vendredi 20 février 2015

BERCEUSE

BERCEUSE


Version française – BERCEUSE – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson allemande – WiegenliedKonstantin Wecker – 2005
Paroles et musique de Konstantin Wecker

Tu n'as jamais eu d'enfance, mon enfant…


Tu n'as jamais eu d'enfance, mon enfant.
On ne t'a pas chanté de berceuse.
Les bombes et les carillons de la mort, longtemps,
Ont bercé ton sommeil en douces nourrices.

Aucune mère, mon enfant ne t'as consolé.
Ta mère est morte depuis longtemps
Sur le champ d'honneur, ton père a guerroyé,
Sur ce champ si rouge de sang.

Comme la main de ma mère, c'est normal
Alors m'était refuge contre tout mal.
Comme pouvait un mot tendre
Me libérer de toute détresse.

Je n'ai pas appris à combattre. Je voulais être
Et je voulais apprendre l'amour.
Si une grande part s'est perdue pour toujours,
Je pus quand même en garder quelque chose.

Cependant, toi, encore, mon garçon
Les esprits de la nuit te poursuivront.
Il te faudra toujours supporter
La terreur de l'obscurité.

Et ils ne comprendront pas plus demain,
Car de la vie, ils ne savent rien,
Quand tu les réduiras à rien,
Au lieu de leur donner la main.

Tu n'as jamais eu d'enfance, mon enfant…

jeudi 19 février 2015

INDIEN DE VILLE

INDIEN DE VILLE



Version française – INDIEN DE VILLE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Großstadt-Indianer Juliane Werding – 1972












Il existe dans les Chansons contre la Guerre, comme tu le sais, Lucien l'âne mon ami, rassemblent des milliers et des milliers de chansons et plus encore de traductions d'icelles dans des dizaines et des dizaines de langues et d'idiomes ; il s'agit bien entendu, car on peut les entendre à l'unique condition qu'elles aient été enregistrées, des chansons contre la guerre. La guerre versus la paix en donc est le thème général et il s'agit de la guerre considérée, non comme un des beaux-arts… Quoique on verrait bien se développer une esthétique de la guerre et de la paix, comme le regretté Thomas de Quincey le fit au milieu du dix-neuvième siècle pour l'assassinat, sous le titre original de Murder considered as one of the fine arts, en français : De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts et en italien : L'assassinio come una delle belle arti. Mais de la guerre sous toutes ses formes militaire, civile, économique, sociale, familiale, tribale… Il y a là tellement de chansons que pour un peu, on s'y perdrait. Mais, les grands ordonnateurs de la chose ont compris le danger et se sont empressés d'établir ce qu'ils ont appelé des « parcours » qui rassemblent les chansons, en quelque sorte, par thème. Et dans le cas de la chanson qui nous occupe, il y a un
Parcourssur le génocide des populations indiennes d'Amérique : . Je pourrais m'arrêter ici, mais je voudrais souligner la parenté, la proximité de cette chanson-ci avec L'Indien de Gilbert Bécaud. Ce sont les Indiens contemporains, ceux qui restent après les massacres successifs que les hommes blancs (comme neige?) leur ont fait subir. 

Je me souviens de l'indien de Yucatapa qui racontait la déchéance de la nation amérindienne…


Et c'est exactement ce que raconte celle-ci, mais ce n'est pas un indien qui parle. Disons que c'est un ami des Indiens. Et ton mot de déchéance est plus pertinent qu'il n'y paraît. Car la chanson raconte cette déchéance depuis la défaite au combat, la soumission par la ruse de l'alcool – l'eau de feu et par les armes à feu, la tentative de survie à la marge de la nouvelle société blanche – en clochards déguisés, et puis le plongeon dans la drogue… Et ce chemin est celui offert à bien des peuples des Inuits, noyés dans l'alcool, la télé et le porno, aux populations d'Afrique, d'Asie (on y ajoutera le tourisme sexuel et pédophile, sans compter les guerres, les massacres...) et on fait semblant de ne pas le voir, c'est le chemin de bien des zones déshéritées et délaissées de l'Europe. Ce sont les mêmes mirages, ce sont les mêmes ravages.

Oh, moi qui ai parcouru de mon petit pas d'âne le monde depuis tant de temps que je ne souviens même plus de mes premiers pas, moi donc, j'ai pu observer l'humanité et je ne peux que confirmer combien elle est une espèce redoutable et méprisable quand elle se livre au jeu délirant de la Guerre de Cent Mille Ans, tant qu'elle se livre au sport imbécile de la ruée vers l'or, les richesses, le pouvoir… Toutes choses semblables, absurdes et dégradantes. Encore une fois, j'admets que je suis un âne et que sans doute, je ne comprends pas les beautés de l'exploitation considérée comme un des beaux-arts. Enfin, prenons le temps d'écouter la chanson et reprenons notre tâche, modeste et immense, qui je te le rappelle consiste tout simplement à tisser encore et toujours le linceul de c vieux monde vil, empoisonner, assassin, avide, arriviste et cacochyme.


Heureusement !

P.S. : Lucien l'âne mon ami, nous sommes des gens indignes… Car nous n'avons jamais remercié nos hôtes des Chansons contre la Guerre, qui nous ont accueillis, nous, mes traductions approximatives, nos canzones (qui pour d'aucuns n'en seraient pas) et nos propos délirants. Je le fais donc ici solennellement…



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Pour vivre libre, le pays était assez grand
Homme rouge, mon frère.
Un jour, de la mer, de nombreux navires arrivèrent,
Ils amenaient l'homme blanc ;
Il a pris ton pays, tout l'or qu'il a trouvé,
Il a défriché la forêt ;
Quand l'eau de feu ne faisait pas son effet,
Par la force, il a volé.

Ton peuple a parlé avec les dieux et exigé une vengeance
Contre le blanc alcoolique ;
Mais qu'étaient la flèche et l'arc contre
Le Colt et ses balles.
L'homme blanc mit en échec tes valeureux guerriers
Dans une lutte sans pitié ;
Puis, au travers du pays, il sema la terreur
Sur un cheval noir crachant la vapeur.

Hey, hey, hey, Indien de ville
Dans ton caftan de couleur vive, où veux-tu aller ?
Le temps ne revient pas sur ses pas, Indien de ville,
Peux-tu comprendre qu'un joint n'apporte aucune liberté ?

Là où se trouvaient tes tentes autrefois ,
Il y a des tours en béton aujourd'hui.
Là où brûlaient tes feux de camp autrefois,
Il y a le gaz et l'électricité aujourd'hui.
Dans le ciel, de grands oiseaux en fer volent,
Bourdonnant autour du monde.
Depuis longtemps, on ne peut plus pêcher les poissons dans le fleuve ;
On peut seulement acheter et payer en argent.
Ce qui t'est resté, c'était un bout de trottoir
Des bijoux d'argent et des flûtes sur un présentoir,
Les personnes achetaient ces choses en passant
Et ne pouvaient même pas te comprendre ;
Tous voulaient un parfum romantique,
Un morceau d'attraction authentique.
Dans le grand magasin, on les trouva et moins chères, ces choses
Et pour toi, il n'y a plus rien eu à faire .

Hey, hey, hey, Indien de ville
Les montagnes sont des murs, les prairies ne sont plus vertes ;
Un ascenseur conduit à ton wigwam, Indien de ville,
Les rêves se paient à l'entrée, le vent sent l'essence.


Hey, hey, hey, Indien de ville
Dans ton caftan de couleur vive, où veux-tu aller ?
Le temps ne revient pas sur ses pas, Indien de ville,
Peux-tu comprendre qu'un joint n'apporte aucune liberté ?

mercredi 18 février 2015

Dis, Quand Reviendras-tu ?

Dis, Quand Reviendras-tu ?

Chanson française – Dis,Quand Reviendras-tu ? – Barbara – 1962





Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi.






Voici, Lucien l'âne mon ami, la chanson dont je t'avais entretenu l'autre jour, quand je déposais ici-même la version française du « Train de Soldats », le Soldatenzug [[49050]] de Juliane Werding et où je proposais :
« de lui adjoindre, la chanson de la femme qui attend depuis longtemps… C'est en quelque sorte la suite. Une suite possible, il en est d'autres… Je te le dis tout net : pour moi, il n'est pas possible que les Chansons contre la Guerre (CCG) passent à côté de cette merveille : « Dis, quand reviendras-tu ? » et d'ailleurs, je m'en vais leur envoyer prochainement. » C'est donc ce que je fais .


Et j'en suis bien content, car j'ai toujours eu un faible pour cette chanteuse sentimentale. Pour tout t'avouer, elle me fait souvent pleurer sans que je sache trop pourquoi. Elle me prend aux tripes et j'ose imaginer qu'il en est de même pour toi…


Ah, tu me connais bien, Lucien l'âne mon ami. Et là, permets-moi de te le dire, tu as tapé dans le mille. Surtout pour cette chanson-ci qui bien des années après, réveille encore une lointaine, mais profonde, blessure. Il y a des rivages dont on ne revient jamais. Passons. Je l'avais citée à propos de ce soldat qui partait se faire tuer quelque part dans la Somme ou sur l'Yser ou au pied des Vosges dans la Champagne crayeuse… Certes, celle-ci n'est pas nécessairement une chanson de soldat et elle ressemble plus à une histoire d'amour. Mais pourquoi donc les jeunes soldats n'auraient-ils pas des peines de cœur, pourquoi donc ne reviendraient-ils pas au printemps pour parler d'amour ? Beaucoup se le sont figuré… et quatre longues années de suite – pour les survivants. Combien – à raison – n'ont-ils pas pensé que la Guerre était par sa nature-même du « temps perdu ». Et puis, qu'on écoute cette voix descendue de l'Olympe ou de lointaines galaxies. Combien de poilus ont rêvé dans leur trou à rats d'entendre leur amie leur susurrer quelque chose qui ressemble à cette chanson (qui bien évidemment, n'existait pas encore, mais qu'importe !), ne sachant même pas s'ils en reviendraient vraiment. Combien n'ont-ils pas échappé à la folie en ressassant ce rêve étrange et pénétrant... :

« Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris. »

Mais soit, ce n'est pas une chanson de soldat, ni de guerre… Disons que c'est une chanson d'amour, une chanson du temps de paix, mais quoi, n'avais-je pas dit l'autre jour : « Les plus belles chansons contre la guerre sont des chansons de paix. ». J'arrête là, je suis atteint d'une crise de lyrisme…


De toute façon, Marco Valdo M.I. mon ami, que le grand Orwell nous entende, les chansons de paix sont les meilleures des chansons contre la guerre. Il vrai cependant ( Que le grand Orwell nous entende !) que la paix et la guerre sont une seule et même chose du moins tant qu'il y aura des riches, des richesses et des ambitieux et des ambitions, de l'avidité dans l'air et des arrivistes pour grimper au cocotier du pouvoir. Comme d'ailleurs, tu l'as montré ici même des dizaines de fois quand tu évoquais la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]]. Alors, écoutons Barbara et s'il faut pleurer sur nos plus beaux souvenirs, pleurons une bonne fois et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde bouffi de pouvoir et d'argent, mercantile, brutal et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti ?
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler d'amour.
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus ?

Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux de bois.
À voir Paris si beau en cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus ?

J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins.

Dis, quand reviendras-tu ?
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus...


TRAIN DE SOLDATS

TRAIN DE SOLDATS


Version française – TRAIN DE SOLDATS – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Soldatenzug – Juliane Werding – 1994
Paroles et musique de Juliane Werding et Andreas Bärtels


Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement





Une chanson qui raconte le départ du soldat pour la guerre… Un soldat parmi tant, le simple soldat, quoi… Comme dans l'Histoire du Soldat [[7366]]. Il en est beaucoup d'autres de ces chansons du départ [[8755]]. Je propose de lui adjoindre, la chanson de la femme qui attend depuis longtemps… C'est en quelque sorte la suite. Une suite possible, il en est d'autres… Je te les dis tout net : pour moi, il n'est pas possible que les Chansons contre la Guerre (CCG) passent à côté de cette merveille : « Dis, quand reviendras-tu ? » et d'ailleurs, je m'en vais leur envoyer prochainement. D'ailleurs, Barbara a déjà ici une chanson qui pourrait elle aussi être une suite à celle-ci ; elle s'intitule : « Veuve de guerre » [[313]]. Elle conte l'histoire d'une jeune femme qui a perdu son premier amour, son premier amant, mort au front à 19 ans et aussi celle des autres amants qui suivirent, morts eux aussi au front… et de la vie qui continue.


À moi aussi, qui suis un âne, un très vieil âne, ce « Dis, quand reviendras-tu ? » me crève le cœur.
Alors pour en revenir à la chanson de Werding, elle donne très exactement l'envers du décor des trains fleuris, enrubannés qui de Berlin allaient « Nach Paris ! » et les antagonistes qui de Paris allaient « À Berlin, à Berlin ! », véhiculant des milliers et des milliers de candidats cadavres inconscients. Les femmes, elles, n'étaient pas si aveuglées par la gloire et la patrie ; elles voyaient bien qu'on leur prenait leurs hommes…


Écoute, Marco Valdo M.I. mon ami, moi, je déteste ces trains-là, ces trains à soldats ; ces convois pour l'abattoir, présageant d'autres convois (comme celui qui emmena Joseph, le Dachau Express [[8756]], ce train à soldats, mais à soldats trahis) qui s'en iront plus tard, pour d'autres abattoirs. À partir dans les fleurs et les flonflons, il y eut aussi des bateaux, des avions et même, des régiments à pied. J'ai hâte d'entendre la chanson et puis nous reprendrons notre tâche et nous tisserons le linceul de ce vieux monde va-t-en guerre, mortifère, militaire et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.



Il était temps
De rejoindre le train
Un été ardent
Était passé.
Sa main tenait sa main.
Mots chuchotés
Doucement dans le vent envolés.
Stop pas de larmes,
Car tu verras bientôt que
Nous deux, rien ne peut nous séparer.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.

Elle l'enlace subitement.
Tu pars si longtemps.
Pas de paroles,
Juste un « ne m'oublie pas » timide.
Le train s'ébranle.
De la main, il lui fait signe.
Son rire est plein de sûreté.
Stop pas de larmes,
Car tu verras bientôt que
Nous deux, rien ne peut nous séparer.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Dans le train, les soldats chantaient des chansons.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.
Il dit : je reviendrai sûrement
Bientôt à la maison.

Il était si radieux
Sans nuages, ce ciel bleu
Et les drapeaux multicolores
Pendaient aux fenêtres dehors.
Elle sut qu'il ne reviendrait jamais
À la maison.
Elle savait qu'il ne reviendrait jamais
À la maison.

lundi 16 février 2015

NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS !


NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS !

Version française – NON, JE NE DONNERAI PAS MES FILS ! – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson allemande – Nein, meine Söhne geb' ich nicht ! – Reinhard Mey – 1986



Non, je ne donnerai pas mes fils !
Ils ne marcheront pas dans les rangs et ne se battront pas jusqu'à crever
De froid dans un champ perdu, quand vous vous prélasserez en coulisse.





Sûrement la chanson pacifiste la plus connue de Reinhard Mey, le grand auteur-compositeur allemand malheureusement généralement méconnu en dehors de l'Allemagne. La même grande force rebelle et antimilitariste que le Déserteur, mais cette fois vue du point de vue d'un père qui se refuse de délivrer ses fils à l'armée et à la guerre et les fait déserter en se déclarant disponible à fuir avec eux (et il ne faudrait jamais oublier que la chanson a été écrite en Allemagne ; laquelle, contrairement à l'image stéréotypée qu'on en a, est très probablement, actuellement et depuis la fin de la IIième guerre mondiale, le pays où le pacifisme et l'antimilitarisme sont le plus répandus). Vraiment une chanson à encadrer.



Je pense, je vous écris, je vous dis définitivement aujourd'hui.
Il ne vous faudra pas longtemps pour savoir que j'ai deux fils.
Que j'aime tous les deux, dis-je, plus que ma vue, que ma vie,
Et ils ne porteront pas les armes ! Non, je ne donnerai pas mes fils !

Je leur ai enseigné le respect de la vie, de chaque être comme valeur la plus précieuse,
Je leur ai appris la pitié et le pardon partout et toujours, à mes fils.
Maintenant, ne les abîmez pas avec la haine ; nul but, nul honneur, nul service
N'est digne que l'on tue ou que l'on meure ; non, je ne donnerai pas mes fils !

Ce n'est certes pas pour vous que dans la douleur, leur mère les a mis au monde ;
Ni pour vous, ni comme chair à canon. Ni pour vous, toutes ces nuits de fièvre
Où je me désespérais auprès du petit lit. Où je séchais leur petit visage lisse
Jusqu'à sombrer d'épuisement. Non, je ne donnerai pas mes fils !

Ils ne marcheront pas dans les rangs et ne se battront pas jusqu'à crever
De froid dans un champ perdu, quand vous vous prélasserez en coulisse.
Mon devoir sacré de père est de protéger mes enfants de tous les dangers,
Et donc aussi de les protéger de vous ! Non, je ne donnerai pas mes fils !

Je leur enseignerai la désobéissance, la résistance et la ténacité,
À se révolter contre chaque ordre et à ne pas se courber devant l'autorité
Je leur apprendrai à suivre leur chemin, à ne s'incliner devant aucun artifice,
Aucun tribunal, si ce n'est leur conscience. Non, je ne donnerai pas mes fils !

Et, je m'enfuirai avec eux, plutôt que vous n'en fassiez vos esclaves.
Avec eux, j'irai à l'étranger, pauvres et comme des voleurs devant la justice.
Nous n'avons que cette courte vie, je le jure et je vous le crache au visage,
Ils ne sombreront pas dans votre hystérie. Non, je ne donnerai pas mes fils !