dimanche 5 janvier 2014

PAUVRES FILEUSES

PAUVRES FILEUSES

Version française – PAUVRES FILEUSES – Marco Valdo M.I. – 2014
d'après la version italienne de Violadepensiero de Il Deposito
d'une chanson lombarde anonyme – Povre filandere




Fileuses à l'atelier




Pauvres fileuses
Vous n'aurez jamais de bien
Vous dormirez sur la paille
Vous crèverez dans le foin

Vous dormirez sur la paille
Vous crèverez dans le foin
Pauvres fileuses
Vous n'aurez jamais de bien

Sonne la cloche
Ce n'est ni clair ni obscur
Pauvres fileuses
Vous vous tapez la tête au mur


Sonne la cloche
Ce n'est ni clair ni obscur
Pauvres fileuses
Vous vous tapez la tête au mur

vendredi 3 janvier 2014

MAO AU PARADIS

MAO AU PARADIS









Version française – MAO AU PARADIS – Marco valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – L'arrivo di Mao Tse Tung in Paradiso – Alberto Camerini – 1977

Paroles e musique d'Alberto Camerini



Maintenant je voudrais vous chanter
Le récit d'un épisode très surprenant
De Mao Tse Toung le président
Je vous prie de bien l'écouter

Quand Mao s'en alla du monde
Il s'en alla au paradis
Il y trouva un tas de freaks faisant la ronde
Qui l'attendaient ; il sourit

Ils fumaient la marijuana
Le kif et le noir afghan
Loin des paranoïas
Ils vivaient simplement

Mais Mao dit, les surprenant
« Oh la la ! quelle barbe ! Il ne se passe rien ici
Ça manque de cinéma, de mouvement
Ça ne me dit rien de rester ici

Chers camarades, écoutez-moi
Selon moi, nous nous trompons en tout
C'est à chier ce Paradis-là
Retournons en bas, on va refaire tout »

Mais le Pape entretemps au Vatican
Informé par un de ses agents,
Dit : « Giulio, mon ami, il faut m'aider
On est foutu, si on les laisse arriver

Et encore heureux qu'il y a le Concordat
Le privilège, la spéculation
Mais s'ils arrivent, on l'a dans le baba
Eligio, au secours, c'est la révolution ! »

Mais Mao et les siens leur tombent dessus
En disant : « Le Paradis est aboli, il n'y en a plus
On va le faire ici, c'est plus normal !»
Et ils organisent un gigantesque Carnaval

Ils occupent les maisons, organisent des fêtes
Ils font l'amour, éclairent les têtes
Les robots sont débranchés
Les corps libres sont excités

Passent les jours, passent les semaines
Les fêtes battent toujours plus pleines
Les gens disent : « Ce n'est pas normal
N'est-il pas déjà passé le Carnaval ? ! ? »

Ce ne fut pas Mao mais un camarade bourré
Qui en assemblée se mit à crier
« Camarades, c'est l'heure cette fois
Il faut arriver au coeur de l'État »

Avec un masque de démocrate-chrétien
Dans le palais, un d'eux est entré
Le Pape lui dit : « Giulio, voilà les clés
Mon ami, de toi, je ne crains rien ! ! ! »

Le Pape dupé, en un instant
On arriva au coeur de l'État
Un robot unique et rare, celui-là
Avec son coeur d'argent

Et avec les sous, on démonta
Tout l'appareil de l'État
Démo-chrétien en même temps
Que les escroqueries du Vatican.

La révolution avait triomphé
Non, je ne pouvais pas m'être trompé
Mais au meilleur moment, je me suis réveillé…

C'était un rêve, malheureusement,

C'était un rêve, malheureusement.

mercredi 1 janvier 2014

NE DITES PAS À MA MÈRE

NE DITES PAS À MA MÈRE




Version française – NE DITES PAS À MA MÈRE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Non dite a mia madre – Riky Maiocchi – 1964





Mère, reine de l'Univers






Une chanson qui en son temps fut interdite d'antenne et carrément censurée par la RAI (Radio-télévision italienne)... Inspirée et même, désignée comme version italienne de la chanson populaire étazunienne « The House of Rising Sun », qui servait également de cri de ralliement à tous les jeunes du monde opposés à la guerre du Vietnam, elle aurait pourtant dû échapper à cet ostracisme ; au moins autant que la chanson d'origine qui circulait partout.

Alors ? Alors, si ce n'était pas l'opposition à la sale guerre du Vietnam (Comme s'il existait des guerres propres, dit Lucien l'âne...), quel était le motif de cette interdiction ?

La Commission de censure y a vu l’histoire d'un condamné à mort..., dit-on... Mais moi, je n'y crois pas. Je crois plutôt que c'est une chanson de suicidé, de futur suicidé, s'entend... Et c'est la logique-même de la chanson qui le confirme... Réfléchis un instant... Si c'était un condamné à mort... Il aurait fait l'objet d'un procès et dès lors, sa mère en aurait forcément été informée... Dès lors, la chanson ne tiendrait plus debout.

Et si c'était un soldat prisonnier qu'on va fusiller pour – par exemple désertion ou trahison ?

Ben, pareil... Sa mère en serait forcément informée et elle recevrait la version officielle. Soit qu'il serait disparu au combat, soit qu'il serait mort en héros. Souviens-toi, ce fut le cas de notre Joseph – Giuseppe Porcu, dont je t'ai conté la saga. Et spécialement la canzone Le Fils ressuscité [[9053]], où le déserteur Giuseppe, dont la mère avait fait son deuil depuis qu'on avait fait de son fils un héros mort pour l'Italie, le déserteur devenu entretemps Joseph revient, reparaît et littéralement, ressuscite d'entre les morts.

D'accord, mais alors de quoi pouvait-il bien s'agir de si scandaleux au point de censurer une chanson qui me paraît , mais je suis un âne libertaire – assez anodine. Je veux dire qu'elle raconte un fait... Quel est donc ce fait qu'on ne saurait voir ? Ou qu'on ne saurait laisser voir ? On dirait une tartufferie...


Tu as mis le doigt dessus, mon ami Lucien l'âne. C'est tout-à-fait ça... C'est le Tartuffe et la citation de Molière s'impose :


« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées."
(Molière – Tartuffe, III, 2 (v. 860-862)

Autrement dit, une énorme hypocrisie, un mensonge jésuitique...


Oui, mais alors, de quoi peut-il s'agir ? À quoi donc cette chanson a-t-elle donc touché de si tabou, qu'on n'ose même pas donner la raison de son interdiction ?

À mon sens, je l'ai déjà dit, c'est qu'elle raconte les dernières heures d'un suicidé, sa détermination à mettre fin à ses jours... C'est là le vrai scandale pour les bien-pensants et ce que les dévots ne peuvent même laisser entrevoir... Car alors s'ouvrir devant leurs yeux horrifiés l'abîme terrible de la liberté absolue de l'humaine nation face à la vie et forcément, à la mort. Remarque aussi qu'il faut cacher ce fait « à ma mère... »... La mère, mais aussi, la Sainte Mère, c'est-à-dire l'Église... En effet, la « Mère » ne doit pas savoir, car elle ne peut pas savoir, car elle ne veut pas savoir...


Et pourquoi ?


Tout simplement, car tout son monde illusoire s'écroule... La mère n'est plus qu'un lieu de passage... Tout son pouvoir, toute sa raison d'être disparaissent... Et alors, en même temps, s'effondre le lien héréditaire, base de la transmission de la propriété... Ni la mère, ni la Société, ni Dieu ne peuvent accepter cela et en même temps, ne peuvent contrarier cet acte de liberté absolue, cette auto-euthanasie.


Certes, le suicide est une auto-euthanasie... Des fois, souvent même, une autothanasie, car il n'est pas toujours heureux, ni facile, ni indolore.


À voir les réactions des dévots face à l'avortement ( et le suicide est une sorte d'auto-avortement tardif, tout comme celui qui devient orphelin à cinquante ans est un orphelin, et même un orphelin conscient de l'être, un orphelin de la onzième heure, comme dit Tonton Georges – http://www.youtube.com/watch?v=jCxT2dfRC8g), leurs réactions face à l'euthanasie aussi et le comportement de certains à l'égard des « suicidés » manqués – pour un peu ils les condamneraient à mort, on voit bien la terreur de ce monde-là face à la réalité de la mort... Car ce n'est rien d'autre que leur peur de mourir que ces gens-là expriment, leur terreur face au néant qu'ils sont bien obligés au fond d'eux-mêmes de reconnaître... Car s'ils avaient en tête, ne fût-ce qu'un peu, la certitude qu'il y aurait autre chose après la vie, ils se réjouiraient de mourir et seraient les plus ardents partisans du suicide, de l'euthanasie et de tout ce qui s'ensuit...


Mais en effet, ces gens de la Rai étaient des Tartuffes... et ont bien dû trouver une explication vaguement crédible à leur censure...


Quant à nous, reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde menteur, hypocrite, tartuffe, sournois, jésuitique, crédule, absurde, paniqué et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




À l'aube, je n'y serai pas
À vous parler de moi
Je le sais que moi
Je partirai de là
Et je ne reviendrai pas

Ne dites pas à ma mère
Que je ne suis plus là
Car elle a foi en moi
Et si elle apprend cette vérité amère
De douleur, elle mourra.

Pour vous tous, le soleil se lèvera
Mais ce sera toujours la nuit pour moi
L'aube fuira et pour moi, je le sais,
Tous n'auront plus que la pitié

Ô ! Pardonnez-moi
Pardon, pour moi, oh ! père
Et faites que ma mère
Ne sache jamais
Que j'ai fini ainsi
Ainsi...



LA MAISON DU SOLEIL LEVANT

LA MAISON DU SOLEIL LEVANT

Version française – LA MAISON DU SOLEIL LEVANT – Marco Valdo M.I. – 2013
d'après la version italienne de Bernart Bartleby
d'une chanson étazunienne The House of the Rising Sun , ancienne et anonyme.



Paroles d'un auteur anonyme. Probablement – étant donnée l'histoire - la version originale était au féminin.
Mélodie peut-être inspirée de « Matty Groves », ballade anglaise du XVIIième.
Au féminin, dans le répertoire de Joan Baez.
Au masculin – version bien plus connue – dans celui de Woody Guthrie, Pete Seeger, Bob Dylan, Leadbelly et, surtout, de The Animals d'Eric Burdon, leur cheval de bataille, reprise par de très nombreux interprètes. En Italie à signaler la version de Riki Maiocchi avec le titre « Ne le dites pas à ma mère », qui fut censurée par la RAI.
Informations tirées - comme le texte et ses versions - de Musica &Memoria (Musique &Mémoire), à laquelle je renvoie pour une exégèse plus approfondie du morceau.




Chanson qui originairement parlait de filles perdues, prostituées de Storyville, l'ancien quartier réservé de La Nouvelle Orléans connu comme « The District », existant entre 1897 (lorsque le maire Sidney Story l'institua pour défendre le « statut » de la ville, en extirpant la prostitution des rues) et 1917, lorsque une vague moralisatrice venue des sommets de l'Armée en imposa la fermeture.
La devise de Storyville était « Honni soit qui mal y pense », la même que celle du « Très noble Ordre de la Jarrettière » anglaise (14° sec.)…








Les femmes qui entraient à Storyville étaient enregistrées comme prostituées et les bordels - comme celui appelé « The House of the Rising Sun » - devenaient leurs prisons ; le « Soleil Levant » était en réalité le crépuscule de ces vies derrière les murs des bordels…
Une chanson qui m'a rappelé la aussi belle mais moins connue « Katie Cruel », elle aussi très ancienne et célèbre dans la version de la grande et désespérée musicienne et chanteuse étazunienne Karen Dalton.

J'ajoute que, dans sa version la plus connue, celle de 1964, au masculin, d'Eric Burdon & de The Animals, « The House of the Rising Sun » se transforma, peut-être même par sa dévorante et mélancolique mélodie, en une des chansons plus aimées tant des soldats américains sur front du Vietnam que des gars qui sur le « front intérieur » se battaient contre cette guerre…






Chanson contre toutes les formes de guerre militaires ou civiles, elle revêt des formes des plus diverses : originairement, chanson dénonçant la prostitution imposée aux femmes, puis, chanson contre la guerre imposée aux gens et chanson dénonçant les autres formes qui écrasent les humains – le suicide (Riki Maiocchi - NON DITE A MIA MADRE) – pas étonnant qu'elle ait été censurée , la prison (Johnny Halliday – Le Pénitencier) et le chômage (Marco Valdo M.I. – La Fermeture). Le Pénitencier, dont un des auteurs est Hugues Aufray lequel depuis a commis une version plus conforme à The House of Rising Sun sous le titre L'Hôtel du Soleil Levant. (M.V.M.I.)









Il y a une maison à la Nouvelle-Orléans
On l'appelle le Soleil Levant
Elle a détruit tant de pauvres enfants
Et moi, j'en suis une, Maman

Ah ! Si je t'avais écouté maman
J'aurais été chez nous maintenant
Mais j'étais jeune et folle, oh Maman
De suivre ce foutu fainéant

Va dire à ma sœur cadette
De ne pas comme moi faire la bête
Et d'éviter cette maison de la Nouvelle-Orléans
Qu'on appelle le Soleil Levant

Moi, je retourne à la Nouvelle-Orléans
Ma course est presque finie
J'y retourne pour terminer ma vie
Sous ce Soleil Levant


mardi 31 décembre 2013

LA BELLE PARTISANE

LA BELLE PARTISANE

Version française – LA BELLE PARTISANE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – La bella partigiana – Gruppo Padano di Piadena – 1997



Le titre original de cette chanson est « La belle Partisane » et auteur en est Ivana Monti (1947-), importante actrice italienne, femme du journaliste Andrea Barbato...
La chanson fait partie du spectacle intitulé « Ma chère mère. Souvenirs et voix de notre terre de 1913 à la Libération », dont (1996) Monti est l'auteure en plus de l'interprète, spectacle qui reprend, ajourne et enrichit un spectacle précédent inventé du
Coro delle mondine di Novi qui avait un titre encore plus beau : « Eva toujours rebelle »...
(Dans « 
Dagli Appennini alle risaie - Des Appennins aux rizières », de Clarissa Clo, professeure associé d'Italien à l'Université de San Diego, California, USA« The Cultures of Italian Migration », par Graziella Parati et Anthony Julian Tamburri, USA, 2011)

La petite Gigliola s'en va à bicyclette à Bologne porter les tracts, on lui promet une poupée, mais elle répond : « Non, je veux un certificat de conspiratrice ».




Marie-Rose Gineste
(soixante ans après sa tournée des paroisses)



Suite à la rafle du Vel d’Hiv, Marie-Rose Gineste* porte dans les paroisses du Tarn-et-Garonne sur sa légendaire bicyclette (aujourd’hui déposée à Yad Vashem à Jérusalem) la lettre pastorale de Monseigneur Théas* qui sera lue à la messe du 30 août 1942 : "des hommes et des femmes sont traités comme un vil troupeau et envoyés vers une destination inconnue avec la perspective des plus grands dangers. Je proclame que tous les hommes, aryens ou non aryens, sont frères (...) que tous les hommes, quelle que soit leur race ou leur religion, ont droit au respect des individus et des États". (http://www.ajpn.org/juste-Marie-Rose-Gineste-1261.html)


Je ne sais pas, dit Lucien l'âne en riant, si la partisane secrétaire de l'évêque de Montauban cachait les homélies de Monseigneur dans ses porte-jarretelles...


Ah, dit Marco Valdo M.I., l'évêque n'en a rien dit... Mais assurément, elle en avait des ... ressources et du courage.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Elle s'en allait à bicyclette
C'est l'estafette, c'est l'estafette
Des partisans, c'est l'estafette

Les messages, elle les cachait, la belle
Dans ses jarretelles, dans ses jarretelles
Et les ordres dans ses belles crolles
Pour les rebelles, pour les rebelles
De la liberté si belle.

Elle s'en allait à bicyclette
C'est l'estafette, c'est l'estafette
Des partisans, c'est l'estafette