mardi 17 mai 2022

Le Pantalon

 


Le Pantalon


Chanson française – Le Pantalon Marco Valdo M.I. – 2022






LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.




LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays ; Épisode 17 : La Région ; Épisode 18 : Mémoires d’un Rat militaire ; Épisode 19 : L’inaccessible Rêve ; Épisode 20 : La Gastronomie des Étoiles ; Épisode 21 : Le Progrès ; Épisode 22 : Faire ou ne pas faire ; Épisode 23 : Le Bonheur des Gens ; Épisode 24 : La Sagesse des Dirigeants ; Épisode 25 : Les Valeurs d’Antan ; Épisode 26 : L’Affaire K. ; Épisode 27 : L’Atmosphère ; Épisode 28 : La Nénie de Zinovie ; Épisode 29 : L’Exposition colossale ; Épisode 30 : La Chasse aux Pingouins ; Épisode 31 : Le Rêve et le Réel ; Épisode 32 : La Vérité de l’État ; Épisode 33 : La Briqueterie ; Épisode 34 : L’Armée des Chefs ; Épisode 35 : C’est pas gagné ; Épisode 36 : Les Trois’z’arts ; Épisode 37 : La Porte fermée ; Épisode 38 : Les Puces ; 39 : L’Ordinaire de la Guerre ; Épisode 40 : La Ville violée ; Épisode 41 : La Vie paysanne ; Épisode 42 : La Charrette ;


Épisode 43

 

 

 



PANTALON Z

Tatiana Bruni – 1931









Dialogue Maïeutique


Le Pantalon ?, demande Lucien l’âne. Qu’est-ce que le pantalon vient faire dans cette histoire de Zinovie ? Et puis, de quel pantalon, il est question ? Peut-être y a-t-il là une allusion au pantalon du temps ? Celui dont parle Pratchett, ce pantalon du temps où selon qu’on enfile une jambe ou l’autre, on s’enfile dans une histoire ou une autre.


Peu de chances, Lucien l’âne mon ami, peu de chances qu’il s’agisse du pantalon du temps, à moins que d’appliquer à ce pantalon entre deux âges – entre celui du Premier Guide (Jisif Stalone, dit le Stal) et celui du Dernier Guide (Clodomir Foutine, dit le Clodo) – une dimension temporelle multiple ne serait pas une errance, car, il y a en effet bien une telle distorsion et sans doute, pourrait-on s’y retrouver dans ce pantalon du temps et dans une ou l’autre de ses deux jambes qui mènent à des destins différents. En tout cas, c’est un pantalon historique, symbolique et en quelque sorte, philosophique. Enfin, je laisse à chacun le soin de démêler temporel.


Sans en dire trop, mais juste pour avoir confirmation de ce que je ne m’égare pas trop, demande Lucien l’âne, ne peut-on considérer ce pantalon commun comme la tenue, le mode d’existence et de société qui s’était imposé aux débuts de la Zinovie révolutionnaire et qui est remis au goût du jour par le Guide actuel, comme un monde arrêté au cadran lunaire d’un vieillard atteint de démence sénile.


En gros, Lucien l’âne mon ami, c’est cela et la chanson l’explicite clairement :


« Tout le monde le sait en Zinovie :

Notre société est la meilleure.

La vie s’est améliorée dès le début,

Seul le saucisson fumé a disparu »


Et pour ce qui est du monde arrêté au cadran lunaire d’un vieillard atteint de démence sénile, ce portrait correspond assez bien au monde réhabilité par Foutine, suivi par tout un peuple en pantalon identique. Mais la chanson comporte une autre partie qui est elle aussi une allusion, mais à une grandiose opération militaire en cours, aux déboires d’escadrilles qui ne sont jamais revenus de leurs héroïques missions et à l’enlisement subséquent.


Eh bien, dit Lucien l’âne, voyons ça de plus près et ensuite, reprenons notre tâche sempiternelle et tissons le linceul de ce vieux monde opérationnel, ralenti, empâté, englué, désuet, démodé et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





En Zinovie, on avait un type de pantalon,

Le même pour les filles et les garçons.

Un pantalon standard bien de chez nous,

Pour toutes les mesures, pour toutes les statures,

Haute taille et basse couture ;

Et l’entrejambes jusqu’aux genoux.

Un modèle inusable, à porter en tous temps.

Le Guide l’a remis à la mode à présent.

En Zinovie, il faut croire absolument

À ce qu’on ne croit pas.

En Zinovie, on réalise évidemment

Tout ce qu’on ne fait pas.


Le Guide dit : « La société

Zinovienne n’a pas de tare,

C’est une irréfutable vérité,

Le croire est un devoir. »

On le répète à chaque heure,

On l’entend toute la vie,

Tout le monde le sait en Zinovie :

Notre société est la meilleure.

La vie s’est améliorée dès le début,

Seul le saucisson fumé a disparu ;

On a accru le temps d’internement

Des opposants dans les camps.


Capitaine à vingt-trois ans,

Un gars plein d’allant

Et multimédaillé avec ça ;

Un pilote de guerre expérimenté.

Avec toute une carrière devant soi ;

En direct de l’Académie,

Le nouveau est arrivé.

On le nomme chef d’escadrille.

Médaillé comme tout, bientôt Héros,

Un gars nul, mais pistonné.

Il n’a jamais combattu le zigoto.

Rira bien qui rira le dernier.


La première escadrille dans la nuit

Avec lui, s’envole à grand bruit

Surprendre là-bas l’ennemi

Encore endormi.

Tous les avions sont partis,

Aucun n’est revenu.

La deuxième escadrille a suivi,

On n’en sait pas plus.

La grande opération militaire :

Paralyser les avions à terre,

Dans la guerre en cours,

Soudain, tourne court.



vendredi 13 mai 2022

LA SAINTE INQUISITION

 

LA SAINTE INQUISITION


Version française – LA SAINTE INQUISITION – Marco Valdo M.I. – 2022

Chanson italienne – La Santa InquisizioneAlberto Amboni2017



STIGMA DIABOLI

Clovis Trouille – 1960




Dialogue maïeutique



Même si le titre était La Santa Inquisizione et que je l’ai logiquement traduit par LA SAINTE INQUISITION, dit Marco Valdo M.I., c’est une chanson consacrée principalement à une sorcière et comme tu sais, dans la Geste de Liberté, où nous racontions les aventures de Till, nous avions déjà trois chansons où il était question d’une sorcière et de ses juges inquisitoriaux et de ses bourreaux :

— dans Katheline, la bonne Sorcière, qui annonçait le règne abominable de Philippe d’Espagne :


« L’infant Philippe, roi devenu.
J’ai vu, j’ai vu de mes yeux de sorcière
Les filles mises vives en terre
Violées en leurs corps nus.

En haut, les mangeurs de peuple, frelons de l’enfer ;
En bas, les victimes, ainsi disait Katheline la bonne sorcière. »


— dans Katheline suppliciée, où est relaté son interrogatoire et sévices qu’on lui inflige :


« Accusation sans fondement et infâme.
On arrêta la bonne femme.
On la condamna à avouer ;
Par la torture, à avouer.

Le bourreau la mit nue et la rasa.
Il l’attacha sur le banc de torture.
Il versa l’eau chaude dans l’estomac.
Katheline vomit tant et tant de vomissure.

Avoue : tu es une sorcière.
Je n’avoue rien. j’aime les bêtes.
j’ai soigné la vache par des remèdes.
Avoue : tu es une sorcière. »


— Dans La douce Mort de Katheline , où on la noie pour la sauver :


« Katheline est à l’épreuve de l’eau condamnée :
Si elle surnage, elle est sorcière et brûlée ;
Noyée, elle sera chrétienne patentée,
Repêchée et au jardin de l’église enterrée. »


Oui, dit Lucien l’âne, je me souviens de Katheline et c’est une bonne idée de la remettre en évidence, car cette sorcière, comme la plupart de ses sœurs, est une bonne femme. Tout comme, il est bon de reparler un peu de Clara, qui dans Hou hou ! Suivant les hommes pour un bout de pain et que les femmes poursuivaient à coups de bâton jusqu’à la tuer sur le bûcher, elle aussi.


« Les hommes la caressaient
Elle courrait en emportant son pain
Clara errait par les campagnes « hou hou »
On l’entendait japper et hululer, « hou hou »
Les femmes armées de bâtons « hou hou »
Le crucifix à la main pour arracher « hou hou »
Leurs garçons à la sorcière « hou hou »
Les femmes lançaient des cailloux.
Le feu danse rosâtre « hou hou »
Clara la folle est montée au bûcher
Sa bouche béante et ses yeux exorbités »


Exactement, répond Marco Valdo M.I., l’histoire de la pauvre Clara. Maintenant, pour ce qui est de cette chanson-ci, cette Santa Inquisizione, elle raconte le jeu atroce de la concupiscence – si, si, c’est le mot, même si certains entendent : con, cul, pisse, sens, comme si c’était une sorte d’onomatopée – d’un prêtre catholique qui, de dépit du refus de la jeune femme de se plier à ses fantasmes, va s’échiner à la faire condamner comme sorcière par-devant le tribunal de l’Inquisition, qui cette fois-là encore, dut rechercher le signe du diable, le stigma diaboli, qui identifie la sorcière.


Ah, dit Lucien l’âne, la sorcellerie – surtout quand la sorcière est jeune et jolie – est un métier dangereux. On l’accuse de détenir tant de connaissances (les herbes rares) qui ne peuvent lui être données que par le diable en personne. Quelle monstrueuse stupidité, quel monstrueux mensonge, quel manque d’humaine correction, de simple humanité ! Tel est l’effet de la religion quand elle veut se débarrasser des femmes intelligentes, indépendants et charmantes.


De plus, dit Marco Valdo M.I., les sorcières, c’est bien plus que ces caricatures qu’en font leurs stigmatiseurs. Leur rôle réel dans les sociétés paysannes ou d’urbanisation récente est celui complexe à la fois d’assistantes sociales, d’aides ménagères, d’infirmières, de sages femmes, d’avorteuses, de finisseuses, de médecins aux mains nues, des pharmaciennes, de conseillères familiales et elles rendent bien d’autres services aux pauvres gens. En ça, c’étaient de rudes concurrentes pour le clergé et sa tentative de monopole sociétal. Il fallait donc les éliminer et l’Inquisition s’y employa pendant des centaines d’années.


Bref, dit Lucien l’âne, on pourrait encore en dire tant, mais il faut conclure en tissant le linceul de ce vieux monde absurde, arriéré, abominable et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane












Elle est jeune, elle est belle,

Bizarre et rebelle.

Sa peau a la couleur de l’ambre,

Ses cheveux sont le noir de l’encre.


Sa voix séduit le cœur,

Et l’envoûte son regard ;

Un chat noir

Est roi en sa demeure.


Furieux, le repoussé

L’a fait enchaîner ;

Le prêtre l’a piégée

De promesses manquées.


Ce faux cul sacré,

Descendance de Judas,

Lui fait avouer

Des fautes qui ne sont pas.


Le bûcher était déjà prêt,

La plèbe l’insultait,

Le bourreau la pleurait,

Le prêtre la désirait.



Je suis juste une femme

Solitaire et piégée ;

On me brûle par les flammes,

Ma fin est arrivée.


Frère Cassius note :

J’ai expié sa faute,

Je lui ai offert le salut,

Elle n’en a pas voulu.


Plutôt la flamme

Qu’être esclave.

Elle était jeune et belle,

Bizarre et rebelle.


Elle savait les herbes rares,

Elle vivait seule et sans peur.

Un chat noir

Était roi en sa demeure.

mercredi 11 mai 2022

À GIORDANO BRUNO

 

À GIORDANO BRUNO



Version française – À GIORDANO BRUNO – Marco Valdo M.I. – 2022

Chanson italienne – A Giordano BrunoGiuseppe Di Modugno2019




Texte : Giuseppe di Modugno
musiq
ue : Giuseppe Mereu
interprète : Doc Pippus


 

 


 

  EXÉCUTION DE GIORDANO BRUNO


Campo dei Fiori – Rome – 17 février 1600



Filippo Bruno, dit Giordano Bruno (Nola, 1548 – Rome, 17 février 1600), est un philosophe, écrivain et dominicain italien qui a vécu au XVIᵉ siècle. Sa pensée, que l’on peut classer dans le naturalisme de la Renaissance, mêle les traditions philosophiques les plus diverses – matérialisme antique, averroïsme, copernicanisme, lullisme, scotisme, néoplatonisme, hermétisme, mnémotechnie, influences juives et cabalistiques – mais tourne autour d’une seule idée : l’infini, entendu comme l’univers infini, effet d’un Dieu infini, composé de mondes infinis, à aimer infiniment.

Condamné à être brûlé sur le bûcher pour hérésie, le 17 février 1600, la langue serrée dans un étau afin qu’il ne puisse pas parler, il est emmené sur la place du Campo de' Fiori, déshabillé, attaché à un poteau et brûlé vif. Ses cendres ont ensuite été jetées dans le Tibre.

Voici une brève synthèse de la pensée philosophique de Giordano Bruno :

— découvrir, enlever le voile de l’apparence, et comprendre comment sont les choses à la « lumière de la raison », en libérant l’esprit de l’homme de l’habitude de la croyance aveugle, et en donnant de l’importance à une éducation laïque et anti-dogmatique ;

— combattre l’irréformable religion dominante de la sujétion aveugle, proclamer l’autonomie par rapport au confessionnalisme et la séparation entre les lois humaines et divines, ainsi qu’entre les États et l’Église, libérer les gens de la sujétion psychologique à un confessionnalisme rigide, qui voudrait que les individus reproduisent des modèles dogmatiques inscrits principalement dans de supposées idées d’âmes ;

— construire une société civile qui relie l’homme à l’homme dans la justice, qui est à son tour une construction humaine, à travers des lois justes, en affirmant entre autres qu’il n’y a pas de justice sans égalité, comprise non pas comme un aplatissement, mais comme une égalité des chances prônant l’émancipation humaine individuelle, sociale et fondée sur les besoins, qui est alors le droit au travail dans la dignité même du travail ;

— placer au centre de tout ce qui existe la « matière-vie-nature », qui s’autoproduit et dont chaque être humain fait partie, qui, loin du finalisme et du providentialisme, est maître de sa propre vie, avec pour résultat de donner une centralité à la dignité personnelle de chaque individu, dans un univers, composé d’un ciel infini et d’une matière créatrice, finalement le fruit d’un amour infini ;

— être constamment du côté des femmes, renversant les schémas sexistes d’une époque où la misogynie était structurelle et où les femmes étaient brûlées vives comme sorcières.






Dialogue Maïeutique



Encore un hommage à Giordano Bruno, c’est une bonne chose. N’était-ce pas ce brave Bruno qui avait fait un « Éloge de l’âne », demande Lucien l’âne ?


Oui, en effet, répond Marco Valdo M.I., il voyait un monde infini, qu’il avait baptisé Dieu pour les besoins de la survie de la divinité et de la religion et il avait affublé la nature, celle que déjà Lucrèce portait aux nues, du nom de Dieu, une nature autoproduite et éternellement en train de se faire elle-même. C’était là son ultime concession au siècle, mais le siècle ne voulut rien entendre – là-bas, vers 1600 (et même encore longtemps après), comme en Zinovie, on use de La Charette


« Et ceux qui pensent, on les fait taire. »


De mémoire d’âne, dit Lucien l’âne, c’est ce qu’ont fait depuis toujours les religions et les idéologies dogmatiques ; c’est ce qu’elles font encore aujourd’hui. Quant à nous, nous tissons le linceul de ce vieux monde religieux, dogmatique, croyant, crédule et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Au Campo dei Fiori,

Je t’ai vu arriver

Le visage pris

Dans un bâillon de fer,

Car il y avait grand danger

À te laisser parler,

Car dans tes yeux noirs,

Il n’y avait pas de lâcheté.

Et ensuite, ils m’ont fait savoir

Ton nom et que tu t’appelais

Bruno Nolano

Car de Nola, tu venais,

Et ton prénom était Giordano.

Cher Giordano,

Il est bon de pouvoir penser

Que toujours l’amour finit par gagner.

Car chez les rêveurs

Naît du cœur

L’intense désir de liberté.



Un frère
médusé,

Émacié,

À la voix stridente,

Psalmodiante, chante.

Une flamme monte :

Ce n’est pas un lumignon,

Mais un papillon

Volant vers Bételgeuse.

Quel crime t’a donc sali

Pour mériter ainsi

Une mort si ignominieuse ?

Tu disais que toujours

Se meuvent toutes les choses

Animées par l’amour,

Et le feu ne peut effacer

Le désir d’atteindre la vérité,

Et la flamme jamais ne peut

Aux fiers esprits ôter

Le désir généreux

De surmonter la lâcheté.



Le Champ des fleurs,

Fut ton Calvaire

Et par une sentence autoritaire,

Entre les oraisons des prieurs

Et de lamentables rosaires,

Tu fus immolé

Pour la liberté.

Pas celle de courir,

Ni celle de partir,

Ou de chercher l’amour

Jour après jour.

Tu as pensé

Meilleur de passer

Ta vie à chercher

La vérité.


La flamme ardente du feu destructeur

Ne peut arrêter le temps qui viendra

Et la postérité saura sans erreur

De quel côté l’amour des gens se tiendra.


À repenser ici

À ce jour lointain,

À ces flammes d’un matin

Au Campo dei Fiori,

Mon salut aussitôt

S’en va à Giordano,

Par l’infamie

Envoyé au bûcher,

Et même si maintenant

Tant d’années ont passé,

Il serait temps

Et même indiqué

Que dans le monde

Encore, il y ait

Quelqu’un qui débonde

La vérité.


La flamme ardente du feu destructeur

Ne peut arrêter le temps qui viendra

Et la postérité saura sans erreur

De quel côté l’amour des gens se tiendra.


Et même si maintenant

Tant dannées ont passé,

Il serait temps

Et même indiqué

De remémorer le Nolano

Giordano Bruno,

Brûlé sur le bûcher

Pour la liberté.