mardi 8 décembre 2020

DANS LA TRANCHÉE



DANS LA TRANCHÉE


Version française – DANS LA TRANCHÉE – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson allemande – Hier drüben im GrabenLeichtmatrose – 2015




 

LA TRANCHÉE

Otto Dix – 1915





Dialogue Maïeutique 

 



Je commencerai, dit Marco Valdo M.I., par une réflexion qui m’est venue en faisant la version française de cette chanson allemande (et comme il apparaîtra, ce n’est pas sans intérêt qu’il y ait une version française de cette chanson allemande), une réflexion qui m’avait amené beaucoup de perplexité, car je me demandais où diable un dénommé Jürgen, soldat allemand, pouvait pleurer dans une tranchée en 2015, date de la chanson. Et pourquoi, un groupe contemporain avait fait une chanson pareille.


Et alors, dit Lucien l’âne, si tu situais l’histoire, on pourrait mieux saisir ce que tu racontes là.


Soit, dit Marco Valdo M.I. ; en gros, c’est l’histoire d’une tranchée et celle de Jürgen. Mais il me faut revenir sur cette affaire de date, car elle explique tout. Donc, la chanson date de 2015 et en 2015, il n’y a pas de tranchées avec des soldats allemands. Mais en 1915, oui !, il y avait des tranchées, des tas de tranchées avec plein de soldats allemands et l’heure était encore à la victoire prochaine. Concluons : c’est une chanson sur une tranchée d’il y a cent ans (un peu plus à présent) et elle raconte les méditations de la tranchée ou de ceux qui s’y trouvent. Et puis, elle raconte les désarrois de Jürgen, sans doute le plus jeune ou la dernière recrue, mélancolique et triste et amoureux, un peu perdu dans la tranchée et finalement, finalement…


Oui, dit Lucien l’âne, finalement quoi ?


Finalement, reprend Marco Valdo M.I., à force de consolation manquée :


« Dans la tranchée, tout est apaisé.

Sauf Jürgen, qui pleure seul tout bas,

Regarde les étoiles et rêve de chez lui.

Tombent la nostalgie et le froid de la nuit »,


à force de converser avec la mort, avec sa propre mort :


« Viens, donne-moi la main,

Et enterre-moi au cimetière marin.

Personne ne nous pardonnera.

Ce sera toujours comme ça. »


Jürgen, rongé par un remords insondable, finit finalement – même si tout peut s’oublier et pour le monde entier, tout est oublié, sauf pour Jürgen – par mettre fin à son supplice mental insupportablement présent pour rejoindre le paradis baudelairien auquel il aspirait tant :


« Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté. »


Oui, dit Lucien l’âne, il arrive que le remords ronge le cœur d’une rage rouge et brûle, brûle l’esprit de ceux qu’il habite. Pauvre Jürgen, il a payé cher son innocence, mais avait-il eu le choix d’échapper à la tranchée ? On ne le sait pas.


Oh, dit Marco Valdo M.I., ce n’est pas là un problème individuel, ni même simple. Ils furent des millions dans les tranchées et parmi eux, combien de Jürgen ? Et puis, il y a ceux partis enthousiastes et patriotiques et qui rapidement désenchantés sombraient eux aussi dans d’immenses désarrois. À quel moment étaient-ils eux-mêmes ? Otto Dix, le peintre pacifiste, avait fait la guerre et l’avait finie capitaine. Erich Maria Remarque avait vécu la tranchée, comme Jürgen. On en parlait l’autre fois dans « Boue, bombe, bruit et brouillard ». Jürgen n’est pas Jürgen, il est l’ensemble des jeunes Allemands qu’il incarne et dont il porte à son paroxysme le remords, même cent ans après. Jürgen est une conscience allemande pour tous les temps à venir :


« Entends-tu les pleurs des enfants ?

Ce sera toujours comme ça. »


Cependant, il est une France qui croit toujours qu’elle a été grandie la victoire lors de la Grande Guerre et qui continue à la célébrer ; comment aurait-elle même l’idée d’un remords ? D’où, l’intérêt d’une version en langue française.


Oui, dit Lucien l’âne, les grands massacres font les grandes nations – quand elles sortent victorieuses de la confrontation et alors, comment peuvent-elles avoir du remords ? Comment peuvent-elles proclamer l’absurdité de la victoire ? Peut-être même que tu as raison et que par cette version française, Jürgen incarnera aussi une conscience des tranchées des deux côtés. Enfin, tissons le linceul de ce vieux monde nationaliste, orgueilleux, arrogant, blessé, malmené, médusé, mésusé et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane







Les autres morts, ici, presque tous sont restés.

Dans la tranchée, tout est apaisé.

Sauf Jürgen, qui pleure seul tout bas,

Regarde les étoiles et rêve de chez lui.

Tombent la nostalgie et le froid de la nuit,

Qu’ont fait de nous ces années là-bas ?


Viens, donne-moi la main,

Allons notre chemin.

Personne ne nous pardonnera.

Ce sera toujours comme ça.

Tous les rêves, tous les tourments,

Tous les morts du printemps.

Entends-tu les pleurs des enfants ?

Ce sera toujours comme ça.


Presque tout me glace,

Toi seulement me déglace.

La lettre de chez nous

Soutient mon bras gourd.

Tout ça rend fou

Et le froid de la nuit et du jour.

Qu’ont fait ces années de nous ?


Viens, donne-moi la main,

Et enterre-moi au cimetière marin.

Personne ne nous pardonnera.

Ce sera toujours comme ça.


Tous les rêves sont douleur

Et vous brisent le cœur.

Ça meurt seul un soldat,

Ce sera toujours comme ça.


Jürgen, entends-tu l’écho ?

Aujourd’hui, tu es un héros ;

Demain, à nouveau seul, tu seras.

Ce sera toujours comme ça.


Tous les rêves, tous les tourments,

Et pour toujours ce printemps,

Entends-tu les pleurs des enfants ?

Ce sera toujours comme ça.

Ce sera toujours comme ça.


Des fois, l’amour nous saisit

Avec ses rêves de la nuit.

Qu’ont fait ces années de nous ?

Le diable nous attrape

Et dans le noir, les dieux frappent.

Qu’a fait cette guerre de nous ?


Viens, donne-moi la main,

Allons notre chemin.

Personne ne nous pardonnera.

Ce sera toujours comme ça.


Tous les rêves, tous les tourments,

Tous les morts du printemps sont là.

Entends-tu les pleurs des enfants ?

Ce sera toujours comme ça.


Brille, brille, brille mon étoile,

Brille, brille, brille mon étoile,

Brille, brille, brille et ramène-moi à la maison.

Brille, brille, brille mon étoile

Brille, brille, brille mon étoile,

Brille, brille, brille et ramène-moi à la maison.


Les autres sont morts !

Ici, dans la tranchée, tout vit encore.

Brille, brille, brille mon étoile,

Ici, dans la tranchée.

Brille, brille, brille mon étoile,

Ici, dans la tranchée.

Brille, brille, brille et ramène-moi au foyer.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,

Luxe, calme et volupté.


Maintenant, presque tout est oublié —

Sans aucune raison,

Il a pris son arme et pointé

Sur sa tempe, le canon.


QUELLE VIE MERVEILLEUSE

QUELLE VIE MERVEILLEUSE


Version française – QUELLE VIE MERVEILLEUSE – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson italienne – Che vita meravigliosaDiodato – 2020



LA DANSE DE LA VIE

Edvard Munch – 1899




Comme le dit Marco Valdo M.I., les plus belles chansons anti-guerre sont celles qui ne parlent pas de guerre, mais de paix et de vie. Cette chanson d’amour pour la vie – à mon avis l’une des plus belles chansons italiennes sorties cette année – s’inscrit dans le sillon de chansons déjà présentes sur notre site telles que Gracias a la vida, What A Wonderful World, o A la vida où l’émerveillement et l’étonnement pour ce que la vie nous offre n’excluent pas l’adversité, la douleur et la colère pour les injustices de ce monde, en fait elles sont rendues encore plus fortes.

(Sans oublier : Ma che bel mondo è – Punkreas, I.G.Y. (What a Beautiful World)‎Donald Fagen et évidemment, What a Thunderful World ! (Quel Monde Merveilleux ! Pouah !) – Marco Valdo M.I., dit Lucien l’âne en riant.)

Diodato a écrit un texte entièrement classique, utilisant la métaphore de la vie comme un voyage pour atteindre une Ithaque (voir Itaca) qui donne un sens à notre errance, à notre recherche, un but que nous ne devons pas être pressés d’atteindre. Et je pense que ce n’est pas une coïncidence si, dans le clip vidéo, la chanson est introduite par des fragments d’un bulletin d’information qui raconte les tensions au sein du gouvernement sur la peau de ceux que la Vie a vraiment poussés au milieu de la mer à la recherche d’une vie meilleure, douloureuse mais aussi séduisante et miraculeuse.

Che vita meravigliosa (Quelle vie merveilleuse) est le chant d’un être humain perdu dans la mer de la vie, parmi ses vagues, parmi les chants des sirènes, à la recherche de ports sûrs, de morceaux de terre sur lesquels s’arrêter ne serait-ce qu’un instant, avant de s’abandonner au désir fou de reprendre son voyage. Dans l’enregistrement, le sens de la chanson est fortement révélé, se transformant et prenant la forme définitive d’un hommage harmonique à cette vie merveilleuse, douloureuse oui, mais fortement séduisante, miraculeuse.


« Je suis un affamé de vie. Et cette faim s’est intensifiée au fil du temps. Quand j’ai grandi, elle a grandi aussi. Ses odeurs, ses images, ses montagnes russes sans fin, le vide dans son estomac, la souffrance, la joie, les incroyables coïncidences, l’amour, la douleur, cette mer incommensurable de sensations est ce qui me nourrit, ce qui me fait me sentir vivant. Et c’est ce que j’ai essayé de dire, d’enfermer dans cette chanson, dans une tentative désespérée d’arrêter ce qui ne s’arrête jamais. Je voulais qu’elle pue le vécu. Je voulais que ma faim d’elle soit dedans. » – dit Diodato à propos de la chanson.



Cette vie divague

Avec ses baisers et ses vagues

Elle cogne fort.

Vie, qui chaque jour dévore,

Elle séduit et abandonne

Quand la tête bourdonne.


Parmi les choses pas faites pour ne pas avoir à se repentir,

Les promesses faites seulement à moitié,

Quand on pense que cette survie est déjà mourir,

On ferme les yeux sur le temps passé.


Ah, quelle vie merveilleuse,

Cette vie douloureuse,

Séduisante, miraculeuse !

Vie qui pousse à prendre la mer,

Fait pleurer, danser, et tout faire

Avec elle, à l’endroit, à l’envers.


Oui, on aurait pu aller à l’horizon,

Ne pas s’allumer à chaque émotion,

Pour un cliché, se prendre d’affection.

La vie choisie se décide comme ça

Et ne se regrette pas,

Même quand le vent parle trop bas.


On se perd dans le tourbillon des passions,

Les parfums incendiaires des floraisons,

On boit les baisers pour ensuite arriver,

Ivre à hurler, à la dernière nuit de l’été.


Ah, quelle vie merveilleuse

Cette vie douloureuse

Séduisante, miraculeuse

Vie qui pousse à prendre la mer

Fait pleurer, danser, et tout faire

Avec elle, à l’endroit, à l’envers.


Ah, quelle vie merveilleuse

Cette vie douloureuse

Séduisante, miraculeuse

Vie qui pousse à prendre la mer

Fait pleurer, danser, et tout faire

Avec elle, à l’endroit, à l’envers.


On ne voudrait jamais la voir finir,

On ne voudrait jamais la voir finir.


Ah, quelle vie merveilleuse,

Ah, quelle vie merveilleuse,

Ah, quelle vie merveilleuse,

Ah, quelle vie merveilleuse !


Ah, quelle vie merveilleuse

Cette vie douloureuse

Séduisante, miraculeuse

Vie qui pousse à prendre la mer

Fait pleurer, danser, et tout faire

Avec elle, à l’endroit, à l’envers.


Ah, quelle vie merveilleuse

Cette vie douloureuse, séduisante, miraculeuse

(Ah, quelle vie merveilleuse)

Vie qui pousse à prendre la mer

(Ah, quelle vie merveilleuse)

Fait pleurer, danser, et tout faire avec elle, à l’endroit, à l’envers.

(Ah, quelle vie merveilleuse)


Ah, quelle vie merveilleuse !

dimanche 6 décembre 2020

GUERRE

GUERRE


Version française – GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson néerlandaise – OorlogToon Hermans – 2000





 VELOUTÉ DE CHAMPIGNON



Dialogue Maïeutique 



Je ne te savais pas si savant, Marco Valdo M.I. mon ami, au point que tu puisses traduire le néerlandais.


Oh, Lucien l’âne mon ami, c’est là une vilaine taquinerie, car ici, on est tous censés connaître la langue de Vondel ou celle, en l’occurrence, de Toon Hermans. Et pour moi, c’est relativement vrai ; cependant, à la vérité, il faut reconnaître qu’on la connaît mal, moins bien encore qu’on ne sait le français.


Soit, dit Lucien l’âne, il doit bien y avoir des raisons à ça.


Certes, répond Marco Valdo M.I., et la première raison, c’est qu’on ne peut connaître toutes les langues. À entendre certains, il nous faudrait être tous polyglottes, question de s’entendre entre voisins. Moi, je veux bien, mais dans la ville ici où on vit, on recense plus de 150 langues et ce doit être à peu près pareil un peu partout en Europe dans les villes un peu peuplées. Moi, face à ce déluge, je reste d’avis qu’il conviendrait d’abord d’en maîtriser correctement une, chose que j’ai bien du mal à faire.


Évidemment, dit Lucien l’âne, il faudrait définir ce qu’on entend par maîtriser une langue. En prenant le seul vocabulaire, la maîtrise d’une langue comme le français suppose la connaissance fine de plusieurs milliers de mots – si ce n’est plus encore et leurs diverses significations.


De fait, dit Marco Valdo M.I. ; en plus, il faut avoir l’oreille et ça, c’est un acquit physiologique culturel, une aptitude – dès la plus petite enfance – à entendre la langue dans laquelle on vit, à entendre, à percevoir certaines sonorités. La tessiture, la tessiture, je te le dis, selon les langues, est plus ou moins étendue. Il paraît que la langue française est assez peu douée pour cet exercice, ce qui expliquerait bien des choses.


La tessiture, la tessiture, dit Lucien l’âne, tu as bien dit la tessiture ? Curieux, nous les ânes, on entend tout, mais on ne comprend rien. C’est du moins ce qu’on dit de nous.


Enfin, bref, tout ça pour te dire, Lucien l’âne mon ami, que finalement – inspiré par la traduction de Riccardo Venturi, je me suis autorisé à faire une version française d’une chanson en néerlandais et je pense ne pas m’en être trop mal tiré. Sans doute aussi, grâce à la rime, qui est – soit dit en passant – un merveilleux instrument, même si dans son Art poétique, Verlaine, grand rimeur, a tenté de faire croire le contraire.


« O qui dira les torts de la Rime ?
Quel enfant sourd ou quel nègre fou
Nous a forgé ce bijou d'un sou
Qui sonne creux et faux sous la lime ? »


Pourtant et c’est effet de la rime, il ajoutait :


« Il faut aussi que tu n'ailles point
Choisir tes mots sans quelque méprise :
Rien de plus cher que la chanson grise
Où l'Indécis au Précis se joint. 
»


Bien sûr, bien sûr, dit Lucien l’âne, mais sansdieu, que raconte cette chanson ? Elle devrait parler de la guerre, il me semble, pas d’art poétique.


De fait, dit Marco Valdo M.I., mais elle veut le faire, comme toute bonne chanson, poétiquement et elle fait donc ainsi avec une très jolie rengaine où des enfants s’amusent à sauter à la corde – peut-être, sous-entendu, et que les adultes se massacrent. Oui, une jolie rengaine, qui dit :


« Seuls les enfants sautent à la corde,

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants. »


Ah, dit Lucien l’âne, ce sont des enfants qui ont de la chance, s’ils peuvent jouer et s’ils ne sont les cibles de tireurs ou de bombardements.


Et puis, la chanson se pose aussi la question du « loup garou », dont on avait déjà causé dans le dialogue préliminaire à « Gare au Garou », quatre-vingt-huitième chanson de la suite Ulenspiegel le Gueux. Pour le reste, il suffit de lire la chanson.


Oui, c’est ce que je vais faire, dit Lucien l’âne. Allons, maintenant, tissons le linceul de ce vieux monde tueur, tuant, truand, tué, guerrier, guerroyant et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane











Parfois, par les rats, les chats sont attaqués

Et les moutons dévorent les lions ;

Les mains douces commencent à frapper

Et le tendre murmure se mue en lamentation.



Seuls les enfants sautent à la corde,

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants.



Parfois, les gens attaquent les gens,

Parfois, les gens perdent la raison en masse,

Les villes brûlent et les navires périssent.

Le journal dit : c’est la guerre, maintenant.



Seuls les enfants sautent à la corde,

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants.



On déchire l’amour en morceaux

Et l’un l’autre, on se fait la peau,

Au lieu de cueillir des fleurs sauvages.

Le monde est mûr pour le carnage.



Seuls les enfants sautent à la corde,

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants.



La bête, au fond de nous, gratte

Encore et sort à nouveau ses pattes.

C’est le temps des pleurs et du désarroi,

Encore une fois après déjà tant de fois autrefois.



Seuls les enfants sautent à la corde,

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants.



Pourquoi les gens se font-ils tant de mal

Et trouvent ça normal ?

Seraient-ils de ces loups-garous

Qui des morts ont le goût ?



Seuls les enfants sautent à la corde

Sautent à la corde en chantant.

Seuls les enfants jouent à la corde,

Seuls les enfants sont des enfants.