mardi 27 octobre 2020

CONTRE LE VENT

CONTRE LE VENT


Version française – CONTRE LE VENT – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson allemande – Gegen den WindReinhard Mey – 2010


Paroles et musique : Reinhard Mey

Album : « Mairegen »





 

Éole (Avion de Clément Ader) décolle

Albert Brenet - 1890






Dialogue Maïeutique


Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson qui s’intitule Contre le Vent.


Oh, dit Lucien l’âne, ne vient-on pas tout récemment encore de publier une chanson Contrevent ? N’est-ce pas la même chanson ? Ne dit-elle pas les mêmes choses ?


Sur ces deux points, répond Marco Valdo M.I., la réponse est nettement négative. Non, ce n’est pas la même chanson. Non, elle ne raconte pas du tout les mêmes choses. D’ailleurs, elles ne portent pas le même titre et la différence est encore plus nette en allemand – dans leurs versions d’origine, puisque toutes deux sont des versions françaises de chansons allemandes à peu près contemporaines. Souviens-toi, la précédente, que j’avais nommée Contrevent s’intitulait en allemand Gegenwind der Zeit, ce qui donnerait littéralement Contrevent du Temps et qu’on aurait pu valablement appeler À Rebrousse-temps. C’est une chanson des Toten Hosen et sortie en 2017, elle est la plus récente des deux. Celle qui nous occupe aujourd’hui est une chanson de Reinhard Mey, son titre Contre le Vent est la transcription fidèle du titre allemand : Gegen den Wind.


Soit, dit Lucien l’âne, voilà qui clarifie un peu les choses ; mais cette proximité de titres est-elle pur hasard ou lie-t-elle les deux chansons ?


Probablement, les deux, dit Marco Valdo M.I. ; mais à vrai dire, je n’en sais rien. Je veux dire que je ne sais vraiment pas si les deux chansons se font volontairement écho. Ce que je constate, c’est un ensemble de coïncidences quant à la forme et une énorme divergence quant au contenu, quant au fond. La plus ancienne, celle d’aujourd’hui, celle de Reinhard Mey est une chanson de révolte, une chanson de libération, une chanson d’émancipation face à la société. Et pour ce qui est du vent, elle incite à aller à son encontre. Pour elle, le vent est le courant d’air qui empêche d’avancer, c’est un vent paralysant, qui souffle vers le passé : c’est l’air de la réaction.

Ah, dit Lucien l’âne, ainsi, la société est une mer des Sargasses, où toute (presque toue) nouvelle génération vient s’engluer.


C’est ça, répond Marco Valdo M.I. ; maintenant pour celle des Toten Hosen, c’est une autre affaire ; elle est beaucoup plus amère, elle parle d’un autre vent, d’un vent d’autre temps, d’un vent qui s’en va dans l’autre sens, qui s’en va vers l’avenir et elle dénonce les gens qui s’en vont à contre-sens de ce vent et qui souhaitent le retour aux glorieuses heures du passé, le retour aux grandeurs du Reich de mille ans qui n’a duré que douze ans.


Ainsi en emporte les vents, dit Lucien l’âne, : une fois dans un sens, une fois dans l’autre. Mais que retenir de la chanson qui nous occupe aujourd’hui ?


S’il fallait la synthétiser, s’il fallait, Lucien l’âne mon ami, la ramener à quelques lignes, je retiendrais ces quatre vers-ci qui la concluent :


« Seul un libre penseur, un esprit libre

Trouve son chemin et sort du labyrinthe.

On ne peut décoller que face au vent.

On ne peut décoller que contre le vent. »


Eh bien, voilà une chanson, dit Lucien l’âne, qui va dans le sens de notre commune devise : « Ne jamais se soumettre, car se soumettre, ce serait cesser d’exister. » Cependant, il convient comme pour le clavecin de la bien tempérer, d’y mettre une bonne dose de raison raisonnante. Alors, tissons le linceul de ce vieux monde intempérant, souffreteux, mélancolique, fade, falot, fadasse et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I.




Que puis-je vous transmettre à présent ?

Que m’a enseigné vraiment mon temps ?

Dans ma vie, j’ai appris beaucoup

Et beaucoup de choses ne valent pas beaucoup.

J’ai cherché derrière les façades des bâtiments

Pour voir à l’intérieur des gens :

Je les ai vu aller par des sentiers sinueux

Et au long de chemins dangereux.



Presque tous les jeunes deviennent vieux

Avant leur temps.

Le seul moyen de sortir du cercle vicieux,

C’est d’aller contre le vent.



Contre le vent,

À contre-courant,

Contre le vent,

Contre l’esprit du temps,

Contre la stupidité, mon enfant.

Seul un libre penseur, un esprit libre

Trouve son chemin et sort du labyrinthe.

On décolle face au vent.

On décolle contre le vent.



Que dit-on aux gens d’aujourd’hui ?

Faites ce qu’on vous dit !

Vous plaindre est interdit.

Enlevez votre chapeau, fermez-la !

On ne peut forcer tous les gens ;

On ne peut faire marcher au pas

Et foncer dans l’abîme aveuglément

Que ceux qui acceptent ça.



Et si tous les autres avancent,

Sans opposition et en silence,

Alors, debout, allez en confiance

Au pas de parade, au pas de course,



À contre-courant,

Contre le vent,

Contre l’esprit du temps,

Contre la stupidité, mon enfant.

Seul un libre penseur, un esprit libre

Trouve son chemin et sort du labyrinthe.

On ne peut décoller que face au vent.

On ne peut décoller que contre le vent.





vendredi 23 octobre 2020

CONTREVENT

 

CONTREVENT


Version française – CONTREVENT – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson allemande – Gegenwind der ZeitDie Toten Hosen – 2017

Texte : Andreas Frege (Campino) et Marten Laciny

Musique : Michael Breitkopf



 

LES GYMNASTES

Gerhard Keil – 1939





Dialogue Maïeutique


Contrevent ?, demande Lucien l’âne.


Oui, Contrevent, dit Marco Valdo M.I., c’est son titre et ce n’est pas une chanson de marins. C’est une chanson qui interpelle frontalement les résidus du nazisme en Allemagne contemporaine et qui les renvoie à leurs calendes, qui les confronte à leur désuétude.

Oh, dit Marco Valdo M.I., « le ventre est encore fécond d’où est sortie la chose immonde » ou quelque chose comme ça, disait Bertolt Brecht. Est-ce bien de ces résidus-là, de ces nostalgiques des reichs qu’il est question dans la chanson ?

C’est bien d’eux qu’elle s’inquiète, répond Marco Valdo M.I., et même si elle les retourne à leur passé ; même si, finalement, elle les moque ; même si elle conseille (à juste titre, selon moi) de se soigner ; elle a comme but primordial de les dénoncer, de dénoncer leur indigente conformité à un songe périmé et tous les dangers qu’une telle déviance recèle. En somme, c’est une Cassandre qui – comme bien des poésies – regarde Ilion et la voit demain sous les flammes. Elle part des résurgences de racisme et de milices qui fleurissent à Berlin et autour et de la réapparition du drapeau Schwarz-Weiß-Rot – « Noir-blanc-rouge ».


Oh, dit Lucien l’âne, déjà, un drapeau, tu imagines ? Un drapeau ? Un drapeau, c’est comme un monument : « Un drapeau, un drapeau, mais que voulez-vous que je foute d’un drapeau ? », aurait sans doute dit Michel Simon, ou Serge Reggiani, ou les Charlots ou Boris Vian. (comme je l’ai signalé plusieurs fois dans les commentaires à La Java des Bombes Atomiques).


En effet, dit Marco Valdo M.I., qu’est-ce qu’on peut bien foutre d’un drapeau ? Je veux dire qu’est-ce ce qu’on peut faire d’intelligent et d’utile d’autre que d’en faire une couverture ou un drap ou un linceul avec un drapeau ? Un drapeau, par essence, sert à distinguer, à créer une frontière entre le groupe qui s’y soumet et les autres, parmi lesquels il se trouvera vraisemblablement d’autres admirateurs des étoffes colorées. C’est, a priori, une source d’hostilité et il mène inévitablement à la confrontation, si ce n’est à l’affrontement.


Oui, dit Lucien l’âne, ça se comprend, sans le drapeau, comment on saurait sur qui il faut taper ?


En fait, il sert à ça, c’est son but : transformer le troupeau en meute. Le drapeau instaure la loi des héros, suscite l’héroïsme jusqu’à l’absurdité, jusqu’à le manger :

 

« Puis, après la soie, il mangea la hampe ;

Ce fut le plus dur, le plus valeureux.


Il murmurait : France !… Et mangeait, quand même !

Lorsque tout à coup son cœur s’arrêta. »

(Le Salut au Drapeau – Müller et Reboux)


Eh bien, reprend Marco Valdo M.I., un drapeau, c’est franchement indigeste et le sort des héros est quelquefois pénible. Par ailleurs, la chanson fait justement remarquer, met adéquatement en exergue ces héros semblables à ceux déjà débusqués par Carlo Levi, sous leur tenue d’athlète, qui se délectaient à écraser les autres et puis qui :


« S’éloignent dans le ciel noir,

Avec l’heureuse sensation palpable

De m’être passés par-dessus

De m’avoir foulé aux pieds.

Chose étrangère, négligeable,

Pour eux, je suis le nabot.

Sur le sable, par terre,

vivant mais écrasé.


Musculaire jeunesse piaffante

Étalons ardents d’Éros

Les athlètes s’en sont allés

Dans le ciel des Héros. »


Ce sont eux, qui déjà au temps de la république de Weimar constituaient les sociétés de gymnastique, ces embryons musclés des milices en « chemise courte », qui incendient les maisons, les livres et finissent par brûler les gens.


Oh, dit Lucien l’âne, je savais qu’une chanson pouvait dire tant de choses. Maintenant, tissons le linceul de ce vieux monde sportif, olympique, patriotique, nationalique, hypocondriaque et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane








Vous dites, on élèvera les murs autour de notre pays ;

Vous dites, maintenant, on protégera notre empire ;

Vous dites, personne n’entrera, tout sera saisi.

Vous dites, comme les Orientaux sont tous les mêmes,

Une unité spéciale de notre milice

Brûlera toutes leurs maisons.

La saucisse, la choucroute et la bière entreront

Dans les restos grecs et les kebabs par la Constitution.



Avec votre chemise courte, vous restez

À contrevent.

Vous vous accrochez au passé

À contrevent,

À contrevent !



Deux battes de baseball en croix comme symbole,

Un salut hitlérien, vous vous reconnaissez.

Tous les drapeaux arc-en-ciel seront retirés

Et remplacés par le noir-blanc-rouge,

Même pendant vos parties de fesses,

Vous déposez des fleurs pour Rudolf Hess,

À la porte des bistros, des supermarchés,

Droit, figé, se tient un de vos patriotes râblés.



Avec votre chemise courte, vous restez

À contrevent.

Vous vous accrochez au passé

À contrevent,

À contrevent !



Votre radio joue toujours encore des marches,

Mangez votre plomb et buvez votre essence,

Si le passé n’est pas sorti de vos trombines,

Prenez tous une tonne d’aspirine !



Avec votre chemise courte, vous restez

À contrevent.

Vous vous accrochez au passé

À contrevent,

Vous vous accrochez au passé

À contrevent,

À contrevent,

À contrevent,

À contrevent !

mardi 20 octobre 2020

EUROPE

EUROPE

Version française – EUROPE – Marco Valdo M.I. – 2020

d’après la version italienne de Riccardo Venturi

d’une chanson allemande – Europa Die Toten Hosen2012

Album : Ballast der Republik

 


 

L'ENLÈVEMENT D'EUROPE

Maerten de Vos - 1590




Chanson du groupe allemand Die Toten Hosen, qui parle de la difficile traversée des migrants en Méditerranée pour rejoindre l’Europe et de la mort que beaucoup d’entre eux trouvent au fond de la mer.



Dialogue Maïeutique

 


 


Europe ?, dit Lucien l’âne, la chanson s’intitule Europe ?


Euh, oui !, dit Marco Valdo M.I., Europe, tout simplement, Europe. Pourquoi ? Pourquoi elle ne pourrait pas s’appeler ainsi ?


Eh bien, non !, dit Lucien l’âne. Elle peut parfaitement s’appeler ainsi, mais je voulais juste savoir de quoi elle causait, ce qu’elle pouvait raconter, car c’est un sujet proprement historique et mythologique. Un sujet épique, tragique, tragi-comique et pour tout dire, continental. Une histoire de nymphe et de taureau et de leurs fricotages érotico-tauromachiques, une histoire qui ne manque pas de sel, pas de piquant, non plus ; l’histoire de la marche de l’homme d’Engis et de Néanderthal vers la démocratie. Un très, très long chemin, tu peux me croire.


Donc, Europe, reprend Marco Valdo M.I., c’est logique, même si, en fait, Europe n’apparaît jamais dans la chanson, même si comme l’Arlésienne, elle est le personnage central du drame qui se joue dans la chanson.


Et alors ?, demande Lucien l’âne. Il y a une histoire dans cette chanson, j’imagine.


Une histoire, certainement, la voici, Lucien l’âne mon ami. C’est une histoire que tu connais quasiment depuis toujours et d’abord, car elle se situe aux pourtours de la Méditerranée, cette mer dont tu as fait le tour des dizaines, si ce n’est des centaines de fois et si j’oserais dire, que tu connais comme ta poche d’Odessa à Madaure, d’Alexandrie à Tanger, toi qui as encore connu Troie debout, toi qui as vu le cheval de bois.


Bon, c’est autour de la Méditerranée, dit Lucien l’âne, et puis, quoi ?


C’est, Lucien l’âne mon ami, l’histoire désolante de la fuite vers l’Europe, puis en Europe, de gens qui laissent tout derrière eux : famille, amis, village, ville, montagne, forêt, fleuve, lac, plaine, rivages océaniques, désert, que sais-je ? et qui ont comme objectif, comme but, comme destination — mot dont on oublie trop souvent qu’il signifie le lieu du destin et comme on le sait, le destin est versatile — l’Europe, du moins, ses rives méditerranéennes. Pourquoi ? Tout simplement, car ils arrivent du sud ou de l’orient par la mer. Ils viennent chercher refuge face à une destinée contraire. Du moins, c’est ce qu’ils espèrent, et cette espérance est ce qui constitue le drame, qui institue dès le départ la tragédie. En gros, ou ils meurent en route, ou on les ramène de l’autre côté, ou alors, ayant réussi le saut, ils trouvent une vie au rabais. On ne sait ce qui est le mieux.



Oh, dit Lucien l’âne, j’ai entendu dire que parfois, peut-être, il y a des exceptions, parfois, l’histoire se termine à peu près bien.


Pour la chanson, rien n’est moins certain, répond Marco Valdo M.I., et sa conclusion est terrible :


« Ce n’est pas un conte pour enfants :

Pas de fin heureuse pour ces gens

Et s’ils ne sont pas morts,

Aujourd’hui, ils meurent encore. »


Oh, dit Lucien l’âne, c’est une chanson ancienne, elle date déjà. Les choses se sont sans doute améliorées.


Tu rêves, Lucien l’âne mon ami. Pour ce que j’en sais, j’ai quand même le sentiment qu’elles n’ont fait qu’empirer. Cependant, il ne faut pas oublier que toute cette histoire se déroule au cœur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les nantis font aux pauvres et aux démunis afin de maintenir leurs privilèges, d’assurer leur domination, de garantir leur croissance ad infinitum, de protéger leur eldorado et d’accroître leurs richesses insensées.


Alors, Marco Valdo M.I mon ami, tissons le linceul de ce vieux monde féroce, atroce et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Dans le port, ils lèvent les voiles,

Ils partent vers le grand large.

Les familles leur font signe adieu

Et les suivent longtemps des yeux.



L’eau s’étale comme un miroir ;

Ils vont silencieux dans le noir

À cinquante miles de la destination

Si proche derrière l’horizon.



Dites-moi que c’est un conte,

Une fin heureuse pour tout le monde,

Et qu’ils ne sont pas morts,

Et qu’ils vivent aujourd’hui encore.



Ils viennent par milliers, mais en grande majorité,

La terre promise jamais, ils n’atteindront,

Car les patrouilles les attraperont

Pour, en notre nom, les déporter.



Et les rescapés finiront noyés

Dans le charnier de la Méditerranée



Ce n’est pas un conte pour enfants :

Pas de fin heureuse pour ces gens

Et s’ils ne sont pas morts,

Aujourd’hui, ils meurent encore.

IL Y A UN LONG, LONG CHEMIN

IL Y A UN LONG, LONG CHEMIN


Version française – IL Y A UN LONG, LONG CHEMIN – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson de langue anglaise (USA) – There's a Long, Long Trail – Stoddard King – 1913

Paroles de Stoddard King (1889-1933), auteur et compositeur

Musique d’Alonzo “Zo” Elliott (1891-1964), compositeur et auteur de chansons

L’interprétation la plus connue est celle du grand ténor irlandais John McCormack, en 1917.




LONG, LONG CHEMIN

John Nash – 1918






La chanson a été publiée aux États-Unis en 1914, peu avant le déclenchement de la guerre en Europe et est immédiatement devenue très populaire parmi les soldats américains envoyés là-bas pour combattre à partir d’avril 1917. Elle était souvent utilisée pour clôturer les concerts des troupes et la représentation était toujours suivie d’un long silence émouvant et significatif.



Il serait intéressant de faire la liaison avec It's a long way to Tipperary (1912) et sa version antérieure, jamais interprétée, It’s a long way to connemara (1909), toutes deux œuvres de Jack Judge et Harry Williams et évoquant la nostalgie des émigrants irlandais. It's a long way to Tipperary (1912) connut rapidement un inoubliable destin militaire auprès des troupes anglaises et ceci fit que durant la guerre, John Mc Cormarck mit à son répertoire It's a long way to Tipperary (1912) et There's a long, long trail (1913). (Lucien Lane)





Les nuits passent très solitaires,

Les jours sont très longs.

De plus en plus fatigué, sans repère,

Écoutant seulement ta chanson,

Les vieux souvenirs affluent

À ma mémoire

Et le monde semble rêver

Juste pour te ramener.



Il y a un long, long chemin serpentant

Dans le pays de mes rêves,

Où les rossignols chantent

Et tombe un rayon de lune blanc.

Il y a une longue, longue nuit d’attente

Jusqu’à ce que mes rêves se réalisent,

Jusqu’au jour où on descendra

Ce long, long chemin toi et moi.



Toute la nuit, je t’entends appeler,

M’appeler tout doux, tout bas ;

Il me semble entendre tes pas,

Partout où je vais.

La route qui nous sépare s’étend

Au travers de tant de miles fatigants,

Quand je pense à ton sourire.

J’oublie que tu n’es pas avec moi.



Il y a un long, long chemin serpentant

Dans le pays de mes rêves,

Où les rossignols chantent

Et tombe un rayon de lune blanc.

Il y a une longue, longue nuit d’attente

Jusqu’à ce que mes rêves se réalisent ;

Jusqu’au jour où on descendra

Ce long, long chemin toi et moi.