles mésaventures et qu'elle en est venue à bout.


Concluons ici : Ni Dieu, ni maître, ni guerre … et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde malade de la croyance, calamiteux, massacreur et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



On a appelé au Djihad, à la guerre sainte
Et on a été de Médine et La Mecque
Au berceau chrétien, en Palestine,
Et puis, jusqu'à Tunis et en Espagne
Avec des oriflammes, des épées et des choses semblables
Porter le salut de l'islam aux hommes.
On a remplacé la croix par le croissant
Et on a pendu les mécréants.

Ça n'a pas laissé indifférents les chevaliers de la Croix
Et autour de l'an mil, ça y était
On partait là avec chevaux, armes et bagages
À la croisade, au sacré carnage
Avec le feu et l'épée, cette fois, on y allait
Pour libérer des Turcs et des Sarrasins, la sainte patrie
Et celui qui ne put fuir la victoire de la Croix
Par l'épée fut coupé en deux parties.

Pourquoi fait-on toujours la guerre aux mécréants
Ou contre une autre religion ?
On ne peut quand même pas supporter de tels hérétiques !
Alors, on fait la guerre au nom de la confession
Avec Wallenstein, Tilly et l'Empereur germanique.
On brûle les maisons des protestants
Et ceux-ci assassinent vieux ou jeunes
En réplique à la furie suédoise d'avant.

Aujourd'hui encore, on appelle à la guerre sainte
On y va en mots et en actes
Et tous au ciel montent en triomphe.
Mais dites-moi, en quoi une guerre est-elle sainte ?


dimanche 15 février 2015

Dans les rues de Varsovie

Dans les rues de Varsovie

Chanson française – Dans les rues de VarsovieJean Arnulf – 1966


Où sont passés, dis-moi
Les rires sur les chevaux de bois ?




Il faut juste rappeler (rue du Souvenir) que Varsovie ( et sa population) avait été détruite quasi complètement au cours de la guerre. Elle fut rebâtie – pour une part, pour une part seulement à l'identique. Mais en grande partie, Varsovie des années 60 ne se ressemblait plus ; elle n'avait plus les charmes de la Varsovie d'avant-guerre. Les rues se regrettaient elles-mêmes ; elles pleuraient leur ancien visage.



Un soir, je marchais dans les rues de Varsovie ;
Rue du Souvenir, un soir
L'été était triste à mourir, un soir
Pleuraient encore les rues de Varsovie
Rue du Souvenir, un soir
Varsovie pleurait dans le noir.

Là-bas tout a changé, c'est oublié
On va danser avec l'été
Pourtant l'été là-bas
N'a plus tout à fait le goût d'autrefois
Où sont passés, dis-moi
Les rires sur les chevaux de bois ?

Ce soir, je me souviens des rues de Varsovie
Aux Champs-Élysées, ce soir
Où l'hiver vient de commencer, ce soir
Je le trouve trop indécent, Paris
Dans ce grand café, le soir
On porte le luxe en sautoir.

Là-bas tout est cassé. Pour oublier
On va danser, le pied léger
Mais le cœur n'y est pas
Et l'été n'a plus le goût d'autrefois
On n'ose plus, je crois
Rire sur les chevaux de bois.

Là-bas, chagrin de guerre ne finit pas.

samedi 14 février 2015

Sois islamique !

Sois islamique !

Chanson française – Sois islamique – Marco Valdo M.I. - 2015







Aujourd'hui, Lucien l'âne mon ami, ils ont remis ça. À Copenhague, cette fois ! Alors, je me suis dit, écrivons une chanson. Car nous, notre façon de dire les choses, c'est la chanson. Et aussi, de dire les choses sans détour.


D'accord, excellentes manières. Mais, qui a remis ça ?


Des tueurs se référant à je ne sais quel prophète ou à je ne sais quel Dieu que personne, à part les croyants eux-mêmes dans leur croyance, n'a jamais vu, ni entendu, ni rien. Néant absolu. Donc, ces tueurs ont été mitrailler une réunion où on discutait de la liberté d'expression. Ces gens-là se réclament, disent-ils, de l'Islam. C'est leur choix, c'est leur propre détermination. Dès lors, on ne saurait éluder pareille appartenance, qui est le premier moteur de leurs actions. D'autres qui se réclament tout autant de l'Islam, prétendent leur dénier ce droit. Mais c'est une affaire entre eux. Les faits sont là : des tueurs délirants tuent des femmes, des enfants, de hommes, des jeunes, des vieux, vendent des êtres humains, les brûlent, les décapitent… et veulent ainsi semer la terreur. À commencer par les gens d'Orient et d'Afrique… En ce compris, ceux qui se réclament du même Dieu et du même prophète. Ici, en Europe, ils procèdent un peu différemment, quoique le but soit le même : créer un climat de terreur et cultiver la haine. Ce sont des haineux … C'est évidemment une manière de faire qui relève de la propagande. Le pseudo-doktor Goebbels usait déjà de pareilles méthodes. À l'époque déjà, certains recommandaient le silence face à la menace pour ne pas l'aggraver. On a vu où cette pieuse attitude a mené le monde. Il n'y a donc pas lieu de taire les choses et il convient de dénoncer les tueurs et leur stratégie.


Marco Valdo M.I. mon ami, je reviens un instant sur cette étrange hostilité qui les habite à l'égard de la liberté d'expression, dont ils pourraient user pour défendre leur point de vue. À croire que cette liberté est un danger mortel pour leur cause.


Et pour cause… Elle l'est et ne peut que l'être pour des gens qui croient que – par exemple – la parole d'un Dieu est sacrée, ou l'image d'un prophète ou que sais-je encore. Cela dit, qu'ils le croient, ça les regarde. Mais ils veulent l'imposer aux autres et c'est là, Lucien l'âne mon ami, c'est là que le bât blesse. Ils ne sont – comme je l'ai évoqué plus haut – certes pas les premiers à vouloir enfoncer leurs croyances dans la tête des autres à coups de livres sacrés, de bâton, de marteau, d'épée, de fusil, de mitraillettes, au besoin en les torturant, les razziant, les assassinant. On a connu ça ici, pour le même genre de furie religieuse, il y a quelques siècles. Mais on avait réussi – plus ou moins, à calmer ce genre de prurit.


Ton rappel historique m’inquiète, car il a fallu quand quelques centaines d'années pour en venir à bout – enfin, disons, à refréner quelque peu les ardeurs des prosélytes. Et tout de même, la chanson ? Parle-moi de la chanson…


Le fondement de cette chanson, c'est de mettre fin à cette valse du politiquement correct qui ne veut pas appeler un chat un chat et un islam, un islam. Les tueurs se réclament de l'Islam ; j'acte le fait. Mais duquel ? Cela dit, je ne suis pas en position et je ne le souhaite pas, de distinguer les diverses formes d'islam et leur plus ou moins grande pertinence islamique. Tout ce que je peux en dire, c'est que ces gens-là disent tirer leur cheminement de l'islam ; ils ont en eux comme une voix qui les interpelle et leur enjoint de tuer les infidèles. C'est du moins ce qu'ils prétendent. C'est ce que raconte le refrain : cette voix parle dans la tête des tueurs. Et la chanson entend bien mettre au ban, ces tueurs – ceux d'ici et ceux d'ailleurs. Voilà tout.


Oui, dit Lucien l'âne en râpant le sol d'un sabot noir. Maintenant, dis-moi, comment l'as-tu construite ta chanson ? Il me semble que c'est une parodie, un genre que tu aimes. Il me semble reconnaître une chanson…


En effet, c'est une parodie. Elle est tirée d'une chanson qui eut son heure de gloire et qui fait encore bien rire aujourd'hui (à condition de l'écouter…), chanson qui elle-même était une parodie. Disons donc, une parodie au carré. Je m'explique. Moi, je suis parti de la chanson des Charlots ; une chanson intitulée : Sois érotique !, où il est question de Copenhague. Elle m'est revenue, car j'avais en tête déjà l'injonction : « Sois islamique ! ». Eussent-ils été catholiques, que le procédé aurait fonctionné aussi bien. Quant à la chanson des Charlots, c'est une parodie d'une chanson de Gainsbourg : Je t'aime, moi non plus. Deux chansons très érotiques… À partir de là, j'ai écrit et vite… Car je voulais qu'elle sorte encore aujourd'hui.


Et tu as bien eu raison. Il n'est pas possible qu'on laisse les tueurs, ces guerriers de la foi poursuivre leurs méfaits sans réaction. Il y a des choses qui ne se font pas et ces manières-là d'assassins sont des choses qui ne sont font pas. Alors reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde trop religieux, trop croyant, trop guerrier et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Je ne sais pas ce qui arrive à la vie
Depuis qu'ils ont flingué à Paris
L'humanité est en danger,
C'est un prophète qui les appelle
À massacrer les infidèles
M'est avis qu'ils sont vachement dérangés
Et pour un peu qu'on les taquine
Ils sortent en tirant leur doctrine.

Sois islamique, sois islamique,
Qu'Il dit, (Qu'Il dit)
Va tuer avec ton fusil (Han, han)
Va tuer avec tes amis (Han, han)
Sois islamique, sois islamique,
Qu'Il dit, (Qu'Il dit)
Et comme le prophète n'aime pas les blagues (Pas les blagues)
Ils remassacrent à Copenhague (À Copenhague)

On a tous pris un abonnement
Charlie est ressuscité maintenant
Depuis, les trucs qu'on bouquine
C'est rien que du sexe magazine,
Sous des prétextes diététiques
On fait de la cuisine hérétique
Et on se demande après manger
Si leur dieu n'est pas enragé. 

Sois islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
V
a tuer avec ton fusil (Han, han)
V
a tuer avec tes amis (Han, han)
Sois
islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
Et
comme le prophète n'aime pas les blagues (Pas les blagues) Ils remassacrent à Copenhague (À Copenhague)

Malgré leurs chantages menaçants
On continue à vivre tranquillement
Avec ça, il n'y a pas plus dévots
On a beau leur dire que c'est idiot
Ils ont des mœurs de plus en plus folles
Au moindre dessin, ils s'affolent.
Ils ne pensent pas, ils croient ;
Ils assassinent au nom de la foi.
.
Sois islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
V
a tuer avec ton fusil (Han, han)
V
a tuer avec tes amis (Han, han)
Sois
islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
Et
comme le prophète n'aime pas les blagues (Pas les blagues) Ils remassacrent à Copenhague (À Copenhague)

Sois islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
V
a tuer avec ton fusil (Han, han)
V
a tuer avec tes amis (Han, han)
Sois
islamique, sois islamique,
Qu'
Il dit, (Qu'Il dit)
Et
comme le prophète n'aime pas les blagues (Pas les blagues) Ils remassacrent à Copenhague (À Copenhague)