L’exploration
du Disque-Monde
Chanson
française – L’exploration du Disque-Monde – Marco Valdo M.I. –
2020
Petit journal d’exploration, souvenir du
Voyage en Laponie de Carl von Linné, du monde créé par Terry
Pratchett à partir du travail fabuleux de son traducteur en français
Patrick Couton.
Dialogue
Maïeutique
Sans
doute, Lucien l’âne mon ami, as-tu en tant qu’âne errant, un
goût pour l’exploration du monde et peut-être même parcouru ce
monde en long et en large depuis fort longtemps et contrairement aux
touristes, ces pseudo-voyageurs, ces ersatz d’explorateurs, tu l’as
fait le plus simplement du monde sur tes quatre pieds.
En
effet, dit Lucien l’âne, et pour moi, l’exploration est un art
très spécifique qui demande une grande disponibilité et beaucoup
d’attention. Plus encore quand on visite un monde inconnu, un monde
où on n’a jamais vécu, un monde où on n’a jamais mis le pied,
on ne sait jamais ce qu’on pourrait y trouver, les obstacles
que l’on pourrait y rencontrer, les dangers qu’on pourrait devoir
y affronter, mais comme on dit de nos jours, j’ai une certaine
expertise en la matière.
Oui,
je l’imagine volontiers, répond Marco Valdo M.I. en riant. Cela
dit, je nous invite à la visite d’un monde hors du monde, d’un
monde imaginaire dont tout l’intérêt est d’avoir été pensé
par un de nos contemporains. Il s’agit du Disque-Monde dont le
créateur, comme je viens de le dire, n’est pas Dieu ou un
dieu quelconque, une de ces entités insaisissables, inexistante et
carrément, ineffable – ce qui signifie qu’on ne peut même pas
exprimer. Assurément, le Disque-Monde est une création et il
a un créateur sans l’œuvre duquel il n’existerait pas et ce
créateur, comme tu le sais probablement déjà, n’est autre que
Terry Pratchett, un homme plein d’imagination, doué pour l’humour
et l’écriture. Vu l’ampleur de sa production, il
a dû y consacrer une très grande partie de sa vie et de lui-même,
on ne pourra qu’y faire écho de temps en temps, sans rien
d’exhaustif, ni de systématique. Comme c’est notre
habitude et notre méthode, nous procéderons en chansons, allant de
l’une à l’autre, chanson après chanson, comme s’il s’agissait
de consigner les étapes de notre exploration de ce monde :
« Un
monde où la guerre prête à rire,
La
Guerre n’est plus qu’un souvenir ;
Où
désuète, la guerre foire
En
vieille attraction de foire. »
Voilà
qui est intéressant, dit Lucien l’âne, un monde où la Guerre
n’est plus qu’un vieux souvenir. N’est-ce pas un mirage ?
Disons
que c’est globalement vrai, répond Marco Valdo M.I., mais qu’il
en reste des séquelles, l’une ou l’autre résurgence, vite
éteinte cependant. Mais ce sont des choses qu’il nous faudra
découvrir au fil du temps et de nos pérégrinations, ce qui,
j’insiste, risque de prendre beaucoup de temps. Combien y en
aura-t-il de ces étapes ? Je n’en sais rien ; comme pour
la durée de la vie, on verra bien – à la fin. Cependant, il ne
faut pas perdre de vue qu’un voyage peut aussi bien tourner court,
prendre des raccourcis, se perdre dans des itinéraires de traverse.
Oh,
peu
importe, dit Lucien l’âne, on
suivra notre nez, comme d’habitude. D’ailleurs, on
a déjà vécu ça avec tes précédentes séries de chansons, dont
il faut d’ailleurs considérer que
chacune de ces séries n’est en fait
qu’une seule
et unique chanson ;
c’était ainsi pour Dachau
Express, Les
Histoires d’Allemagne, Le
Cycle du Cahier ligné ou Les
Histoires lévianes, La
Geste de Liberté, Les
Lettres de Prison, L’Arlequin
amoureux et
Les
Histoires albanaises. L’important
dans un voyage, c’est de le faire et on ne sait trop ce
que réserve le chemin. De même, je ne demanderai pas ici plus de
détails, plus d’explications quant
à cette expédition où l’on sera tels des Cyranos de fantaisie
et cela pour la même raison que comme le voyage, comme
l’exploration, la chanson se fait pas à pas. Mais dès lors, que
dit cette première, celle qui ouvre la voie ?
Comme
bien on peut le penser, Lucien l’âne mon ami, la chanson initiale
présente le monde qu’elle propose d’explorer, mais
elle ne dit ni quand, ni comment le faire. Elle ne précise pas non
plus qui va le faire. C’est une invitation au voyage, voilà
tout.
Eh
bien, voyons voir, Marco Valdo M.I. mon ami, puis
tissons le linceul de ce vieux monde sur lequel nous vivons
rond, globulaire, quasi-sphérique et cacochyme.
Heureusement !
Ainsi
Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane
Un
jour, un matin, un soir,
Commence
quelque part
Le
grand voyage autour du monde,
L’exploration
du Disque-Monde.
Un
monde où la guerre prête à rire,
La
Guerre n’est plus qu’un souvenir ;
Où
désuète, la guerre foire
En
vieille attraction de foire.
Où
s’entendent les trolls avec les nains,
Les
golems avec les gobelins,
Les
loups-garous avec les chiens,
Les
vampires avec les humains.
Monde
de gnomes, d’orques et de morts-vivants,
De
mages, de fées, d’elfes et de sorcières,
De
dieux, de prêtres, de militaires,
Un
monde multiple et mouvant,
Un
monde plein d’océans et de continents,
Porté
par A’Tuin la grande tortue,
Portant
sur son dos les quatre éléphants
Aux
pensées inconnues.
Nul
ne sait rien au fond :
Ni
d’où viennent, ni où vont
La
tortue, les éléphants
Et
tout le monde des vivants.
Tous
traversent de part en part,
Pour
les mages, de nulle part à nulle part,
D’une
lente reptation continue,
Nage
indéfiniment l’immense tortue.
Pour
la religion, la tortue en rut
Fonce
vers l’étreinte finale, vers son but :
Créer,
par le Big Bang et la grande Secousse,
Les
nouvelles étoiles qui poussent.