mercredi 11 novembre 2015

LE TRAVAIL FATIGUE

LE TRAVAIL FATIGUE



Version française – LE TRAVAIL FATIGUE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Lavorare stancaIl Teatro degli Orrori – 2015


Tout le monde sait que 
Finmeccanica fait de l'argent 
Avec les armes


Ce serait fantastique
De se retrouver chef du monde
Et de voir les choses à sa mode,
De se sentir en sécurité,
De se sentir chez soi.
Un appartement est inutile,
Une famille est inutile.
Ne nous cachons plus en pleine journée,
Ni de la lumière de la mer.
Nous combattrons une autre fois 

Hors des tranchées.
Ce serait fantastique.
Travailler fatigue.
Travailler tue.
Tout le monde sait que 
Finmeccanica fait de l'argent 
Avec les armes
Et nous ici à aimer nos enfants
Mais quel sens ça a ?
Ce serait fantastique
De ne pas voir la fin du mois 

En chaque Saint jour que 
L'Éternel agaçant concède à nos vies inutiles
Si je ne m'étais jamais marié 

Et je n'avais pas eu d'enfants, 
Pas un, même.
J'aurais tant de temps, 

Mais tant de temps 
Pour ne plus rien faire.

Ce serait fantastique
De se retrouver chef du monde
Et de voir les choses à sa mode,
De se sentir chez soi.

Certes, ce ne serait pas mal de se lever
À midi et ne pas devoir chaque matin rencontrer
Un contremaître affolé et toujours affairé.
Dieu sait peut-être pourquoi.
Pour prendre soin de soi
Et descendre boire un café,
Acheter un quotidien
Pour connaître les derniers scandales du pays qui
Ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change jamais.

Let's take a low cost flight and low profile sneak away from them all.
Fuir Varese en gobant les apéritifs.
Fuir Caserte à toutes jambes.
Aller dans ce pays à l'autre bout du monde où le ciel ne finit jamais,
Où l'océan en tempête est 

Si beau, car j'ai peur de te regarder dans les yeux 
Et de te dire que je t'aime 
Encore plus peut-être que ma première amie.
Fuyons un pays qui ne change pas, car il ne veut pas changer
Qui ne change pas car il ne veut pas.

Il ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas, ne change pas.

Mais, peut-être bien que oui ou que non.
Il pourrait bien tomber
Que sais-je moi ?
Il pourrait pleuvoir.

Ce serait fantastique
De se retrouver chef du monde
Et de voir les choses à sa mode,
De se sentir en sûreté,
De se sentir chez soi.
Ce serait fantastique
Et de voir les choses à sa mode,
De se sentir chez soi.
Ce serait fantastique.

mardi 10 novembre 2015

CHANSON DE LA BASILICATE

CHANSON DE LA BASILICATE

Version française – CHANSON DE LA BASILICATE – Marco Valdo M.I. – 2015
D’après la version italienne
D’une chanson napolitaine – Canzone della Basilicata – Eugenio Bennato – 1980


Et quand on y va une nuit de lune
Que de loin, une voix appelle
Ne l’écoutez pas, c’est une strige




« La Basilicate était un des thèmes musicaux qui m’étaient demandés, et concernait justement le paysage, peut-être plus précisément le paysage comme il apparaît à qui vient de Naples.Naquit une mélodie qui accompagnait les panoramiques sur ces vallées et sur ces collines, une musique pour ces terres décrites par le peintre lettré Carlo Levi qui y séjourna en confinement politique et qui, en peintre, la décrivit dans son roman Le Christ s’est arrêté à Eboli.
À la musique, j’ajoutai un texte, que j’écrivis immédiatement après pour souligner la civilisation de ces gens qui dans l’Histoire n’avaient jamais fait la guerre à personne, mais l’avait toujours subie chez eux au cours des invasions et des dominations qui s’étaient succédés au long des siècles.

Et si je cite la ville de Turin n’est pas la Turin des intrigues de Cavour, mais le sommet du triangle industriel qui dans l’après-guerre accueillait des légions de paysans recyclés en ouvriers, mais en même temps toujours des culs terreux, sur les chaînes de montage des usines et des ateliers. »


(Eugenio Bennato 
"Brigante se more - viaggio nella musica del Sud", Coniglio editore, 2010)


Et qu’est-ce que j’en sais de la Basilicate ?
On dit que le Christ n’y est jamais venu
Et s’est arrêté avant cette terre.
Et qu’est-ce que j’en sais de la Basilicate ?
C’est une histoire ou un lointain mythe
Qu’on oublie à peine les a-t-on entendus.

À celui qui veut venir sur cette terre
Où la douleur n’est pas péché
Où ne peut jamais exister la guerre
Car la paix n’y a jamais été.
Et quand on y va de jour sur cette terre
Par les routes serpentent sous le soleil,
On y entend le pas de la tarentelle.

Et quand on y va une nuit de lune
Que de loin, une voix appelle
Ne l’écoutez pas, c’est une strige
Et avant cette terre
Un ange s’est arrêté
Et le temps s’est arrêté
Mais le diable est arrivé.
Il y a le rouge du soir,
Il y a la cheminée et le noir.
On naît à Matera
Et à Turin, on mourra.

Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants !


Tuez les hérétiques, leurs femmes et 


leurs enfants !


Chanson française – Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants ! – Marco Valdo M.I. – 2015

Ulenspiegel le Gueux – 11




Marie et Philippe

Un joyeux couple royal





Opéra-récit en multiples épisodes, tiré du roman de Charles De Coster : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (1867).
(Ulenspiegel – I, LII)
Cette numérotation particulière : (Ulenspiegel – I, I), signifie très exactement ceci :
Ulenspiegel : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs, dans le texte de l’édition de 1867.
Le premier chiffre romain correspond au numéro du Livre – le roman comporte 5 livres et le deuxième chiffre romain renvoie au chapitre d’où a été tirée la chanson. Ainsi, on peut – si le cœur vous en dit – retrouver le texte originel et plein de détails qui ne figurent pas ici.


Nous voici, Lucien l’âne mon ami, à la onzième canzone de l’histoire de Till

 le Gueux. Les dix premières étaient, je te le rappelle :

01 Katheline la bonne sorcière  (Ulenspiegel – I, I)
02 Till et Philippe (Ulenspiegel – (Ulenspiegel – I, V)
03. La Guenon Hérétique (Ulenspiegel – I, XXII)
04. Gand, la Dame (Ulenspiegel – I, XXVIII)
05. Coupez les pieds ! (Ulenspiegel – I, XXX)
06. Exil de Till (Ulenspiegel – I, XXXII)
07. En ce temps-là, Till (Ulenspiegel – I, XXXIV)
08. Katheline suppliciée (Ulenspiegel – I, XXXVIII)
09. Till, le roi Philippe et l’âne (Ulenspiegel – I, XXXIX)
10. La Cigogne et la Prostituée (Ulenspiegel – I, LI)


« Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants. », quel est le grand macabre qui énonce de pareilles horreurs ? Ne serait-ce pas encore une fois Charles le sanguinaire, dit Lucien l’âne en relevant sa queue en point d’interrogation. Ou alors, peut-être, son fils Philippe ?

De fait, tu ne te tropes pas du tout, Lucien l’âne mon ami, il s’agit bien de ces deux-là. Oh, ils ne sont sans doute pas les seuls à avoir ce genre d’idées ; l’espèce court le monde depuis longtemps et elle s’y répand encore aujourd’hui. Cependant, ce titre reflète bien l’esprit de ces rois catholiques. L’Église et les supposés souhaits de sa divinité en sont la suprême autorité.
Il y a entre ceux-ci et celle-là un jeu subtil ; à savoir qui va tirer profit de l’autre. Mais à terme, comme elle joue une pièce éternelle ; entre les rois et l’Église, c’est toujours l’Église qui finit par gagner. C’est du moins la conviction profonde qui la maintient en place.


Finalement, à t’entendre, Marco Valdo M.I. mon ami, les rois ou les pouvoirs temporels sont en quelque sorte les bedeaux du monde.


On peut dire ainsi les choses. Maintenant, j’en reviens à la canzone en commençant par la fin, où Charles dit :
« Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants.
Vous ferez bien, car de cela, Dieu sera ravi. »
Ce qui me semble conclure ce point.


Oui mais, la chanson, que raconte-telle ?


Cette chanson, Lucien l’âne mon ami, précédemment, est une sort de mise en scène de deux lettres. Une de Philippe à Charles et la réponse dudit à Philippe. Si tu t’en souviens, on en avait déjà touché un mot précédemment dans la neuvième chanson de ce cycle : «  Till, le roi Philippe et l’âne  » quand Philippe se plaignait à son père de son destin de « roi consort ». Cette fois, on a droit au détail de sa récrimination. Bref, ça se passe mal entre Philippe, mari de Marie Tudor, et les Anglais. Véritablement, il n’en peut plus et toute la puissance espagnole qu’il mettra en œuvre plus tard ne pourra renverser cet état de leurs relations. Elle s’épuisera comme sa grande Armada sur les brisants des côtés anglaises.

Donc, Philippe se plaint de son sort à son père Charles et que répond ce dernier ? Je suis très curieux de le savoir, insiste Lucien l’âne en se dandinant.

Avant de te faire connaître la réponse de Charles, laisse-moi, Lucien l’âne mon ami, attirer ton attention sur les exécrables relations qui – en plus du reste – meublent les jours et les nuits du couple royal. Voici ce qu’en dit Philippe :
« Et la Reine, ma femme est stérile
Et jalouse et farouche et gloute d’amour.
Elle me poursuit nuit et jour. »
Et en plus, on le sait, il ne la trouve pas jolie, pas à son goût et ne rêve que de lui échapper. Pour un peu, on le plaindrait. Si ce n’était le goût qu’il partage avec elle de massacrer les hérétiques et autre manifestation de sa folie sadique, qu’on avait déjà croisée dans son enfance (voir La Guenon Hérétique ), il aime jouer de la musique (et quelle musique !) sur un clavecin de son invention où à l’aide d’un fer rouge, il fait miauler les chats. Et, tiens-toi bien, il trouve cette pratique normale.


Il n'est pas le seul… D’autres cinglés s’y sont essayé dans ces temps barbares avec ce qu’on connaît sous le nom d’ « orgues à chats » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Orgue_%C3%A0_chats) ...


Quant à la réponse de Charles son père, elle va vite le rassurer. D’entrée de jeu, Charles lui annonce qu’il va bientôt lui céder la place et ce n’est pas peu de choses. Tout un empire et de plus hors d’Angleterre. Philippe sera Roi d’Espagne… Et Charles de conclure : « Entretemps, tuez les hérétiques... ».


Voilà un père et un fils qui s’entendent comme larrons en foire pour régler leur problème de succession. Ce serait chose bien rassurante s’ils n’étaient l’un et l’autre de dangereux fanatiques, attachés à réduire par le fer, l’eau et le feu toute liberté de conscience et au-delà de pensée. Car ce sont là gens d’Inquisition qui vont jusque dans le plus intime de la vie quotidienne tenter d’imposer (à peine de tortures et de mort) la vraie foi, le règne du Christ par l’entremise de son Église (catholique, apostolique et romaine). Et, on n’en est pas encore débarrassés hic et nunc (ici et maintenant) et dès lors, pour notre part, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde inféodé, croyant, crédule, catholique et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Monsieur et père, écrivait Philippe,
Il me déplaît de devoir vivre en ce pays
Où pullulent comme puces, chenilles et sauterelles
Ces hérétiques que notre Mère l’Église honnit.

Ici, je ne suis pas le roi
Mais tout bonnement le mari de la Reine
Et ces gens se moquent de moi,
Du Pape et de notre Mère l’Église souveraine.

On m’insulte, on me dit parricide,
Prêt à frapper votre Majesté pour hériter.
Ce sont là des propos méchants et acides.
Longue vie et long règne à votre Majesté !

On invente, on calomnie, on médit, on dit aussi
Que par le feu, je torture les chats pour mon plaisir.
Et ces gens sont si assotés d’animaux en ce pays
Qu’ils me reprochent jusqu’à cet innocent loisir.

Et la Reine, ma femme est stérile
Et jalouse et farouche et gloute d’amour.
Elle me poursuit nuit et jour.
Je souffre parmi cette engeance incivile.

Monsieur et fils, répondait Charles,
Vos ennuis sont grands, soyez patient.
Apprenez que bientôt vous attend
La couronne ; vous savez de quoi je parle.

Je suis vieux, goutteux maintenant.
Il devient temps de céder aux jeunes gens.
À Metz, j’ai perdu quarante-mille soldats
J’ai fui devant Saxe et je ne m’en remets pas.

Alors, Monsieur et fils, je suis d’avis
De vous laisser mes royaumes. Entretemps,
Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants.
Vous ferez bien, car de cela, Dieu sera ravi.

lundi 9 novembre 2015

VERS LE SOLEIL

VERS LE SOLEIL


Version française – VERS LE SOLEIL – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson tialienne – Verso il soleEugenio Bennato – 2007
Album: "Sponda sud"

Et quand elle part, elle vole vole nuit et jour.
Afrique Europe, Europe Afrique et retour






Une très belle chanson de liberté, une métaphore de toutes les migrations vers nord dans notre royaume occidental. Avec l'espoir de rentrer un jour, comme les hirondelles… vers le soleil, au-delà de toutes les frontières qui ne devraient pas exister pour les humains comme elles n'existent pas pour les hirondelles



Quand elle vole dessus les déserts,
Qu'elle survole les pistes des caravanes,
Et par-dessus des villes de mer,
S'élance telleune musique.
Quand elle file au-dessus les ports,
Suivant une direction toujours pareille
Vers le sud ou vers le nord,
Vers le pôle ou vers le soleil.
Et moi, je voudrais être
Cette hirondelle qui vole
Et qui là-haut toujours reste
Même quand elle se repose
Sur le toit d'une bâtisse,
Sur une tour ou un clocher,
Ou sur un fil électrique,
Toujours prête à s'en aller.

Et quand elle part, elle vole vole nuit et jour.
Afrique Europe, Europe Afrique et retour
Et moi qui de mon œil occidental la regarde,
Moi qui me sens si libre de penser,
Je n'aurai jamais toute la liberté
De cette hirondelle qui s'envole libre .

Ae ae nimwambie nani
Sirisangu wuehe nimwambie nani.

Cette hirondelle qui vole
À la force des ailes
Pour rejoindre toute seule
Sa plus lointaine parentèle.
Telle une musique s'élance encore
Suivant une direction toujours pareille
Vers le sud ou vers le nord
Vers le pôle ou vers le soleil.

Et moi, je voudrais être
L'hirondelle qui va légère
Au-delà de l'orage
Au-delà de la frontière
Et fatiguée de voler
Reste là-haut pour deviner
De quel côté le vent est tourné
Et quand il est temps de s'en aller.

Et quand elle part, elle vole vole nuit et jour.
Afrique Europe, Europe Afrique et retour
Et moi qui de mon œil occidental la regarde,
Moi qui me sens si libre de penser,
Je n'aurai jamais toute la liberté
De cette hirondelle qui s'envole libre .

Ae ae nimwambie nani
Sirisangu wuehe nimwambie nani
Sina baba wuala sina mama
Sirisangu wuehe nimwambie nani.


Quand elle vole dessus les déserts
Qu'elle survole les pistes des caravanes
Et par-dessus des villes de mer
Telle une musique s'élance
Quand elle file au-dessus les ports
Mon âme suit une direction toujours pareille
Vers le sud ou vers le nord
Vers le pôle ou vers le soleil.