mardi 21 novembre 2017

MONSIEUR LE PRÉSIDENT (MOI, JE NE VEUX PAS TRAVAILLER)

MONSIEUR LE PRÉSIDENT

(MOI, JE NE VEUX PAS TRAVAILLER)

Version française – MONSIEUR LE PRÉSIDENT (MOI, JE NE VEUX PAS TRAVAILLER) – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italiennePresidente (io non voglio lavorare)Mercanti di Storie – 2011




Comme tu peux le supposer en lisant le titre et ce qu’il dit entre parenthèses, Lucien l’âne mon ami, c’est la chanson d’un gars qui ne veut plus travailler et qui s’adresse au président pour le lui signifier. C’est une sorte de déserteur, mais du champ de bataille qu’est le travail. Pour ce faire, comme dans la chanson de Vian, le protagoniste écrit une lettre au Président – ici, de l’Italie, mais ce pourrait être de n’importe quel pays et il pourrait s’agir de n’importe quel chef d’État, quel que soit son titre : Président, Roi ou Reine, Empereur ou Impératrice, Rais, Ras, Secrétaire Général, Prince ou Grand-Duc, Duce, Conducator, Caudillo et autres Chefs.


Si je t’entends bien, Marco Valdo M.I. mon ami, il s’agit là d’une chanson inspirée de la chanson Le Déserteur, mais transposée ailleurs et dans la Guerre de Cent Mille Ans où les riches et les puissants imposent par la force le travail aux pauvres, afin d’en tirer les plus amples profits et bénéfices. 

C’est bien ça, Lucien l’âne mon ami. C’est une chanson qui mêle une série de thèmes chers à Boris Vian et Henri Salvador et à des tas d’autres également, mais si je cite ces deux noms, c’est que la chanson est nettement inspirée du Déserteur de Boris Vian et d’Henri Salvador qui interpréta si bien des chansons contre le travail, notamment « Je peux pas travailler », de Boris Vian également et « Le Travail, c’est la Santé ! » . Je raconte ça, car la version française que je présente a rétabli plus nettement cette filiation, notamment par son interpellation récurrente « Monsieur le Président », là où la chanson italienne dit simplement « Presidente » et l’assortit d’une autre titre : roi, empereur, d’où ma précédente énumération.

Si je comprends bien, dit Lucien l’âne, le gars dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas et fait écho à cette allergie au travail qui touche nombre d’entre les humains, surtout quand il s’agit d’un travail mercenaire, d’une activité répétitive sans grand intérêt et même, sans intérêt du tout, comme c’est le cas pour la plupart des « jobs » la plupart du temps, le tout généralement enrobé dans la maxime aussi libérale, imbécile qu’inquiétante qui dit que « Le Travail rend libre » – en langue originale : « Arbeit macht frei ». Mais voyons donc cette chanson et puis, reprenons notre tâche libre et volontaire et tissons le linceul de ce vieux monde zélé, travailleur, actif, créatif et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Monsieur le Président,
Je vous fais cette lettre
Une chansonnette, peut-être
Pour vous dire simplement
Que j’ai décidé
Que le moment est venu de parler.
Monsieur le Président,
Je ne veux plus pourrir,
Je ne veux pas mourir
Pour un patron, pour l’État
Ou en tombant d’un toit.

Je ne veux plus obtempérer,
Je ne veux plus travailler,
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et passer mes journées
Dans les bras de femmes aimées

Monsieur le Président,
Messieurs de l’opposition,
Je vous chante ma chanson
Pour vous dire à présent :
Il faut que vous sachiez
Que j’ai perdu ma mère.
Dans la guerre du travail, mon père
Un jour s’en est allé.
Larmes et départs affligés
J’en ai déjà tellement vécus
Que vraiment, je n’en veux plus.
Je ne veux plus obtempérer
Je ne veux plus travailler
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et passer mes journées
À baiser les lèvres de femmes aimées

Monsieur le Président
Cette chanson-missive
Est une bombe en même temps
Car il faut que je vous dise
Le vôtre et le mien
Est un pays plein
De mondaines, d’incompétents,
De funambules arrivistes
Indifférents, un peu fascistes
Moi, je veux un pays entier
Où on ne doit pas travailler
Pour juste consommer et crever.

Je ne veux pas travailler
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et passer mes journées
Dans les bras de femmes aimées
Je ne veux pas travailler
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et passer mes journées
À baiser les lèvres de femmes aimées

Monsieur le Président, cher ami,
J’en termine ici,
Salut et fraternité !
Et mes respects à votre moitié,
Celle qui est la plus chère
Et majeure, j’espère.
S’il faut verser le sang,
Je vous le dis respectueusement,
Versez d’abord le vôtre,
Monsieur le Président
Et prévenez vos gendarmes
Que je ne porte pas d’armes.

Je ne veux pas travailler
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et passer mes journées
À baiser les lèvres de femmes aimées
Je ne veux pas travailler
Je veux seulement aller à la mer
Je veux seulement aller à la mer
Et si on veut me tuer,
Avec une femme aimée,
On pourra me trouver.


dimanche 19 novembre 2017

Le matin, je m’éveille en chantant

Le matin, je m’éveille en chantant


Chanson française – Le matin, je m’éveille en chantant – Guy Béart – 1960





Comme tu le vois, Lucien l’âne mon ami, c’est une chanson de Guy Béart, qui en a écrit et chanté tellement durant ses 60 ans de chanteur, encore assez loin de Charles Trenet qui en fit 70 ou Charles Aznavour qui pourrait durer plus encore.

Avec Béart,tant c’était l’éternel retour un moment, j’ai cru qu’il resterait sur scène à jamais. Certains ont eu très peur.

D’accord, Lucien l’âne mon ami, cependant, les gens l’aimaient bien, même s’il n’arrivait pas à dételer. Finalement, une défaillance cardiaque l’a emporté. Donc, Guy Béart a eu le temps de faire de bonnes et de moins bonnes chansons. Cette fois, j’ai retrouvé celle-ci qui, à première vue, à voir son titre et son succès de ritournelle, n’aurait jamais de raison de figurer dans les Chansons contre la Guerre et pourtant, je vois deux raisons de l’y présenter : la première, c’est son goût pour l’activité moyenne, autrement dit, une faible ardeur au travail ; la seconde, on la trouve tout à la fin ; c’est même la chute finale où la chanson dit son dédain de la bombe. Vu l’année de sa composition, c’est bien à la bombe atomique qu’il est fait allusion. Quand on sait que Guy Béart était ingénieur, il devait avoir une idée des effets destructeurs d’un tel engin.

Bon, Marco Valdo M.I. mon ami, admettons. De toute façon, elle n’est pas encore tombée celle-là dont parle Guy Béart ; on a une veine de pendard. Qui sait d’ailleurs si elle tombera jamais.

En fait, Lucien l’âne mon ami, on n’en sait rien. Les paris sont ouverts. Certains ont très peur et moi, je ne parierais pas qu’elle ne le fera pas ; il y a tant de va-t-en-guerre en ce vieux monde libidineux.

Dès lors, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons vite notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde pervers, guerrier, militaire, atomique, nucléaire, hydrogéné et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant.
Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant.
Entre temps, je fais la sieste ;
Voilà tout ce qui me reste,
Ou je me fais du café,
On ne se soigne jamais assez.

La, la, la…

Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant.
Le matin, je me lave en chantant
Et le soir, je me baigne en dansant.
Entre temps, je me promène ;
Une activité moyenne
Me conduit à me reposer,
On ne se soigne jamais assez.

La, la, la…

Le matin, on s’embrasse en chantant
Et le soir, on s’enlace en dansant.
Le matin, on s’embrasse en chantant
Et le soir, on s’enlace en dansant.
Entre temps, on se caresse ;
Il n’y a vraiment rien qui nous presse,
On va même se recoucher,
On ne se soigne jamais assez.

La, la, la…

Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant.

Le matin, je m’éveille en chantant
Et le soir, je me couche en dansant.
Jamais je ne m’intéresse
À la bombe vengeresse
Qui un jour fera tout sauter,
On ne nous soigne jamais assez.

mercredi 15 novembre 2017

Le Big Bang : En avant !

Le Big Bang : En avant !

Chanson athée de langue française – Le Big Bang : En avant ! – Marco Valdo M.I. – (15/11) 2017








Le 14 novembre 2017, en soirée, à l’UMONS – Université de Mons en Hainaut, sur la bordure d’une réserve indienne de Wallonie, deux physiciens athées parlaient du monde, des mondes, du big bang, des multivers et de la conscience. La chanson est un reflet kaléidoscopique de cette double conférence. Les physiciens Pierre Gillis et Claude Semay présentaient un livre « Le briquet du Tout-puissant a-t-il allumé le Big Bang ? » (http://www.atheeshumanistes.be/blog/le-briquet-du-tout-puissant-a-t-il-allume-le-big-bang-enfin-le-livre/), où des gens de grande science s’efforçaient de répondre à cette étrange question.
Tout le reste (ou presque) est dit dans la chanson.

Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.


Que le croyant croie,
C’est son droit.
Peu me chaut,
Je n’élèverai pas de bûcher.
J’ai tout ce qu’il me faut,
Je suis athée
De naissance
Et pour toute mon existence.
Le Dieu Athée
M’a parlé.
Lorsque je suis né,
Il m’a dit :
Écoute ceci, petit :
Tu es né homme
Et comme tous les hommes,
Tu es né athée.
Certains ont d’autres idées
Cela n’est rien
Puisqu’aussi bien,
Morts, ils redeviennent athées.

Mais, Athée, dis-moi :
La conscience, c’est quoi ?
Quelle est l’origine ?
Où est l’origine ?
L’Univers ! Ah ! L’univers ?
Théo, t’aurais pas une théorie ?
Il y en a plein des théories
À l’endroit, à l’envers,
Des molles et des dures :
L’expansion de l’univers,
Le périhélie de Mercure,
Les mirages gravitationnels,
Des accélérations de particules,
Des ondes gravitationnelles
Et les quantiques des quantiques,
Les ondes et particules duelles,
Des énergies fantomatiques,
L’effet tunnel éclaireur,
Les supraconducteurs,
Les microscopes électroniques,
Les transistors des ordinateurs
Et les lasers magnifiques.

Matière, matière, matière !
Tout n’est que matière!
Matière ordinaire,
Matière sombre,
Matière noire,
Électrons libres
Et lumière.
Quel âge a l’univers ?

Expansion, expansion, expansion !
L’univers est en expansion ;
Tout peut basculer :
Fond diffus et cosmologie,
Éléments légers,
Courbes et galaxies,
Superamas, surpernovas
Nasa, Cern, Esa.

Inflation, inflation, inflation !
Oh, le bel horizon !
Univers homogène et plat
À l’envers, à l’endroit !
À chacun son univers,
Par les bulles
De Hubble !
L’univers est l’univers
Le chaos éternel fuit
Et s’épand dans son infini
Sans origine
Tel qu'en lui-même enfin l’éternité le change,
Le multivers se décline
En cette voix étrange !
Et nous, nous, nous !
Vivant d’insignifiance,
Un peu n’importe où,
Cernés d’indifférence,
Êtres sensibles
Perdus au milieu de nulle part,
Dans des univers extensibles
De part en part.
Nous, animaux
Jamais à court de mots,
À la raison irrationnelle,
Enfants faits sur le tard
D’une matière rare
Et pourtant essentielle
Avec en prime la conscience,
On exprime, on donne du sens.
Rares et fragiles
Bâtisseurs de villes,
Faiseurs de sciences,
En avant, y a pas d’avance !



lundi 13 novembre 2017

ATTENTION À L’EXTINCTION !

ATTENTION À L’EXTINCTION !

Version française – ATTENTION À L’EXTINCTION ! – Marco Valdo M.I. – 2017
Texte de Salvatore De Siena et Peppe Voltarelli
Musique de Salvatore De Siena, Amerigo Sirianni et Peppe Voltarelli




« Attention à l’Extinction ! », voilà un titre qui parle. Cette fois, Marco Valdo M.I. mon ami, je n’aurai pas trop à me poser de questions à propos du titre de la canzone, ni de peine à imaginer ce que peut raconter la chanson. Disons qu’à mon avis, avec un titre pareil, et sans l’avoir entendue, ni lue, elle devrait parler de la pollution et des dangers qu’elle fait courir à la vie sur Terre.

Eh bien, c’est parfait, Lucien l’âne mon ami, tu as résumé l’affaire. Dès lors, il n’y a pas lieu d’épiloguer longuement. Cependant, deux ou trois choses doivent être remarquées. La première est que la chanson commence déjà à dater – elle est de 2004.

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, 2004, c’était hier.

Peut-être, Lucien l’âne mon ami, mais hier est un concept élastique et en nos temps accélérés, 2004 c’est vraiment lointain. La deuxième remarque est que la chanson suggère de sauver la Terre, ce qui est à la fois, une erreur sur l’objectif à poursuivre et aussi une chose impossible à faire pour les humains. Par contre, les faits qu’elle décrit sont exacts et toujours d’actualité.

Oui, certes, en fait, tu dis tout ça, Marco Valdo M.I. mon ami, mais j’aimerais que tu m’expliques un peu ta position, le sens de tes remarques.

Volontiers, Lucien l’âne mon ami. D’abord, il est vraiment important de comprendre que 2004 est loin de nous et pourquoi. Ainsi, cet éloignement temporel est un fait capital en ces temps où l’accélération de l’anthropocène est exponentielle. Autrement dit – j’ai vu ton regard égaré – en ces temps où les effets des actes des humains pèsent de plus en plus lourd sur la nature terrestre, agissent de plus en plus fortement et de plus en plus vite. Il y a là un processus cumulatif sans commune mesure avec tout ce qui l’a précédé, disons jusqu’au début du 20ième siècle et à partir des années 1980, on est entraîné dans un développement fou et on doit se demander si on pourra jamais l’arrêter. Ses conséquences sont celles abordées dans la chanson, mais en beaucoup plus fort et on ajoutera – par exemple et pour faire bonne mesure – l’explosion démographique humaine, l’extinction ultra-rapide des autres espèces. Bref, la chanson a raison : on est à la veille d’un gigantesque effondrement ; d’ailleurs, il a déjà commencé. Mais il ne concerne pas la planète, elle ne disparaîtra que plus tard et de toute façon, l’homme n’y pourra rien ; le destin des hommes et celui de la vie biologique lui sont complètement indifférents. Elle est dans une autre dimension ; disons, celle des corps célestes. Dès lors, la Terre, son Soleil et les étoiles et la galaxie, et l’univers et, et, etc. s’en foutent de nos petites histoires.

Oh, dit Lucien l’âne, je m’y attendais assez et puis, moi aussi, je m’en tape. De toute façon, à moyen terme, nous sommes tous morts. L’important, c’est de vivre et de laisser vivre. C’est aussi – mais là, on est dans l’optatif, on se donne une vision éthique – d’offrir aux autres humains et aux autres espèces vivantes – à tous présents et à venir, le cadeau hasardeux de la vie, tout comme nous en avons bénéficié, vivants enfants du vivant.

Pour cela, vois-tu, Lucien l’âne mon ami, il faudrait faire quelque chose de tout à fait considérable et nul ne sait si on en aura le temps, la capacité, ni les moyens : il faudrait s’échapper de la planète. L’astrophysicien Stephen Hawking pense qu’il nous reste environ 600 ans avant que la planète soit véritablement invivable. Moi, je ne discuterai pas de la durée, mais le fait est certain que si on veut sauver la vie, le processus vital des vivants – humains en tous cas, il faut s’exiler et très loin. Comment ? Je n’en sais rien, mais c’est la seule issue possible. Préparons donc nos valises.

Pour ce qui est de préparer les valises, les humains ont un certaine expérience, dit Lucien l’âne en riant, mais le fait est qu’il manque le train spécial ou le vaisseau spatial. Pour que cela puisse être, pour que cela soit, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde délirant, criminel, inconscient et cacochyme.

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. 



Attention ! Attention ! La planète est en extinction !
Attention ! Attention ! La planète est en extinction !

Que se passe-t-il sur le monde des humains ?
Bruits assourdissants, cris de désespoir
Les lumières aveuglantes et l’envie de voir
Si on allume les vitrines, ce sont les étoiles qu’on éteint.
Charbon, pétrole, énergie nucléaire
Des sources alternatives, à peine en parle-t-on.
Autos en triple file, usines, béton,
La pollution, la pollution : « À l’aide, on manque d’air ! »

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut rien entendre.

Les fraises et les poires ont un goût de médicament,
Les fruits ne sont pas des fruits, mais alors quoi vraiment ?
Qui sème des pommes de terre récolte des tomates,
Mais qui plante de la marie-jeanne retrouve des patates ;
Celui qui attend des chatons voit naître des rats ;
Les vaches deviennent folles et personne ne sait pourquoi.

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut rien entendre.

Le climat et les saisons vont à l’envers
Le temps maintenant est confus et il ne sait que faire :
L’été en manteau, la plage en hiver.
Les éboulements et les ouragans sont choses ordinaires.
On prend sa douche avec de l’eau minérale
Et pendant ce temps, on creuse le trou de l’ozone.

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut
rien entendre.

dimanche 5 novembre 2017

LA CHANSON DE LA GUERRE (BERCEUSE)

LA CHANSON DE LA GUERRE
 (BERCEUSE)

Version française – LA CHANSON DE LA GUERRE (BERCEUSE) – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – La canzone della guerra (ninna nanna)Blind Fool Love2011



Comme tu le sais, Lucien l’âne mon ami, on chante le soir aux petits enfants, aux bébés, aux enfants – les adolescents et les enfants adultes regardent la télévision – des chansons particulières qu’on appelle en français « berceuse » et en italien, plus communément, « ninna nanna ». Je dis plus communément, car en italien le mot « berceuse » s’utilise aussi mais dans un usage plus strict, de « composition musicale ». Comme on l’a déjà vu précédemment, en Italie, ce genre de chanson – la « ninna nanna » – a été détourné de son objectif initial pour en faire un genre adapté à la protestation ou à la dénonciation politique ou sociale.

Certainement que je sais tout cela, Marco Valdo M.I. mon ami, et je me souviens fort bien de notre récent dialogue à ce sujet lors de notre présentation de la chanson « Ninna nanna ai Settecento », qu’on avait finalement traduite sous le titre de « Complainte des 700 ».

Eh bien, dit Marco Aldo M.I., voici encore une ninna nanna, qu’une fois de plus, j’aurais du mal à définir comme une berceuse, si ce n’est par antiphrase. Car elle est bien dure, terrible même, cette « Chanson de la Guerre », mais, ninna nanna, elle est. Cependant, Lucien l’âne mon ami, il faut remarquer que de façon générale, une chanson qui procède de la même manière – sans toutefois être une ninna nanna, une berceuse ou rien du genre –, une chanson qui en quelque sorte détourne une chanson antérieure, s’appelle une parodie. Pour le reste, la chanson parle d’elle-même.

Une parodie, fort bien ! Dérive et détournement sont les deux mamelles du situationnisme. Ainsi, comme les nanas, comme les niñas, font font font les ninna nannas, trois petits tours et puis s’en vont comme les guerres faire une ronde autour du monde en semant de-ci, de là de jolis chapelets de bombes immondes, conclut Lucien l’âne. Face à l’interminable guerre, face à cette guerre qui toujours saute d’un bout de la terre à l’autre, il nous faut Marco Valdo M.I., reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, criminel, absurde et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Du ciel tombent des bombes.
Cache-toi en vitesse parce que,
Si c’est la fin du monde,
Je vomis de rage sur toi !
BOUM !
Je t’arrache des sourires forcés,
Au côté d’un mort avec toi !
Tu confonds les enfants et les soldats,
Je vomis rage sur toi !

Tu devras souffrir, pourquoi ?
Tu devras souffrir, pourquoi ?
Même le sang et la douleur
Sont doux, mon cœur !
BOUM !

Tu devras souffrir,
Pourquoi ?
Tu devras mourir,
Pourquoi ?
Dis-moi pour quoi… parce que !
Parce que !

Lève la tête dans le ciel noir
Une bombe arrive pour toi !
Lumière tamisée du soir !
Le moment est venu pour toi !

Tu devras souffrir,
Pourquoi ?
Tu devras mourir,
Pourquoi ?
Dis-moi pour quoi… parce que !
Parce que !

Ninnananna ninna oh !
Cet enfant à qui
Je le donne ?
Ninnananna ninna oh !
Je le donnerai à l’homme noir qui
Le gardera une année entière…
BOUM !
Une année
Entière ! Une année !

Le soleil revient
Et tu devras mourir
Le soleil revient
Et tu devras mourir,
Mourir !

Dis-moi
Pourquoi !


samedi 4 novembre 2017

LE LAVEUR DE PAREBRISES

LE LAVEUR DE PAREBRISES

Version française – LE LAVEUR DE PAREBRISES – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Il lavavetriNuvole Pesanti – 2004
Texte de De Siena
Musi
que de De Siena-Sirianni-Voltarelli



Comme la chanson s’intitule « Le laveur de parebrises », il m’est venu à l’esprit l’idée qu’il fallait préciser en commençant que le laveur de parebrises, qu’il vaudrait mieux appeler le barbouilleur de parebrises, est de ces personnages de nos sociétés urbaines ; c’est une figure récente de l’imaginaire collectif.

Forcément, dit Lucien l’âne en riant, il n’y a pas si longtemps qu’il existe des parebrises automobiles.

Certes, reprend Marco Valdo M.I. ; donc, le laveur de parebrises surgit d’un coup devant les autos à l’arrêt au carrefour pendant la durée calibrée des feux de signalisation. Il se déroule alors une scène que raconte la chanson. D’un côté (du parebrise), l’automobiliste coincé à son volant dans son cocon d’acier et de verre, l’œil rivé sur le sémaphore et les pieds en suspension dans le vide au-dessus des pédales. Il est extrêmement concentré tant il ne pense qu’à ça. De l’autre côté du parebrise, juste en face de lui, le laveur de parebrises avec un torchon humide, une éponge, parfois une raclette, qui s’efforce de laver le parebrise et par cela-même, de forcer l’automobiliste à un petit geste de rétribution.L’ensemble est plutôt symbolique et rituel, car comme je l’ai déjà signalé, pour ce qui est de laver le parebrise, l’opération est généralement assez inefficace. Il y a là un moment de tension, dans la mesure où l’automobiliste n’a pas vraiment envie que l’on « nettoie » son parebrise.

En effet, dit Lucien l’âne, j’ai déjà assisté à de pareils affrontements, qui peuvent devenir très dramatiques, au moment où le feu passe au vert ; à ce moment, l’auto s’élance sans trop se préoccuper du laveur de parebrises. C’est un ballet mortel, un peu comme la tauromachie. Dan l’idéal, on peut imaginer que de tels moments pourraient être moins tendus si les automobilistes reprenaient leurs esprits.

Oui, Lucien l’âne mon ami, même furtif, ce serait un moment sympathique entre deux êtres humains et tout pourrait se présenter comme un instant de détente pour l’automobiliste et une rencontre conviviale avec le laveur. Un peu comme l’échange du matin avec le marchand de journaux, le garçon de café, la boulangère, le facteur, le chauffeur de bus, que sais-je encore. Mais là aussi, de nos jours, les choses finissent par se gâter. On parle d’heure, de ponctualité, de presse, de stress, de burn-out. Toutefois, outre qu’il entrave la marche de l’automobile, le laveur de parebrises est marqué d’un signe pire encore que tous les autres, il est auréolé de soupçon. Vois-tu, Lucien l’âne, les gens pensent : c’est un étranger, un immigré, un migrant, un clandestin peut-être, un sans-papiers, un sans domicile, à tout le moins, une sorte de mendiant. D’ailleurs, il ne travaille pas ; en tout cas, il n’exerce pas une profession respectable. Dès lors, on le méprise, on se méfie et que fait la police ? Dans la tête des automobilistes aux autos rutilantes, aux machines dont le prix nourrirait le laveur de parebrises pendant des années, ce n’est jamais qu’un de ces faquins des temps anciens. Pour un peu, ils l’assimileraient aux moustiques qui collent sur le parebrise de leur véhicule.

Oh, dit Lucien l’âne, je l’entends encore ce mot faquin qui avait tout l’air d’une apostrophe infamante, d’une insulte.

Cependant, continue Marco Valdo M.I., la chanson se place à un autre niveau. Elle raconte cette aventure urbaine du point de vue de l’acteur ; elle nous dévoile ce qui se passe pour le laveur, dans la tête du laveur. Si le but pour ce dernier est de décrocher un peu d’argent (Faut bien qu’il vive ! Olé !), cet objectif précis et immédiat de son action ne l’empêche pas de se garder à l’écart de ce jeu social, une zone de vie personnelle :

« Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur ! »

C’est ce qui le sauve, comme ce recul hors du monde afin de se retrouver soi-même et de résister ainsi à la pression quotidienne sauve le prisonnier.

Tout comme nous le faisons nous aussi, les ânes quand on nous réduit aux travaux forcés, dit Lucien l’âne. Maintenant, voyons cette histoire singulière et puis, reprenons notre tâche volontaire et tissons le linceul de ce vieux monde inégal, inéquitable, injuste, méprisant, méprisable et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane



Avec dans la main l’éponge
Et la mousse dans l’éponge,
Il a dans les yeux le parebrise
De cette auto qui arrive
Et ensuite s’en ira.
Appuyé
au poteau,
Il met
ses rêves dans son seau.
Comme un chat, il s’approche
Du moteur et il se réchauffe
Et ensuite
s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Les vitres de cette voiture officielle
Qui maintenant est à l’arrêt au rouge
Et dans un instant sera déjà lointaine.

Il lave les vitres et il est content ;
Il n’a cure pour le moment
De ce travail idiot,
De ce
lui qui fait « no »
Et ensuite va partir.
Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur !

Et s’ouvre s’ouvre la fenêtre
Et lentement la main,
petite
Fait tomber une pièce, petite
Premier euro du laveur de parebrises 

Mais une violente et soudaine
Averse de saison est là,
Lave les yeux du laveur de parebrises,
Lui chuchote des choses étranges,
Et ensuite
s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Le cœur de cet homme en bleu
Accroché maintenant à ses privilèges
Et dans un instant ou deux,
Déjà sera tombé.
Olé !