mercredi 22 juin 2016

QU’IL EN SOIT AINSI !


QU’IL EN SOIT AINSI !

Version française – QU’IL EN SOIT AINSI ! – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson italienne – Così siaNomadi2016

(texte de Cattini C./Vecchi M./Carletti G.- musica di Carletti G./Vecchi M./Cattini C.)





Le texte « Qu’il en soit ainsi ! » lance un message d’espoir et de confiance dans un futur meilleur pour le monde dans lequel nous vivons, possible à condition que des hommes et des femmes soient capables d’ouvrir leurs cœurs et de vaincre le mécanisme du dieu argent, de l’économie qui dicte sa loi et des prévarications.



Dis-moi que je pourrai… parler
Au-delà de l’horizon de celui qui ne sait pas écouter !
Dis-moi que demain sera …
Bleu comme l’eau qu’avec les mains on boira !
Après toutes les batailles,
Je n’arrive pas à l’imaginer encore, encore ;
Après toutes les magouilles,
Maintenant, je n’arrive pas à le voir,
Mais je veux y croire.

Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire
Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies
Le Dieu-Pouvoir et ses faciles économies.

Dis-moi qu
e ce sera comme un ciel d’avril

Et qu’aucun enfant ne devra souffrir encore !
Dis-moi que je pourrai…
aimer
Sur n’importe quel autel, un homme ou une femme !
Après toutes ces larmes,

Je n’arrive pas à l’imaginer encore, encore ;
Après toutes les batailles,
On ne voit pas l’horizon encore
Mais je veux y croire.


Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies,

Le Dieu-Argent et ses malsaines démocraties.

Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !
Combats les fruits des suprématies,

Le Dieu-Argent et ses malsaines démocraties.
Ouvre ton cœur et puis, remplis-le de joie
Et qu’il en soit ainsi !
Ouvre ton cœur et puis, écris ton histoire

Et qu’il en soit ainsi !


dimanche 19 juin 2016

LA MUSIQUE DU VENT


LA MUSIQUE DU VENT

Version française – LA MUSIQUE DU VENT – Marco Valdo M.I. a – 2016
Chanson italienne – La musica del vento – Sine Frontera2016













Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson de l’année et en soi, c’est intéressant pour qui s’intéresse à cette voix d’ailleurs, d’en dehors qu’est la chanson pour autant que la chanson s’y prête, qu’elle ne se prenne pas pour une sirène commerciale. Donc, un chanson de l’année, une chanson millésimée, comme l’indique la date de publication du disque qui la reproduit, lequel porte le très beau titre de « Restiamo umani » – « Restons humains ».

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, je t’arrête tout de suite à propos de ce « Restons humains », j’ai de forts soupçons qu’en tant qu’espèce animale, l’humanité elle-même, du moins dans les temps présents, n’a pas pris conscience de sa place relative dans le monde et de son immense prétention : elle voit les choses et le monde à l’envers, et ce titre me paraît lui aussi un rien décalé. À mon sens, il vaudrait mieux dire « Devenons humains », « Soyons humains ! », sur le mode de l’optatif, marqué au sceau d’un futur.

Sur ce point, Lucien l’âne mon ami, je ne peux que te donner raison. L’humanité, considérée comme l’art d’être un humain, est encore à faire, même s’il en existe déjà de belles esquisses, mais c’est loin d’être généralisé. Et d’évidence, ne pourraient rester humains que ceux qui le seraient déjà et c’est bien là le problème. Mais, si tu le veux bien, j’en reviens à la chanson dont il est intéressant de noter la contemporanéité. La chanson évolue, ses sujets de préoccupations aussi ; elle porte la marque du temps. Celle-ci est nettement une chanson de paix, chansons qui sont les plus sûres chansons contre la guerre.

Oui, oui, Marco Valdo M.I., que l’on fasse des chansons de paix, de celles qui chantent au cœur et à l’esprit, des chansons qui chantent, qui rêvent et qui pensent.

Avec celle-ci, cette chanson du vent, on y est. Elle chante en effet au cœur et à l’esprit ; elle rêve aussi ; elle pense. Dans sa forme, elle sonne comme une litanie, un motet répétitif, elle s’apparente au lai, au madrigal, au rondeau, à l’antienne. C’est une chanson à l’ancienne. Elle se doit d’être hors mode pour être indémodable, car elle dit des choses intemporelles.
Et au fur et à mesure que je la traduisais, résonnait en mon for intérieur une poésie française, une chanson française, née au cœur de la guerre, sous le manteau gris de l’occupation en 1942 et grandie au jour après la libération. Elle a, elle aussi, cette même forme incantatoire, cette répétition obsédante du thème et sans doute, l’auras-tu reconnue, il s’agit de Liberté de Paul Éluard [[5726]]. Une chanson de résistance elle aussi, une sœur de ce « Lo avrai », où nous avons puisé notre antienne : « Ora e sempre : resistenza ! »

Certes que je la connais, Marco Valdo M.I. mon ami, et tous les enfants de langue française qui ont été à bonne école la connaissent cette « Liberté ». Elle commence d’ailleurs ainsi :
« Sur mes cahiers d’écolier…
J’écris ton nom.
Et elle se termine comme ça :
« Je suis né
pour te connaître
Pour te nommer
Liberté ».
Concluons et reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde malade du commerce, avide, cupide, sottement concurrentiel et cacochyme

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I.




Je chante pour cette terre fatiguée,
Pour
celui qui lève le drapeau blanc,
Pour la paix
retrouvée,
Pour les
visages souriants,

Je joue la musique du vent.

Pour les fleuves et les marées,
Pour le droit aux idées,
Pour les glaces et les poissons,
Pour les tribus en extinction,

Je joue la musique du vent.

Chanter pour un monde meilleur,
Respirer l’air à la lumière,
Et sentir sur la peau la chaleur,
D’un jour qui s’éclaire,
D’un jour meilleur.

Je chante pour cette longue nuit,
Pour le courage de celui qui n’a pas menti,
Pour le temps et les distances,
Pour les rêves et les espérances,

Je joue la musique du vent.

Je chante pour ces blanches cimes,
Pour nos jambes fatiguées,
Pour la vie et les saisons,
Pour les demain et bonnes occasions,

Je joue la musique du vent.

Chanter pour un monde meilleur,
Respirer l’air à la lumière,
Et sentir sur la peau la chaleur,
D’un jour qui s’éclaire,
D’un jour meilleur.

mercredi 15 juin 2016

GUERRE

GUERRE

Version française – GUERRE – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson de langue allemande – KriegJosef Luitpold1926




EN AVANT VERS LA FOSSE COMMUNE




Texte de Josef Luitpold (1886-1966), poète et pacifiste autrichien, lié au mouvement ouvrier. Exilé aux USA en 1934.
Musique de Béla Reinitz (1878-1943), compositeur hongrois.Interprétée par Ernst Busch in « Es kommt der Tag ».



Vers minuit
À la clarté des étoiles
Comme je rentrais chez moi
Tard le soir -
Je fus effrayé par un cri
Que je n’oublierai jamais -
Je t’entendais là
Une plainte sourde
Père, père -
Une voix d’enfant appelle
Du profond du rêve et du sommeil
Et s’atténue et s’atténue
Et s’atténue -
Et dans le pays lointain
À la même heure
Gisent – des milliers de
Pères – raides
Sous le sable.


mardi 14 juin 2016

La Chanson du Savon

La Chanson du Savon

La Chanson du Savon – Marco Valdo M.I. – 2016
Seifenlied – Julian Arendt – 1928


Voici, mon cher Lucien l’âne, une chanson de cabaret qui ridiculise avec beaucoup d’ironie les sociaux-démocrates allemands, dont les candidats, pendant la campagne électorale de 1928, distribuaient aux meetings des savons estampillés « Votez SPD ».

Hola, dit Lucien l’âne, voilà bien une mauvaise idée. Il est vrai que la publicité et la propagande ne font généralement pas preuve d’énormément de subtilité. Mais quand même, c’est fort lourd un pareil symbole. De deux choses l’une en matière interprétation : soit le cadeau de savon pourrait laisser supposer que l’on considère que les électeurs à qui on les distribue sont des gens sales ; soit le SPD se prend lui-même pour une sorte de Monsieur Propre et a comme programme de tout nettoyer.
De mémoire d’âne, cette manie de la propreté est une des bases des partis de l’ordre ; un tel hygiénisme politique est fort inquiétant et ouvre la porte à des grands nettoyages, y compris ethniques.

Une initiative vraiment « propre » pour une Allemagne au bord du gouffre où les gens étaient préoccupés de trouver quelque chose à se mettre sous la dent avant même de penser à se laver.
Aux élections qui suivirent cette campagne, le SPD gagna quelques sièges, mais il n’obtînt même pas le tiers du parlement ; les nazis perdirent de nombreux sièges, mais les sociaux-démocrates en vue d’assurer une sorte de « paix nationale » appelèrent d’autres partis à participer au pouvoir : centre, droite et même, les nationaux-socialistes, réduits à même pas 3 % de l’électorat. C’est ainsi qu’en 1928, firent leur entrée dans les institutions quelques prétoriens de Hitler comme Hermann Goering, Joseph Goebbels et Wilhelm Frick.
Sans doute, les sociaux-démocrates ou d’autres partis, comme cela se voit actuellement dans des pays d’Europe, se coalisent avec les nationalistes, l’idée étant de les associer à la politique gouvernementale, de réduire leur opposition et de récupérer les électeurs.

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, à présent que le contexte est un peu éclairé, que peut donc bien raconter « La Chanson du Savon » ?

La chanson elle-même, comme je te l’ai déjà indiqué, est une solide moquerie assez acerbe qui vise cette distribution de savoir politique, systématisée dans le refrain :
« Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond ! »

Dis-moi, Marco Valdo M.I. mon ami, n’as-tu pas comme moi perçu dans ce quatrain comme une allusion à cet assassin qui se lave les mains pour effacer son crime ou plus bibliquement, une allusion à ce Ponce Pilate tant décrié par certains.

Lucien l’âne mon ami, je pencherais volontiers pour les deux hypothèses à la fois ; ce serait en syntonie avec la position de la social-démocratie de l’époque, qui venait d’assassiner la gauche socialiste, de réprimer le syndicalisme, de mettre au pas les organisations ouvrières et tout ce qui y ressemblait. Elle avait écrasé dans le sang la révolution et il s’agissait d’affirmer sa position de pouvoir et sa capacité de parti « responsable ».

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, mes oreilles d’âne entendent d’ailleurs cette antienne actuellement, c’est comme si les sociaux-démocrates et leurs alliés ne s’étaient rendu compte de rien, ignoraient la suite de cette « stratégie politique » et qu’ils avaient versé sur l’histoire un tombereau de silence et d’oubli. Mais dis-moi, maintenant ce que dit la chanson ?

Eh bien, vois-tu Lucien l’âne mon ami, je vais te synthétiser ça. La chanson reprend les diverses étapes de l’action de la social-démocratie à partir du moment où elle a commencé à se trahir elle-même en abandonnant sont engagement socialiste contre la guerre, quand elle s’était ralliée en 1914 à la politique guerrière de l’Empereur. Elle avait carrément tourné casaque, comme on dit chez nous.
Au quatrain suivant, elle se rallie à la République ; au suivant, elle massacre les ouvriers et les soldats démobilisés qui entamaient la révolution pour instaurer le socialisme, lors-même que la social-démocratie proclamait dans ses propres principes vouloir la révolution et le socialisme.
Enfin, elle participe au pouvoir et c’est sans doute, à ses yeux, une « bonne affaire ».

Comme je vois, « Bon sang ne peut mentir ! » ; mauvais sang non plus, me semble-t-il. À quel niveau ils étaient tombés ? À celui de l’épicerie, sans doute. Au niveau des comptes (électoraux) de boutiquiers sans foi ni loi. Entendons-nous bien, Marco Valdo M.I. mon ami, je n’ai rien contre les principes de l’épicerie et de la boutique quand ils sont appliqués à l’épicerie et à la boutique, ce sont alors même des principes sains et nécessaires, mais par contre, ils n’ont rien à faire dans d’autres domaines – et particulièrement, en politique. Comme je le vois par la chanson, l’époque déjà, les gens n’étaient pas dupes. Voyons cette chanson et reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde électoral, calculateur, épicier et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Nous avons offert à nos frères
D’électoraux savons.
La prochaine fois, nous le referons
 ;
C’était une bonne affaire.

Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond !

Nous l’avons approuvée,
Cette grande et sainte guerre.
Et nous avons tant cédé aux militaires,
Que notre conscience en est retournée.

Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond !

Ensuite, nous sommes retombés sur nos pieds
Au noir-rouge-or, nous nous sommes ralliés.
Et puis, la révolution est venue,
On ne l’avait pas voulue.

Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond !

Nous avons écrasé la révolte,
Le calme est revenu sur le terrain.
Le sang des rouges
Colle encore à nos mains.

Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond !

Nous avons offert à nos frèresD’électoraux savons.
La prochaine fois, nous le referons
 ;
C’était une bonne affaire.


Moussons, frottons,
Savonnons,
Relavons
Nos mains à fond !

samedi 11 juin 2016

BALLADE DE L’ARMÉE DES INVALIDES


BALLADE DE L’ARMÉE DES INVALIDES

Version française – BALLADE DE L’ARMÉE DES INVALIDES – Marco Valdo M.I. – 2016
Chanson allemande – Ballade von der Krüppelgarde – Robert Gilbert – 1930





Après la Guerre de 14-18, comme après toutes les guerres, en plus des morts et des disparus, des veuves et des orphelins, on trouve des multitudes de blessés et d’invalides : estropiés, manchots, unijambistes, culs de jatte, les aveugles, sans compter les « gueules cassées » qu’on ne montre plus en public. Sans compter également, les traumatisés de l’âme et de l’esprit et ceux dont la lucidité est partie à jamais et qui ont sombré dans la folie. C’était le cas en Allemagne comme dans tous les pays belligérants et partout, on vit bientôt des défilés, c’est-à-dire des « manifestations » calquées sur modèle militaire, de ces invalides de guerre pour protester contre le sort qui leur était fait. Ils s’estimaient à juste titre mal traités. Il est vrai qu’on n’en avait jamais eu autant à la fois ; il n’y avait quasiment rien de prévu pour eux et les pays eux-mêmes avaient du mal à se remettre de cette absurdité sanglante. L’Allemagne peut-être plus encore que les autres, car elle devait en outre pourvoir aux réparations dans les pays qu’elle avait envahis et détruits, puis elle connut l’inflation et enfin, les séquelles de la « crise ». C’est au milieu de tout ça qu’a surgi « l’armée des invalides ».

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, de mémoire d’âne, depuis le temps que je parcours les pays, j’en ai connu de ces invalides et je peux t’assurer qu’il y en aura tant qu’il y aura des guerres.

Ah, Lucien l’âne mon ami, tu as donc bien cette mémoire d’avoir rencontré pareille bande d’éclopés ; ton témoignage confirme donc ce que je disais précédemment. Mais avant d’aller plus loin, deux mots à propos du nom de cet incroyable défilé. Une traduction littérale serait : la garde des boiteux, des éclopés, des estropiés ou la garde boiteuse, éclopée, estropiée, infirme. Finalement, j’ai penché pour les invalides en référence à cet Hôtel des Invalides à Paris où depuis Louis XIV, sont hébergés ces militaires endommagés. Quant à la Garde, le mot ne recouvre pas la même chose en français qu’en allemand et vu le nombre, le mot « armée » conviendrait mieux. Et puis, j’avais en tête certain général de l’armée morte ou de l’armée des morts, que raconte Ismail Kadaré et qu’interpréta Marcello Mastroiani.
D’où, cette « armée des invalides ».

Je trouve, en effet, Marco Valdo M.I. mon ami, que voilà un excellent titre. Quant à ta question des éclopés, j’ai vu de telles bandes de
déglingués dégingandés bien des fois, à commencer par celle des Dix Mille de Xénophon, en passant par la première Croisade La Croisade de Pierre, les croisades en général et l’inénarrable Huitième croisade, en particulier et les retraites de Russie – française, européenne, allemande, italienne. Et comme tu le sais sans doute, j’en ai vues plusieurs de mes propres yeux d’âne. En plus, ces gens-là ne rêvaient que de me manger ; autant te dire que je me
suis tenu à l’écart de ces joyeux troupiers.

Tu as bien fait, Lucien l’âne mon ami. Car vaut mieux un âne vivant qu’un Lucien mort.
Quand deux mots à propos des croisades ; quand on considère l’ensemble, on découvre qu’il était surtout question de contrôler la Syrie, le Liban ; que les Turcs y affrontaient les Arméniens et sans doute, déjà, les Kurdes ; ça ressemble quand même
assez à ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient.

Maintenant, pour ta question, si je n’ai aucune idée à ce sujet, même vague, il me semble à voir ton œil qui vibre que toi, tu en as une
. Alors, de quoi s’agit-il ? Aurais-tu une réponse à cette question concernant une chanson de Jean-Baptiste Clément ?

Tu as l’œil, Lucien l’âne mon ami et de fait, j’ai trouvé une chanson de Jean-Baptiste Clément qui me semble, car je n’ai pas pu m’en assurer plus que ça auprès de Robert Gilbert, alias, alias, chanson qui me semble être
« Les Volontaires ». Quoique ces volontaires ont l’air en meilleure forme que cette armée de stropiats, d’impotents, d’unijambistes.
Sauf à la fin où :« ils se faisaient chair à canons
Et de civières
 ! »
Évidemment, c’est ce qui attend tous ceux qui se précipitent la fleur au fusil au-devant des canons et des pétoires ennemis. Quoi qu’il en soit, tu auras traduit une chanson et tu en apporteras une autre et c’est fort bien. Peut-être finira-t-on par dire que tu t’es gouré et que ce n’était pas « Les Volontaires », mais une autre chanson de
Clément qui a servi de base à celle-ci et donc quelqu’un te démentira.

Ce n’en sera que mieux, car alors, il apportera une autre chanson de Jean-Baptiste Clément, auteur dont je crois bien qu’une bonne part de la production mériterait
d’
d’être reprise.


Restons-en là, si tu veux bien, pour le moment et reprenons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde exploiteur, propriétaire, belliciste et cacochyme.



Heureusement
 !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Nous sommes l’armée des invalides,
La plus belle armée du monde
 ;
Nous sommes presque un milliard,
En comptant les morts.

Les morts ne suivent pas,
Ils doivent rester en terre
Nous ne pouvons pas marcher au pas,
La plupart d’entre nous n’ont qu’une jambe.

Notre lieutenant se terre sous terre
Notre capitaine a un moignon
Notre maréchal
rampe à terre,
Ce n’est plus qu’un tronc.

Nous sommes
l’armée des invalides
Un homme sur deux a
de solides
Membres de bois, comme des bâtons
Greffés sur ses articulations.

Ils disent : « Ce sont des prothèses
Bien plus belles que les jambes et les bras. »
Ils disent : « Les aveugles lisent
Mieux encore avec leurs doigts. »

Et si les morts pouvaient guérir,
Au trot, on les verrait revenir
Au lieu de pourrir désespérés
Dans un charnier.

Ils disent : « Retournez maintenant au travail et
Pas question de fainéanter ».
Ils disent : « Les faux membres à la chaîne
Font encore leur service ».

Attendez, même si nous boitons,
Contre vous nous marcherons
Même si à gauche, nous perdons
Notre jambe droite dans l’action.

Nous sommes l’armée des invalides,
le plus fort des bataillons
Et la fière avant-garde
De la révolution.

Nous sommes l’armée des invalides,
Le plus fort des bataillons
Et la fière avant-garde
De la révolution.