dimanche 3 juillet 2016

GAGIÒ ROMANÒ

GAGIÒ ROMANÒ


Version française – GAGIÒ ROMANÒ – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – Gagiò romanòAlessandro Sipolo – 2015









C’est l’histoire d’un insoumis de Brescia, qui, dans les années 1970, se joint à un groupe de forains roms pour échapper au service militaire. Après la fuite, la contumace, la prison, les interpellations parlementaires à son propos, les tragédies personnelles, il revient à son existence de banlieue en refusant, avec sa cohérence habituelle, toute représentation « héroïque » de ses choix.


Dialogue maïeutique


Quand même, dit Marco Valdo M.I., on ne pouvait pas laisser cette canzone sans quelques mots d’explication. Pour mille raisons et la première étant que le personnage dont parle cette chanson, dont le narrateur raconte l’histoire, est d’abord et surtout, un insoumis.

C’est en effet un homme de raison. Un insoumis est un personnage que l’on se doit de saluer, dit Lucien l’âne, grattant le sol de son petit sabot noir pour renforcer sa conviction.

Certes, Lucien l’âne mon ami, le fait de refuser de faire un service militaire, avec tout ce que cette attitude comporte d’ennuis immédiats et ultérieurs, est en soi une preuve de volonté et de courage. Mais l’insoumission ne s’arrête pas là. C’est logique, si l’on veut bien considérer qu’un homme est un tout ; qu’il a – quand il a du caractère et une cohérence avec lui-même – la force d’être soi et d’affronter le monde. En lui résonne la voix de la liberté.
Son insoumission le pousse inéluctablement à la fuite et à une sorte de clandestinité. Comme le résistant, comme le partisan, comme le rebelle, il doit en quelque sorte disparaître, se fondre dans le paysage ou se glisser dans l’anonymat et il le fait en prenant la route avec un groupe de forains roms. C’est ce passage parmi les Roms qui lui vaut le nom de gagiò romanò, ce qui peut se traduire par « le Romain ». C’est comme dans nos régions où dans les quartiers, les usines, les groupes, que sais-je, on appelle celui-ci « l’Italien » ; l’autre, « l’Espagnol », « le Portugais », « le Grec », « le Suisse », « le Roumain », « l’ Allemand », « le Polonais », etc. Dans certains quartiers, il y a plusieurs dizaines de nationalités… Alors, la liste des surnoms est assez longue. Ou alors, du nom de sa région d’origine : « l’Ardennais », « le Flamand  », le « Sicilien »,  « le Breton »… ou de sa ville : « le Liégeois », « le bruxellois », « le Parisien », « le Napolitain » et ici, « le Romain ».
Quant à l’expression complète « gagiò romanò », il faudrait dire à peu près : le « gars de Rome », mais en faisant entendre qu’il ne fait pas partie du groupe ou de la famille des Roms.

Oh, dit Lucien l’âne, c’est comme ça dans bien des endroits où je suis passé. C’est assez pratique ; tout le monde comprend de qui il s’agit.

C’est pratique, en effet, mais seulement s’il n’y en a qu’un. Au-delà, il faut utiliser un nom plus spécifique. Remarque cependant que c’est la même chose avec les noms et les prénoms et d’autre part, plus le groupe grandit, plus la complexité du problème augmente. Enfin, tu vois ce que je veux dire.

Bien sûr. Mais laissons ça et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde pétri de componction, assoiffé de respectabilité, conformiste, sérieux et cacochyme.

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Je me souviens bien de son visage qui connut la prison
Ses cheveux noirs et rustiques, son nom et même son prénom
Et je me rappelle de cette faim qui le cueillit dans la rue
Au beau milieu de ses vingt ans : pain, amour. Et utopie.

Et je me souviens de ses mots distillés, rares et fiers
Sur la table d’un bar suspendu au milieu des tourbières
Avec cette timidité trouble qu’ont les loups,
Sa spontanéité rebelle, forte comme le chiendent
Et ses souvenirs tournaient comme les pales au vent
Comme virevoltent les rêves de celui qui ne peut pas vivre à genoux
Et quand l’armée l’appela pour le vouer à la violence
Une main rom l’emporte, le courage n’est pas obéissance !

Cherche-moi
Sur la route qui rutile
Bien loin de là
Des traces à faire perdre
Et la bouche qui remâche
La beauté d’un « non »…
Gagiò romanò !, ton nom.

Tourne tourne le manège avec les gamins bien droits
Si on les regarde bien en face, dans leurs yeux, on peut lire
Tourne tourne la fortune
Qui caresse tes envies
Celle qui refuse, celle qui s’offre
Celle qui donne, celle qui enlève.
Gaeta est un étrange songe pour qui parle de droits
C’est une cage au visage fermé, c’est une porte de bois,
C’est une course où on résiste parmi les gifles de la douleur
C’est un dos toujours droit, sans gloire, sans honneur.

Cherche-moi
Sur la route qui rutile
Bien loin de là
Des traces à faire perdre
Et la bouche qui remâche
La beauté d’un « non »…
Gagiò romanò !, ton nom.

mardi 28 juin 2016

KAMIKAZE

KAMIKAZE


Version française – KAMIKAZE – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – KamikazeAlessandro Sipolo – 2013






Voyage intérieur vers une mort violente et destructrice. Écrite en 2003, inspirée des guerres d’Afghanistan et d’Irak, la chanson parle d’un choix en même temps désespéré et « logique », fille de l’impuissance face à la douleur de ses gens. Le morceau conteste la rhétorique « occidentale » qui décrit le kamikaze comme un être inhumain et irrationnel en présentant sa décision comme un geste volontaire de protestation contre une guerre inégale, subie sans possibilité de réplique.


Dialogue maïeutique



Mon ami Lucien l’âne, nous vivons tous au Danemark, dans l’empire ou dans le royaume, je ne sais ; sans doute dans les deux.


Au Danemark, Marco Valdo M.I. mon ami ? Que vient faire le Danemark dans cette histoire de kamikaze ? À première vue, je ne le comprends pas, sauf si tu fais allusion au prince Hamlet et à la célèbre réplique, tirée de la pièce qui lui fut consacrée, qui disait exactement – du moins dans sa version française de François-Victor Hugo : « Il y a quelque chose de pourri au royaume de Danemark ». Ou alors, peut-être, est-ce à cause de ces histoires de caricatures qui avaient titillé la barbe du prophète ?


Lucien l’âne mon ami, c’est toujours un plaisir de converser avec toi, car tu as l’esprit vif et tu en uses avec intelligence. En premier lieu, si tu le veux bien, laissons de côté ces caricatures et la barbe du prophète qui ne sont que des péripéties, tout comme le kamikaze lui-même. Car, en tant que tel, le kamikaze revêt une importance qui tend nettement vers zéro. L e kamikaze est un accident de parcours et comme tel, sans incidence sur l’ensemble du cheminement de la vie.

Autrement dit, son importance réelle est nulle, même si sa nuisance est grande et même si ponctuellement, son acte apparaît catastrophique. Cependant, la destruction et l’autodestruction ne sont en rien une manière de modifier le cours du réel. De toute façon, comme la rivière sur le noyé ou sur le silex, la vie passe dessus et l’oublie.


Cependant, c’est bien d’Hamlet qu’il s’agit et de cette réplique, que je ferai mienne pour la circonstance. Car, en effet, il y a quelque chose de pourri dans le monde dès lors que des gens en viennent à jouer au kamikaze et à assassiner d’autres gens au seul motif qu’il s’agit de complaire à leur désespoir ou à je ne sais quels religion, dieu, prophète, foi, croyance. Face à cela, l’humaine nation n’a qu’une seule voie à suivre, c’est d’user de sa raison – oui, cette bonne vieille raison qui guidait déjà certains philosophes grecs et que depuis deux mille ans, des prédicateurs et des illusionnistes, je veux dire par là des marchands d’illusions et des bonimenteurs, ont mise à l’index, ont avilie par leurs mensonges et leurs délires théologiques. Je te le répète l’homme doit encore construire son humanité.


Construire son humanité ? Que veux-tu dire par là, Marco Valdo M.I. mon ami ?


Je te réponds en quelques mots : il s’agit pour l’homme individuel de se reconnaître comme membre de l’humaine nation, de considérer celle-ci comme encore à construire elle aussi ; de reconnaître qu’il est un être vivant et que l’espèce humaine, comme son nom l’indique, est une espèce « vivante » parmi les autres et sans aucun doute, minoritaire et absolument dépendante de l’ensemble de son biocosme. Il s’agit pour l’être humain de construire jour après jour sa propre humanité. Un peu comme l’artisan, le compagnon réalise son chef-d’œuvre, l’homme se doit de faire de sa vie son propre chef-d’œuvre d’humanité. Encore une fois, dans des temps anciens, aux origines de la pensée, avant l’arrivée des prédicateurs, certains philosophes de la Grèce antique avaient commencé à faire ainsi de leur vie une œuvre en tant que telle. Quand on réfléchit, on découvre qu’il est d’autres façons de combattre le désespoir et les horreurs de la vie que de jouer au kamikaze. Candide avait raison : il importe (et il suffit au bonheur des jours) de cultiver son jardin, sentence qui s’applique aussi bien à l’être humain individuel, à l’humaine nation qu’à l’ensemble du vivant.


Quant aux kamikazes, dit Lucien l’âne en penchant un peu la tête sur le côté, je pense que tu as raison et qu’au vu de leur place insignifiante dans la suite des événements, de leur effet dérisoire sur le réel et sur le cours des jours, on ne peut que leur suggérer d’appliquer notre jolie sentence : « Fanatiques de tous les pays, calmez-vous ! » et reprenons notre tâche, elle-même minuscule et sans effet immédiat, qui est de tisser le linceul de ce vieux monde illusionniste, kamikaze, croyant, crédule, religieux et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Dans les ventres vides, la rancœur
Amplifie songes et courage
Et la répression demeure
Pour venger l’outrage.
Les fleurs sont couchées sur le champ,
La faux les abat dans le sang.
Les chenilles du char écrasent
Un soleil qui se traîne.
Et tu te demandes où est la voix de Dieu ?

Et par terre tombe fauché
L’enfant pauvre
Au petit visage marqué
Par un triste destin et par la misère.
Soudain, il se lève et ses yeux extasiés
S’irisent de mille couleurs.
Son visage se fond dans les prés
Parmi l’espérance et les fleurs.
Et tu me demandes où est la main de Dieu ?

Et il court loin du néant
D’un Dieu sourd-muet et impuissant ;
Loin des yeux du père,
Il court avec son assiette pleine de rien
Et sa lèvre gelée souffre
Et n’esquisse plus de sourires enfantins.
Trop verte est sa prairie,
Morceau de champs élyséens.
Et tu te demandes où est le visage de Dieu ?

Et le visage de Dieu va-t’en le chercher
Parmi les autres gens rassemblés.
Son poing qui est le mien à présent
S’élève féroce et puissant.
Écoute le miracle arrivé
De son cri qu’il m’a donné
À l’instant où retentit l’explosion.

L’entends-tu la voix de Dieu ?








dimanche 26 juin 2016

NUÉES NOIRES

NUÉES NOIRES

Version française – NUÉES NOIRES – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – Nubi nereSine Frontera2016





Il y a des chansons tellement explicites que nul commentaire n’est vraiment nécessaire.
C’est le cas de ces Nuées noires, que tout le monde peut voir.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Il y a un vent de peur, un vent
Qui monte doucement
De l'Afrique à l’Orient
Jusqu’au vieux continent.
Sur les routes des marchands,
Financiers et trafiquants
Arment les mains de fanatiques brigands
De Kobane à Tripoli,
De l’Égypte à la Turquie,
Les croisades américaines,
Le djihad, la charia et les prophètes.

Noires, des nuées noires dans la nuit tonnent ;
Noires, des nuées noires à l’horizon avancent.

Le feu de la guerre brûle,
Les populations fuient des villes,
Le ciel hurle et se couvre.
Une pluie noire tombe
Sur les routes et les villes.
Conflit de civilisation immonde,
L’innocent payera
Au nom de Dieu ! Inch Allah !

Des temps passés
Des Arabes aux croisés
Viennent les héritages culturels,
Par-dessus les instincts naturels.
Au-delà de la mer et du ciel,
Au-delà de la terre et du soleil,
Le monde brûle encore
Et les Dieux regardent.


Noires, des nuées noires dans la nuit tonnent ;
Noires, des nuées noires à l’horizon avancent.

mercredi 22 juin 2016

QU’IL EN SOIT AINSI !


QU’IL EN SOIT AINSI !

Version française – QU’IL EN SOIT AINSI ! – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – Così siaNomadi2016

(texte de Cattini C./Vecchi M./Carletti G.- musica di Carletti G./Vecchi M./Cattini C.)





Le texte « Qu’il en soit ainsi ! » lance un message d’espoir et de confiance dans un futur meilleur pour le monde dans lequel nous vivons, possible à condition que des hommes et des femmes soient capables d’ouvrir leurs cœurs et de vaincre le mécanisme du dieu argent, de l’économie qui dicte sa loi et des prévarications.



Dis-moi que je pourrai… parler
Au-delà de l’horizon de celui qui ne sait pas écouter !
Dis-moi que demain sera …
Bleu comme l’eau qu’avec les mains on boira !
Après toutes les batailles,
Je n’arrive pas à l’imaginer encore, encore ;
Après toutes les magouilles,
Maintenant, je n’arrive pas à le voir,
Mais je veux y croire.

Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire
Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies
Le Dieu-Pouvoir et ses faciles économies.

Dis-moi qu
e ce sera comme un ciel d’avril

Et qu’aucun enfant ne devra souffrir encore !
Dis-moi que je pourrai…
aimer
Sur n’importe quel autel, un homme ou une femme !
Après toutes ces larmes,

Je n’arrive pas à l’imaginer encore, encore ;
Après toutes les batailles,
On ne voit pas l’horizon encore
Mais je veux y croire.


Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies,

Le Dieu-Argent et ses malsaines démocraties.

Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies,

Le Dieu-Argent et ses malsaines démocraties.
Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !


dimanche 19 juin 2016

LA MUSIQUE DU VENT


LA MUSIQUE DU VENT

Version française – LA MUSIQUE DU VENT – Marco Valdo M.I. a – 2016
Chanson italienne – La musica del vento – Sine Frontera2016













Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson de l’année et en soi, c’est intéressant pour qui s’intéresse à cette voix d’ailleurs, d’en dehors qu’est la chanson pour autant que la chanson s’y prête, qu’elle ne se prenne pas pour une sirène commerciale. Donc, un chanson de l’année, une chanson millésimée, comme l’indique la date de publication du disque qui la reproduit, lequel porte le très beau titre de « Restiamo umani » – « Restons humains ».

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, je t’arrête tout de suite à propos de ce « Restons humains », j’ai de forts soupçons qu’en tant qu’espèce animale, l’humanité elle-même, du moins dans les temps présents, n’a pas pris conscience de sa place relative dans le monde et de son immense prétention : elle voit les choses et le monde à l’envers, et ce titre me paraît lui aussi un rien décalé. À mon sens, il vaudrait mieux dire « Devenons humains », « Soyons humains ! », sur le mode de l’optatif, marqué au sceau d’un futur.

Sur ce point, Lucien l’âne mon ami, je ne peux que te donner raison. L’humanité, considérée comme l’art d’être un humain, est encore à faire, même s’il en existe déjà de belles esquisses, mais c’est loin d’être généralisé. Et d’évidence, ne pourraient rester humains que ceux qui le seraient déjà et c’est bien là le problème. Mais, si tu le veux bien, j’en reviens à la chanson dont il est intéressant de noter la contemporanéité. La chanson évolue, ses sujets de préoccupations aussi ; elle porte la marque du temps. Celle-ci est nettement une chanson de paix, chansons qui sont les plus sûres chansons contre la guerre.

Oui, oui, Marco Valdo M.I., que l’on fasse des chansons de paix, de celles qui chantent au cœur et à l’esprit, des chansons qui chantent, qui rêvent et qui pensent.

Avec celle-ci, cette chanson du vent, on y est. Elle chante en effet au cœur et à l’esprit ; elle rêve aussi ; elle pense. Dans sa forme, elle sonne comme une litanie, un motet répétitif, elle s’apparente au lai, au madrigal, au rondeau, à l’antienne. C’est une chanson à l’ancienne. Elle se doit d’être hors mode pour être indémodable, car elle dit des choses intemporelles.
Et au fur et à mesure que je la traduisais, résonnait en mon for intérieur une poésie française, une chanson française, née au cœur de la guerre, sous le manteau gris de l’occupation en 1942 et grandie au jour après la libération. Elle a, elle aussi, cette même forme incantatoire, cette répétition obsédante du thème et sans doute, l’auras-tu reconnue, il s’agit de Liberté de Paul Éluard [[5726]]. Une chanson de résistance elle aussi, une sœur de ce « Lo avrai », où nous avons puisé notre antienne : « Ora e sempre : resistenza ! »

Certes que je la connais, Marco Valdo M.I. mon ami, et tous les enfants de langue française qui ont été à bonne école la connaissent cette « Liberté ». Elle commence d’ailleurs ainsi :
« Sur mes cahiers d’écolier…
J’écris ton nom.
Et elle se termine comme ça :
« Je suis né
pour te connaître
Pour te nommer
Liberté ».
Concluons et reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde malade du commerce, avide, cupide, sottement concurrentiel et cacochyme

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I.




Je chante pour cette terre fatiguée,
Pour
celui qui lève le drapeau blanc,
Pour la paix
retrouvée,
Pour les
visages souriants,

Je joue la musique du vent.

Pour les fleuves et les marées,
Pour le droit aux idées,
Pour les glaces et les poissons,
Pour les tribus en extinction,

Je joue la musique du vent.

Chanter pour un monde meilleur,
Respirer l’air à la lumière,
Et sentir sur la peau la chaleur,
D’un jour qui s’éclaire,
D’un jour meilleur.

Je chante pour cette longue nuit,
Pour le courage de celui qui n’a pas menti,
Pour le temps et les distances,
Pour les rêves et les espérances,

Je joue la musique du vent.

Je chante pour ces blanches cimes,
Pour nos jambes fatiguées,
Pour la vie et les saisons,
Pour les demain et bonnes occasions,

Je joue la musique du vent.

Chanter pour un monde meilleur,
Respirer l’air à la lumière,
Et sentir sur la peau la chaleur,
D’un jour qui s’éclaire,
D’un jour meilleur.

mercredi 15 juin 2016

GUERRE

GUERRE

Version française – GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson de langue allemande – KriegJosef Luitpold1926




EN AVANT VERS LA FOSSE COMMUNE




Texte de Josef Luitpold (1886-1966), poète et pacifiste autrichien, lié au mouvement ouvrier. Exilé aux USA en 1934.
Musique de Béla Reinitz (1878-1943), compositeur hongrois.Interprétée par Ernst Busch in « Es kommt der Tag ».



Vers minuit
À la clarté des étoiles
Comme je rentrais chez moi
Tard le soir -
Je fus effrayé par un cri
Que je n’oublierai jamais -
Je t’entendais là
Une plainte sourde
Père, père -
Une voix d’enfant appelle
Du profond du rêve et du sommeil
Et s’atténue et s’atténue
Et s’atténue -
Et dans le pays lointain
À la même heure
Gisent – des milliers de
Pères – raides
Sous le sable.