vendredi 6 mars 2020

LE RAT (SEIGNEUR DES ÉGOUTS)


LE RAT (SEIGNEUR DES ÉGOUTS)


Version française – LE RAT (SEIGNEUR DES ÉGOUTS) – Marco Valdo M.I. – 2020
Chanson italienneIl topo (Signore delle Fogne)Ivan Graziani – 1994
Paroles et musique : Ivan Graziani
Album "Malelingue"









Je suis un rat des bas-fonds
Je mange de tout, même du carton
Et c’est ainsi qu’allant à la chasse
Je me suis retrouvé dans une maison bourgeoise



Mais qui aurait pensé,
Qui l’aurait soupçonné
Que j’allais mon chemin
À l’encontre de mon destin ?



J’ai été piégé, capturé,
Enfermé sur le champ.
Puis, on m’a jeté
Dans la cage d’un python vivant.



Il a bougé.
Dès qu’il m’a vu,
J’étais devenu
Son petit déjeuner.



Lui aurait voulu
M’hypnotiser,
J’ai soudain perçu
Qu’il était prêt à attaquer.



Seigneur des égouts,
Aidez-moi, vous.
Pourquoi moi, je dois mourir
Maintenant, dites-moi ?



Avec les chats et les balais
Je m’en sors, vous le savez.
Mais un python, comment se sauver ?
Qui l’a su ? Moi, jamais !



Il se balance un peu, recule.
Puis il saute sur moi, je m’écarte
Il cogne fort sa tête sur la vitre
Allongé là, tordu, ridicule.



Très calmement,
Je l’ai dévoré vraiment
Mais pas tout entier,
Je n’ai pas exagéré.



Et ses maîtres étonnés –
Quelle belle fête ! –
Ont retrouvé
Le python sans tête,
Le python sans tête,
Sans tête.



Seigneur des égouts,
Vous êtes grand, vous le savez !,
Il y a une logique à tout,
Même si vous, vous la refusez.



Il y a celui qui veut tricher
Et qui se fait avoir,
Comme ce python noir
Que j’ai dévoré, digéré.

lundi 2 mars 2020

La Sainte Famille



La Sainte Famille


Chanson française – La Sainte Famille – Marco Valdo M.I. – 2020

ARLEQUIN AMOUREUX – 43

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l’édition française de « LES JAMBES C’EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.







Dialogue Maïeutique

La Sainte Famille, maintenant, Marco Valdo M.I. ; encore une fois, laisse-moi te demander : quel titre est-ce là ? À quoi ça rime un titre comme ça ? Et d’abord, de quelle Sainte Famille est-il question ? Celle des religions ou celle de la philosophie que deux messieurs allemands ont écrite, il y a longtemps ?

Allons, Lucien l’âne mon ami, je te réponds sans tergiverser qu’il s’agit d’une troisième Sainte Famille qui est en quelque sorte assez terre à terre, même si, il faut en convenir, elle est à l’image de la famille biblique : le père, la mère et le fils, telle donc enfin que la conçoit la tradition. J’espère que te voilà satisfait de cette précision.

Comment et pourquoi ne le serais-je pas ?, demande Lucien l’âne. Sur ce point, je suis satisfait, mais le fait est que je ne sais rien du reste, ni de quoi il s’agit.

Oh, Lucien l’âne mon ami, il te souviendra que le précédent épisode de cette longue histoire du déserteur s’achevait sur une rébellion et sur la répression qui en était al suite logique. Rappelle-toi cette fin sous forme de rébus :

« Le bétail crève, les gens ont faim ;
Les prix volent toujours plus haut.
On arrête le meneur de la révolte du grain ;
Ivre, il raconte la bataille de Marengo. »

Mais, Marco Valdo M.I. mon ami, c’était une fausse énigme, car qui d’autre là-bas à ce moment-là dans un village au fond de la Bohême que le déserteur Matěj Kuře aurait pu, « Ivre, raconter la bataille de Marengo » ? Il fallait quand même l’avoir vécue pour connaître tant de détails à en faire un récit d’ivrogne.

Je te l’accorde, Lucien l’âne mon ami, personne sauf quelqu’un qui y était à la bataille de Marengo, mais aussi, dans cette émeute de la faim. Heureusement, la châtelaine du lieu fut fort bienveillante et l’événement était sans gravité, il tenait plus d’une manifestation de mécontentement que d’une révolution. Pour toute sanction, on chassa le meneur, à charge pour lui de ne plus remettre les pieds dans le fief. Le meneur Serenus, alias, alias, alias et donc, notre Matthias, montreur de marionnettes, reprend dès lors le chemin de la fuite et s’en va se réfugier dans une grotte, une ancienne carrière creusée dans la montagne proche. Là, il rentre dans son univers fantasmatique où il vit en symbiose avec sa petite bande et reprend la folle errance de ses méditations ; il imagine que cette grotte est un théâtre, que le versant boueux qui fait face est un amphithéâtre, il y voit – comme en rêve – un public, et animant ses acteurs de bois, il monte un spectacle : un spectacle improvisé où il laisse libre cours à la petite troupe que depuis le début de cette odyssée, il véhicule dans une hotte sur son dos.

Oui, je sais, dit Lucien l’âne, il est à lui seul, ainsi, un théâtre ambulant. Mais quel est donc ce spectacle improvisé ?

Il reprend, Lucien l’âne mon ami, devant – note-le bien – devant un public imaginaire, l’histoire de la princesse du Portugal qui vire – pour éveiller le public – carrément à la pantalonnade. Puis, afin d’apaiser les débordements, on en revient à une scène sévère et classique du retour du croisé en ses foyers, mais cette pieuse scène refroidit le public, il faut à nouveau pimenter l’affaire : le père prodigue est bousculé et moqué par son fils et du coup, il s’empresse de vouloir infliger la bastonnade à son rejeton. Une poursuite s’engage que n’auraient pas désavouée les frères Marx eux-mêmes : le fils file, le père court derrière avec son gourdin levé ou alors, c’est son épée, on ne sait et la mère tente de retenir le geste du père ; et le public rit. Ainsi se dessine l’image d’une famille exemplaire : sainte, certes, puisque le croisé rentre de croisade, mais conforme aux aventures familiales de l’époque où les pères châtient les fils et les mères s’essayent à protéger leur progéniture de ces brutalités paternelles.

Quel exemple, dit Lucien l’âne, mais sans doute en était-il vraisemblablement ainsi dans ces familles patriarcales – du moins, en gros. En tout cas, il semble que le public y reconnaissait mieux ce qu’il attendait d’un spectacle fait pour distraire et amuser, un spectacle populaire dans la foulée de la commedia dell’arte. Cela dit, je me demande s’il n’y a pas derrière tout ça une mise en cause de cette sainte institution, conservatrice de la société et une dénonciation de l’ennui qui submerge cette dernière quand un pouvoir trop lourd l’écrase. Je me souviens soudain qu’au moment où Jiří Šotola écrit cette histoire, la Bohême se trouve au cœur de la Tchécoslovaquie, laquelle étouffe et s’ennuie à mourir sous l’éteignoir soviétique. À finir pour finir, il nous reste, comme tel est notre usage, à tisser le linceul de ce vieux monde ennuyeux, sévère, tutélaire, lourd et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Après correction, le meneur Serenus,
Avec sa troupe sur le dos,
S’en va chercher l’Eldorado
Dans les bois, sous l’humus,

Il déniche une grotte dans la pierre
Creusée comme un théâtre
Et devant, les parois de terre
Font un amphithéâtre.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Quoi de neuf au Portugal,
Votre Grâce Royale ?
Au Portugal, il y a de neuf
Qu’on a rasé un œuf !

Don Basile soulève la princesse,
La jupe se trousse à la ceinture,
La princesse se débat, on voit ses fesses
Le public rit de toute cette nature.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

De la croisade, le père siffle son retour.
Un glaive en sa droite ; en sa gauche, la croix.
La mère et le fils le regardent avec amour,
À cette sainte famille, le public ne croit pas.

Le fils rit de la croix, la poursuite commence :
Le père après le fils, la mère après le père.
De son bourdon, le père, l’enfant tance.
Le public rit de ce trio exemplaire.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

dimanche 1 mars 2020

LA CHOSE EN LOMBARDIE

LA CHOSE EN LOMBARDIE


Version française – LA CHOSE EN LOMBARDIE – Marco Valdo M.I. – 2020
Chanson italienne – Quella cosa in Lombardia – Franco Fortini – Interprètes : Enzo Jannacci, Laura Betti con l’orchestra di Piero Umiliani – 1960
Texte : Franco Fortini
Musique : Fiorenzo Carpi (1960).



Tu vois, Lucien l’âne mon ami, toute cette discussion autour de cette chanson qui parle de « la chose », si tu vois de quoi il s’agit.

Oui, je vois, dit Lucien l’âne. La chose en question a toujours été une préoccupation fondamentale des ânesses et des femmes, en même temps qu’elle titillait aussi bien les hommes et les ânes. Et, entre parenthèses, tout au long de mes interminables pérégrinations, le long des chemins, dans les plaines, dans les bois, dans les champs, dans les prairies, sur le bord des rivières ou dans les combes des montagnes, j’ai vu bien des animaux s’y livrer, j’ai toujours vu des humains s’y adonner. Quant à ce qui se passait dans leurs intérieurs, évidemment, je n’y avais pas accès. Donc, je sais de quoi il s’agit. Par pudeur, je ne te dirai rien de mes propres expériences en la matière.

Soit, Lucien l’âne mon ami, tu as raison et tu fais bien de garder une certaine discrétion quant à tes relations intimes. Je ferai pareil ; de mes intimes, je ne dirai rien non plus. Par contre, la chanson est une conversation intime et plus exactement, c’est une jeune fille qui interpelle son compagnon et lui parle explicitement de sexe. C’est elle qui prend en mains, si j’ose dire, la direction des affaires communes pour mettre à bas tout le mensonge, toute la dissimulation obligée qu’impose la « police » des mœurs qui avait été instaurée dans la société depuis des siècles et que le régime avait renforcée encore dans le quart de siècle qui précédait.

Comment donc, dit Lucien l’âne, cette histoire d’amourette, banale en somme, aurait un caractère plus vaste ?

En effet, c’est même pour ça qu’elle a été écrite par Franco Fortini, répond Marco Valdo M.I., et même qu’elle a été reprise et mise en musique et interprétée par Enzo Jannaci. Cette chanson doit être évidemment resituée dans le temps ; aujourd’hui, elle n’a plus le même air révolutionnaire, mais vers 1960 et quand Fortini l’a écrite, c’était une bombe sociale ; c’est la marque que la « libération sexuelle » se met en marche ; peu après, viendront la libéralisation de la pilule, la légalisation de l’avortement et au-delà, à la revendication de la liberté en matière de suicide (Ballata del suicidio) et d’euthanasie – laquelle se pratique clandestinement depuis des siècles dans les villages italiens, tout comme l’avortement ; la revendication homosexuelle, pratique tout aussi ancienne et récurrente. On en viendra au mouvement contre toute l’hypocrisie de la société. À côté et en parallèle au « boum » économique, il y avait ce « boum » moral où les jeunes générations se libéraient de l’emprise sociétale et cléricale et du poids du Ventennio de mensonges, de forfanteries, d’idioties et d’oppression morale, psychologique et sociale. Cette confrontation est d’ailleurs toujours en cours – voir la répression qui a frappé le juge Luigi Tosti, voir le combat de l’association Luca Coscioni et de Marco Cappato pour le droit de mourir librement. Ce mouvement de liberté de paroles est le moment où la révolte contre la tartufferie, le mensonge social, où le béton ecclésiastique et l’oppression sexuelle et morale des jeunes femmes et hommes vont être mis en cause et en s’épanouissant vont conduire quelques années plus tard à 1968, Make love, not War ; c’est la première brèche dans le patriarcat… Une sorte de XX settembre de la jeunesse. Un coup d’œil à Wilhelm Reich (Écoute, petit homme !) aiderait à mieux le déceler. Il me paraît important de faire place à cette génération qui a changé l’Italie, comme ce fut le cas ailleurs.

Oh, dit Lucien l’âne, ce mouvement de libération commence aussi et à mon sens d’abord, dans l’intime. La libération de l’être est toujours d’abord une libération individuelle ; elle ne peut d’ailleurs être autre chose. Comme c’est d’ailleurs le cas actuellement dans les pays sous domination des religieux musulmans où l’étouffoir est la règle ; la dictature religieuse est consubstantielle à la dictature tout court – politique, morale, sociale. La main-mise sur le corps est une main-mise sur l’être total – enfant, femme, homme…

En effet, reprend Marco Valdo M.I., tenir étroitement les gens dans les règles du troupeau, c’est même la base de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour les tenir sous le joug, pour les rabaisser, pour contraindre la liberté de chacun jusque dans ses émotions les plus personnelles – songe à la légende de la Nonne, pour éteindre le désir d’être soi et de mener sa vie librement – et même, penser et accomplir sa propre mort en toute autonomie.

Pour encore mieux situer cette chanson, dit Lucien l’âne, je voudrais rappeler que Franco Fortini fut un temps valdese et logiquement, finit athée et je suis certain que c’est lié à ce dont on vient de parler et au parcours avec lequel il traversa le fascisme dans les rangs proches de Giustizia e Libertà et de la Resistenza.

Dans le même sens, je voudrais, Lucien l’âne mon ami, dire deux mots aussi pour signaler la parodie qu’en fit Gian-Piero Testa et qui portait ce titre explicitement référentiel : « Quella cosa in Regione Lombardia », dans laquelle il dénonçait clairement la caste des riches ou des aspirants riches. Ce pourquoi je le souligne est aussi que je pense que vu son âge, Gian Piero devait avoir cette chanson en tête comme une chanson qui – en soi – était déjà une remise en cause du carcan social, du corset de moralité qui enserrait la jeunesse d’Italie depuis si longtemps ; d’autant qu’il avait dû lui aussi en subir la pesante lourdeur.

Arrêtons là, dit Lucien l’âne, il nous faut conclure cette petite conversation avant que tu ne te lances dans une chronique du siècle passé et ce basculement moral qui a permis aux personnes humaines d’avoir un peu d’espace de vie libre. Tissons donc le linceul de ce vieux monde oppressant, opprimant, dictatorial, religieux, hypocrite et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Que ce soit bien clair, je ne pense pas au petit logement
Deux pièces-cuisine, au loyer, aux quelques défauts,
Ce qui adviendra, adviendra.
Je pense plutôt à notre après-midi de dimanche,
Aux familles qui tombent comme des feuilles,
Aux filles sans désir, au désir sans faute ;
Aux Onzecents immobiles sur la route avec leurs vitres embuées,
Aux mensonges et aux soupirs au long des fossés des faubourgs.


Chéri, où ira-t-on, disons, pour faire l’amour ?
Je n’ai pas dit : « Allons nous promener »
Ou encore moins, « échanger un baiser ».


Nos semblables, aujourd’hui, vont par deux
Dans les escaliers, dans l’odeur puante des hôtels de passe.
Ça aussi s’appelle l’amour.
Bien sûr, c’est l’amour, qui libère toutes les boucles, les lacets et les frissons.
Dans le brouillard glacé, dans l’herbe,
Un œil sur la Lambretta, une oreille à ces carillons
Qui sonnent depuis le bourg la neuvaine ;
Donne à nos deux vies une radio lointaine
Les résultats des derniers matchs.


Chéri, où ira-t-on, disons, pour faire l’amour ?
Je n’ai pas dit : « Allons nous promener »
Ou encore moins, « échanger un baiser ».
Chéri, où ira-t-on, disons, pour faire l’amour ?
Je parle de la chose que tu sais
Et qui te plaît, je crois, autant qu’à moi !


Chéri, où ira-t-on, disons, pour faire l’amour ?
Je n’ai pas dit : « Allons nous promener »
Ou encore moins, « échanger un baiser ».
Chéri, où ira-t-on, disons, pour faire l’amour ?
Je parle de la chose que tu sais
Et qui te plaît, je crois, autant qu’à moi !

jeudi 27 février 2020

LE BAL DE LA KA-KA-RANTAINE


LE BAL DE LA KA-KA-RANTAINE

Version française – LE BAL DE LA KA-KA-RANTAINE – Marco Valdo M.I. – 2020
Chanson italienneIl ballo del qua qua(rantena)L'Anonimo Toscano del XXI Secolo e la Piccola Orchestrina del Costo Sociale – 2020







Dialogue Maïeutique

Notre ami l’A.T. du 21e Siècle, excédé par cette délirante histoire de quarantaine en a fait une chanson ; pour être plus exact, une parodie et pour donner toute sa dimension à la chose, il a eu recours à la danse des canards, cette sublime scie – mieux connue sous le titre de la danse des conards – dont j’avais toujours pensé que seuls les malheureux locuteurs et auditeurs de langue française avaient dû subir les effets délétères. Je découvre qu’elle est candidate au titre de la plus grande idiotie de tous les temps dans le domaine de la chanson. En tout cas, elle a ravagé le monde autant qu’un coronavirus, peut-être même a-t-elle fait plus de victimes (pour les morts, je ne sais pas).
Une invention suisse : Het nummer is oorspronkelijk gecomponeerd door de Zwitser Werner Thomas als het instrumentale Tchip tchip, ce qui se dit en français : Le morceau a été originellement composé par le Suisse Werner Thomas comme l’instrumental Tchip tchip, une onomatopée aviaire, qui prit donc son envol en 1957. Ensuite, on lui a adjoint des paroles et la chose s’est répandue comme la peste sur le monde.
Voici pour info le relevé, pas vraiment exhaustif, de son expansion linguistiquement définie :

  • Allemand : Der Ententanz / Ja, wenn wir alle Englein wären
  • Anglais : Birdie Song (GB) / Chicken Dance (USA)
  • Bulgare : Патешкият танц (Pateškijat tanc)
  • Brésilien : Baile dos Passarinhos
  • Coréen : 모두가 천사라면 (Moduga cheonsaramyeon)
  • Espagnol : El baile de los pajaritos
  • Estonien : Tibutants
  • Finnois : Tiputanssi
  • Grec : Ta papakya
  • Hébreu : ריקוד הציפורים (Rikud Ha'Tsiporim)
  • Hongrois : Kacsatánc
  • Islandais : Fugladansinn
  • Italien : Il ballo del qua qua
  • Japonais : Okashii Tori
  • Lituanien : Ančiukų šokis
  • Néerlandais: De Vogeltjesdans
  • Norvégien : Fugledansen
  • Polonais : Kaczuszki, Kaczuchy
  • Portugais : A dança do passarinho
  • Roumain : O rățușcă stă pe lac
  • Serbe : Pačiji ples
  • Russe : Танец маленьких утят
  • Slovaque : Kačací tanec / Vrabčák
  • Slovène : Račke
  • Suédois : Fågeldansen
  • Tchèque : Ptačí tanec (kuřátka)

Oh, dit Lucien l’âne, ce monde me consternera tout comme il l’a fait précédemment. J’ai connu la peste pendant des siècles, comme je te l’ai dit lors de notre entretien à propos de Peste nerala Peste Noire. Passons et tissons le linceul de ce monde pestilent, pestiféré, noir, noirâtre et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






C’est la danse de la ka-ka,
De la quarantaine, on y va tout droit.
Tout le monde enfermé dans le « ka »,
Ka-ka-ka.


Maman, mémé et papa,
Tout le monde est dans le ka-ka.
La frontière est fermée déjà
Ici et là.


Priez, faites vos emplettes,
Faites un petit tour sur le net,
Salvini tousse, rouspète,
Et fait ka-ka.


D’un saut, avancez
Et puis, reculez !
La quarantaine durera,
Ka-ka-ka !


Et alors, moi, je fais quoi
Sans les matchs de série A ?
Je me sens comme une loque,
Maintenant, c’est l’époque
De la ka-ka-ka !


C'est la danse de ka-ka-ka,
La quarantaine, la voilà,
Les Lombards enfermés dans la « ka »,
Ka-ka-ka !


Un homme politique là,
Un virologue là-bas,
Et les coups de poing volent déjà
En veux-tu, en voilà !


Tout le monde est isolé,
Je suis devant la télé,
Mais ça m’emmerde d’être là
À faire ka-ka-ka.


Peu à peu un peu,
Et si je suis infectieux,
Elle vous attrapera,
La ka-ka-ka !


Maintenant, on m’a
Mis comme en prison,
Je suis un peu pigeon
Je dois rester à la maison
En ka-ka-ka !
En quarantaine,
Pour au moins deux semaines !
En ka-ka-ka !
En ka-ka-ka !
Ad LIBITUM.

mardi 25 février 2020

BIENVENUE EN ALLEMAGNE


BIENVENUE EN ALLEMAGNE

Version française – BIENVENUE EN ALLEMAGNE – Marco Valdo M.I. – 2020
d’après la version italienne BENVENUTI IN GERMANIA de Riccardo Venturi
d’une
Chanson allemande – Willkommen in Deutschland Die Toten Hosen – 1993
Texte : Andreas Frege (Campino)
Musique : Michael Breitkopf (Breiti)
Album « Kauf mich ! »




WIR SIND EIN VOLK
Nous sommes un Peuple




Dialogue Maïeutique


Figure-toi, Lucien l’âne mon ami, que j’avais eu l’idée saugrenue de publier cette version française de « Willkommen in Deutschland » – « Bienvenue en Allemagne » sans notre petite conversation préliminaire. Je devais sans doute être un peu las ou distrait ou préoccupé par autre chose. J’y avais cependant joint la photo d’une manifestation d’apparence pacifique de nationalistes allemands d’aujourd’hui, que j’avais pris soin d’illustrer d’une courte légende – en fait, la traduction du texte de la banderole en tête de cet émouvant cortège familial et national : « Wir sind ein Volk » – « Nous sommes un peuple ». J’en avais presque fini quand je me suis ravisé.


Et tu as bien fait, Marco Valdo M.I. mon ami, car autrement, à quoi aurais-je servi ici et surtout, car à voir ce slogan, j’en ai tous les poils qui se dressent. Des souvenirs anciens se rappellent à ma mémoire. Enfin, on sait ce qui arrive lorsque les Allemands veulent devenir un peuple. Inévitablement, on complète la sentence, comme je pense que le font ces « aimables marcheurs » et avec les mêmes mots qui sont de triste tradition : en allemand : « Ein Volk, ein Reich, ein Führer », ce qui donnerait en français : « Un Peuple, un Empire, un Guide » et en italien : « Un Popolo, un Impero, un Duce » ou quelque chose d’approchant et pour tous, en avant, marche ! Et bien sûr, ils marchent.


Je vois que tu as compris mon intention, répond Marco Valdo M.I., qui était double : celle de démythifier le peuple et celle de faire voir en dehors de l’Allemagne qu’il existe des Allemands qui ne veulent pas, ne veulent plus de ce fameux peuple.


Dans le fond, dit Lucien l’âne, c’est une seule et même chose : démythifier le peuple et ne plus vouloir de ce peuple.


Tu vois, Lucien l’âne mon ami, la démythification du peuple est la base de la mise en cause des attitudes racistes, xénophobes, méchantes et stupides du nationalisme, dont il importe peu – pour m’en tenir à cette petite partie du monde – qu’il soit russe, allemand, français, belge, autrichien, hongrois, italien, espagnol, etc. Ce qui caractérise le peuple, c’est son grégarisme, son goût de l’attroupement et son inévitable transformation en troupeau et ensuite, d’exaltation en exaltation, en meute.


Oh, dit Lucien l’âne, je connais cette façon d’être et j’ai vu les effets de cette gradation, laquelle est inévitable dès l’instant où on pense « peuple ». Des siècles de barbaries et de guerres ont montré combien cette mécanique est redoutable, menaçante et finalement, massacrante. Et à mon tour, j’insiste sur le fait qu’elle s’applique à n’importe quel peuple à n’importe quel moment de l’histoire humaine qui, jusqu’ici, se confond avec la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants mènent contre les pauvres et les pacifiques afin d’imposer leur domination, d’étendre leurs possessions, etc. Dans les périodes de calme, où les affrontements sont feutrés, où on ne s’étripe pas militairement, où n’écrase pas les civils sous les coups des gens d’armes, où l’on vit dans une sorte de trêve sociétale, le peuple vit sous la forme du troupeau ; dans les périodes d’affrontements, le peuple prend alors la forme de la meute, il se transforme en un être vindicatif, en un agglomérat haineux, tel que le décrit la Tyrolienne haineuse, se mue en assassin collectif, en une hydre aux innombrables crânes tondus. Mais arrêtons-nous ici, sinon on n’en finira pas aujourd’hui ; ainsi tissons le linceul de ce vieux monde haineux, glauque, malodorant et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Ce pays est le pays où on ne comprend pas,
Que penser l’étranger comme ennemi, ça ne va pas.
Où les visiteurs sont seulement tolérés,
S’ils promettent de bientôt s’en retourner.
C’est aussi ma maison, même si c’est un aléa,
Un jour ou l’autre, ça finira par retomber sur moi,
Si un homme d’un autre pays,
Ne peut plus vivre ici sans souci.
Chaque jour, toujours plus, il en arrive
Et la haine des étrangers augmente
Et personne ne sait de quelle manière
Ni quand s’arrêtera cette manie démente.


C’est aussi mon pays,
Et je ne peux pas faire comme si
Ça ne me concernait pas.
C’est aussi votre pays,
Et vous êtes coupable si
Vous acceptez ça.


Ce pays est le pays où se taisent tant de gens,
Où des fous dans les rues s’en vont défiler
Pour prouver à eux-mêmes et au monde entier
Que les Allemands sont à nouveau des Allemands.
Cette provocation nous concerne vous et moi,
Car aussi nous sommes d’ici, moi comme vous ;
Ce problème ne concerne que nous :
Aucun étranger ne peut nous aider à régler ça.
Je n’ai aucune envie de rester ici,
Ni de supporter plus longtemps ça,
Je suis fatigué de parler et de rester là,
Je ne tournerai pas le dos à cet ennemi.


C’est aussi mon pays,
Et d’un quatrième Reich, je ne veux pas.
C’est aussi votre pays,
Faites que la haine aveugle ne le détruise pas.
C’est aussi mon pays,
Et sa réputation est déjà ruinée quoi qu’il en soit
C’est aussi votre pays,
Montrons que d’autres hommes vivent ici aussi.