dimanche 2 février 2014

L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES

L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES

Version française – L'ÉPLUCHEUSE DE PATATES – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson tchèque de langue allemande – Die Kartoffelschälerin – Ilse Weber – 1942/1944


Un poème d'Ilse Weber mis en musique par Bente Kahan, interprète norvégien de musique juive.
Dans le disque de Bente Kahan « Stemmer fra Theresienstadt » de 1995, sorti les années suivantes en allemand et en anglais.


Les pelures s'animent et s'enroulent
Et deviennent des serpents sifflants
Méduse -Arnold Böcklin (1878)





J'épluche des patates, tout le jour,
Avec cent autres femmes.
Assise dans l'obscure baraque
Dès le point du jour.

Je suis assise et je n'entends rien
De ce que disent les femmes.
Mes pensées sont tellement loin,
Quand mes mains épluchent.

Mes pensées sont en peine
Pour ma fille, disparue en Pologne.
Les autres peuvent encore être gaies
Et plaisanter et rire à la dérobée.

Les bruns tubercules roulent
Et dans les paniers s'accumulent
À Dachau mon fils a été emmené
Pourquoi Dieu le laisse-t-il crever ?

Les heures après les heures passent,
Et mes mains à vif sont dures.
À l'hôpital, du typhus, mon petit-fils trépasse,
Pourquoi faut-il que ma vie dure ?

Patates, patates, les jours entiers
Éplucher, toujours éplucher
Elles roulent jusque dans mes rêves,
Et me tourmentent la nuit encore .

Les pelures s'animent et s'enroulent
Et deviennent des serpents sifflants,
Elles me poursuivent et m'encerclent,
Et de moi s'emparent impitoyablement.

Et revoici un nouveau jour
Et me voici, assise au point du jour
Dans l'obscure baraque, aux pluches
Avec cent autres femmes.

QUAND ON VEUT COMMENCER

QUAND ON VEUT COMMENCER

Version française – QUAND ON VEUT COMMENCER – Marco Valdo M.I. – 2011
Chanson italienne – Quando stai per cominciare – Eugenio Finardi – 1975




L'entrée dans la vie adulte






Regarde, Lucien l'âne mon ami, voici une chanson qui parle du début dans la vie... Mais, comme il est dit, elle date un peu... Elle est de 1975...


Et alors ?, demande l'âne Lucien, ébahi...


Et alors ? Mais, Lucien l'âne mon ami, il y a qu'elle parle du service militaire obligatoire.


Oui, certes, mais encore ?, dit l'âne Lucien, en ouvrant des yeux de plus en plus grands, à se demander où il va les chercher.


Du moins, à première vue. Mais, regarde bien le titre, il dit « Quand on veut commencer »... C'est l'entrée dans la vie adulte... Et si elle n'était pas drôle et si elle était proprement écrasante du temps d'Eugenio Finardi en raison de cette école de dressage qu'était le « service militaire », elle l'est toujours autant aujourd'hui... À vingt ans … Souviens-toi de Nizan, lui c'était dans les années Trente du siècle dernier... Dans Aden Arabie et c'en est même l'incipit, la première phrase, Paul Nizan disait : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. ». Par parenthèse, Nizan fut assassiné deux fois : une première fois d'une balle explosive dans la nuque...


Par qui ?, demande Lucien l'âne. Et puis, comment a-t-il pu être assassiné une deuxième fois ? Et toujours, par qui ?


Oh, pour le premier assassinat, on n'a jamais pu ou voulu retrouver le tueur. C'était à Dunkerque en 1940. On n'a même pas essayé de déterminer la provenance de la balle... ou l'enquête a été étouffée... Faut dire qu'il y avait tellement de morts dans ce coin-là à ce moment là. Quant au deuxième assassinat, là, on sait...


Mais enfin, dit l'âne Lucien complètement ahuri par le tour du propos... On ne peut quand même pas assassiner un mort...


Si. Si, Lucien l'âne mon ami, et je vais te dire comment... en le vilipendant et c'est ce qu'ont fait les communistes français, notamment certain écrivain, dont je tairai le nom et s'il n'y avait eu l'ami de Nizan, un certain Jean-Paul Sartre, l'affaire en serait resté là. Nizan aurait pour toujours été un traître... Mais il y avait Sartre qui avait un peu le goût de la vérité et n’acceptait ni l'injustice, ni la diffamation.. Et voici ce qu'en disait Sartre dans sa préface à Aden Arabie, livre qu'il avait réussi à faire rééditer par un petit éditeur-libraire indépendant François Maspero...


Ah, les livres publiés par Maspero... dit Lucien l'âne le visage tout ébloui... Ce fut un grand moment de l'édition française...


Donc, Sartre disait dans la préface à propos de Nizan et du P.C.F.« C'était la faute inexpiable, ce péché de désespérance que le Dieu des chrétiens punit par la damnation. Les communistes ne croient pas à l'Enfer : ils croient au néant. L'anéantissement de Nizan fut décidé. Une balle explosive l'avait, entre tant, frappé derrière la nuque, mais cette liquidation ne satisfit personne : il ne suffisait pas qu'il eût cessé de vivre, il fallait qu'il n'eût pas du tout existé. On persuada les témoins de sa vie qu'ils ne l'avaient pas connu pour de vrai : c'était un traître, un vendu. ». (http://www.ina.fr/video/2820212001) Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, c'est à ça aussi que peuvent servir les Chansons contre la Guerre à faire luire – même cinquante ans, même septante ans après, l'étincelle de la vérité. Crois-moi, tant que je serai là, je ne laisserai pas Nizan dans le néant. C'était une plume d'acier, il m'a appris à écrire. Précisément, lors de mon entrée dans la vie. Et puis, Paul Nizan fit la même chose, que nous faisons à son égard – le faire revivre, avec ses « Matérialistes de l'Antiquité », un livre qui sauvait Épicure (surtout Épicure et Lucrèce) du néant où le christianisme avait voulu les engloutir sous une marée de mensonges et d'absurdités.


Cela dit, la chanson de Finardi ?


C'est une chanson comme celles des Histoires d'Allemagne ; elle est en quelque sorte dite par un narrateur, par un protagoniste. Cette chanson, c'est un « jeune qui parle aux jeunes », comme au temps de Radio Londres : « Un Français parlait aux Français »... Cela dit, Lucien l'âne mon ami, je n'ai pas arrêté d'en parler de cette chanson. Cependant, je n'en ai pas fini. Car si, comme je te l'ai dit, il n'y a plus de « service militaire » pour marquer l'entrée dans la vie des jeunes (en l'occurrence, mâles), il y a les contrats d'intérim ou les contrats précaires pour les jeunes (mâles et femelles), quand ce n'est pas un long temps de chômage ou le néant, la galère... Voilà le nouveau service qui est censé initier les jeunes... de les édifier. En fait, il s'agit pour l'essentiel de les dresser, ces garnements...


C'est édifiant, cette édification... dit Lucien l'âne d'une voix pleine d'ironique tension. En fait, on en est toujours à la caserne ; en fait, Paul Nizan avait raison quand il disait : « J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie. » et j'ajouterais en regardant ce qui se passe : trente ans, quarante ans... Quel que soit l'âge, c'est du pareil au même... Dans le monde actuel, dans ce « hic et nunc » (Ici et maintenant), dans ce système – car c'est un système régi par la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, tous les jours, partout et à chaque instant, afin de les asservir, de les édifier, de les dresser et d'assurer ainsi leur pouvoir, de maintenir l'exploitation, de développer leurs richesses et d'accroître leur domination – dans ce système, il s'agit que rien ne soit jamais remis en cause, que tout toujours demeure... dans la demeure du Père, dans le monde éternel. Voilà pourquoi, Marco Valdo M.I., il nous faut reprendre notre tâche à chaque instant et tisser le linceul de ce vieux monde hiérarchisé, inique, dominateur, dresseur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



À vingt ans, ça étonne
De n'être plus un enfant
Et d'être presque un homme
Mais devant soi, on a du temps
Pour faire ce qui est important
Et finalement
Se réaliser
Mais quand on veut commencer
Ils nous appellent à l'armée
Oh, non !
Oh, non !


Là, ils nous ôtent tous nos droits
On peut juste se tenir droit
Et obtempérer
Là, ils disent que le devoir
C'est de respecter
Ceux qui ont le pouvoir
Et si par hasard, on n'apprend pas
Il y a toujours les prisons à soldats
Oh, moi non !
Oh, non ! Moi non !

vendredi 31 janvier 2014

On va se marier

On va se marier


Chanson de langue française – On va se marier – Marco Valdo M.I. – 2014
Parodie d'une chanson de Léo Ferré – Ils ont voté (1967) -[[7413]]










Lucien l'âne mon ami, voici une chanson composée dans l'urgence et qui répond à un objectif précis : mettre en cause la chape de plomb catholique qui pèse sur nous tous Européens (et bien au-delà) et qui dans bien des pays, encage les gens et entrave leurs libertés les plus personnelles. Ce combat, je le mène (avec toi, avec d'autres) à partir de la Belgique où je réside. Nous le menons au travers d'une association dont je t'ai déjà parlé et qui s'appelle ALBI – Action laïque belgo-italienne, dont le but est de soutenir et défendre les personnes résidant en Italie et les associations qui en Italie, sont en butte aux rétorsions catholiques, qui comme tu le sais, sont nombreuses et persistantes.

Cette association m'a adressé ce jour un message en quatre langues que je te montre :

LIBERI DI AMARE. Des gays italiens se marient à Bruxelles
Mario et Giovanni s’aiment et vivent ensemble à Milan depuis 12 ans. Comme de nombreux couples de même sexe italiens, ils veulent se marier, mais l’Italie ne leur reconnaît pas ce droit.
En Belgique, le mariage entre personnes de même sexe est admis depuis le 1er juin 2003, à l’issue d’un long combat de la communauté LGBTQI. De 2004 à 2012, 19.463 mariages de personnes de même sexe ont été célébrés en Belgique !
Le 15 février 2014 à 12h30, Mario et Giovanni et deux autres couples s’uniront symboliquement pour revendiquer l’égalité des droits pour les personnes de même sexe en Italie. Les mariages seront célébrés en téléconférence par Olivier Deleuze, Bourgmestre de Watermael-Boitsfort, à la Salle Bauer de la Società Umanitaria (Via Daverio 7 à Milan), et à la Maison Arc-en-ciel, rue du Marché au Charbon 42, à 1000 Bruxelles.
Venez soutenir nos amis Italiens dans ce combat en nous rejoignant ce jour-là à la MAC !
Cette action est une initiative de l’association Certi Diritti www.certidiritti.it en Italie, et d'ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) en Belgique.
LIBERI DI AMARE. Omosessuali italiani si sposano a Bruxelles
Mario e Giovanni si amano e vivono insieme a Milano da 12 anni. Come molte altre coppie italiane dello stesso sesso vorrebbero sposarsi, ma l'Italia non riconosce loro questo diritto.
In Belgio, a seguito di una lunga lotta della comunità LGBTQI, il matrimonio tra persone dello stesso sesso è riconosciuto dal 1 giugno 2003. Dal 2004 al 2012 sono stati celebrati 19.463 matrimoni!
Il 15 febbraio 2014 alle 12.30, Mario e Giovanni e due altre coppie si uniranno simbolicamente per rivendicare l'uguaglianza dei diritti per le persone dello stesso sesso in Italia. I matrimoni saranno celebrati in teleconferenza da Olivier Deleuze, sindaco di Watermael-Boitsfort (Bruxelles), alla sala Bauer della Società Umanitaria ( Via Daverio 7 a Milano), e alla Maison Arc-en-ciel, rue du Marché au Charbon 42, a 1000 Bruxelles.
Vi aspettiamo il 15 febbraio alla MAC per sostenere i nostri amici italiani in questa lotta.
Questa azione è un'iniziativa dell'associazione Certi Diritti (www.certidiritti.it) in Italia, e di ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in Belgio.
LIBERI DI AMARE. Italiaanse homo's trouwen in Brussel
Mario en Giovanni houden van elkaar en leven reeds 12 jaar samen in Milaan. Net als vele andere Italiaanse koppels van hetzelfde geslacht willen ze graag trouwen, maar in Italië wordt dit recht niet erkend.
In België wordt het huwelijk tussen personen van hetzelfde geslacht erkend sinds 1 juni 2003, als gevolg van een lange strijd van de LGBTQI gemeenschap. Tussen 2004 en 2012 werden maar liefst 19.463 huwelijken gesloten!
Op 15 februari 2014 om 12u30 zullen Mario en Giovanni en twee andere koppels symbolisch trouwen om gelijke rechten voor koppels van hetzelfde geslacht in Italië te eisen. De huwelijken zullen via teleconferentie voltrokken worden door Olivier Deleuze, burgemeester van Watermaal-Bosvoorde, in de zaal Bauer van de Società Umanitaria (Via Daverio 7, Milaan), en in het Rainbow House, Kolenmarkt 42, 1000 Brussel.
Kom die dag naar het Rainbow House om samen onze Italiaanse vrienden te steunen!
Deze actie is een initiatief van de vereniging Certi diritti www.certidiritti.it in Italië, en van ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in België.
LIBERI DI AMARE. Italian gays marry in Brussels
Mario and Giovanni love each other and live together in Milan since 12 years. As many other Italian same-sex couples they would like to marry, but Italy doesn't recognize this right.
After a long struggle of the LGBTQI community, the same-sex marriage became legal in Belgium the 1st June 2003. Between 2004 and 2012 were celebrated 19.463 marriages!
15 February 2014 12.30, Mario and Giovanni and two other couples will marry symbolically to claim equal rights for same-sex peoples in Italy. The marriages will be celebrated via teleconference by Olivier Deleuze, Major of Watermael-Boitsfort (Brussels), at the Bauer hall of the Società Umanitaria, (Via Daverio 7, Milan), and at the Rainbow House, rue du Marché au Charbon 42, 1000 Brussels.
We hope to see you that day at the Rainbow House to support the struggle of our Italian friends.
This action is promoted by the association Certi Diritti (www.certidiritti.it) in Italy, and by ALBI Action laïque belgo-italienne (albi@laique.be) in Belgium.




Comme à ce moment, je terminais de relire la chanson de Léo Ferré « Ils ont voté », il m'est venu à l'esprit d'en faire une parodie – au sens premier, c'est-à-dire dans son sens le plus ancien, son sens d'origine : « Texte composé pour être chanté sur une musique connue ». Cette parodie a pour but de raconter ce qui est dit dans l'annonce ci-dessus et d'en montrer certaines dimensions plus étendues. Comme tu peux le voir, il s'agit d'homosexuels qui souhaitent se marier, ce qui est légitime – dès le moment que l'on considère le mariage comme une forme d'union librement consentie. Ce type de mariage est d'ailleurs légal et très courant ici, dans ce petit pays pourtant très conservateur. Ces deux hommes Mario et Giovanni, qui vivent depuis douze ans ensemble, se voient refuser ce mariage dans leur propre pays et ont donc demandé l'asile symbolique en Belgique et cela leur a été accordé. Le mariage et deux autres similaires seront célébrés par un bourgmestre belge à Bruxelles ; ce sera même un mariage électronique... les mariés étant toujours en Italie. Un mariage célébré par la grâce de la télématique...


Ce sont là les mystères de la modernité... Ça nous changera de la grâce divine ou de la grâce du Saint-esprit... dit Lucien l'âne en riant à belles dents. Mais, ajoute-t-il, dis-moi deux trois mots sur la chanson elle-même. Que raconte-t-elle ?


C'est simple. En fait, je l'ai conçue comme si c'était un des futurs mariés qui annonce à sa « mamma-maman » qu'il va se marier avec un homme. Alors, il faut déjà bien se dire que la « mamma-maman » est peut-être sa mère biologique, mais aussi certainement l'Italie et sa belle-mère ou son aïeule est forcément l'ÉCAR – Église Catholique Apostolique et Romaine ; je précise, l'ÉCAR, car des Églises, il y en a beaucoup et des bien différentes. Il faut aussi comprendre que cet homme qui épouse un homme pourrait être une femme qui épouse une femme... Pour moi, c'est complètement égal ; en somme, ce sont leurs oignons. Comme on dit par ici, ils feront leurs lits comme ils se coucheront. Cet homme ou cette femme explique à sa « mamma-maman », qu'en raison de l'intolérance qui règne dans son pays, il a demandé et obtenu l'asile symbolique en Belgique et que le mariage aura lieu là...


Mais enfin, je ne te savais pas partisan du mariage..., dit Lucien l'âne qui ouvre de très grands yeux pensifs...


Mais mon ami Lucien l'âne, ce n'est pas seulement du mariage dont il est question, mais de la liberté de se marier ou non et plus généralement, de la liberté de disposer de soi-même et de ses actes, de la liberté de disposer de son corps, de sa vie... et fondamentalement, de la liberté tout court. De sa liberté à cet homme, de leur liberté à ces hommes, de ta liberté, de ma liberté... Bref, de la liberté de chacun de nous. C'est un combat global qu'il nous faut mener contre toutes les forces d'oppression qu'elles soient politiques, militaires ou religieuses. Je te rappelle notre devise : « Ne jamais se soumettre », ce qu'on pourrait traduire en italien par « Non mollare », qui fut un journal clandestin antifasciste publié en 1925, immédiatement interdit et dont les fondateurs les frères Rosselli furent assassinés par les fascistes. [http://it.wikipedia.org/wiki/Non_Mollare]


Alors, allons-y défendons ce mariage, c'est une manière comme une autre de tisser le linceul de ce vieux monde clérical, bigot, cagot, haineux, étouffant, oppressant, objecteur, mortifère et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Avec le Christ sur le dos
Depuis le temps de Benito
En Italie, si on n'est pas catho
On ne vaut pas le moindre euro
Voilà ton fils, mamma, maman,
Il va se marier maintenant
C'est épatant, il s'émancipe
Il va épouser un autre type

On va se marier... et puis, après?

Certains ont la mémoire hystérique
Et les souvenirs castrés
Normal, ils sont catholiques
Ils veulent tout sanctifier
Et vous voudriez qu'ils acceptent
Sans discussion et sans hurler
Qu'à leurs commandements qu'on débecte
On oppose la liberté.

On va se marier... et puis, après ?

Au Vatican, à Rome, le long du Tibre
On ne peut être des gens libres
Des femmes, des hommes ensemble
Des êtres humains vivant en couple.
Dans ce pays, à la télé
On peut voir agiter leurs ailes
Ces pathétiques demoiselles
Avec leurs charmes dévoilés

On va se marier... et puis, après ?

Maintenant, on ne veut plus se taire
Nous on veut s'aimer debout
On ne cache plus nos goûts
Comprenez-le pères et mères
C'est absurde et dramatique
Il nous faut aller à l'étranger
Demander asile à la Belgique
Pour pouvoir nous marier
Le jour de gloire est arrivé !


CI SI SPOSERÀ… E POI, DOPO ?

Version italienne – 2014
http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=46672

Con il Cristo alle spalle
dai tempi di Benito
In Italia, se non sei cattolico
non vali neanche mezzo euro
Ecco tuo figlio, mamma mamma
Ora si sposerà
E' magnifico, si è emancipato
e sposerà un altro ragazzo

Ci si sposerà... e poi dopo?

C'è chi ha la memoria isterica
e le idee castrate
Normale, sono cattolici
Tutto vogliono santificare
E vorreste che accettassero
senza discussioni e senza urla
che ai loro ordini esecrabili
si opponga la libertà.

Ci si sposerà... e poi, dopo ?

Al Vaticano, a Roma, lungo il Tevere
non si può essere persone libere
Donne, uomini insieme
esserei umani che vivono in coppia.
In questo paese, alla tivù
Si possono vedere agitare le ali
Queste patetiche signorine
con le loro grazie svelate

Ci si sposerà... e poi, dopo ?

Ora non vogliamo più tacere
Vogliamo amarci alla luce del sole
non nascondiamo più i nostri gusti
Cercate di capirlo, padri e madri
è assurdo e drammatico
ci tocca andare all'estero
domandare asilo al Belgio
per poterci sposare.



Il giorno di gloria è arrivato !

jeudi 30 janvier 2014

On n'est pas des saints

On n'est pas des saints




Chanson française – On n'est pas des saints – Léo Ferré – 1967




Ces gens-là ont mis la croix partout, jusque sur le dos des ânes




Ah, Lucien l'âne mon ami, je te l'avais annoncée et en quelque sorte, promise, celle-ci.




Je n'avais pas oublié, mon ami Marco Valdo M.I., dit Lucien l'âne en souriant de son piano à mastiquer le son, et je me préparais à te rappeler ta promesse, car placer une nouvelle chanson de Léo Ferré dans les Chansons contre la Guerre, c'est un grand moment à chaque fois. Et puis, une chanson avec un pareil titre... « On n'est pas des saints »... Ça change du sirupeux évangélique dont on bassine nos jours et nos nuits. Jusqu'à la nausée... Imagine que ces gens-là, les mêmes que chantait Jacques Brel (Chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur, on prie...) ont réussi à mettre des croix partout, jusque sur le dos des ânes... C'est tout dire. Laisse-moi te révéler une image qui me vient à l'esprit : le Vatican avec son Église, c'est un boa autour du cou de l'Europe... Il l'étouffe... La seule question sérieuse est comment desserrer cette étreinte mortelle, qu'ils ont mis plus d'un millénaire à disséminer et à insérer partout... Alors, cette chanson,vue ainsi, c'est une chanson qui sonne comme un étendard, comme un chant des gueux que nous sommes...




Donc, comme tu le vois, moi non plus, je n'avais pas oublié et tu as parfaitement interprété le sens profond de ce chant de révolte. « On n'est pas des saints ! », c'est en effet un peu, une paraphrase de notre « Noi, non siamo cristiani... » – Nous, nous ne sommes pas des chrétiens... Nous, les descendants de Cro-Magnon, comme on le disait naguère dans une autre chanson :


« Mais au milieu de toutes vos historiques prétentions,
Que faites-vous de notre ancêtre Cro-Magon ?
Qui aux temps de la préhistoire,
Sans crucifix, sans religion,
Sans en faire toute une histoire
vivait déjà dans nos régions. » [[38759]],


nous les mécréants qui existions bien avant que des esprits malsains inventent l'image tutélaire de Dieu, cet instrument précieux pour assurer la domination que les riches imposent par mille moyens aux pauvres. C'est ce que disait le bon curé Meslier, qui en connaissait un bout sur la question, vu sa profession. [[5393]]




Bref, Marco Valdo M.I., mon ami, cette Église et cette religion, comme toutes les religions du reste, c'est un instrument, une mise en scène , tout un cinéma afin de tromper le pauvre peuple et le berner, une machine de propagande du système pour mener les pauvres comme un troupeau... C'est la Propaganda Abteilung des riches dans la Guerre de Cent Mille Ans. Ah, les bons pasteurs, fidèles servants des abattoirs... Ah, ce discours évangélique à l'usage des bénis... Ma, noi, non siamo cristiani... Et nous menons tranquillement notre petit bonhomme de chemin, tissant le linceul de ce vieux monde crédule, croyant, religieux, déiste, clérical et cacochyme.






Heureusement !






Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



On n'est pas des saints
Pour la béatitude
On n'a que Cinzano
Pauvres orphelins
On prie par habitude
Pour notre Pernod

Monsieur le curé
Se signe quand on passe
Comme s'il voyait
Le diable dans sa glace
Nous, on n' a rien dit
On n'est pas d'ici

Des boîtes à chansons
Que l'on nourrit d'oseille
Et d'accordéon
Et puis le patron
Qui montre sa bouteille
Pour des picaillons

Des clients par-ci
Qui arrosent leur peine
Des clients par-là
Qui boivent leur quinzaine
En zinc ou en bois
Au comptoir, on boit

On a le bras long
Le long de demoiselles
Qu'on met sur le dos
On fleurit le long
Le long de leurs dentelles
Qui font le gros lot

On se lève tard
Au soleil des caresses
Vers midi moins le quart
Juste après la grand-messe
On tire comme on peut
Le diable par la queue

Quand le beaujolais
Au Café du Commerce
Vide ses coteaux
Qu'on soit beau ou laid
Le soleil vous transperce
Comme un fin couteau

Si tu vis longtemps
C'est pas de Vichy-fraise
Mais d'un différent
Avec le Père Lachaise
Dans le zinc ou dans le bois
Un mort, ça boit pas !

On n'est pas des loups
Mais dans la bergerie
On file où ? Lonlaine
Pauvres manitous
On manie tout ce qui brille
Tout passe à la semaine

On est des chrétiens
Mais faut pas nous la faire
Sacré nom d'un tien
Vaut mieux que t'auras la paire
Chacun ses ennuis
On n'est pas d'ici

Ah ! Le joli son
Qui monte des bouteilles
Sonnant du bouchon
Comme un vieux clairon
Sur le champ des merveilles
Sonne du canon

C'est vers les midis
Que se gagnent les guerres
Quand on introduit
Le caporal Sancerre
Dans notre paradis
Qui n'est pas d'ici

Quand on sera des saints
On foutra tout, lonlaire
Ici, là ou là
On sera tous copains
Et dans le ministère
On fera la java, tiens !

Monsieur le curé
Entre deux vobiscums
Ira se rhabiller
À la façon des hommes
C'est ce qu'on lui dira
Quand on radinera

Quand on radinera.

ET MOI, J'Y SUIS

ET MOI, J'Y SUIS



Version française – ET MOI, J'Y SUIS – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – E io ci sto – Rino Gaetano – 1980
Texte et musique de Rino Gaetano
Album: "E io ci sto"









Ah, Lucien l'âne mon ami, cette canzone de Rino Gaetano, me plaît vraiment et même, pour plusieurs raisons. Bien évidemment, la canzone elle-même et son auteur, son interprète, bref, son chantauteur, puisqu'il s'agit d'une seule et même personne. Mais il en est d'autres...


Oh, oh..., dit Lucien l'âne en secouant son encolure comme s'il se mettait subitement à danser le rock... Et tu pourrais m'en dire de ces plusieurs raisons...


Certainement et je vais le faire à l'instant. Une de ces fortes raisons, c'est que cette chanson est en quelque sorte une d'évocation d'un des aspects de la Guerre de Cent Mille Ans, cette guerre que les riches font aux pauvres afin de maintenir leur domination, d'accroître leurs richesses, d'étendre leurs privilèges... Cette guerre quotidienne où chaque geste compte :

« Partout guerre clandestine,
Guerre guère anodine
Où tous les gestes comptent imperceptiblement
Où chacun choisit son camp
Rappelle-toi à tout moment
Si tu n'y prends garde, inconsciemment
À chaque instant, tu choisis ton camp. »

Et voici ce que dit Rino Gaetano :

« Mais moi, ma guerre, je veux la mener à sa fin 
Et coûte que coûte, il me faut la gagner.
On n'est pas des saints ! »



C'est d'elle qu'il parle et il a nettement choisi son camp, qui n'est pas celui des puissants...



Voilà bien une forte raison et je la comprends, dit l'âne Lucien en hochant la tête, que les oreilles accompagnent dans un mouvement de balancier. Mais tu en avais plusieurs, disais-tu...


Mais oui, Lucien l'âne mon ami, et si tu as tendu l'oreille, tu as certainement repéré la deuxième forte raison... C'est qu'il y a là comme de l'obstination de canuts tissant le linceul du vieux monde...


Évidemment ! Une autre encore... ?


Oui, bien sûr, en voici une autre... Elle nous touche très profondément... Et elle dit, du moins, dans ma version de langue française... « On n'est pas des saints ! ». C'est ce « On n'est pas des saints ! » qui me rappelle : « noi, non siamo cristiani, siamo somari », qui est une de nos devises. Et pour compléter le tableau, cet « On n'est pas des saints ! » est le titre d'une chanson de Léo Ferré, qu'il faudra bien mettre un de ces prochains jours parmi les Chansons contre la Guerre. Je t'en rappelle un petit morceau :


« On foutra tout, lonlaire
Ici, là ou là
On sera tous copains
Et dans le ministère
On fera la java, tiens ! »


Ce serait une bonne idée, dit Lucien l'âne en raclant le sol de son petit pied noi


Et puis, dernière raison et encore plus forte celle-là, puis, je m'arrêterai d'en exposer ; donc, Lucien l'âne mon ami, il y a encore une raison à mon con... Oui, mon contentement , comme disait Boby Lapointe dans Comprend qui peut, chanson qu'il faudra bien mettre ici, vu qu'il y est question du légionnaire et du sable chaud. Et la voici cette forte raison, qui nous vient de l'enfance et des lectures passionnées de l'adolescence. Je t'explique : Rino Gaetano a intitulé sa chanson : Io ci sto...


Et il a bien eu raison, dit Lucien l'âne en riant sous cape...



J'y suis 
Épitaphe de Philippe de Nevers



Lucien l'âne mon ami, il ne faut pas m'interrompre, car après, je ne sais plus où j'en suis et je raconte n'importe quoi. Donc, Rino Gaetano a intitulé sa chanson : Io ci sto... et sans réfléchir, car la chose est évidente, j'ai naturellement traduit ce titre par : « J'y suis ! ». Je t'assure que c'est venu comme ça, tout à trac. Ce n'est qu'en en cherchant la raison, là tout de suite, car on aurait pu traduire différemment : par exemple, Me voilà ou Je suis là ou Pour moi, je suis d'accord... que j'ai soudain compris... « J'y suis ! », c'est la devise du jeune duc de Nevers lâchement assassiné et que Lagardère, un brave Gascon, sous l'apparence du Bossu, va finalement venger ... Ces aventures ont tenu en haleine bien des gens depuis plus d'un siècle et demi. D'ailleurs, il y eut des suites jusqu’à la troisième génération que je me promets de lire in extenso...Cela dit, la chanson qui est pleine d'illusions se termine en reprenant intégralement l'illusion des illusions qui illusionne tant les hommes, celle que Verlaine immortalisa dans son Rêve familier...
Le voici de mémoire :

« Mon rêve familier



Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues. »



Sublime... ce poème de Verlaine..., dit Lucien l'âne encore sous le charme. Mais en attendant, mon bon ami Marco Valdo M.I., recommençons à tisser le linceul de ce monde peuplé de fourbes, de sournois, de lâches, de traîtres et cacochyme.




Heureusement !




Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Je me lève au matin avec une nouvelle illusion
Je prends le 109 pour la révolution,
Et je suis satisfait
Un peu sage un peu distrait
Je pense que dans vingt ans
Finiront mes errements

À y repenser, aussitôt
Je regarde là et ici
Et je suis seul dans la vie
Au fond, il est beau
Mon âge à moi et moi, j'y suis

On dit qu'en Amérique, tout est riche, tout est neuf
On peut monter en téléphérique
Sur les gratteciels et se faire cuire un œuf
Moi, je cherche du rock, de la musique
Je cherche une bannière différente
Sans sang et toujours pimpante

À y repenser, aussitôt
Je regarde là et ici
Et je suis seul dans la vie
Au fond, il est beau
Mon village à moi et moi, j'y suis

On dit à la radio, à la télévision
« Soyez calmes et soyez bons
Pas d’histoires, pas de chambard, soyez modérés »
Mais moi, ma guerre, je veux la mener à sa fin
Et coûte que coûte, il me faut la gagner.
On n'est pas des saints !

À y repenser, aussitôt
Je regarde là et ici
Et je suis seul dans la vie
Au fond, il est beau
Mon combat à moi et moi, j'y suis

Je cherche une femme qui m'émerveille
Qui me sourie à mon réveil
Qui soit belle comme le jour
Intelligente et folle d'amour.

Au fond, elle est belle
Ma femme à moi et moi, j'y suis !

Au fond, elle est belle
Ma femme à moi et moi, j'y suis !