Les
Éléphants
Chanson
française – Les Éléphants – Sttellla – 1990
On
en parlait l'autre jour de ces éléphants quand on commentait une
chanson italienne dont le titre était particulièrement net :
Gli
Animali – Les Animaux et j'évoquais l'idée d'un bestiaire.
Juste,
juste. Un bestiaire, c'est là qu'on met les animaux, question de les
retrouver en sortant, tout comme le vestiaire est l'endroit où l'on
met les vêtements pour les retrouver en sortant.
On
continue ainsi à folatrer, juste pour se souvenir de dada, du
surréalisme louviérois et de Phantomas, la superbe revue de notre
ami Théodore, auteur de l'inoubliable Locoémotive… Enfin, tout ça
pour dire que ces éléphants n'ont rien d'étonnant dans nos
régions, où par inadvertance, à l'évidence, ils n'ont jamais mis
le pied.
On
l'aurait remarqué, dit Lucien l'âne. Quoique dans les Pyrénées et
dans les Alpes, il paraît qu'ils en ont déjà vu passer. Mais
c'était il y a longtemps. D'ailleurs, si ma mémoire est bonne et
elle l'est, je les accompagnais. Ils ne se débrouillaient pas trop
mal, même s'ils n'avaient pas – comme nous les ânes – le pied
montagnard.
Mais
ces éléphants-ci n'ont
aucune raison d'aller en montagne ; ils
vivent de la chanson… C'est ce qui leur demande le moins d'efforts.
Les Alpes, les Pyrénées, les voyages marins et les délices de
Capoue, très peu pour eux. Ça leur donne la nausée, rien que d'y
penser. D'ailleurs, ici, ils ne font strictement rien. Ce qui est
leur droit le plus strict. Au fait, comme tous les animaux, les
éléphants sont placés sous la haute protection de La
Déclaration Universelle des droits de l'âne ,
étendue à tous les êtres vivants. Si, si, les éléphants et tous
les animaux cités dans la chanson ont ce même droit. Mais bon sang,
il y a quand même, un point mystérieux dans cette chanson, qu'on
avait promis d'insérer ici.
Oui,
c'est mystérieux, mais c'est précisément ce qui permet de classer
cette chanson dans les chansons contre le racisme idiot (charmant
pléonasme)… C'est ce « Mais j'aime pas les singes… Oh
guenon ! »
Tu
as parfaitement suivi ma pensée. Sans faire un cours sur le
surréalisme évolué de nos régions, une sorte de « concept
flou » où l'indéterminé affronte incidemment des vagues de
vague, il me reste à préciser qu'ici, on boit le surréalisme comme
une bière locale, assez fermentée et même, les astémiques et
autres hydrophores participent de cette coutume régionale, hors
fermentation et sans le secours de la religion s'entend. Une région
où on peut encore rencontrer un autre auteur des Chansons contre la
Guerre, l'ami Raoul Vaneigem. Tout ceci baigne dans une mer d'acide
ironique et de sels de dérision. Cependant, l'Éléphant de Saramago
continue à hanter l'Europe. Traduisons, puisque quand même,
finalement, on est là pour ça : ce « J'aime pas les
singes (ou les immigrés, les émigrés, les migrants, les nègres,
les Grecs, les sans-papiers, les chômeurs, les réfugiés, les
demandeurs d'asile, etc) » est pure dénonciation de ces gens
qui bâtissent des frontières, construisent des murs, établissent
des quotas, parquent dans des camps, une dénonciation qui s'exprime
avec toute sa puissance dès le Oh guenon ! , qui retire le
tapis sous la botte du défenseur de la civilisation, de la nation et
des valeurs chrétiennes – évidemment ramenées aux préceptes,
bulles, ukases et autres injonctions de l'Église catholique,
apostolique et romaine.
J'entends
bien tout cela et je le savais, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien
l'âne encore une fois hilare. Un dernier mot pour dire que j'ai une
tendresse particulière pour le point d'ironie, signe graphique qu'on
ne voit jamais ou plutôt, que perçoivent ceux pour qui il devrait
se trouver là. En fait, le point d'ironie ne se voit pas, il se
ressent. Foin de ces considérations et revenons à notre tâche qui
– faut-il le rappeler – consiste à tisser le linceul de ce vieux
monde assez rassis, raciste, rasoir et cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
J'aime
bien les éléphants,
Fan-fan les éléphants ;
J'aime
bien les serpents,
Pan-pan les serpents ;
J'aime bien les
pingouins,
Gouin-gouin les pingouins ;
J'aime bien les
tigres, j'aime bien les lions
Mais j'aime pas les singes,
Oh
guenon !
J'aime bien les fourmis,
Mi-mi les
fourmis ;
J'aime bien les souris,
Ri-ri les
souris ;
J'aime bien les dalmatiens,
Sien-sien les
dalmatiens ;
J'aime bien les canards, j'aime bien les
girafes
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !
J'aime
bien les hiboux,
Bou-bou les hiboux ;
J'aime bien les
chameaux,
Mau-mau
les chameaux ;
J'aime bien les crocodiles,
Dil-dil les
crocodiles ;
J'aime bien les lamas, j'aime bien les
pumas
Mais j'aime pas les singes,
Oh guenon !
Mais
j'aime pas les singes,
Oh guenon !
dimanche 2 août 2015
jeudi 30 juillet 2015
JE VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON !
JE
VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON !
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous aller maintenant que c'est le printemps.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Avec sa belle bras dessus, bras dessous parler d'amour,
Découvrir qu'il finit toujours par pleuvoir
Et voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous espérer un monde meilleur.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
Version
française – JE VIENS MOI AUSSI. NON TOI NON ! – Marco Valdo
M.I. – 2015
Chanson
italienne – Vengo
anch'io. No, tu no! – Enzo Jannacci – 1967
Auteurs : F.
Fiorentini - D. Fo - E. Jannacci – Enzo Jannacci – 1967
Enzo Jannacci - Dario Fo - 1963
On pourrait aller tous ensemble dans les mercenaires
Là-bas au Congo de Mobutu se faire enrôler
Là-bas au Congo de Mobutu se faire enrôler
Je viens moi aussi ? Non toi non.
Regarde,
Lucien l'âne mon ami, comment vont les choses dans ce monde étrange
dans lequel il nous est arrivé de vivre parallèlement l'un à
l'autre.
Sans
doute, sans doute. Pour paraphraser en le détournant le titre de la
chanson que tu as récemment traduite : Je viens moi aussi et
toi de même. Mais au fait, dis-moi Marco Valdo M.I. mon ami, ce
qu'elle vient faire ici cette chanson et aussi, un peu, pourquoi tu
l'insères en italien, comme si nos amis des CCG n'en avaient pas
connaissance. Elle leur aurait donc échappé ?
D'abord,
commençons par le commencement. Et... Au commencement était Carlo
Levi.
Quoi ?
Que vient faire Carlo Levi dans cette affaire ? Tu ne vas quand
même pas me dire que c'est Carlo Levi qui t'as fait connaître cette
chanson… Si je me souviens bien, Carlo Levi est mort depuis
longtemps…
En
effet, Carlo Levi est mort il y a quarante ans et pourtant, c'est
bien lui qui m'a suggéré cette chanson. D'où, mon « Au
commencement était Carlo Levi... ». Mais venons-en au fait.
Depuis quelques temps, je me suis remis à refaire une version en
langue française de cet étonnant et très intrigant livre de Carlo
Levi : Paura della Libertà – La Peur de la Liberté. Je te
rappelle au passage que Carlo Levi est un des fondateurs et des
penseurs du mouvement clandestin de résistance au fascisme,
Giustizia e Libertà. C'était au début des années vingt du siècle
dernier. Donc… Pour des raisons de traduction, d'éclaircissement
du processus qui avait conduit Carlo Levi à écrire – pour
lui-même – Paura della Libertà, j'ai relu une série d'interviews
qu'il avait données dans les années soixante et septante à la
radio et à des journaux. Et c'est dans une de ces transcriptions,
que j'ai trouvé le passage suivant, où il est question de cette
chanson de Jannacci. La journaliste de la RAI – Terzo Programma (14
juin 1969), Marina Como, lui demande :
« Può
far mi il nome de qualche canzone che Le è capitato di ascoltare et
che Le piace, oppure il nome di qualche cantante… »
(Pouvez-vous me donner le nom d'une chanson qu'il vous est arrivé
d'écouter et qui vous plaît, ou le nom d'un chanteur...)
Et
Carlo Levi répond… Avant de donner sa réponse, j'indique qu'elle
intéresse particulièrement les CCG en ce qu'elle dit à propos de
la chanson en général. Donc, Carlo Levi :
« Ce
ne sono un'infinità…
Ci
sono poi altre canzoni fra le centomila che si ascoltano per le quale
ho interesse proprio per la scoperta di un loro motivo psicologico
attuale : per esempio certe canzoni di Jannacci… quella di
Jannacci ad esempio che dice Vango anch'io… questo « vengo
anch'io » l'ho trovato fantastico, bellissimo... » (Il y
en a une infinité… Il y a ensuite d'autres chansons parmi les cent
mille qu'on entend et pour lesquelles j'ai de l'intérêt précisément
en raison de la découverte d'un motif psychologique actuel :
par exemple certaine chanson de Jannacci… celle de Jannacci qui dit
Vengo anch'io … ce « vengo anch'io », je l'ai
trouvé fantastique, très beau... »). Arrivé là, je me suis
précipité dans les CCG pour voir cette chanson… Elle n'y était
pas. Je l'ai donc cherchée et maintenant, je l'ai insérée dans les
CCG. D'abord, la version italienne et ensuite, comme tu le vois, ma
version en français. Mais…
Tu
ne vas quand même pas me dire qu'il y a encore des éléments
inattendus : tu t'intéresses à une chanson, tu la trouves, tu
l'insères, tu insères une version en français… Que peux-tu y
ajouter ? Tout est dit, non ?
Non.
Il y a plus qu'on ne l'imagine dans ce cheminement hasardeux, le
voyage au pays de la chanson est sujet à d'étranges aléas. Il y a
le texte et le texte. Et l'histoire de la chanson elle-même. Il y a
que parmi les auteurs, il y a Dario Fo et j'avais déjà traduit le
texte que j'avais trouvé et qui reprenait exactement ce qu'on peut
entendre dans les enregistrements publics de Jannacci et dans les
compilations que l'on trouve sur Internet. Cependant, je trouvais à
ce texte, un goût d'un peu trop peu, lorsque j'ai découvert que la
version diffusée et connue avait été censurée et les deux
dernières strophes avaient été interdites d'édition. Et quelles
strophes… C'étaient de vraies bombes politiques et imagine, elles
touchaient à la Belgique 'une part, dans sa politique
post-coloniale au Congo et à la dictature de Mobutu et d'autre part,
à la catastrophe minière du Bois du Cazier, mettant également
directement en cause le résultat de la politique d'émigration
italienne : Uomini contro carbone. J'ai donc rajouté ces deux
strophes. Je te laisse découvrir.
Laissons
découvrir… Car de fait, avec ces deux strophes, c'est réellement
une autre chanson, très explicitement chanson contre la guerre,
cette fois.
Alors,
écoutons-la et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce
vieux monde dérisoire, arrogant, avide, aveugle, assassin et
cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
On
pourrait tous aller au zoo communal.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir comment sont les bêtes féroces
Crier au secours, le lion s'est enfui, à l'aide
Et voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir comment sont les bêtes féroces
Crier au secours, le lion s'est enfui, à l'aide
Et voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous aller maintenant que c'est le printemps.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Avec sa belle bras dessus, bras dessous parler d'amour,
Découvrir qu'il finit toujours par pleuvoir
Et voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous espérer un monde meilleur.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Où
chacun, est prêt à te couper une main,
Un
beau monde de haine et sans amour
Et
voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous aller à ton enterrement
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir si les gens pleurent vraiment,
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On pourrait tous aller à ton enterrement
Je viens moi aussi. Non toi non.
Pour voir si les gens pleurent vraiment,
Comprendre
que pour tous, c'est là chose banale
Et
voir en cachette l'effet que ça fait.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On
pourrait aller tous ensemble dans les mercenaires
Je viens moi aussi ? Non toi non.
Je viens moi aussi ? Non toi non.
Là-bas
au Congo de Mobutu se faire enrôler
Puis
tirer dans les nègres à la mitrailleuse
Chaque
tête rapporte à la civilisation.
Je
viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
On
pourrait aller tous en Belgique dans les mines
Je
viens moi aussi ? Non toi non.
Voir
ce qui se passe quand éclate le grisou
Remonter
de beaux cadavres avec les ascenseurs
Ensevelis
sous le drapeau tricolore.
Je
viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
Je viens moi aussi. Non toi non.
Je viens moi aussi. Non toi non.
Mais pourquoi ? Parce que non !
LES ANIMAUX
LES ANIMAUX
Version
française – LES ANIMAUX – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson
italienne – Gli
animali – Alessandro
Mannarino – 2014
Paroles
et
musique :
Alessandro Mannarino
Version française – LES ANIMAUX – Marco Valdo M.I. – 2015
![]() |
| Bestiaire |
Voici,
Lucien l'âne mon ami, une chanson qui devrait bien te plaire. Elle
raconte des histoires d'animaux ; On dirait un vrai zoo, ou à
tout le moins une ménagerie. Elle devrait figurer dans un bestiaire.
Merci
bien, j'aime beaucoup les chansons où il est question des animaux et
j'aime aussi les bestiaires. De quels animaux parle-t-elle,
celle-ci ?
Elle
parle du chien, de l'âne, des chiroptères (plus connus sous le nom
de chauves-souris, mais ça n'allait, pas pour la rime), du mulet, du
crocodile, des serpents, de l'agnelet, du singe et des poissons…
Ça
fait du monde et ce serait peut-être le moment de rappeler aux
humains les droits des animaux et spécifiquement, ceux de l'âne par
le biais de cette Déclaration
Universelle des droits de l'âne que tu publias ici-même, il y a quelques temps. Je ne voudrais pas
qu'elle s'abîme comme un navire qu'un capitaine négligent a oublié
au coin d'un océan.
Moi,
elle m'a remis en mémoire deux chansons que j'aime beaucoup et qui
trouveraient
place elles
aussi dans
un bestiaire des chansons contre la guerre : l'une est une sorte
de zoo à elle toute seule, elle s'intitule Les Éléphants et
l'autre, à laquelle – comme on le découvrira – il est fait
allusion dans la version française ci-dessous, s'intitule « La
Maman des Poissons ». Tout comme y trouverait
place Le
crocodile d'Offenbach , qu'il faudrait bien lui rendre…
Rendons à Offenbach, ce
qui est à Offenbach ! Mais
voilà, il manque un bestiaire dans les parcours des Chansons contre
la Guerre ; il y a bien un parcours relevant les chansons où
des animaux sont mal traités. Mais le bestiaire, ce serait autre
chose ; disons que ce serait le coin des animaux. Il y aurait là
aussi par exemple le chameau
ou le dromadaire
et le chameau, ou le chameau
et le dromadaire , sans compter le chat ...
Moi
aussi, je les aime beaucoup les nouvelles chansons que tu annonces et
j'espère qu'elles seront bientôt dans le bestiaire des Chansons
contre la Guerre et bien évidemment, rendons à Offenbach, ce qui
lui revient. En attendant écoutons celle-ci et reprenant notre
tâche, tissons, tissons le linceul de ce vieux monde trop
anthropocentré, trop anthropocentrique, parfois même trop atroce,
négligeant les animaux,et cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Le
chien se soumet
Parce que ça lui plaît
L'âne va d'avant en arrière
De chez lui au cimetière.
Les chiroptères
Évitent la lumière
Le mulet porte le bât
Et ne se reproduit pas
Parce que ça lui plaît
L'âne va d'avant en arrière
De chez lui au cimetière.
Les chiroptères
Évitent la lumière
Le mulet porte le bât
Et ne se reproduit pas
Pour
qu'il la voie
Les serpents pullulent
Comme les saints patrons
Ils changent de vêtements
Ils sont sales dedans, dehors élégants
Faites attention !
Les serpents pullulent
Comme les saints patrons
Ils changent de vêtements
Ils sont sales dedans, dehors élégants
Faites attention !
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Les gouvernements changent
Mais pas les esclaves
L'agnelet hurle
Et les chiens policiers bavent
Le singe pourpre
A mis son kimono
Il dit qu'il peut parler haut
Avec le Tonnerre Suprême
Dans
la forêt, on a construit un grand Dôme
Où les animaux vénèrent l'homme.
Les poissons dans la mer se confondent
Et font le tour du monde
Ils sautent au soleil et baisent dans l'eau profonde
Où les animaux vénèrent l'homme.
Les poissons dans la mer se confondent
Et font le tour du monde
Ils sautent au soleil et baisent dans l'eau profonde
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh.
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh.
« Grand-père,
grand-père, puis-je te poser une question sur notre vie de poissons
de la mer ? Pourquoi parfois il y en a un qui disparaît ? »
« Car il a été pris dans le filet du pêcheur. »
« Mais y a-t-il un moyen de ne pas se faire attraper ? »
« Il faut savoir distinguer la lumière des étoiles de celle des lamparos. »
« Car il a été pris dans le filet du pêcheur. »
« Mais y a-t-il un moyen de ne pas se faire attraper ? »
« Il faut savoir distinguer la lumière des étoiles de celle des lamparos. »
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
Oh oh oh, oh oh oh, oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh oh
lundi 27 juillet 2015
IL Y A LE DIABLE
IL
Y A LE DIABLE
Paroles et musique de Sergio Endrigo
Dans les gens qui prennent feu pour rien et s'enflamment de fureur,
Se fâchent, s’énervent et sont toujours prêts à exploser :
Des mèches allumées, des bombes en liberté.
Dans ces gens qui pour un rien tuent des gens, savez-vous ce qu'il y a ?
Il y a le Diable,
Dans tes jambes si élancées que des plus longues on n'en trouve pas,
Dans ta bouche si gentille qui ne dit jamais je ne veux pas,
Dans ta peau d'or comme les saints, comme les rois,
Dans tes aisselles mouillées qui parfument tes bras
Il y a le Diable,
Version
française – IL Y A LE DIABLE – Marco
Valdo M.I. – 2015
Chanson
italienne – Il
diavolo c'è - Sergio
Endrigo – 1993
Paroles et musique de Sergio Endrigo
![]() |
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu peux être sûre que là,
Il y a le Diable.
|
Voilà,
dit Lucien l'âne en riant tout en balançant la tête de haut en bas
ou de bas en haut selon le moment du tempo, une chanson qui en
effrayerait plus d'un et qui l'entraînerait à appeler au secours un
prêtre exorciste. Des exorcistes… au cours de mes périples, il me
fut donné d'en rencontrer plusieurs et tous me parurent un peu brin
de zinc ou brindezingue comme on voudra.
Oh,
j'aime bien ton brin de zinc, je trouve l'expression assez jolie,
même si dans le français authentifié, elle n'existe pas encore ;
ce qui ne saurait au reste tarder. Mais j'en arrive à l'effroi que
pourrait créer le titre de la chanson et peut-être chez les mêmes
personnes, la chanson entière – on voit de tout les côtés de ces
fanatiques, ces temps-ci et j'en profite pour leur lancer une de nos
antiennes : « Fanatiques de tous les pays,
calmez-vous ! ».
Donc,
l'effroi de certains… On ne saurait les en guérir pour la simple
raison que si effroi il y a, c'est parce qu'ils croient à
l'existence du Diable et la chose va de pair avec la croyance à
l'existence de Dieu, étant les deux faces du même ectoplasme. Et on
aura beau leur expliquer que le diable de la chanson de Sergio
Endrigo est en quelque sorte une figure, une image, une entité
symbolique, un objet rhétorique, ils n'en démordront pas. Disons
que chez Endrigo, cette entité symbolique en appelle à l'idée
qu'on se faisait du diable dans un Moyen Âge reculé en opposition
au dieu de ce temps, lequel dieu était censé être le bon et
le diable de son côté, assumait le rôle du mauvais, dans une sorte
de western œcuménique. Pour conclure, voici : le diable, c'est
le mal, le mauvais côté des choses et du monde. Dans la chanson, tu
peux – sans en aucune façon en occulter le sens – remplacer le
mot « diable » par le mot « mal ».
D'accord,
la messe est dite. Mais qu'as-tu d’autre à dire à propos de cette
chanson ? Car je vois à ton œil qui pétille que tu brûles de
me révéler une de tes étranges pensées, qui, je l'avoue, me
déconcertent souvent...
Et
tu n'as pas tort. Encore une fois, ce qui m'agite, c'est un souci de
traduction. Le texte italien dit : « Nella gente che... il
diavolo c'è ! », ce qui se traduit généralement par « Dans
les gens qui... », que normalment on convertit en « Parmi
les gens, chez les gens... », tout ce qu'on voudra sauf « Dans
les gens... », ce qui supposerait « dans les gens = à
l'intérieur des gens... » Cependant, à la réflexion, et me
remémorant le film italien « Il
piccolo diavolo »
(http://www.filmpertutti.co/il-piccolo-diavolo/), où un diable exilé
sur Terre (Benigni) s'introduit dans des personnes
(particulièrement, une grosse dame, un cardinal…) et où il
convient de faire appel à des exorcistes pour l'en extraire. La
suite à l'écran… Je me suis rendu compte que la bonne traduction
était véritablement dans, à l'intérieur des gens…
Alors
voyons avec Endrigo ce que le « diable » fait en entrant
dans les gens et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce
vieux monde hanté, endiablé, rongé par le mal de diable et
cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.
Dans
les gens qui se croient toujours plus haut que toi,
Qui te traitent en esclave et se prennent pour les rois,
Pleins de la vanité, de la suffisance et de la superbe
Du paon gonflé et triomphant qui se croit on ne sait quoi,
Il y a le Diable,
Qui te traitent en esclave et se prennent pour les rois,
Pleins de la vanité, de la suffisance et de la superbe
Du paon gonflé et triomphant qui se croit on ne sait quoi,
Il y a le Diable,
Dans
les gens qui ne dépensent rien, ne donnent rien à qui n'a rien
Et confient tout leur bonheur à leurs biens,
Qui ont un trésor sous le lit et vivent en pauvreté,
Qui nous verraient crever de soif et n'offriraient pas un café.
Il y a le Diable,
Et confient tout leur bonheur à leurs biens,
Qui ont un trésor sous le lit et vivent en pauvreté,
Qui nous verraient crever de soif et n'offriraient pas un café.
Il y a le Diable,
Dans
les gens qui envient tout ce qu'on a
Peu ou rien peu importe, qui envient même nos tracas.
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là
Il y a le Diable.
Peu ou rien peu importe, qui envient même nos tracas.
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là
Il y a le Diable.
Dans
les gens qui ne font rien pour rien et ne font pas
Et qui passent leurs jours à bailler sur leur sofa,
Et s'écroulerait le monde qu'ils ne bougeraient même pas un doigt,
Qui prennent tout et ne donnent rien et ne se demandent jamais pourquoi.
Il y a le Diable,
Et qui passent leurs jours à bailler sur leur sofa,
Et s'écroulerait le monde qu'ils ne bougeraient même pas un doigt,
Qui prennent tout et ne donnent rien et ne se demandent jamais pourquoi.
Il y a le Diable,
Dans les gens qui prennent feu pour rien et s'enflamment de fureur,
Se fâchent, s’énervent et sont toujours prêts à exploser :
Des mèches allumées, des bombes en liberté.
Dans ces gens qui pour un rien tuent des gens, savez-vous ce qu'il y a ?
Il y a le Diable,
Dans
les gens qui se gavent comme s'ils étaient Gargantua
D'abord mangent leur part et puis veulent tout le plat.
Ah, ah, qu'est ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là,
Il y a le Diable.
D'abord mangent leur part et puis veulent tout le plat.
Ah, ah, qu'est ce qu'il y a ?
On peut être sûr que là,
Il y a le Diable.
Dans tes jambes si élancées que des plus longues on n'en trouve pas,
Dans ta bouche si gentille qui ne dit jamais je ne veux pas,
Dans ta peau d'or comme les saints, comme les rois,
Dans tes aisselles mouillées qui parfument tes bras
Il y a le Diable,
Dans
les gens qui t’épient, te déshabillent, ne regardent que toi
Et ne veulent pas admettre que tu es seulement à moi
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu peux être sûre que là,
Et ne veulent pas admettre que tu es seulement à moi
Ah, ah, qu'est-ce qu'il y a ?
Tu peux être sûre que là,
Il
y a le Diable.
dimanche 26 juillet 2015
FRANCESCO BARACCA
FRANCESCO BARACCA
Version française – FRANCESCO BARACCA – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson
italienne
– Francesco
Baracca – Sergio Endrigo – 1982
Texte de Maria Giulia Bartolocci/Sergio Bardotti
Musique de Sergio Endrigo
Texte de Maria Giulia Bartolocci/Sergio Bardotti
Musique de Sergio Endrigo
Album: Mari del Sud (Fonit Cetra, 1982)
![]() |
| Un feu d'artifice, une comète Comme un oiseau blessé qui tombant Devient plumes et vent Et puis silence. |
Ah,
Lucien l'âne mon ami, on ne comprend véritablement les chansons
qu'après les avoir traduites et plus encore quand on tente
d'exprimer ce que l'on ressent. Il faudrait se méfier ; il y a
parfois des chansons idiotes.
Chanson
idiote ? Mais pourquoi ?
Par
exemple, parce qu'elle raconte une histoire idiote ou traite de façon
idiote une histoire somme toute banale. À moins que, à la relire,
on s'aperçoive qu'il y traîne je ne sais quel parfum d'ironie, je
ne sais quel double sens. Une sorte de distanciation, qui dès qu'on
la perçoit renverse le sens apparent.
Évidemment,
vu comme ça, c'est autre chose et j'aimerais mieux qu'il en soit
ainsi. Mais quand même, cela dit et entendu, dis-moi l'affaire,
comme si la chanson était vraiment une chanson idiote…
Donc,
voici une chanson qui raconte une histoire idiote : celle d'un
aviateur qui se fait abattre par l'artillerie ou par une mitrailleuse
au sol. Il en meurt : c'est normal, c'était un aviateur
militaire et c'était un héros. Un héros, surtout quand il est
militaire, il est normal qu'il meure dans l'action ; sinon, en
quoi serait-il un héros ? . Comme disait Ferré
« Et
comme on dit, je ne sais plus où
Un général ça meurt debout
Si seulement ça mourait couché
Je vois pas pourquoi j'irais râler ».
Un général ça meurt debout
Si seulement ça mourait couché
Je vois pas pourquoi j'irais râler ».
Là,
vois-tu, mourir au lit, c'est tout de suite moins héroïque.
En
effet, je trouve ça très bien de
mourir dans l'action,
surtout
s'il faut en faire un héros.
Dans le fond, ce sont les risques du métier. Surtout quand on est un
militaire
de haut vol, quand
on est un as de l'aviation.
Rien à voir avec « nous les petits, les
obscurs, les sans-grade,
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
Sans espoir de duchés ni de dotations,
Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions; » (L'Aiglon – Rostand).
Nous qui marchions fourbus, blessés, crottés, malades,
Sans espoir de duchés ni de dotations,
Nous qui marchions toujours et jamais n'avancions; » (L'Aiglon – Rostand).
Rien
à voir avec tous ces gens dont a toujours fait la chair
à canon et quand
on en fait des « héros », c'est globalement sur les
monuments, dans des discours, dans des livres pleins d'exaltations
assassines et patriotiques. Ces « héros de masse »
sont des héros bien malgré eux, ce sont des héros inconnus ;
des héros industriels : on les traite par milliers, quand ce
n'est pas par centaines de milliers. D'ailleurs, ce « peuple de
héros » se
serait bien passé de tout héroïsme et aussi bien entendu,
de mourir à
la guerre. Contrairement aux généraux et aux héros, le peuple, les
petites gens, les gens simples préfèrent mourir dans leur lit.
Oh,
je les connais bien, moi qui les ai croisés dans les tranchées…
Car, nous les ânes, on fait partie
de ces « héros inconnus » et s'ils avaient pu, comme
nous les ânes, ils se seraient enfuis à l'autre bout du continent
ou n'importe où il n'y avait pas la guerre. Et je t'assure qu'ils
n'en avaient strictement rien à faire de la gloire et de tout ce qui
s'en suit. En fait, ils ne pensaient qu'à rentrer chez eux.
Quant
à l’as
de l'aviation,
vois-tu Lucien l'âne mon ami, c'était pas pareil. C'était un as,
c'était un compétiteur, il cherchait sa
renommée
dans le ciel… Il
devait confondre la guerre avec des Jeux olympiques… Il rêvait
d'exploits et de gloire.
Et
il tire gloire de quoi exactement ? De piloter un avion ?
De
mourir en tombant du ciel ? En
quoi devrais-je trouver la chose plus intéressante et plus digne que
cette mort inconnue qui frappait les millions de paysans et
d'ouvriers et d'inconnus et de gens de rien ou de quelque chose ?
Y a-t-il une poésie particulière à tomber du ciel plutôt que de
s'enfoncer
démembré dans la boue de la tranchée ou champ de bataille ?
Ça
me rappelle les petits illustrés où on racontait les « exploits »
des aviateurs des guerres de 1914-18, de 1940-45, de la guerre de
Corée, de celle du Vietnam… Peut-être y en a-t-il sur les guerres
des Balkans ou d'Irak… Il y a même une série où les « héros »
finissent par être à la retraite… Allons,
reprenons notre tâche sans gloire et tissons le linceul de ce vieux
monde idiot
rempli
de héros, de guerriers prestigieux,
de médaillés, de décorés, de champions et cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
C'était
un ancien matin italien
Avec les mouches, les pavots, le grain
Les paysans paraissaient peints
Le soleil, le Po et les héroïques destins
Juillet milleneufcent quelque chose
Et tout à coup de la plaine bruineuse,
Comme l'aigu du ténor se détacha
L'avion de Francesco Baracca.
Avec les mouches, les pavots, le grain
Les paysans paraissaient peints
Le soleil, le Po et les héroïques destins
Juillet milleneufcent quelque chose
Et tout à coup de la plaine bruineuse,
Comme l'aigu du ténor se détacha
L'avion de Francesco Baracca.
Il vibrait fort l'oiseau de toile
Léger et fragile, il vole
Et il s'élevait en spirale
Comme une allègre valse romagnole
Et là-haut la terre se montrait
Comme une femme heureuse s'ouvrait
Sans crainte et sans timidité
Elle découvrait sa douce rotondité.
Et
il y avait Riccione, il y avait Rimini
Et au fond le Sud, inexploré midi
Et au Nord, le grondement du canon
Dévastateur comme l'inondation
Alors lui entra dans l'âme et dans l'esprit
Son inconsciente et belle Italie
Et il souffrit de jalousie, gare à qui la touche
Gare à qui l'enlève.
Et au fond le Sud, inexploré midi
Et au Nord, le grondement du canon
Dévastateur comme l'inondation
Alors lui entra dans l'âme et dans l'esprit
Son inconsciente et belle Italie
Et il souffrit de jalousie, gare à qui la touche
Gare à qui l'enlève.
Et il plongea jouer avec le sort ;
La jeunesse n'a pas de la peur de la mort.
Ce ne fut pas un duel, il n'y eut pas de cavalerie
Mais un coup bas de l’infanterie.
Et déjà, il voyait s'enfuir sa vie
Un feu d'artifice, une comète
Comme un oiseau blessé qui tombant
Devient plumes et vent
Et puis silence.
Le poète dit qu'en mourant
La vie entière se revoit en un instant
Les jeux, les espoirs, les peurs
Les faces aimées, les amis, les cœurs
Juillet milleneufcent dix-huit
Il y avait un homme qui tout perdit
Et l'Italie agraire et prolétaire
Conquérait son premier as de l'air
Comme
un oiseau blessé qui tombant
Devient plumes et vent
Et puis silence.
Devient plumes et vent
Et puis silence.
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