mercredi 13 novembre 2013

JOUR APRÈS JOUR

JOUR APRÈS JOUR



Version française – JOUR APRÈS JOUR – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne - Giorno dopo giorno – Vittorio Merlo



Cette chanson est née d'un récit de guerre d'un client de mon père (qui était médecin), son patient lui raconta son retour d'un camp de prisonniers et je fus ainsi si impressionné par son récit que nous rapporta mon père que j'écrivis cette chanson. »

[Vittorio Merlo de mailing list de « Bielle »]








Jour après jour, heure après heure
On marche dans la neige
La neige qui se craquelle
Même lorsqu'il n'y a pas de soleil
Jour après jour, heure après heure
À la recherche d'une frontière
Peut-être d'un fleuve sans barrière
Peut-être de barques à la dérive

Jours sans nuit, sans fin
Et sans lumière du matin
Jours comme des navires
Dans une bouteille
Jours sans baisers
Et sans plus envie de se sauver
Jours comme des asticots
Qui rongent nos os.

Jour après jour, heure après heure
Nos traces s'effacent
Une croix toutes les trois fleurs
Sans pétales ni épines
Jour après jour, heure après heure
On approche de la frontière
À l'horizon une lumière
Ou peut-être seulement une chimère


Jours avec la nuit sans fin
Qui arriveront demain matin
Jours comme mon rêve
D'un amour sans fin
Jours avec les cordes
Pour les lier à la mémoire
Jours comme des larves
Qui bouffent une feuille. 

dimanche 10 novembre 2013

RÉVOLUTION

RÉVOLUTION



Version française – RÉVOLUTION – Marco Valdo M.I.– 2013
d'après la version italienne de Lorenzo Masetti
d'une chanson étazunienne – Revolution – Dick Gaughan – 1983

Le texte est un poème de Joseph Bovshover et est repris de « American Labour Songs of the 19th Century ». Musique composée à Berlin (est) pendant le festival de la chanson politique 1982 .








J'arrive comme une comète à peine née
Comme le soleil qui pointe au lever
Je déboule comme une tempête en furie
Qu'annonçait la nuée d'orage
Je coule comme une lave magmatique
De monts couverts de nuages volcaniques
J'arrive comme une tempête nordique
Qui réveille les océans en panique

Je viens car la tyrannie transplante
Dans le sable chaud du désert, ma semence
Je viens car les maîtres allument
Ma fureur à chaque fois qu'ils commandent
Je viens car l'homme ne peut pas tuer
La graine vivifiante de ses veines
Je viens car on ne peut pas laisser la liberté
Être pour toujours bridée par des chaînes

Je viens car les tyrans imaginent
Que l'humanité est leur trône
Je viens car la paix a été nourrie
De canons et de balles
Je viens car le monde est divisé
Et qu'on se fait face rageusement
Je viens car des gardes ont été placés
Pour empêcher l'espoir de notre temps.

En des temps plus anciens, les pauvres
M'ont réveillée et m'ont appelée pour les mener
Je les ai guidés hors de l'esclavage
Et je les ai conduits sur les routes de la liberté
J'ai marché à la tête de leurs troupes
Et salué un nouveau monde à sa naissance
Et à présent, je marcherai avec les peuples
Jusqu'à ce qu'ils affranchissent la terre

Et vous, vous tous sacs à fric sanctifiés
Bandits oints et couronnés
Vos fausses tours de justice
Et d'éthique s'écraseront à terre
J'enfoncerai mon épée dans vos cœurs avides
Qui pompent le sang du monde
Je fracasserai toutes vos couronnes et vos sceptres
Et je les piétinerai tous dans la poussière

Je déchirerai vos riches vêtements pourpres
Je les mettrai en lambeaux et en pièces
Jamais plus leur prestance
Ne fera tourner les têtes
Enfin votre monde froid sera dépouillé
De sa orgueilleuse splendeur hypocrite
Car nous le dissoudrons tout entier
Comme le soleil dissout la plus haute neige

J'anéantirai votre morale de censeurs
Je briserai la vieille chaîne de vos mensonges
J'attraperai tous vos noirs prédicateurs
Et je les écraserai comme des mouches
Je liquiderai vite fait vos cieux
Et vos dieux qui sont sourds à toute prière
Je pulvériserai vos esprits futiles et vieux
Et je nettoierai l'air et la terre.


Et quoique vous pouvez m'écraser et me tuer
Et me pendre. Vos efforts sont désespérés
Aucun cachot, aucune potence ne peut m'effrayer
Ni la douleur m'inquiéter
De la terre, chaque fois je renaîtrai
Je me rirai de toutes vos armes de malheur
Jusqu'à ce que vous soyez hors jeu pour l'éternité
Jusqu'à ce que vous soyez poussière dans la tombe

vendredi 8 novembre 2013

La Troisième Guerre

La Troisième Guerre

Canzone française – La Troisième Guerre – Marco Valdo M.I. – 2013
Histoires d'Allemagne 98
An de Grass 99

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.



Leopold Mozart avec Wolfgang Amadeus et Maria Anna.
Cette aquarelle représentant Mozart père et ses enfants en 1763 est l'un des portraits les plus connus de Carmontelle (Louis Carrogis, dit Louis de Carmontelle ou Carmontelle).


Petite illustration : les Douze Variations de Mozart. Diverses interprétations.

Élisabeth Sombart : http://vimeo.com/9883932




Cette Histoire d'Allemagne est la dernière de celles que contient le kaléidoscope de Günter Grass ; elle est racontée en duo par la mère ressuscitée de la volonté du fils et par le fils lui-même. C'est un dialogue entre une morte et un survivant. C'est la chanson de la dernière année du vingtième siècle et elle projette une lueur inquiétante sur ce que sera le siècle suivant... Celui que nous vivons à présent. Hic et nunc... Ici et maintenant. Encore une fois, la chanson se tourne vers des antiennes populaires et elle reprend comme refrain presque mot pour mot un petit sizain écrit il y a bien longtemps et porté par une musique de Mozart ; une musique elle-même reprise, semble-t-il, de la tradition populaire française par le compositeur autrichien, qui en fit douze variations. Et ainsi, cette fois, le musicien ne sera pas en retard...



Je te cite immédiatement le texte de ce petit sizain :

« Quand trois poules vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois poules vont au champ
La première va devant. »


Ah, vous dirais-je, Marco Valdo M.I. mon ami, que je connais cette chanson et que j'en connais également d’autres sizains... C'est une chanson célèbre entre toutes, connue de tous ou presque tous, ici en Europe. [http://fr.wikipedia.org/wiki/Ah_!_vous_dirai-je,_maman ]


Exactement et c'est pour cela que je l'ai choisie... Mais également car elle est aussi une sorte de dialogue entre un enfant et sa maman. Ce qui est précisément notre propos. Et j'ai voulu placer ce finale du siècle d'Histoires d'Allemagne sous la bonne influence de ce musicien qui malgré son génie fut asservi toute sa vie... par les puissants et à l'argent. Ce qui entraîna, sans aucun doute, sa fin misérable. Et comme on le sait, cette forme d'asservissement est une des plaies qui depuis des temps immémoriaux assaillent l'humaine nation.




Oh oui, Marco Valdo M.I., mon ami, la misère remonte à la plus haute Antiquité. Elle est fille de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches font aux pauvres afin de les tenir à la gorge, de les transformer en fourmis dociles œuvrant sans répit à accroître les profits et les richesses... Ils entendent, ces riches barbares, confiner l'espèce en une gigantesque fourmilière à la botte et sans aucune honte, écraser toute tentative d’humanisation. Ils louvoient, ils mentent, ils trompent, ils camouflent leur guerre sous le nom de paix, ils présentent leur colonisation de l'homme sous le nom de progrès, ils désignent leur particulière prospérité sous le nom de croissance, terme à vocation générale ; ils sont pour le développement, surtout s'il est durable. Angoissés, ils se répètent comme Maria Letizia Bonaparte, née Maria-Letizia Ramolino : « Pourvu que ça dure ! ». En attendant, ils susurrent aux oreilles inquiètes l'air de la collaboration... Ils entretiennent des mercenaires pour veiller à leurs affaires... Ils rejettent avec dédain toute idée de morale, de conscience. Quand ils prêchent la liberté, c'est pour justifier leurs exactions et leurs privilèges ; c'est la liberté d'entreprendre, c'est la liberté d'exploiter... Ils répandent l'idée qu'il faut créer de la richesse... comme si on pouvait créer de la richesse sans en même temps et par cela même, de manière exponentielle, créer de la misère. Créer de la richesse : on comprend aisément pourquoi... Eux, ils ne créent rien, ce sont des parasites, ils vivent sur le dos des gens; ils accaparent le temps, le travail, la vie des autres.


Mais revenons, si tu veux bien à notre chanson où les personnages qui se répondent, à savoir la mère et l'enfant, ne sont autres que Günter Grass et sa maman qu'il fait revivre pour la cause. Il est vrai que comme chaque fois, j'ai amené d'autres éléments et refait une histoire d'Allemagne, vue d'aujourd'hui et c'est bien le moins, par mes yeux. En fait, il s'agit de l'année 1999, donc la dernière du siècle et quand j'aurai fini (il m'en reste quelques unes à faire, car j'ai sauté quelques années et d'ailleurs, je vais combler ces vides), il y en aura cent et deux de ces Histoires : cent tirées de Günter Grass et deux tirées des Bananes de Königsberg d'Alexandre Vialatte
[http://www.dailymotion.com/video/xnsipo_helene-babu-lecture-bananes-de-konigsberg-partie-1-sur-2_news] et [http://www.dailymotion.com/video/xnsixs_helene-babu-lecture-bananes-de-konigsberg-partie-2-sur-2_news].

Donc, un fils, pour les besoins de la cause, ressuscite sa mère, qui eût été centenaire, s'il n'y avait eu ce foutu cancer qui l’emporta. Il lui demande de raconter sa vie... Elle se remémore : il y eut la guerre, puis la guerre et enfin, la paix, nouvelle forme de la guerre et le cortège des morts : le grand-père, les oncles, la mère. Et puis, maintenant...


Regardez ce qu'ils font aux Grecs, aux Portugais, aux Espagnols... Ils vous le feront bientôt, s'ils n'ont déjà commencé... Voyons dès lors, cette chanson et puis, dans la foulée, reprenons notre tâche et recommençons à tisser, tels les canuts [[7841]] le linceul de ce vieux monde guerrier, barbare, louvoyant, menteur, trompeur, ambitieux, avide, riche, mortifère et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

Ah ! vous souvenez-vous, maman,
De la guerre d'il y a cent ans.
Papa veut que je raisonne,
Comme une grande personne.
Moi, je dis que les bonbons
Valent mieux que les canons.

C'était la guerre tout le temps
Avec des pauses par moment
Papa faisait des fusils à l'usine
Il est mort d'une balle dans la poitrine
Ses deux frères également
Ont fini soudainement.

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

C'était encore la première
Quand est morte ta grand-mère
Comme il fallait bien manger
Moi, j'ai vendu du café
Puis avec Willy, on s'est mariés
Puis sont venus les deux bébés...

Ah ! racontez-moi, maman,
Les histoires de ce temps.
Les gens chantaient en riant
Le moi de mai rend heureux
D'un florin, il en fera deux...
Mais des florins, il n'y en a plus eu
La guerre nous est tombée dessus.

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

Ainsi est venue la deuxième
Les morts sont toujours les mêmes
On a eu les rationnements
Puis, ce furent les enterrements
Mais c'était il y a longtemps
C'est plus pareil maintenant.

Ah ! vous dirai-je, maman,
Ce qui cause mon tourment
Avec la paix, c'est merveilleux
On vit de plus en plus vieux
Pour les jeunes, c'est différent
Ils se demandent ce qui les attend

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.

Écoutez bien les enfants
Ce que dit cette bonne maman
Il y a la guerre depuis si longtemps
Depuis près de cent mille ans
D'un côté, les riches et les puissants
De l'autre, les pauvres et leurs enfants

La guerre se fait autrement
En civil, maintenant
On conquiert par l'argent
Avec lui, on asservit les gens.
Les temps ne sont plus les mêmes
Déjà a commencé la troisième

Quand trois guerres vont au champ
La première va devant
La seconde suit la première
La troisième vient la dernière
Quand trois guerres vont au champ
La première va devant.


jeudi 7 novembre 2013

TERRE LIBRE (LE RÊVE)


TERRE LIBRE (LE RÊVE)


Version française – TERRE LIBRE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Libera terra (Il sogno) – Massimo Priviero – 2013







Cette terre est un ciel qui cherche la lumière
Des montagnes jusque dans la mer
Qui que tu sois, à tes yeux, cette terre
Est tienne et mienne est cette terre

C'est un morceau de pain alpin, cette terre
De mon sang paysan, elle est la forte mère
Cette terre est un fleuve qui suit son erre
Cette terre est tienne et mienne est cette terre

Cette terre est un champ bon pour travailler
C'est une maison en pièces, qu'il faut relever
C'est le père qui rentre à la maison, cette terre
Est tienne et mienne est cette terre

Cette terre est un vantail qu'il faut tenir ouvert
À chaque fils du monde, qui y frappera
Cette terre est une gloire qui ouvre sa voie
Cette terre est tienne et mienne est cette terre

Cette terre est un ciel, qui cherche la lumière
Des montagnes jusque dans la mer
Qui que tu sois, à tes yeux, cette terre

Est tienne et mienne est cette terre 

mercredi 6 novembre 2013

JE SUIS LÀ

JE SUIS LÀ

Version française – JE SUIS LÀ – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Io sono là – Massimo PRIVIERA – 2013



Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et personne ne peut acheter ma vie
Là sur les places du printemps
Là où se trouve celui qui m'entend
Là où les yeux deviennent clairs
Là où on trouve à respirer l'air

Je suis là et ma guerre n'a jamais fini
Ma promesse a été maintenue jusqu'ici
Là sur la terre qui n'a pas frontière
Là sur la route que je saurai chercher
Là tu verras un homme qui jamais ne se perd
Là il y a la force que je voudrais te donner

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et jamais ne se vend mon histoire
Là où mes gens vivent encore
Là où le monde est dans sa folie
Là où un peuple encore respire
Là où ils disent qu'est la démocratie

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là où mon étoile n'est pas reniée
Là je défends tout ce que je suis
Il n'y a là pas de prix qu'ils peuvent payer
Là je serai libre jusqu'à la fin de ma vie
Là si tu me cherches, tu pourras me trouver

Je suis là et ma guerre n'est jamais finie
Je suis là et personne ne peut acheter ma vie
Là où on trouve celui qui jamais ne compte
Là où je cherche le souffle pour crier
Là où se trouvent les derniers du monde
Là où le soleil viendra me chauffer


Je suis là et ma guerre n’en finit pas
Je suis là, là où peut-être tu m'entendras
Je suis là, pour ce qui vaut et ce qui encor sera
Je suis là, embrasse ta route, et aie soin de toi