jeudi 11 juin 2015

VIVE LA GUERRE !

VIVE LA GUERRE !


Version française – VIVE LA GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson livournaise (Toscan livournais - Italien) – Viva la guerraPardo Fornaciari – 2002
Texte : Luciano Tarabella
Musique : Pardo Fornaciari




Vive la guerre, les éventrations...


Un po
ème du Livournais Luciano Tarabella, mis en musique par Pardo Fornaciari.
Tiré d'Il Deposito, accompagné de l'introduction suivante: « Nous l'avons beaucoup chanté devant Camp Darby (base américaine), en provoquant des sérieuses crises d'identité à la police et aux carabiniers à cheval. Du reste, il est connu que les chevaux sont des animaux peu habitués aux sarcasmes… »

Mon ami Lucien l'âne, il te souviendra certainement que récemment encore nous avons croisé le poète éthylique Piero Ciampi, auteur et interprète entre autres de Dario de Livourne [[9083]] et protagoniste de La ballade des Fossi [[49843]]. D'ute part, il ne t'aura pas échappé que Livourne est particulièrement appréciée de certain intervenant essentiel des Canzoni contro la Guerra, le très poétique Riccardo, adepte du livournais, idiome pratiqué dans ce port toscan.


Oui, et alors ?, demande Lucien l'âne en présentant sa dentition majestueuse.


Et alors ? Mais, comme bien tu penses, Lucien l'âne mon ami, tout ce discours n'avait comme objectif final que d'introduire la chanson du jour, laquelle outre le fait qu'elle soit livournaise, est diablement percutante. Déjà, rien que son titre a de quoi surprendre, surtout ici dans les chansons contre la guerre, vu qu'elle s'intitule : Vive la Guerre… À mes yeux, après la chanson religieuse, la chanson poétique, la chanson patriotique, la toute récente chanson philosophique, etc, elle introduit un nouveau genre : la chanson sarcastique. Une chanson meublée de sarcasmes ; à commencer par son titre « Vive la Guerre ! », qui s'inspirant d'Orwell, prétend exactement le contraire de ce qu'il pense.


Évidemment, avec un pareil titre, cela vaut mieux. C'est très bien ainsi et je n'ai rien à y redire. Cependant, il en est qui s'insurgeraient et prendraient la mouche rien qu'à l'énoncé.


Certes, Lucien l'âne mon ami, mais ici, aux chansons contre la guerre, on prend toujours le pari de l'intelligence et de la compréhension du sens second, tertiaire ou caché des choses. Bref, on fait la place à une certaine subtilité.
Il ne me reste plus qu'à l'entendre et puis, à reprendre notre tâche et recommencer à tisser le inceul de ce vieux monde guerrier, laudatif, expansionniste et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Vive la guerre, les éventrations,
Les attaques de banque, les lapidations,
Vive les gifles, les morsures, les étranglements,
La drogue, la violence, les enlèvements,

Vive la faim, vive les accidents,
Les opérations, les fusillades,
Vive les gares bombardées,
Les voleurs, les assassins, les délinquants ;

ET... à bas tout le reste, l'honnêteté
La réflexion, la pensée, la fraternité,
Les enfants, les vieux, la cordialité

Ce qui de l'amour et de la paix découle
Plus tout ce qu'il y a de beau au monde
Mais qui, voyez-vous, à tous ne plaît guère.

Sans doute, la vie n'est-elle juste qu'une folie
Qui suce le sang et crache l'harmonie.


mercredi 10 juin 2015

UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ

UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ

Version française – UNITÉ, DROIT ET LIBERTÉ – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Einigkeit und Recht und FreiheitKurt Tucholsky – 1927
Texte de Kurt Tucholsky publié – sous le pseudonyme de Theobald Tiger – le 15 mars 1927 dans “Die Weltbühne”.
Musi
que de Hanns EislerInterprétée par Sylvia Anders in “Hanns Eisler: Hollywood~Elegien Und Andere Lieder”





« L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, au-dessus de tout au monde. » 


« Unité, Justice et Liberté », ce qu' elles signifient pour les « tribus germaniques » reste complètement méconnu… relève ainsi Tucholsky en 1927.
Si ensuite on pense que « Einigkeit und Recht und Freiheit » est la troisième strophe du « Das Lied der Deutschen » (1846), passé
tel quel à travers les époques du Premier Reich, Deuxième reich, République de Weimar, Troisième Reich et est encore aujourd'hui, l'hymne de la Bundesrepublik Deutschland…
Toutefois soigneusement amputé de ses deux premiers couplets.

Tu vois, Lucien l'âne mon ami, quand on traduit, on traduit. Et parfois, il faut quand même ajouter un mot ou l'autre. Ici, au commentaire, je viens d'ajouter : « toutefois soigneusement amputé de ses deux premiers couplets ». Et ce n'est pas sans raison. Car, figure-toi, ce fameux « Das Lied der Deutschen » commence d'une manière qui s'est révélée malencontreuse au fil du temps. Si ce « Chant des Allemands » est au départ un chant de liberté et aussi, un chant qui appelait les Allemands à transcender leurs divisions et à ainsi éviter les guerres fratricides, à mettre l'intérêt commun au-delà et au-dessus des particularismes, son premier vers a fini par le transformer en un hymne impérialiste, position qui a culminé vers 1870-71, 1914-1918 et 1933-45. Ce vers est encore connu et fait se révulser, même la plupart des Allemands, rien qu'à l'idée ; il s'agit bien évidemment de « Deutschland, Deutschland über alles, über alles in der Welt. » - Traduction : « L'Allemagne, l'Allemagne au-dessus de tout, au-dessus de tout au monde. » Donc, au début, lorsqu'elle fut écrite, cette phrase incitait les Allemands à se rassembler, à faire passer l'Allemagne, l'unité allemande au premier plan de leurs préoccupations. Par la suite, avec le rêve d'Otto, d'une Allemagne dominatrice, puissante, les mêmes mots ont pris un sens plus inquiétant. Il s'agissait de dominer le monde ou en tous cas, d'y jouer un rôle dominant. On comprend dès lors beaucoup mieux l'ironique scepticisme de Tucholsky à l'égard de ce que pouvait signifier pour les Allemands de 1927, habitants d'une Allemagne unifiée où grandissait de jour en jour la « bête immonde », les deux premiers vers de la dernière strophe : « Unité et droit et liberté pour la patrie allemande. » Il en frémissait, on en frémit encore. C'est de ce frémissement, de cette sensation d'horreurs à venir que parle cette chanson.

Voyons donc la chanson et reprenons notre tâche en tissant le linceul de ce vieux monde cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Ce qu'est la liberté pour les Germains,
Reste un très grand mystère.
Certains sont dans une interrogation éternelle,
Même s'ils le veulent, ils n'y comprennent rien.
Car déjà cent années, jour après jour,
Imposent pour toujours
Une perspicacité patiente au travers de lunettes.
Quand on est bête, on est bête.
Aucune pilule ne peut y porter remède

La Justice chez les Teutons,
A un bandage au front.
Mais ils l'ornent volontiers,
Et là il ne reste pas toujours attaché.
D'aucuns criaillent
Comme ce cher bétail.
D'autres croient encore à une bonne volonté…
Quand on est bête, on est bête.
Aucune pilule ne peut y porter remède

Que l'unité soit avec les gens d'ici,
Cela a été dit vingt-quatre fois.
Pour les lands, on a écrit
Un énorme appareil de lois :
Hambourg tire à soi
Altona ;
La Bavière sèchement réplique :
« Vive la république ! »
Chacun ne pense en premier
Qu'à son Reich privé…
Une République à contre gré.
Quand on est Allemand, on est Allemand.
Pour cela, il n'y a pas de médicament.


ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU

ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU



Version française – ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne - Qui Dio non c’è - Claudio Baglioni – 1990


Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu




Brumeuses fourmilières de maisons
Puanteur brûlée en ville
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Boue de rues furonculeuses
Christs et Maries sans piété
Âmes baveuses dispersées
Humanité saoule des bars
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Nuit de bras piqués
Rues de crack désespéré
Pages de livre
Une douloureuse mécanique à tourner
Sans avoir tout pigé
Sans rien se rappeler
Des heures à plat ventre
Et le train électrique tournait
et quand il déraillait
J'en souffrais un peu

Viados aux voix fausses
Lumières menteuses de réclame
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Visages pluvieux des murales
Raclement de lame sous le tram

J'ai vécu des jours opaques
Comme les poivrots emploient
Pour se tenir les réverbères
Pas pour leur lumière.
Fin des retransmissions
Et j'allais au lit
Avec un linge humide sur la poitrine
De tristesse en moi

Ainsi va le monde
On ne le fait pas le monde
C'est lui qui nous fait, le monde
Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Et je voulais seulement un signe
Mais le ciel est comme un vieux fou
Avec un assistant serpent
ICI, IL N'Y A PAS DE DIEU
Payer le prix continuellement
Se sentir toujours un hôte
À voler le feu
On s'y brûle les vies
Mais un peu d'air pour vivre
On respire même des blessures
Doucement j'entrais dans la pièce
Au grain à sécher
Et je roulais dedans
La tête en bas
Ainsi va le monde
On ne le fait pas ce monde
C'est lui qui nous fait, ce monde

Combien de fois moi,
Renégat, je l'ai cherché.
Ce Dieu qui ne m'a jamais cherché
Qui dormit dans les montagnes
Dans les plantes, il respira
Qui rêva avec les animaux
Et avec l'homme, s'éveilla
Et s'il m'avait jamais plu
De boire
J'aurais appris à le faire
Et alors Dieu, bois avec moi,
Trinque avec moi.


lundi 8 juin 2015

L'ÉVOLUTION

L'ÉVOLUTION


Version française – L'ÉVOLUTION – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – L’EvoluzioneBanco del Mutuo Soccorso – 1972


Texte : Francesco Di Giacomo e Vittorio Nocenzi -
Musique : Vittorio Nocenzi



Charles Robert Darwin vous salue bien


Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson intitulée L'évolution…


Quoi ? Que dis-tu ? Une chanson sur l'évolution ? Mais l'évolution de qui, de quoi ?


Une chanson sur l'évolution du monde, sur l'évolution des espèces. Une chanson en quelque sorte « scientifique », une chanson anthropologique, une chanson philosophique, une chanson pour tout dire : biologique. Il s'agit de cette évolution dont parlait un certain Charles Darwin, il y a déjà presque deux siècles. Présentée ainsi la chose peut paraître surprenante, mais si on parcourt les chansons contre la guerre, on trouvera de nombreuses chansons d'idées. Au passage, tu remarqueras que cette chanson n'est pas vraiment nouvelle, elle est datée de 1972. On pourrait penser que c'est là une chanson hors du monde, hors du temps. Mais elle ne l'est absolument pas et d'autant plus qu'elle est une chanson née en Italie, en plein milieu du Catholand, aux pieds des murs du Vatican. Aujourd'hui encore, elle est de la plus grande nécessité tant certains tentent, y compris par des coups de force et des assassinats d'imposer le créationnisme et ses dieux – pour ce qui est des religions du Livre, qui chacune n'ont qu'un seul dieu, mais comme elles sont nombreuses ces religions et sectes en tous genres, le nombre de dieux s'accroît d'autant et ni toi, ni moi, n'avons qualité pour arbitrer entre tous ces dieux lequel serait le bon, l'unique, le vrai ... En fait, la chose est simple : ce Dieu n'existe pas ; les autres non plus d'ailleurs.


Ainsi, si je suis bien ce que tu dis, Marco Valdo M.I. mon ami, il s'agit d'une chanson qui expose, promeut la théorie de l'évolution, celle-là même que combattent les religions du monde, celle-là qui met hors-jeu de façon définitive toutes les histoires créationnistes, telles qu'elles sont rapportées par les religions du Livre. Une chanson athée, en quelque sorte. Une chanson qui comme nous tisse le linceul de ce vieux monde religieux, crédule, déiste, oppresseur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Essaye de penser un peu différemment, essaye
Les grands dieux n'ont rien fabriqué
Mais le créé tout seul s'est créé
Énergie et chaleur, cellules et fibres
La terre roule dans un nuage
Gonfle au chaud, tend les membres.
Ah la mère est prête à accoucher
Déjà son giron s'est cabré
Elle veut un fils et bientôt, il sera né
Fils de terre et d'électricité.
Couches grises de corail et de lave,
Ciels sans couleurs, humides,
Voilà le monde respire.
Musc et lichens verts, éponges de terre
Pour le germe à venir se font serre.
La mer vomit des êtres informes
Poussés en désordre sur les plages putrides.
La terre accueille ces troupeaux troubles ;
En rampant, ils montent sur leurs semblables
Et le temps change leurs corps flasques
En formes utiles à leur survie.
Un soleil pauvre délaye le vert
Des jeunes fougères de chargées spores
Et des sons libres tournent en cercle,
Spirales acoustiques dans l'air.
Et moi, stupide, qui suis encore à croire
Celui qui me dit que la chair est poussière.
Et si dans le fossile d'un crâne atavique,
Je retrouve des formes qui me ressemblent,
Alors Adam ne peut avoir existé
Et sept jours sont trop peu pour tout créer.
Alors, dites-moi si ma genèse
Fut l’œuvre d'autres hommes ou de quadrumanes.
Adam est mort maintenant et ma genèse
N'est pas de mains d'hommes mais de quadrumanes.
Là-haut, un alcyon en arabesques
Sur les genêts et sur la mer crisse.
Maintenant, le soleil sait qui il réchauffe.



dimanche 7 juin 2015

MON MICHEL

MON MICHEL


Version française – MON MICHEL – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson française – Mein Michel – Anonyme – 1919





Chanson populaire de protestation contre la domination de l'église et de la noblesse, mais aussi contre la faim. Elle remonte à la période prérévolutionnaire à la fin de la Première guerre mondiale.
« De la période de la première guerre mondiale impérialiste,
on trouve beaucoup de chansons. La chanson antimilitariste « Mein Michel » fut diffusée sous forme de manuscrit en 1919, après la guerre. »
Musique écrite par le compositeur Konstantin Julius Becker (1811-1859) pour le poème « Du hast Diamanten und Perlen » de Heinrich Heine.


Quelques mots cependant me semblent nécessaires pour mettre en évidence un élément caractéristique des Chansons contre la Guerre et j'imagine, mon ami Marco Valdo M.I., que tu ne trouveras rien à y redire. Cet élément dont je parle est le fait qu'il y a à l'intérieur de cet organisme (j'entends « organisme » au sens biologique, à savoir une sorte d'être complexe et vivant, qui dès lors connaît une croissance autocréatrice et une personnalité unique, dont bien des aspects ne se découvrent qu'à l'usage), donc, à l'intérieur de cet organisme des quantités de coincidences, de croisements, de familiarités qu'il convient de découvrir. Je dis ça, car cette réélaboration des liaisons est tout-à-fait passionnante. Si on croise, par exemple, le nombre de chansons, le nombre de traductions, le nombre d'auteurs, le nombre d'interprétations, de commentaires, d’illustrations, si on tient en même temps compte du nombre de langues, des langues usitées et celles qu'il faudra acclimater dans le futur… Certes, on en a une intuition, on en connaît des lambeaux… En fait, on est tous dans un labyrinthe et on erre, on erre. Ariane, où es-tu ?


D'accord, Lucien l'âne mon ami, ceci montre qu'il devient plus nécessaire chaque jour que l'on essaye de structurer une connaissance des Chansons contre la Guerre… Cependant, il y a déjà pas mal de ce travail de réflexion (réflexion : regard en reflet) qui est fait, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose : sans le savoir ou en le sachant, un peu, beaucoup… Ce sont les parcours, les renvois de chanson à chanson... Cela dit, où veux-tu en venir ?


Mais tout simplement à ceci, que ce Michel, on vient d'en parler dans une autre chanson et probablement, auparavant, dans une autre encore. Mais voilà, je ne sais plus laquelle… Il est vrai qu'après quelques dizaines de traductions, je m'y suis perdu. En fait, on avance comme des explorateurs dans la jungle inconnue… On y va, on y va… C'est sûr. Mais où va-t-on ? C'est très mystérieux. Ce n'est pas comme si, à l'instar de Diderot, D’Alembert et quelques autres, on voulait mettre en place une sorte d'encyclopédie de la chanson contre la guerre… Cela serait assez simple, finalement ; on irait de A à Z.


J'admets que c'est aussi cela… Mais pas seulement. Et de toute façon, je pense qu'on pourrait appliquer aux Chansons cette réflexion de Diderot à propos de l'Encyclopédie : « « Cet ouvrage produira sûrement avec le temps une révolution dans les esprits, et j’espère que les tyrans, les oppresseurs, les fanatiques et les intolérants n’y gagneront pas. Nous aurons servi l’humanité. ». Ce ne serait pas si mal… Enfin, de toute façon, on est face à l'infini…


On dit (les physiciens) que l'univers est en expansion… Puis, songe un peu à toutes ces zones des Chansons Contre la Guerre, que nous ne connaissons pas et que nous ne connaîtrons jamais. J'en ai le vertige et du coup, revenons à notre tâche, celle que nous nous sommes fixée, nous qui « Non siamo cristiani, siamo somari », nous les grains de sable d'une plage anonyme, et tissons le linceul de ce vieux monde égocentrique, méprisant les faibles (vae victis!), autoglorifiant et cacochyme.


Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Tu as des bataillons, des escadrons,
Des batteries, des mitrailleuses,
Tu as aussi les plus grands canons.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

Tu as deux douzaines de monarques,
Une armée de laquais et de curés,
Comblé, tu peux ronfler.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

Tu as d'innombrables lois pénales,
Tes prisons débordent,
Tu peux aussi dormir en détention préventive.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

Tu as les taxes les plus considérables,
Tes Junkers qui s'agitent fort,
Rendent le prix de ton pain inabordable.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

Tu as des rutabagas et des glands,
Et tu réclames d'autres aliments,
Pour ça, tu peux te gratter le ventre.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?

Tu peux faire l'exercice, marcher,
Dans la cour de la caserne, autour des forts,
Et puis pour l'empereur, tu peux crever.
Mon Michel, que veux-tu de plus encore ?