lundi 13 novembre 2017

ATTENTION À L’EXTINCTION !

ATTENTION À L’EXTINCTION !

Version française – ATTENTION À L’EXTINCTION ! – Marco Valdo M.I. – 2017
Texte de Salvatore De Siena et Peppe Voltarelli
Musique de Salvatore De Siena, Amerigo Sirianni et Peppe Voltarelli




« Attention à l’Extinction ! », voilà un titre qui parle. Cette fois, Marco Valdo M.I. mon ami, je n’aurai pas trop à me poser de questions à propos du titre de la canzone, ni de peine à imaginer ce que peut raconter la chanson. Disons qu’à mon avis, avec un titre pareil, et sans l’avoir entendue, ni lue, elle devrait parler de la pollution et des dangers qu’elle fait courir à la vie sur Terre.

Eh bien, c’est parfait, Lucien l’âne mon ami, tu as résumé l’affaire. Dès lors, il n’y a pas lieu d’épiloguer longuement. Cependant, deux ou trois choses doivent être remarquées. La première est que la chanson commence déjà à dater – elle est de 2004.

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, 2004, c’était hier.

Peut-être, Lucien l’âne mon ami, mais hier est un concept élastique et en nos temps accélérés, 2004 c’est vraiment lointain. La deuxième remarque est que la chanson suggère de sauver la Terre, ce qui est à la fois, une erreur sur l’objectif à poursuivre et aussi une chose impossible à faire pour les humains. Par contre, les faits qu’elle décrit sont exacts et toujours d’actualité.

Oui, certes, en fait, tu dis tout ça, Marco Valdo M.I. mon ami, mais j’aimerais que tu m’expliques un peu ta position, le sens de tes remarques.

Volontiers, Lucien l’âne mon ami. D’abord, il est vraiment important de comprendre que 2004 est loin de nous et pourquoi. Ainsi, cet éloignement temporel est un fait capital en ces temps où l’accélération de l’anthropocène est exponentielle. Autrement dit – j’ai vu ton regard égaré – en ces temps où les effets des actes des humains pèsent de plus en plus lourd sur la nature terrestre, agissent de plus en plus fortement et de plus en plus vite. Il y a là un processus cumulatif sans commune mesure avec tout ce qui l’a précédé, disons jusqu’au début du 20ième siècle et à partir des années 1980, on est entraîné dans un développement fou et on doit se demander si on pourra jamais l’arrêter. Ses conséquences sont celles abordées dans la chanson, mais en beaucoup plus fort et on ajoutera – par exemple et pour faire bonne mesure – l’explosion démographique humaine, l’extinction ultra-rapide des autres espèces. Bref, la chanson a raison : on est à la veille d’un gigantesque effondrement ; d’ailleurs, il a déjà commencé. Mais il ne concerne pas la planète, elle ne disparaîtra que plus tard et de toute façon, l’homme n’y pourra rien ; le destin des hommes et celui de la vie biologique lui sont complètement indifférents. Elle est dans une autre dimension ; disons, celle des corps célestes. Dès lors, la Terre, son Soleil et les étoiles et la galaxie, et l’univers et, et, etc. s’en foutent de nos petites histoires.

Oh, dit Lucien l’âne, je m’y attendais assez et puis, moi aussi, je m’en tape. De toute façon, à moyen terme, nous sommes tous morts. L’important, c’est de vivre et de laisser vivre. C’est aussi – mais là, on est dans l’optatif, on se donne une vision éthique – d’offrir aux autres humains et aux autres espèces vivantes – à tous présents et à venir, le cadeau hasardeux de la vie, tout comme nous en avons bénéficié, vivants enfants du vivant.

Pour cela, vois-tu, Lucien l’âne mon ami, il faudrait faire quelque chose de tout à fait considérable et nul ne sait si on en aura le temps, la capacité, ni les moyens : il faudrait s’échapper de la planète. L’astrophysicien Stephen Hawking pense qu’il nous reste environ 600 ans avant que la planète soit véritablement invivable. Moi, je ne discuterai pas de la durée, mais le fait est certain que si on veut sauver la vie, le processus vital des vivants – humains en tous cas, il faut s’exiler et très loin. Comment ? Je n’en sais rien, mais c’est la seule issue possible. Préparons donc nos valises.

Pour ce qui est de préparer les valises, les humains ont un certaine expérience, dit Lucien l’âne en riant, mais le fait est qu’il manque le train spécial ou le vaisseau spatial. Pour que cela puisse être, pour que cela soit, Marco Valdo M.I. mon ami, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde délirant, criminel, inconscient et cacochyme.

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. 



Attention ! Attention ! La planète est en extinction !
Attention ! Attention ! La planète est en extinction !

Que se passe-t-il sur le monde des humains ?
Bruits assourdissants, cris de désespoir
Les lumières aveuglantes et l’envie de voir
Si on allume les vitrines, ce sont les étoiles qu’on éteint.
Charbon, pétrole, énergie nucléaire
Des sources alternatives, à peine en parle-t-on.
Autos en triple file, usines, béton,
La pollution, la pollution : « À l’aide, on manque d’air ! »

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut rien entendre.

Les fraises et les poires ont un goût de médicament,
Les fruits ne sont pas des fruits, mais alors quoi vraiment ?
Qui sème des pommes de terre récolte des tomates,
Mais qui plante de la marie-jeanne retrouve des patates ;
Celui qui attend des chatons voit naître des rats ;
Les vaches deviennent folles et personne ne sait pourquoi.

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut rien entendre.

Le climat et les saisons vont à l’envers
Le temps maintenant est confus et il ne sait que faire :
L’été en manteau, la plage en hiver.
Les éboulements et les ouragans sont choses ordinaires.
On prend sa douche avec de l’eau minérale
Et pendant ce temps, on creuse le trou de l’ozone.

Attention ! Attention ! Attention !
La planète est en extinction !
Du ciel arrivent de nouveaux signaux d’alarme
Qui disent : « Il faut sauver la Terre ! »,
Mais l’homme ne veut
rien entendre.

dimanche 5 novembre 2017

LA CHANSON DE LA GUERRE (BERCEUSE)

LA CHANSON DE LA GUERRE
 (BERCEUSE)

Version française – LA CHANSON DE LA GUERRE (BERCEUSE) – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – La canzone della guerra (ninna nanna)Blind Fool Love2011



Comme tu le sais, Lucien l’âne mon ami, on chante le soir aux petits enfants, aux bébés, aux enfants – les adolescents et les enfants adultes regardent la télévision – des chansons particulières qu’on appelle en français « berceuse » et en italien, plus communément, « ninna nanna ». Je dis plus communément, car en italien le mot « berceuse » s’utilise aussi mais dans un usage plus strict, de « composition musicale ». Comme on l’a déjà vu précédemment, en Italie, ce genre de chanson – la « ninna nanna » – a été détourné de son objectif initial pour en faire un genre adapté à la protestation ou à la dénonciation politique ou sociale.

Certainement que je sais tout cela, Marco Valdo M.I. mon ami, et je me souviens fort bien de notre récent dialogue à ce sujet lors de notre présentation de la chanson « Ninna nanna ai Settecento », qu’on avait finalement traduite sous le titre de « Complainte des 700 ».

Eh bien, dit Marco Aldo M.I., voici encore une ninna nanna, qu’une fois de plus, j’aurais du mal à définir comme une berceuse, si ce n’est par antiphrase. Car elle est bien dure, terrible même, cette « Chanson de la Guerre », mais, ninna nanna, elle est. Cependant, Lucien l’âne mon ami, il faut remarquer que de façon générale, une chanson qui procède de la même manière – sans toutefois être une ninna nanna, une berceuse ou rien du genre –, une chanson qui en quelque sorte détourne une chanson antérieure, s’appelle une parodie. Pour le reste, la chanson parle d’elle-même.

Une parodie, fort bien ! Dérive et détournement sont les deux mamelles du situationnisme. Ainsi, comme les nanas, comme les niñas, font font font les ninna nannas, trois petits tours et puis s’en vont comme les guerres faire une ronde autour du monde en semant de-ci, de là de jolis chapelets de bombes immondes, conclut Lucien l’âne. Face à l’interminable guerre, face à cette guerre qui toujours saute d’un bout de la terre à l’autre, il nous faut Marco Valdo M.I., reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde belliqueux, criminel, absurde et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Du ciel tombent des bombes.
Cache-toi en vitesse parce que,
Si c’est la fin du monde,
Je vomis de rage sur toi !
BOUM !
Je t’arrache des sourires forcés,
Au côté d’un mort avec toi !
Tu confonds les enfants et les soldats,
Je vomis rage sur toi !

Tu devras souffrir, pourquoi ?
Tu devras souffrir, pourquoi ?
Même le sang et la douleur
Sont doux, mon cœur !
BOUM !

Tu devras souffrir,
Pourquoi ?
Tu devras mourir,
Pourquoi ?
Dis-moi pour quoi… parce que !
Parce que !

Lève la tête dans le ciel noir
Une bombe arrive pour toi !
Lumière tamisée du soir !
Le moment est venu pour toi !

Tu devras souffrir,
Pourquoi ?
Tu devras mourir,
Pourquoi ?
Dis-moi pour quoi… parce que !
Parce que !

Ninnananna ninna oh !
Cet enfant à qui
Je le donne ?
Ninnananna ninna oh !
Je le donnerai à l’homme noir qui
Le gardera une année entière…
BOUM !
Une année
Entière ! Une année !

Le soleil revient
Et tu devras mourir
Le soleil revient
Et tu devras mourir,
Mourir !

Dis-moi
Pourquoi !


samedi 4 novembre 2017

LE LAVEUR DE PAREBRISES

LE LAVEUR DE PAREBRISES

Version française – LE LAVEUR DE PAREBRISES – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Il lavavetriNuvole Pesanti – 2004
Texte de De Siena
Musi
que de De Siena-Sirianni-Voltarelli



Comme la chanson s’intitule « Le laveur de parebrises », il m’est venu à l’esprit l’idée qu’il fallait préciser en commençant que le laveur de parebrises, qu’il vaudrait mieux appeler le barbouilleur de parebrises, est de ces personnages de nos sociétés urbaines ; c’est une figure récente de l’imaginaire collectif.

Forcément, dit Lucien l’âne en riant, il n’y a pas si longtemps qu’il existe des parebrises automobiles.

Certes, reprend Marco Valdo M.I. ; donc, le laveur de parebrises surgit d’un coup devant les autos à l’arrêt au carrefour pendant la durée calibrée des feux de signalisation. Il se déroule alors une scène que raconte la chanson. D’un côté (du parebrise), l’automobiliste coincé à son volant dans son cocon d’acier et de verre, l’œil rivé sur le sémaphore et les pieds en suspension dans le vide au-dessus des pédales. Il est extrêmement concentré tant il ne pense qu’à ça. De l’autre côté du parebrise, juste en face de lui, le laveur de parebrises avec un torchon humide, une éponge, parfois une raclette, qui s’efforce de laver le parebrise et par cela-même, de forcer l’automobiliste à un petit geste de rétribution.L’ensemble est plutôt symbolique et rituel, car comme je l’ai déjà signalé, pour ce qui est de laver le parebrise, l’opération est généralement assez inefficace. Il y a là un moment de tension, dans la mesure où l’automobiliste n’a pas vraiment envie que l’on « nettoie » son parebrise.

En effet, dit Lucien l’âne, j’ai déjà assisté à de pareils affrontements, qui peuvent devenir très dramatiques, au moment où le feu passe au vert ; à ce moment, l’auto s’élance sans trop se préoccuper du laveur de parebrises. C’est un ballet mortel, un peu comme la tauromachie. Dan l’idéal, on peut imaginer que de tels moments pourraient être moins tendus si les automobilistes reprenaient leurs esprits.

Oui, Lucien l’âne mon ami, même furtif, ce serait un moment sympathique entre deux êtres humains et tout pourrait se présenter comme un instant de détente pour l’automobiliste et une rencontre conviviale avec le laveur. Un peu comme l’échange du matin avec le marchand de journaux, le garçon de café, la boulangère, le facteur, le chauffeur de bus, que sais-je encore. Mais là aussi, de nos jours, les choses finissent par se gâter. On parle d’heure, de ponctualité, de presse, de stress, de burn-out. Toutefois, outre qu’il entrave la marche de l’automobile, le laveur de parebrises est marqué d’un signe pire encore que tous les autres, il est auréolé de soupçon. Vois-tu, Lucien l’âne, les gens pensent : c’est un étranger, un immigré, un migrant, un clandestin peut-être, un sans-papiers, un sans domicile, à tout le moins, une sorte de mendiant. D’ailleurs, il ne travaille pas ; en tout cas, il n’exerce pas une profession respectable. Dès lors, on le méprise, on se méfie et que fait la police ? Dans la tête des automobilistes aux autos rutilantes, aux machines dont le prix nourrirait le laveur de parebrises pendant des années, ce n’est jamais qu’un de ces faquins des temps anciens. Pour un peu, ils l’assimileraient aux moustiques qui collent sur le parebrise de leur véhicule.

Oh, dit Lucien l’âne, je l’entends encore ce mot faquin qui avait tout l’air d’une apostrophe infamante, d’une insulte.

Cependant, continue Marco Valdo M.I., la chanson se place à un autre niveau. Elle raconte cette aventure urbaine du point de vue de l’acteur ; elle nous dévoile ce qui se passe pour le laveur, dans la tête du laveur. Si le but pour ce dernier est de décrocher un peu d’argent (Faut bien qu’il vive ! Olé !), cet objectif précis et immédiat de son action ne l’empêche pas de se garder à l’écart de ce jeu social, une zone de vie personnelle :

« Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur ! »

C’est ce qui le sauve, comme ce recul hors du monde afin de se retrouver soi-même et de résister ainsi à la pression quotidienne sauve le prisonnier.

Tout comme nous le faisons nous aussi, les ânes quand on nous réduit aux travaux forcés, dit Lucien l’âne. Maintenant, voyons cette histoire singulière et puis, reprenons notre tâche volontaire et tissons le linceul de ce vieux monde inégal, inéquitable, injuste, méprisant, méprisable et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane



Avec dans la main l’éponge
Et la mousse dans l’éponge,
Il a dans les yeux le parebrise
De cette auto qui arrive
Et ensuite s’en ira.
Appuyé
au poteau,
Il met
ses rêves dans son seau.
Comme un chat, il s’approche
Du moteur et il se réchauffe
Et ensuite
s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Les vitres de cette voiture officielle
Qui maintenant est à l’arrêt au rouge
Et dans un instant sera déjà lointaine.

Il lave les vitres et il est content ;
Il n’a cure pour le moment
De ce travail idiot,
De ce
lui qui fait « no »
Et ensuite va partir.
Il voyage dans sa tête,
Il se réfugie dans son enfance
Quand alors encore son avenir
Était le bonheur.
Le bonheur !

Et s’ouvre s’ouvre la fenêtre
Et lentement la main,
petite
Fait tomber une pièce, petite
Premier euro du laveur de parebrises 

Mais une violente et soudaine
Averse de saison est là,
Lave les yeux du laveur de parebrises,
Lui chuchote des choses étranges,
Et ensuite
s’en va.

Et il lave lave et lave lave
Le cœur de cet homme en bleu
Accroché maintenant à ses privilèges
Et dans un instant ou deux,
Déjà sera tombé.
Olé !


vendredi 3 novembre 2017

L’indépendance catalane vue d’une réserve indienne de Wallonie

L’indépendance catalane 

vue d’une réserve indienne de Wallonie




LE SAC D’ANVERS PAR LES ESPAGNOLS
1576




Dans cette affaire de l’indépendantisme catalan vue de la réserve indienne de Wallonie, l’analyse qu’on peut en faire en l’état (de siège) actuel est la suivante :

Posons certains jalons historiques :
Les Catalans ont été conquis et colonisés par la Castille (qui comme dit justement Boby Lapointe, n’est pas l’Aragon), comme d’autres régions et peuples en Ibérie et de par le monde.
Comme d’autres régions et peuples, les Catalans entendent bien se libérer de l’occupant et en ça, ils ont raison.
On se souvient encore ici du passage des Espagnols dans nos régions : massacres, guerres, bûchers, répressions et ruines. Certes, il a fallu du temps pour s’en débarrasser, c’était au XVIIième siècle, mais on ne l’a pas oublié.
Ce fut également le cas de très nombreux peuples et régions dans le monde, où les victimes se comptèrent par millions.
Actuellement se pose la question des possessions « espagnoles » sur le territoire de l’Ibérie. Leur destin est sans doute similaire ; elles vont de plus en plus s’autonomiser jusqu’à l’indépendance et l’égalité entre toutes régions.
Récemment, le gouvernement espagnol (c’était déjà le sinistre barbeau actuel) a réduit les avancées autonomes de la Catalogne. C’était une erreur ; il persiste, c’est une faute.
Pour les derniers événements, contrairement à certaines analyses, pour les indépendantistes catalans – qui jouent leur indépendance bien au-delà de l’actualité, qu’ils en soient conscients ou non – c’est déjà une réussite.
Les Catalans ont réussi à sortir la question catalane du réduit espagnol et à ouvrir des voies d’avenir, même et surtout, si on les met en prison. La répression est le meilleur renfort que peut avoir le goût de l’indépendance dans le cœur et la détermination des gens de Catalogne.
La volonté d’indépendance des Catalans (et non des Espagnols qui vivent en Catalogne, dont la situation est assimilable à celle des colons) est à présent connue du monde entier et il est évident que la répression madrilène, nationaliste et franquiste, a montré son vrai visage.
Pour les Catalans, le reste n’est plus qu’une question de temps.

Cela dit, rien ne nécessite un État national pour que vivent en coopération, solidarité et amitié le mineur asturien, le paysan andalou, l’ouvrier basque, l’intellectuel catalan, l’employé madrilène, etc. Ça s’était déjà produit, c’était la République espagnole.
Dans les faits, les régions s’en tirent généralement mieux lorsqu’elles peuvent contrôler leur développement en Espagne comme ailleurs.
Quant à cet argument de la « crise économique et sociale », il a toujours été un moyen pour mépriser et faire mépriser les revendications autonomistes, avec sous-bassement libertaire, des populations. Les camarillas, les castes en place n’aiment pas perdre leurs privilèges.
S’il y a crise (quelle crise ? Selon les sirènes des puissants, on vit dans une crise éternelle et on connaît l’origine de cet état endémique de nos sociétés, qui est juste le résultat de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour assurer leur domination, protéger leurs privilèges, accroître leurs richesses) économique et sociale en Espagne, on ne saurait l’imputer aux dirigeants récents de la Catalogne. L’effondrement espagnol est dû au retard catastrophique de la Grande Espagne (traduisez : l’Espagne aux mains des Grands d’Espagne et de leurs affidés – ceux qui ont capté le pouvoir central à Madrid et veulent à tout prix le maintenir et le conserver), qui a vécu en vieille douairière et continue à le faire en consumant les rentes qu’elle tire des possessions – celles qui lui restent encore.

Maintenant, comme on habite tous le territoire du continent européen, la meilleure voie pour nous tous est la fin des États cacochymes qui craquent de partout et la mise en place d’une véritable Europe plus décentralisée, plus régionalisée et plus fédérale.
Là aussi, ce n’est plus qu’une question de temps.


Pour ce qui est de la réserve indienne de Wallonie, nous on ferait bien comme les Catalans.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


jeudi 2 novembre 2017

COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS

COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS

Version française – COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Ninna Nanna ai SettecentoCompagnia Daltrocanto – 2017




La guerre, l’avidité d’argent et de pouvoir, la prévarication de l’homme sur l’homme. Ce sont des réalités terribles qui aujourd’hui forcent beaucoup à abandonner leur terre à la recherche d’un futur meilleur, disposés à risquer leur vie « Parmi les vagues et les peurs, les rêves et les courants ». Et alors, face à la désespérance, face à la négation de l’espoir, le risque de se trouver toujours « Qui dorment sous la mer et dans ses châteaux » devient tout à coup un poids supportable.
Voici la triste réalité quotidienne que nous avons essayé de raconter dans notre dernier travail, en y mettant tout notre cœur et notre amour pour la vie. Afin que dans les châteaux de la mer, ne doive jamais plus dormir personne…


Dialogue maïeutique


Voici donc, Lucien l’âne mon ami, une « ninna nanna », encore une « ninna nanna », mot, concept désignant une sorte de chanson et que mon dictionnaire traduit généralement par le mot français « berceuse » et j’avais d’ailleurs intitulé ma version « Berceuse pour les Sept Cents ». Cependant, après avoir établi la version française définitive de cette canzone, j’ai modifié le titre pour mieux rendre le sens du texte en « Complainte pour les Sept Cents ».

Je vois ça, dit Lucien l’âne, mais j’aimerais que tu m’expliques le pourquoi de ce revirement.

Je m’en vais accéder à ta demande, répond en souriant Marco Valdo M.I., à l’instant. Mais avant ça, je voudrais faire une parenthèse à propos de la « ninna nanna » comme genre particulier de la canzone ; car si à l’origine, la « ninna nanna » est une berceuse destinée aux enfants que l’on met à dormir et donc, en clair, une chanson pour enfants, tout comme pour la bande dessinée, elle a été utilisée comme genre musical particulier et spécifiquement, par dérision ou par antonymie, dans le domaine de la chanson adulte comme pamphlet, épigramme ou satire politique ou sociale.

Si je me souviens bien, Marco Valdo M.I., tu avais toi-même utilisé une berceuse célèbre pour ta chanson « La troisième Guerre », reprenant une comptine utilisée par Mozart pour une série de variations, connue sous le titre « Ah, vous dirais-je, maman ! » et également en langue française : « Quand trois poules vont aux champs ».

Évidemment, Lucien l’âne mon ami, les ânes ont une très bonne mémoire et meilleure que la mienne, car je ne me souvenais plus du titre de cette comptine mozartienne revisitée. Maintenant, pour en revenir au pourquoi, je te dirai d’abord qu’il faut se souvenir que je ne découvre véritablement le sens des chansons qu’au moment où j’en ai fini la traduction, que lorsque je peux en lire la version en français. Comme je l’ai déjà souvent signalé, si je traduis, c’est d’abord pur comprendre. Ceci dit, ce que j’en comprends est forcément personnel et peut être assez différente de ce qu’un autre pourrait en dire.

Oh, dit Lucien l’âne en hochant le front, il n’y a rien là de gênant. Au contraire, c’est un des effets de la polysémie et voir les choses sous divers angles st plutôt une bonne chose. Mais dis-moi, la chanson que raconte-t-elle ? Pour comprendre vraiment le sens, Lucien l’âne mon ami, il faut tenir compte du titre « Complainte pour les 700 », car cette ninna nanna de berceuse a glissé vers la lamentation et de ce quatrain qui revient et revient par un tempo obsessionnel pour marquer le vrai sens :

« Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que demain, la lumière du matin
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire. »

Vois-tu, mon ami l’âne Lucien, tout tourne autour de ce naivre, qui n’est autre qu’un de ces navires, bateaux, rafiots, radeaux qui transportent des réfugiés vers l’Europe,
une sorte de « Radeau de Lampéduse ».

Ça se pourrait, dit Lucien l’âne. En attendant, nous autres, nous allons reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde triste, malade, mercantile, mortifère et cacochyme.

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Il y a sept cieux par-dessus notre terre,
Bernée et blessée par cette guerre,
Sept étoiles de la Petite Ourse,
Sept notes de ma tristesse.

Et sept mers caressées par les vents.
Parmi les vagues et les peurs, les rêves et les courants,
Sept cents sont mes fils les plus beaux
Qui dorment sous la mer et dans ses châteaux


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que demain, la lumière du matin
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Sept diamants dans mes yeux de femme,
Sept crevasses dans cette colonne,
Sept épines qui frappent mon ange
Et font saigner mon cœur de mère.

Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


dimanche 29 octobre 2017

LES ÉTOILES S’EN FOUTENT

LES ÉTOILES S’EN FOUTENT
Version françaiseLES ÉTOILES S’EN FOUTENT – Marco Valdo M.I.2017
Chanson suédoise – Stjärnorna kvittar det lika - Tor Bergner – s.d.





Tor Bergner (1913 – 1990) était un poète, chanteur et acteur suédois.



Dialogue maïeutique

Ah, dit Lucien l’âne, voilà un titre qu’on comprend sans difficulté, tellement il est plein de vérité. Cependant, il est tellement vrai qu’il demande quand même certaines précisions ; car il peut s’appliquer à peu près à tout.

Certes, « les étoiles s’en foutent », c’est le point de vue de Sirius, comme on dit chez nous, répond Marco Valdo M.I. et les étoiles se foutent complètement de ce qui concerne la vie de l’un d’entre nous et même, de nous tous, ancêtres et descendants compris. Elles se foutent aussi complètement de nos guerres, de nos crises, de nos catastrophes tout autant que de nos réussites, de nos paix et de nos bonheurs. Quant à nos amours, même s’il y a des étoiles dans les yeux des amoureux, les vraies, les grandes, les lointaines s’en tapent comme de leur première étincelle, laquelle a dû se produire généralement, il y a quelques milliards d’années, au moins. Et si elles nous voient, ce qui est de la plus extrême improbabilité, ce serait après plus de deux fois cette durée ; quand je dis nous, je veux parler au minimum du système solaire tout entier ou plus sûrement, de la galaxie. Et nous, poussières d’étoiles, que dis-je, événements minusculissimes et instantanissimes, nous donc, ce nous individu ou collection d’individus humains, on n’atteint même pas la taille et la durée d’une particule élémentaire, telle que peut en imaginer le chimiste ou le physicien. On est tout bêtement des riens imperceptibles, même pas du néant – car lui, on peut le percevoir à l’échelle des étoiles et même, ce sont elles qui baignent dedans.

Mais où tu vas, Marco Valdo M.I. mon ami. Où tu m’entraînes, dis ? C’est la chanson qui raconte tout ça ?

Pas vraiment, Lucien l’âne mon ami, mais si on extrapole, sans doute que oui. Il aurait fallu interroger son auteur, mais il est parti pour les étoiles depuis un certain temps et je ne suis pas sûr de pouvoir le rattraper. Enfin, c’est très conforme au titre et à la fin de la chanson :

« Mais les étoiles s’en foutent,
Qu’on vive ou qu’on meure. »

M’est avis, Marco Valdo M.I. mon ami, que ce Suédois pensait en athée, car s’il eût été croyant, il aurait dit tout simplement : Dieu, les dieux… s’en foutent qu’on vive ou qu’on meure. Et même cette façon de dire l’aurait rangé dans les descendants d’Épicure. Cela dit, il nous faut retourner à notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde minusculissime, brévissime, tristissime, absurdissime et cacochymissime.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



On sait et on entend
Depuis la nuit des temps
Qu’une étoile tombera,
Chaque
fois qu’un homme mourra.

Entre les cris des hiboux,
Le vent glacial crie fort ;
J’entends des loups
Hurler à la mort.

Les veuves, pour de la soupe,
Pour du pain, les enfantspleurent
Mais les étoiles s’en foutent,
Qu’on vive ou qu’on meure.