jeudi 11 septembre 2014

DREMONG


DREMONG



Version française – DREMONG – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – Dremong – Max Manfredi – 2014


Je me lève, je me dresse debout, vivant
Dans le sommeil de ton enfant.

« Dremong » l'ours tibétain, totem de l'album, est un être inquiet et inquiétant au caractère – traditionnellement – mauvais et qui tend souvent à se dresser debout sur ses pattes, semblable aux humains, jusqu'à donner origine, selon certains, aux légendes du Yeti, l'Abominable Homme des Neiges. Un ours imprenable qui habite les altitudes et les solitudes himalayennes, et de temps en temps se montre aux humains…



Dremong est une étrange chanson, mon ami Lucien l'âne. Elle parle de ce personnage fantasmagorique et même, surtout, phantasmaphorique qui peut être parfois et par ici, le loup, loup-garou ou tout autant, selon les endroits, l'ours. En tous cas, un animal anthropomorphe. Il déambule ailleurs sous mille formes et au Tibet, sous l'inquiétante stature du Yéti, communément appelé l'Abominable Homme des Neiges.


Une chanson sur le Yéti, sur l'Abominable Homme des Neiges ? Mais c'est merveilleux… Une chose est certaine cependant, c'est que moi, personnellement, qui ai fréquenté bien des montagnes, je ne l'ai jamais rencontré. J’aurais bien aimé cependant… Mais faire un trajet jusqu'au Tibet, même pour un âne endurant comme moi, pour tenter de rencontrer un monsieur dont on n'est pas sûr qu'il voudra bien se montrer… C'est long. Donc, n'ayant pu le rencontrer par moi-même, je suis heureux d'en entendre quelques nouvelles par cette chanson. Mais que dit-elle ?


En fait, Lucien l'âne mon ami, il faut d’abord préciser que cette canzone est construite comme les histoires d'Allemagne que je t'ai contées. C'est une histoire dite, chantée, racontée par un narrateur, personnage essentiel, qui permet de présenter les choses d'un point de vue actif et ce narrateur, c'est le Dremong lui-même, qui n'est autre que ce démon de Yéti. Pour son apparence, il circule des photos, des vidéos où on peut voir quelque chose qui devrait lui ressembler. Et seules les neiges éternelles et les nuages qui les explorent pourraient nous en donner des nouvelles. Pour le reste, même si la légende circule qu'il s'agit d'un homme, d'un type d'homme particulier, nul n'a jamais pu établir un contact direct avec un tel personnage. Cependant, là-bas, de l'autre côté du monde, le yéti, dremong se confond avec l'ours noir, un grand animal fort impressionnant, dont on raconte – autre phantasme – que sa bile a je ne sais quelles vertus curatives et aphrodisiaques. Il n'en faut pas plus aux humains pour lui faire la chasse, le capturer, le tenir en cage et lui infliger un terrible supplice à l'aide d'un cathéter qu'on enfonce à demeure dans son ventre afin de drainer (en la pressant dans un étau) la vésicule biliaire. Les éleveurs s'enrichissent, les pharmaciens en tirent grand profit, les dames s'en badigeonnent en manière de séduction et l'ours meurt du cancer du foie, sous les yeux et les objectifs des touristes ursicoles.


J'en ai entendu causer moi aussi… C'est effrayant. L'humanité est vraiment une sale espèce…, dit Lucien l'âne en raclant le sol rageusement de son petit sabot noir, noir.


Mais, vois-tu Lucien l'âne mon ami, il y a comme une justice immanente en action de par le monde, car la bile prélevée ainsi serait pleine de pus, de bactéries, de toxines et d'autres désagréments pour ceux qui voudraient s'en enduire…


On peut espérer que cela les calmera, mais rien n'est moins sûr. Alors, pour les drémongs et les ours aussi, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde dont le bon vieux William disait qu'il était « full of sound and fury, signifying nothing » et cacochyme.




Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Dans les forêts du Tibet, tous les chemins me sont fuites
Et je fuis ma maison – mais quand tu verras mes traces sur la neige
Tu penseras « Ici passa, oui, passa ici
Un monstre étrange peut-être qui sait, un yeti »
Un monstre passa, sûr qu'il passa : ce mystérieux monstre
Que l'homme appela homme.

Mes parents ne sont plus ; moi, je lèche le miel et mes blessures.
Frères et amis sont là-bas : les chasseurs les capturent
je pars à l'est, je m'en vais au nord… loin des humains
Peut-être as-tu compris que je suis un DREMONG… un ours !
Et je fais une razzia et tout au long de mon chemin
Animaux et hommes n'ont pas de secours !
… Mais je m'en vais… toi, tu es plus fort… tu es plus...
Même dans tes rêves, non, je ne reviendrai plus (jamais plus !)
Je me lève, je me dresse debout, vivant
Dans le sommeil de ton enfant.
Pour lui enseigner la réalité, j'habite dans son cauchemar, mais il se réveille
Et je reste là! Là !
Dremong, là !
Sous mon ciel qui rassemble les étoiles
Je ne vois plus la cuillère de miel,
Je ne dors plus dans les Grottes de la Lune.
Avec mes mâchoires non, je ne serrerai pas l'homme brutal
Qui m'a serré en un étau qui fait tellement, tellement mal,
Pour m'arracher le fiel.

Ruche d'étoiles et mantras hindous :
J'entrouvre les yeux dans la torpeur
Barres de cages de bambou
Géométrie de ma terreur
Et sang, tant de sang
D'yeux comme les miens.
Dans les pressoirs tant de hurlements.
Des ombres chinoises transvasent la bile jaune.
Comme des trophées
De la « Chen Gao toy »  dorés,
Des cathéters de métal s'enfoncent dans mon ventre.

Maintenant, tu peux acheter ma bile en pharmacie
Ou pour te faire belle à l'ombre de mon agonie
Mais je veux te dire une dernière chose…
Je nais avec le collier au cou
Et je sais que je ne me trompe mie :
La lune est toujours à l'autre bout
De la laisse.

dimanche 7 septembre 2014

FRANCO


FRANCO

Version française – FRANCO – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – Franco – Paolo Pietrangelis.d.




quelqu'un qui s'en va à la recherche des chansons et qui les récolte afin qu'elles ne se perdent plus. Par ailleurs, il était lui-même interprète de ces chansons populaires.




Ohlàlà, la tête que tu nous fais, Lucien l'âne mon ami… Reprends tes esprits, détends-toi, je comprends bien ton désarroi. Mais, tu le sais pourtant qu'il y a plein de gens qui portent ce prénom de Franco. Allons, il ne s'agit pas du tout d'une canzone qui ferait le panégyrique de ce sinistre tyran espagnol.



Tu ne te trompais pas, Marco Valdo M.I. mon ami, j'étais plus que perplexe quand j'ai vu ce titre… Je suis très sensible aux titres et là, je te l'avoue, j'étais pour le moins étonné. Mais, dis-moi alors de qui, de quoi il est vraiment question…



Comme tu l'imagines, il s'agit d'un homme prénommé Franco, comme je te l'ai dit, c'est un prénom fort répandu. Donc, le Franco dont il est question ici, je te l'assure était un type bien, un gars que tu aurais eu saisir à rencontrer… Il exerçait l'honorable profession de « chercheur en chansons »…



Chercheur en chansons… De quoi s'agit-il ?



Mais tout simplement de quelqu'un qui s'en va à la recherche des chansons et qui les récolte afin qu'elles ne se perdent plus. Par ailleurs, il était lui-même interprète de ces chansons populaires. En fait, il poursuivait le même objectif que nous ici… en considérant la chanson comme un des modes d'expression les moins muselés de faire circuler la parole en liberté. Là où les industries culturelles échouent tant elles sont sous la coupe des gens d'argent et de pouvoir, la chanson – entendons, essentiellement la chanson populaire et la chanson dite d'auteur, la chanson qui a mis son point d'honneur à ne paraître jamais à la télévision, comme disait Léo Ferré [[7786]], qui en matière de chansons en connaissait un bout, donne vie et voix à cela-même qu'on veut occulter et parfois même, carrément, interdire.



Mais qui était-il ?



C'était Franco… Franco Coggiola. Rassembleur de chansons, de son état.



Oui, en effet, c'est un très beau métier qu'il faisait ce Franco-là. Quant à nous, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde télévisuel, étranglé, asphyxié et cacochyme.




Heureusement !




Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Comme la chose serait plus opportune
S'il n'y avait plus personne
Si disparaissaient jamais les commerçants
Les ouvriers, les employés et les étudiants.
Disparus comme fumée au vent
Disparus comme l'an mil neuf cent
Dans un nuage un peu rougeâtre
Impressionnés sur une plaque
Derniers signes d'un siècle évanescent.
Je perdis conscience déjà à Guernica
Sauvé par une amie, déjà
Je repris connaissance à Stalingrad, bientôt
Poignardé malgré moi par ces salauds de Salò.
En voyage organisé
Je suis allé en Bolivie avec Che
Puis au Chili avec Allende
Un communiste ne se rend jamais
Nous avons libéré Saigon, pas vrai ?
Et tintèrent nos verres.
Aujourd'hui se moque d'hier
Pendant quarante ans otage
Prisonnier d'un village.
Place Fontana et puis Bologne
Entre Brescia et la honte
Les années de plomb dans les poumons
On n'écrivait plus de chansons
Plus jamais nous ne chantions.
Voleurs, clowns et danseuses
Puis ils nous jetèrent à la frontière
Un mur nous tomba sur la tête
La TV sera le futur
Mais il n'y a plus d'avenir.
Non, il ne servirait d'ailleurs à rien
S'il n'y avait plus personne
À qui confier la mémoire
Nous nous défions de l'histoire
Depuis que Franco, tu es parti si loin.











vendredi 5 septembre 2014

Tract


Tract

Canzone française – Tract – Marco Valdo M.I. – 2014

Le Livre Blanc 10

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.











Évidemment, mon ami Lucien l'âne, comme dans toute affaire qui fait l'objet de polémiques, de communiqués, de rétraction… On voit fleurir d'autres types de réactions. Ainsi voit-on surgir de ce qui était un vide vertigineux des libelles, des feuillets, des feuilles, des papiers, des tracts. D'où sortent-ils ? On ne sait… Mais ils sont là…


Oh, les libelles et tout ça, les tracts, je connais ça. J'en ai vu depuis fort longtemps ; dès qu'on a pu imprimer, même rudimentairement, dès que l'on eut le papier, ils sont apparus. Le tract est l'arme du réprouvé, il est la voix du faible, il passe le mot sous le manteau. Il peut se répandre à petites doses, venter comme la brise sur l'océan ou déferler comme des vagues marines. Donc, la chanson est un tract, c'est bien ça ?


Exactement. Une chanson-tract ou un tract en chanson. Mais pas n'importe quel tract, un tract poétique et comme bien des tracts, d'une virulence explosive. Et c'est bien son but, frapper comme une balle. Pas n'importe quel tract, c'est le tract que les jeunes adressent à leurs pères, autrement dit aux pouvoirs en place. Il y a dans ce tract comme un souffle de jeunesse, une sorte de concentré de ce qui se disait à la fin des années soixante du siècle dernier et qui – il faut l'espérer – resurgira au prochain printemps.


Il me semble aussi entendre d'autres voix, venues d'un autre temps… Par exemple, ces mots de justice et liberté étaient le nom d'un mouvement de résistance sous le fascisme et on les entendit aussi, dans la France de la fin du siècle des Lumières, puis dans l'Europe de 1848… Et bien souvent aussi, ailleurs. On dirait un recommencement, une sorte d'éternel retour…


Mais c'est de cela qu'il s'agit, Lucien l'âne mon ami, c'est là un épisode classique de la Guerre de Cent Mille Ans et la revendication qu'il porte de changer le monde pour changer la vie devra bien un jour être rencontrée. Car, vois-tu, cette exigence est plus profonde que certains se plaisent à l'imaginer ; elle résulte d'une insatisfaction abyssale, née précisément du trop plein, née cette avalanche de choses, née de la marchandisation du temps et de la vie elle-même. Pour dire les choses plus précisément encore : née de la réification du monde… Ils ont transformé le monde en choses et par le fait-même, ils ont condamné la vie à l'inertie quotidienne.


Ce sont, écoute bien ce que je dis, Marco Valdo M.I. mon ami, ce sont des apprentis sorciers que ces bâtisseurs d'empire et malgré leur morgue et leur puissance, et sans doute en raison de leur morgue et de leur puissance, telle la vague de la mer cent mille fois recommencée, revient le lancinant propos :

« Quant à nous, oui, nous...
Nous, nos espérances sont infinies.
Nous voulons changer la vie,
Nous voulons changer tout. »



L'Histoire n'est pas finie, en effet, dit Marco Valdo M.I. elle n'arrête pas de jouer des tours à ceux qui entendent l'arrêter. Comme si on pouvait arrêter le temps.


Et nous, pour notre part, nous poursuivons notre notre tâche et nous tissons, imperturbables, le linceul de ce monde ronflant, mercantile, dogmatique, croyant et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Comme les ours,
Vous hibernez.
Vous n'êtes plus dans la course,
Il vous faut vous réveiller.
Ô pères et autres vieux
Chevaux domestiqués aux tristes yeux
Pris dans les œillères
Ô pères, aux vérités mensongères
Aux mille dogmes, aux mille crédos,
Cette prison de machines emplie,
Croulant sous les frigos, les autos,
C'est votre monde sans vie.


Quant à nous, oui, nous...
Nous, nos espérances sont infinies.
Nous voulons changer la vie,
Nous voulons changer tout.
Nous, au nom de l'humanité,
De l'avenir, du futur du monde
Contre votre bêtise, contre votre lâcheté,
Votre sclérose, votre hypocrisie immondes,
Au nom de Jean Huss, de Giordano Bruno,
De Galileo Galilée, de tous les réprouvés,
Nous voulons créer un monde nouveau,
Un monde de justice et de liberté.


Alors, nous allons tout boycotter
Vos églises : boycotter
Vos partis : boycotter
Votre presse : boycotter
Votre radio : boycotter
Vos télés : boycotter
Vos cinémas : boycotter
Vos magasins : boycotter
Vos écoles : boycotter
Et vos universités.
Nous boycotterons tout
Car de votre monde, nous, on s'en fout !

mercredi 3 septembre 2014

LE RÊVE


LE RÊVE

Version française – LE RÊVE – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – Il sogno – Franca Rame – 1977
Paroles de Dario Fo et Franca Rame
Musique de Fiorenzo Carpi


En amoureux, il m'a emmenée au ciné
C'était un beau film, mais sur la pellicule
Ne jouaient pas des artistes étrangers,
C'était nous les protagonistes.




La vie est un rêve… Ainsi parlait Calderon de la Barca vers 1635. Enfin, il l'écrivait sous forme de pièce de théâtre : « La vida es sueño ». Une histoire assez alambiquée dont je ne t'entretiendrai pas. Mais il reste ce titre plus grand que l'aventure de Sigismond… Donc, le rêve...


Ou le cauchemar ou le fantôme ou le fantasme… ou comme le spectre qui hante le Manifeste du parti communiste, dont accoucha le couple Karl Marx et Friedrich Engels, il y a un peu plus d'un siècle. Ou l'esprit comme celui qui se cachait dans la queue du chat, dit Lucien l'âne en éclatant d'un rire franc et massif. (https://www.youtube.com/watch?v=69S4GTFJg3A)


Certes, mais la canzone de Fo et Rame n'a pas de prétention, elle raconte un rêve qui rêve du monde d'au-delà de la Guerre de Cent Mille Ans, une journée dans un temps où auraient abandonné la course à la richesse, n'auraient plus ce sentiment pervers et destructeur qu'est l'envie, ne nourriraient plus d'ambition, vivraient sans arrogance, un monde matériellement simple et humainement complexe d'où la pauvreté aurait chassé la misère.


Que voilà un beau rêve et même si ce n'est qu'un rêve… Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, raison de plus pour reprendre notre tâche et tisser encore et toujours le linceul de ce vieux monde ambitieux, avare (vis-à-vis des pauvres et des miséreux), arrogant, absurde, aboulique et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





L'autre nuit j'ai rêvé
Qu'à l'usine j'étais à travailler
Et près de mon métier
L'ingénieur travaillait
Moi, à manipuler les peignes, je l'initiais
Et lui m'a même dit merci,
C'était gentil.
On n'entendait pas ce grand vacarme
On ne sentait pas la pestilence de teinture,
Ma tante accordait les pauses,
On allait tranquilles, c'était commode.
Sans même le demander, j'allais
Aussi aux cabinets
Et assise à mon aise, je lisais
Tout un grand journal
Où on voyait ce titre phénoménal :
« Travailler peu, vivre beaucoup ».
Je suis allée sur le coup
Faire une petite balade
Dans un grand parc rempli d'enfants
Et dans ma promenade
Je vis sur la pelouse mon enfant.
Mon enfant m'a pris par la main
Et m'a ramenée à notre maison.
On vivait au premier étage,
Ce n'était pas un de ces immeubles
Où nous sommes maintenant, comme en prison.
Mon mari était déjà rentré,
En congé, il faisait la lessive
Il faisait la lessive et n'était pas enragé
En amoureux, il m'a emmenée au ciné
C'était un beau film, mais sur la pellicule
Ne jouaient pas des artistes étrangers,
C'était nous les protagonistes.
Tous des gens du coin.
L'un se levait et nous demandait
Ce dont il avait besoin ;
Tous on en discutait,
Et puis après, chaque question
Trouvait sa solution.
Personne ne faisait le fanfaron,
Aucun n'avait l'air de commander,
Chacun était tout sourire.
Et il y avait un grand panneau à regarder
Avec écrit dessus : « Interdit d'interdire ».
Et puis, les gens parlaient d'une autre voix
Personne ne disait : « Ceci est à moi et ça, c'est à toi » ;
Les choses à toi ou à moi, c'était du passé.
Tout était nôtre, tout était à nous tous.
Même l'amour avait changé,
Ce n'était pas plus une affaire
Entre toi et moi contre les autres ;
C'était avec les autres.
L'amour était l'amour des autres en même temps…
C'en était fini de l'égoïsme,
On vivait véritablement
Le communisme.
C'en était fini de l'égoïsme,
On vivait véritablement
Le communisme.

samedi 30 août 2014

GABRIELLE


GABRIELLE



Version française – GABRIELLE – Marco Valdo M.I. – 2012
Chanson italienne – Gabriella – I Gufi – 1964
D'abord dans l'album «  Ma bene, ma bravo ! » des Peos, formation milanaise – pré-Gufi – oubliée, reprise par « Le cabaret des Hiboux » (Cabaret dei Gufi) de l'année suivante.
Écrite par Giampiero “Peo” Borella, Nuccio Ambrosino e Nanni Svampa.





Avec leur habituel style ironique et cynique qui les caractérisait, voici l’énième banderille plantée par les Gufi (Hiboux) dans le flanc des bonnes mœurs, avec l'adhésion qui en découle aux thèses favorables à la contraception et à l'avortement :

Et crac ! La question est grave
Tôt ou tard, elle doit bien finir cette histoire  :
Ou on change le système d'éducation
Ou l'horaire des consultations...
La la la la la la la la la la la la la la…

Thèses qui ne prévaudront que des années plus tard... Je crois qu'on peut tranquillement dire qu'il s'agit là de la première chanson italienne qui affronte ce thème ; une chanson encore aujourd'hui (et pensez alors!) d'une actualité brûlante !




Il était une fois une petite fille
Elle s'appelait Gabrielle
Sa maman la réprimandait chaque soir
« Monte il est tard, il est l'heure de dormir ! »


Comme toutes les enfants en ce monde
Elle rêvait de devenir grande
Et finie la ronde, elle pensait,
« Un jour, quelles choses je ferais... »


Devenue grande, quel désespoir
Tant de choses encore lui échappaient
Par exemple, elle ne comprenait pas
Pourquoi elle ne pouvait pas sortir le soir


Son papa lui n'arrêtait pas de lui dire
« Toi, le soir, non, non tu ne dois pas sortir
La nuit, tu sais, on peut pécher
Et les gens vont vite à murmurer. »


Tous les après-midis, à partir de ce jour-là
Gabrielle sortait deux ou trois heures
S'en allait avec Gaston faire l'amour
Respectant ainsi le conseil de papa.


Mais un triste jour, elle se sentit mal
Et décida d'aller chez un docteur
Spécialisé dans les affaires de cœur
Afin qu'il porte remède à son mal.


Ce docteur malheureusement,
Recevait de nuit seulement
Gabrielle brave et obéissante
Ne pouvait pas se rendre à la visite.


Et crac ! La question est grave
Tôt ou tard, elle doit bien finir cette histoire :
Ou on change le système d'éducation
Ou l'horaire des consultations...
La la la la la la la la la la la la la la…