dimanche 2 avril 2017

Qui suis-je ?

Qui suis-je ?



Chanson française – Qui suis-je ? – Guy Béart – 1965




Mon ami Lucien l’âne, je suppose que comme moi, tu connais – au moins de nom, Guy Béart. J’en suis même certain. Je me persuade assez que tu sais qu’il est né en Égypte, qu’il parcourut le monde toute sa prime jeunesse à la suite de ses parents, qu’il vécut longuement au Liban avant de finir en France. Mais rassure-toi, je n’ai pas l’intention de faire la biographie de Béart, d’autres s’en sont chargés.

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, nous ne sommes pas des biographes et si jamais, il te venait à l’idée de t’atteler à une biographie, j’aimerais mieux que tu fasses la tienne, car il y a tant de choses à comprendre dans la vie de chacun et tant de zones grises, tant de moments enfuis et enfouis qu’il est toujours intéressant de tenter de s’en souvenir. Cependant, il n’y a rien là d’urgent, ni de nécessaire. Je disais ça comme ça en passant.

Écoute, Lucien l’âne mon ami, comme à l’ordinaire, tu parles d’or. Ce n’est pas que je sois pénétré de l’envie ou l’ambition de me tracer un portrait, mais c’est que justement, ton intervention me ramène à la chanson, dont le titre est précisément « Qui suis-je ? ».

C’est en effet, Marco Valdo mon ami, la question qui préside à toute autobiographie.

Remarque, mon ami Lucien l’âne, que cette question est aussi celle qui résonne dans la philosophie et particulièrement, à l’époque où Guy Béart écrit cette chanson. C’était au temps où Paris, le Paris des brasseries, des bistrots et de la nuit se targuait d’existentialisme ; un penchant philosophique mondain qui se coula dans la Seine avec Paul Celan. On avait changé ; le « Qui suis-je ? », le « Qu’y puis-je ? » de la chanson étaient passé de mode ; on envisageait des consommations culturelles de masse ; on n’essayait plus de comprendre, on se contentait du pré-emballé. Je ne sais même pas, si on pourra en sortir bientôt. Comme je te l’ai dit, globalement, statistiquement, commercialement, la chanson de Guy Béart n’a plus cours. Elle est partie d’un autre monde, mais il y aurait intérêt à y revenir.

Honnêtement, Marco Valdo M.I. mon ami, moi qui ai vécu tant de lieux et tant de temps, je ne saurais dire ce qu’il va en être dans les temps prochains. Cependant, ce dont je peux t’assurer, c’est que pour y revenir, on y reviendra ; l’humaine nation ne peut perdurer dans la fange financière. Il est des moments – courts ou longs, peu importe, où elle s’y prélasse et puis, un jour, elle se met à se réfléchir, à se voir et à se rendre compte par elle-même ; elle s’étonne, elle s’indigne d’elle-même, elle s’ébroue et elle se convainc à nouveau que vivre, c’est d’abord et avant tout, vivre. Et elle revit.

Certes, Lucien l’âne mon ami, ces fluctuations, ces plongées dans l’horreur suivent le rythme du temps des grands groupes humains, un rythme pareil à celui du temps du calendrier et des saisons. Cependant, s’il s’applique aux grands ensembles, il n’a que peu d’influence sur les individus et là réside la chance de l’humanité. Au travers des individus, unité par unité,l’humaine nation s’humanise et surmonte les pires désespoirs. C’est le phénomène de résistance tel que décrit par le grand Victor de son exil îlien :

« Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

Marco Valdo M.I. mon ami, arrêtons là ! Il ne s’agit que de chanson, nous n’avons pas l’envergure des grands, ni philosophes, ni poètes, on est juste des causeurs infinis et pour ce qui est de causer, nous avons tout le temps. Concluons pour aujourd’hui et pour cette chanson par notre antienne favorite : « Ora e sempre : Resistenza ! » et reprenons notre tâche qui se veut tranquille et qui nous mène à tisser, tisser inlassablement le linceul de ce vieux monde caduc, obèse, essoufflé, pesant, ambitieux, avide et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l’âne



Je suis né dans un arbre
Et l’arbre, on l’a coupé.
Dans le soufre et l’asphalte,
Il me faut respirer.
Mes racines vont sous le pavé
Chercher une terre mouillée.
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en litige ?
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en émoi ? 


On m’a mis à l’école
Et là, j’ai tout appris :
Des poussières qui volent
À l’étoile qui luit.
Une fois que j’eus tout digéré,
On m’a dit : « Le monde a changé ».
Qui change, qui range
Dans ce monde en mélange ?
Qui change, qui range
Dans ce monde en émoi ?

On m’a dit : « Faut te battre ! »,
On m’a crié : « Vas-y ! »,
On me donne une grenade,
On me flanque un fusil.
Une fois qu’on s’est battu beaucoup,
On m’a dit : « Embrassez-vous ! »
Qui crève, qui rêve
Dans ce monde sans trêve ?
Qui crève, qui rêve
Dans ce monde en émoi ?

J’ai pris la route droite,
La route défendue,
La route maladroite,
Dans ce monde tordu,
En allant tout droit, tout droit, tout droit,
Je me suis retrouvé derrière moi !
Qui erre, qui espère
Dans ce monde mystère ?
Qui erre, qui espère
Dans ce monde en émoi ?

On m’a dit : « la famille,
Les gros sous, les autos ».
On m’a dit « la faucille »,
On m’a dit « le marteau ».
On m’a dit, on m’a dit, on m’a dit,
Et puis, on s’est contredit.
Qui pense, qui danse
Dans cette effervescence ?
Qui pense, qui danse
Dans ce monde en émoi ?

Mes amours étaient bonnes
Avant que les docteurs
Me disent que deux hormones
Nous dirigent le cœur.
Maintenant, quand j’aime, je suis content
Que ça ne vient plus de mes sentiments.
Qui aime, qui saigne
Dans ce monde sans thème ?
Qui aime, qui saigne
Dans ce monde en émoi ?

Et pourtant je me jette,
Et j’aime et je me bats
Pour des mots, pour des êtres,
Pour cet homme qui va.
Tout au fond de moi, je crois, je crois,
Je ne sais plus au juste en quoi.
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en litige ?
Qui suis-je, qu’y puis-je
Dans ce monde en émoi ?

samedi 1 avril 2017

Contre tous les Pouvoirs

Contre tous les Pouvoirs

Chanson française – Contre tous les PouvoirsGuy Béart1981






Contre tous les pouvoirs !
Qu’il soit blanc, qu’il soit noir,
Qu’il soit bleu, rouge ou rose
Ou de toutes les couleurs ;
Qu’il se dise d’ailleurs ;
Qu’il gouverne ou s’oppose.

Contre tous les pouvoirs !
Du grand jour, du grand soir.
Qu’il soit démocratique
Royaliste, impérial
Ou qu’il soit syndical,
Commercial, politique.

Contre tous les pouvoirs !
Même ceux du foutoir,
Civils ou militaires,
Ramollis, exaltés,
Qu’ils viennent de la cité
Ou qu’ils viennent de la terre.

Contre tous les pouvoirs !
Même si par désespoir,
Il devienne modeste,
Qu’il veuille, pour subsister,
Nous dire qu’il va changer,
Qu’il retourne sa veste.

Contre tous les pouvoirs !
Qu’il dise « venez y voir »,
Qu’il ouvre grand ses grilles,
Ou qu’il soit très secret,
Qu’il ne soit pas ce qu’il paraît,
Qu’il soit carpe ou anguille.

Contre tous les pouvoirs !
Nostalgique ou d’espoir,
Religieux, qui contemplent
L’autre monde d’ici
Et nous tiennent à merci
Des marchands de leurs temples

Contre tous les pouvoirs !
Des beaux laboratoires
Des savantes funérailles
Des médecins demi-dieux
Aux produits merveilleux
Qui nous mènent en cobayes.

Contre tous les pouvoirs !
Des salons, des couloirs,
Au clin d’œil sympathique,
Au charme nonchalant,
Des gangsters en gants blancs
À l’œil informatique.

Contre tous les pouvoirs !
Des parfaits laminoirs
Aux douceurs infernales,
Aux mâchoires de boa,
Qui digèrent les États,
Ces multinationales.

Contre tous les pouvoirs !
Des parloirs, des gueuloirs,
Des oiseaux de ramage :
Journalistes, avocats,
Au pouvoir qui ne va
Qu’avec quelque chantage.

Contre tous les pouvoirs !
Des baudruches de la gloire,
Des chanteurs, des artistes.
Aux pouvoirs des médias
Qui, à hue et à dia
Jouent aux équilibristes.

Contre tous les pouvoirs !
Des terroirs, des trottoirs,
Car sitôt qu’un esclave
Est devenu le roi
C’est pareil chaque fois :
Dans le sang, il nous lave.


Contre tous les pouvoirs !
À parler provisoire
Qui du pouvoir abdiquent
Et qui sont rotatifs
Ou bien décoratifs
Et vive la République.

jeudi 30 mars 2017

HISTOIRE VRAIE D’ORSI

HISTOIRE VRAIE D’ORSI


Version française – HISTOIRE VRAIE D’ORSI – Marco Valdo M.I. – 2017

Chanson italienne (Piémontais) – Da Ursi (Storia vera)Giuliano Illiani (Donatello) – 1978


Sûrement vraie du début à la fin (malheureusement), l’histoire des ouvriers de l’entreprise Orsi de Tortona, une prestigieuse fabrique de tracteurs dont la production avait été adaptée pour fabriquer du matériel militaire durant la seconde guerre mondiale


Chez Orsi, les ouvriers travaillent dur,
Tracteurs et projectiles pour les Allemands,
De la montagne arrivent les rumeurs de mort.

Chez Orsi, les ouvriers ont fait grève,
Au mois de mars quarante-quatre,
Pour La liberté, le pain, le salaire.

Chez Orsi, les ouvriers sont des partisans,
Ils font les obus en alliage léger,
Et les Allemands tirent de la tôle.


Chez Orsi, les ouvriers sont des farceurs,
Ils montent de travers les tracteurs,
Et en Allemagne, les transmissions sautent.

Chez Orsi, les ouvriers parlent le dialecte
Pour ne pas se faire comprendre du commandant,
Et ils sifflent quand arrivent les surveillants.

Chez Orsi, les ouvriers ont du courage,
Ils ont appris l’art du sabotage
Et mettent des boulons dans les engrenages.

Chez Orsi, on a licencié les ouvriers ;
Ils attendent toujours leurs indemnités,
Je n’ai pas oublié leur histoire.

lundi 27 mars 2017

OÙ RÈGNE LA VIOLENCE, LA RÉSISTANCE EST UN DEVOIR

OÙ RÈGNE LA VIOLENCE, LA

RÉSISTANCE EST UN DEVOIR

Version française – OÙ RÈGNE LA VIOLENCE, LA RÉSISTANCE EST UN DEVOIR – Marco Valdo M.I. – 2017





En 1985, Lucien l’âne mon ami, l’Allemagne est toujours divisée et se trouve toujours encore au cœur du nœud noué à la fin du Reich de Mille Ans qui n’en a duré que douze. Avec d’un côté comme de l’autre, de très puissants « alliés », lesquels ont installé sur son territoire des troupes, des bases militaires pour les héberger, des aériennes et bien entendu, des rampes de fusées, potentiellement équipées d’ogives nucléaires.

Comme qui dirait, tout est prêt pour le grand feu d’artifice, dit Lucien l’âne.

Oui et depuis un certain temps déjà, Lucien l’âne mon ami. On comprend que les populations aient eu peur de cette situation et aussi qu’elles en ont aussi marre de vivre dans l’appréhension, d’autant que le fait n’est pas récent. Ça faisait quarante ans que cette tension quotidienne durait.
Auparavant, il y avait eu la terreur nazie, suivie de la guerre à l’étranger, puis les bombardements et la guerre sur le territoire allemand, l’occupation.
Ensuite, depuis une trentaine d’années, les manifestations contre cet état de terreur larvée se sont succédé sur fond de guerre froide. Ce furent souvent des manifestations de plus en plus fermes et assez énergiques et la répression fut à l’unisson.

En effet, Marco Valdo M.I., j’avais bien noté tout cela et le fait que durant ces années-là, les guerres « chaudes »s’étaient déroulées essentiellement à d’autres bouts du monde : en Corée, au Vietnam, en inde, au Proche-orient, en Algérie, etc, mais en Allemagne, c’était une guerre « froide » et même à certains égards, « glacée ». Les canons étaient pointés, chargés, mais ils ne tiraient pas et si les chars ou des forces répressives sont intervenus, c’était à l’intérieur des frontières de l’un ou l’autre camp. On se gardait bien de franchir certaines limites.
Il s’en est passé bien des choses durant ces années-là, mais qu’y a-t-il de si particulier à cette année 1985 ?

En fait, Lucien l’âne mon ami, si on se place d’un point de vue général pour examiner ces quarante ans écoulés depuis la fin de la guerre mondiale, on pourrait presque répondre : rien. On pourrait relever qu’on est encore toujours dans le même monde divisé ; en Allemagne, dite de l’Ouest, les manifestants crient encore toujours : « Lieber rot als tot ! » – « Mieux vaut rouge que mort ! », montrant par là qu’en cas de conflit ou d’affrontement avec les armées de l’URSS et leur éventuelle invasion, ils préféreraient ne pas combattre plutôt que de risquer la mort collective et nucléaire. Faut les comprendre, ils étaient aux premières loges.

Oh, Marco Valdo M.I., je me souviens très bien de cette sainte terreur qu’inspirait la « bombe » en ce temps-là. Il me semble d’ailleurs qu’à présent, on ait presque oublié son existence et l’effroi qu’on avait à l’idée de la voir surgir dans le grand conflit latent.

Il est certain, Lucien l’âne mon ami, que si l’un ou l’autre des froids belligérants de cette époque avait été pris soudain d’une bouffée de chaleur nucléaire, le jeu des réactions en chaîne serait enclenché et on n’aurait pas donné cher ce l’humanité entière et sans doute même pour un long moment, la vie sur la planète aurait été compromise. Un moment très long et même, très, très long. Et c’est face à cette perspective que la chanson et son refus des fusées prennent tout leur sens. Derrière ce refus, il y avait une peur immense, une frayeur d’épouvante et en même temps la conscience de la nécessité de mettre le holà à cette confrontation, à cette guerre des nerfs à l’échelle d’un continent et par extension, de la Terre entière.

Tout cela est fort bien, mais, dit Lucien l’âne, je me demande encore – c’était ma question – ce que cette année 1985 a de particulier par rapport à cette histoire.

J’y viens, j’y viens, Lucien l’âne mon ami, mais il me fallait placer le décor. À mon sens, 1985 est -avec le recul – une année charnière, car cette année-là, les choses commencent à bouger ; on assiste aux prémices d’un lent mouvement de détente. En URSS, le régime en place, qui porte cette politique de terreur, est en train de vaciller. La meilleure image que l’on pourrait donner est celle d’un dégel, de la progressive disparition des glaciers. C’était assez lent, mais c’était doué d’une formidable inertie.
En ce qui concerne les fusées, qui est le sujet de la chanson, il y a eu cette année-là, l’annonce d’un moratoire sur l’installation en Europe des SS20, d’un côté, disons dans l’Europe hors des frontières russes et des Pershings, de l’autre côté ; il y avait l’accord de coopération avec les Zétazunis quant à un désarmement bilatéral.
Cependant, comme on peut s’en rendre compte, trente ans plus, on y revient, même si par ailleurs, les choses ont fortement changé tout en restant les mêmes. Le Guépard qui disait : « se vogliamo che tutto rimanga com’è, bisogna che tutto cambi »« Si nous voulons que tout reste comme il est, il faut que tout change »), disait vrai.

Certes, Marco Valdo M.I., il y a des invariants dont l’inertie transcende facilement les régimes et les péripéties de l’histoire. C’est vrai par exemple pour l’Allemagne, c’est vrai pour la Russie. C’est un des effets temporels qu’on peut aisément déceler à l’intérieur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres afin de s’assurer de la domination, d’imposer leurs volontés, de maintenir leur pouvoir, d’étendre leurs privilèges, de multiplier leurs richesses. En fait, le temps n’est pas le même si l’on considère le temps des régimes et des hommes de pouvoir, qui se mesure en années et en dizaines d’années et le temps de ces entités historiques qui se mesure avec un étalon d’une amplitude beaucoup plus grande qui couvre des périodes pouvant aller jusqu’aux milliers d’années. Quoi qu’il en soit, il nous revient de tisser le linceul de ce vieux monde belligérant, effrayant, mortifère et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien l’âne




Nous avons protesté et crié à haute voix
Que dans le pays, nous ne voulions pas de fusées ;
Nous étions nombreux, mais finalement il arriva
Que nous partageons maintenant ce pays avec des fusées.

Pourquoi ne partage-t-on pas avec le Tiers-Monde
Pour que personne qui vit là, ne meure de faim ?
Pourquoi ne donnons-nous pas de nos moyens
Contre la disette, puisqu’ici l’abondance règne ?

Vous avez claqué l’argent carrément dans l’armement
Et vous avez ignoré le référendum sans un mot
En dépit même de notre Non éclatant.
Il se pourrait que votre fin soit pour bientôt

Ne pensez pas que c’était votre victoire.
Vous verrez bientôt quand viendra la facture
Pour la peur des hommes face à votre guerre.
Nous sommes tristes et furieux, mais nous ne sommes pas inertes.

Je ne peux tolérer ça, Herr Feldmarschall
Car je suis un homme et j’ai peur maintenant,
Peur de l’explosion atomique, Général !
Je voudrais simplement connaître mes petits-enfants.

Je veux un monde, où on peut vivre
Et les enfants des enfants des petits-enfants aussi ;
Où trouver à manger pour chaque femme, chaque homme ;
Un monde qui n’a pas besoin de vous et de vos amis.

Vous êtes le pouvoir et vous les avez installées,
Vous n’avez pas demandé ce qu’il fallait faire :
Notre opinion ne vous a en rien intéressé.
C’est pourquoi on vous dit à voix haute et claire :


Nous continuons, car nous ne sommes pas encore quittes.
Nous ne voulons pas
de vos fusées de merde,
Remmenez-les ou foutez-les au dépotoir.
Où règne l
a violence, la résistance est un devoir !

dimanche 26 mars 2017

À LA GARE DE MONZA

À LA GARE DE MONZA


Version française – À LA GARE DE MONZA – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Alla stazion di Monza – Anonyme – 1900 – Joe Fallisi – 2014
Tiré des « Canti satirici anticlericali » Leoncarlo Settimelli e Laura Falavolti, Giulio Savelli éditeur, Rome, 1975.
Joe Fallisi
l’a incluse dans son album de 2014 intitulé “L’uovo di Durruti” (L’Oeuf de Durruti).


À la gare de Monza
Un train est arrivé
On a tué le roi
Trois balles l’ont frappé. (1)

Nous brûlerons les autels et les églises,
Nous brûlerons les palais et les cathédrales
Avec les boyaux du dernier prêtre
Nous pendrons le pape et le roi. (2)

Révolution, guerre à la société,
Révolution, guerre à la société.
Plutôt que vivre, vivre
écrasé,
Mieux vaut mourir pour la liberté,
Mieux vaut mourir pour la liberté.

Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Avec le pape dedans
Et si le gouvernement
s’y oppose
Et si le gouvernement s’
y oppose
Et si le gouvernement s’
y oppose
Que la révolution explose !

Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Et le Vatican brûlera
Avec le pape dedans
Et si le gouvernement s’
y oppose
Et si le gouvernement s’
y oppose
Et si le gouvernement s’
y oppose
Que la révolution explose !

Révolution, guerre à la société,
Révolution, guerre à la société.
Plutôt que vivre,
que vivre écrasé,
Mieux vaut mourir pour la liberté,
Mieux vaut mourir pour la liberté.

J’ai été sur le Mont Amiate
Où est mort Lazzaretti
Lui aussi était socialiste
Et pour la liberté a péri. (3)

Prêtre, prêtre, tu me feras mourir ;
Prêtre, prêtre, tu me feras mourir ;
Tu me feras mourir !

(1) Référence à l’attentat mortel contre le roi Umberto I, à Monza, le 29 Juillet 1900. L’auteur de l’attentat était Gaetano Bresci[[44117]], qui conclut les tentatives antérieures faillies de Giovanni Passannante[[36511]] et Pietro Acciarito.

(2) Référence à un célèbre passage du Testament du curé Meslier [[5393]]


(3) Référence à David Lazzaretti, prophète social qui dans la seconde moitié du XIXième prêcha la révolution dans la région du Monte Amiata, en Toscane. Il fut tué des carabiniers en 1878. Voir Fuori dal controllo [[5681]] de Gang.