lundi 18 novembre 2013

NU

NU




Version française – NU – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Nudo – Banco Del Mutuo Soccorso – 1997
Texte : F. Di Giacomo,
Musique : V. Nocenzi




Les athlètes - Carlo Levi



Avez-vous jamais vu un homme de dos ?
Un homme de dos ?
Avez-vous jamais vu un homme de dos ?
Il suffit de rien pour en faire une cible
Le frapper
Et
Le liquider
Il suffit rien pour en faire une cible

Juger comment il est en mesurant son pas
Juger comment il est, ce qu'il fera
As-tu jamais vu un homme de face
Le regard qu'il a
L'as-tu jamais vu cet homme de face
Vois le regard qu'il y a dans les hommes !
Le regard qu'il y a dans les hommes
Suis le regard qu'il y a dans les hommes
Tôt ou tard une pensée arrivera pour m'emmener,
Comme un ange noir me confessera que le ciel est une pierre.
Dans le battement du cœur, nous avons été et nous serons des mots et des gestes.

Le vrai jour n'arrive jamais,
Mais il arrivera, il arrivera comme une feuille
Qui ne tombe pas, qui ne se repent pas,
Mais monte et troue le ciel,
Chaque histoire est à soi, Dieu le sait
Si Dieu croyait en moi,
Si Dieu croyait en moi.

L'ange noir est en dedans, c'est ta liberté
Qui ne finit jamais, c'est la liberté.
Libérons-nous pour une fois tous du trop d'ingénuité,
Du vide lumineux de la stupidité, c'est un baiser empoisonné.

Si Dieu croyait en moi,
Si Dieu croyait en moi.

Il y a celui qui inventera la compréhension, la tendresse,
La fin de la douleur, pour moi et pour toi, pour qui sera,
Mais comme il manque.
Et le vrai jour quel est-il, que sera-ce, il n'arrive jamais
Mais il arrivera pour qui y sera, et sera comme une pluie qui
Ne tombe pas, qui ne se perd pas, mais monte et inonde le ciel.
Chaque histoire est à soi, Dieu le sait :
Si Dieu croyait en moi, peut-être un instant,
Je serais très saint, si Dieu croyait en moi.
Je serais très fort, si Dieu croyait en moi !

Le jour est toujours plein, il est encore trop plein,
Le jour est plein de feux rouges.
Il y a celui dont l'enfer s'est déjà fait, il y a celui qui se sauve comme il peut,
Mais comme il manque !
Nous donnons une paire d'ailes aux laids car les beaux volent déjà,
Ta justice est un doute, c'est une probabilité, c'est du pain quotidien.
Si Dieu croyait en moi peut-être un instant
Je serais très saint, si Dieu croyait en moi.
S'il était comme moi, peut-être un instant

Je serais très grand, si Dieu croyait en moi 

jeudi 14 novembre 2013

VELDT

VELDT




Version française – VELDT – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Veldt – Fluxus – 1996


Paroles de Luca Pastore, le bassiste du groupe ainsi qu'imperturbable documentariste depuis les années 80 et un réalisateur italien des plus intéressants de cette première partie du troisième millénaire.
Musique de Fluxus
Tiré de l'album intitulé « ne pas exister »










VELDT est l’interminable et uniforme savane sudafricaine...



Veldt
Ce désert d'émotions
Un vide plus total que toute charge morale
Un caporal sans espérances ni passions
Grand projet guide post industriel
C'est la démence
Nouvelle frontière de la science perverse
Jamais si diverse
Dans les modalités et dans les formes de la manipulation
Des faits
De l'histoire
De ta mémoire

Veldt
La vie coule toujours égale
Dans le désert de sable de l'orgueil national
Insectes de gomme
Blagues de carnaval
Malade en phase terminale
Dernière scène dans le splendide désert
Qui brille maussade comme un égout à ciel ouvert
Pour ainsi dire
En parlant avec respect
De la vie dure qu'ils nous offrent

Chariots de métal dans le supermarché
Personne ne les pousse
Tout est consommé
Par un vent froid
Vent de renouvellement
Lente érosion de l'instinct
Doux cafard
Écrasé par une brique d'argent
Qui n'est pas moins létale
Que le plomb gris de la voix du patron
De la qualité totale de millions de personnes.

CANTACRONACHE : TOUTE UNE AVENTURE

CANTACRONACHE : TOUTE UNE AVENTURE



Version française – CANTACRONACHE : TOUTE UNE AVENTURE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Cantacronache, che fu?‎ – Fausto Amodei – 2013






Une récente poésie sous forme de chanson avec laquelle Amodei offre un bilan de l'expérience fondamentale des « Cantacronache »…

‎‎







« Cantacronache », toute une aventure
Qui a cherché à répondre par la rime
À ceux qui alors usaient des strophes et partitions
Pour imposer une chanson dans la ligne.




On était peu, mais on voulut donner l'exemple,
Bien décidés à faire triompher notre intention
De chasser tous les marchands du temple,
Du temple dédié à la chanson.




Nous composions des vers, des musiques, des chansons
Dans le but un peu blasphématoire,
De donner voix à des personnages et des situations
Qui jamais à Sanremo n'étaient au répertoire.




Ce fut ainsi que, peu à peu, à nos alentours
Se forma une galerie de types étranges,
D'ouvriers, de pêcheurs et de vautours,
De soldats, de partisans et de petites vieilles.




Ce fut ainsi que nous donnâmes mélodie et voix
Aux privations des mineurs de Sicile
Et aux cinq que tua la police
En soixante, sur une place à Reggio Emilia.




On était peu, moins encore étaient les lires ;
Il arriva cependant, à force de chanter,
Que ceux qui venaient nous entendre,
Restaient presque tous à nous écouter.




Et il arrive qu'on nous demande encore maintenant,
Si nous avons été les pères spirituels
De certains chantauteurs importants
Qui s'inspirent d'idéaux aux nôtres tout pareils.




Je ne sais pas s'il en est ainsi, mais il me plaît,
Tout en courant le risque de me tromper,
D'affirmer que, grâce à nous, la glace s'est brisée
Et qu'on est très contents de l'avoir fait.




mercredi 13 novembre 2013

JOUR APRÈS JOUR

JOUR APRÈS JOUR



Version française – JOUR APRÈS JOUR – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne - Giorno dopo giorno – Vittorio Merlo



Cette chanson est née d'un récit de guerre d'un client de mon père (qui était médecin), son patient lui raconta son retour d'un camp de prisonniers et je fus ainsi si impressionné par son récit que nous rapporta mon père que j'écrivis cette chanson. »

[Vittorio Merlo de mailing list de « Bielle »]








Jour après jour, heure après heure
On marche dans la neige
La neige qui se craquelle
Même lorsqu'il n'y a pas de soleil
Jour après jour, heure après heure
À la recherche d'une frontière
Peut-être d'un fleuve sans barrière
Peut-être de barques à la dérive

Jours sans nuit, sans fin
Et sans lumière du matin
Jours comme des navires
Dans une bouteille
Jours sans baisers
Et sans plus envie de se sauver
Jours comme des asticots
Qui rongent nos os.

Jour après jour, heure après heure
Nos traces s'effacent
Une croix toutes les trois fleurs
Sans pétales ni épines
Jour après jour, heure après heure
On approche de la frontière
À l'horizon une lumière
Ou peut-être seulement une chimère


Jours avec la nuit sans fin
Qui arriveront demain matin
Jours comme mon rêve
D'un amour sans fin
Jours avec les cordes
Pour les lier à la mémoire
Jours comme des larves
Qui bouffent une feuille. 

dimanche 10 novembre 2013

RÉVOLUTION

RÉVOLUTION



Version française – RÉVOLUTION – Marco Valdo M.I.– 2013
d'après la version italienne de Lorenzo Masetti
d'une chanson étazunienne – Revolution – Dick Gaughan – 1983

Le texte est un poème de Joseph Bovshover et est repris de « American Labour Songs of the 19th Century ». Musique composée à Berlin (est) pendant le festival de la chanson politique 1982 .








J'arrive comme une comète à peine née
Comme le soleil qui pointe au lever
Je déboule comme une tempête en furie
Qu'annonçait la nuée d'orage
Je coule comme une lave magmatique
De monts couverts de nuages volcaniques
J'arrive comme une tempête nordique
Qui réveille les océans en panique

Je viens car la tyrannie transplante
Dans le sable chaud du désert, ma semence
Je viens car les maîtres allument
Ma fureur à chaque fois qu'ils commandent
Je viens car l'homme ne peut pas tuer
La graine vivifiante de ses veines
Je viens car on ne peut pas laisser la liberté
Être pour toujours bridée par des chaînes

Je viens car les tyrans imaginent
Que l'humanité est leur trône
Je viens car la paix a été nourrie
De canons et de balles
Je viens car le monde est divisé
Et qu'on se fait face rageusement
Je viens car des gardes ont été placés
Pour empêcher l'espoir de notre temps.

En des temps plus anciens, les pauvres
M'ont réveillée et m'ont appelée pour les mener
Je les ai guidés hors de l'esclavage
Et je les ai conduits sur les routes de la liberté
J'ai marché à la tête de leurs troupes
Et salué un nouveau monde à sa naissance
Et à présent, je marcherai avec les peuples
Jusqu'à ce qu'ils affranchissent la terre

Et vous, vous tous sacs à fric sanctifiés
Bandits oints et couronnés
Vos fausses tours de justice
Et d'éthique s'écraseront à terre
J'enfoncerai mon épée dans vos cœurs avides
Qui pompent le sang du monde
Je fracasserai toutes vos couronnes et vos sceptres
Et je les piétinerai tous dans la poussière

Je déchirerai vos riches vêtements pourpres
Je les mettrai en lambeaux et en pièces
Jamais plus leur prestance
Ne fera tourner les têtes
Enfin votre monde froid sera dépouillé
De sa orgueilleuse splendeur hypocrite
Car nous le dissoudrons tout entier
Comme le soleil dissout la plus haute neige

J'anéantirai votre morale de censeurs
Je briserai la vieille chaîne de vos mensonges
J'attraperai tous vos noirs prédicateurs
Et je les écraserai comme des mouches
Je liquiderai vite fait vos cieux
Et vos dieux qui sont sourds à toute prière
Je pulvériserai vos esprits futiles et vieux
Et je nettoierai l'air et la terre.


Et quoique vous pouvez m'écraser et me tuer
Et me pendre. Vos efforts sont désespérés
Aucun cachot, aucune potence ne peut m'effrayer
Ni la douleur m'inquiéter
De la terre, chaque fois je renaîtrai
Je me rirai de toutes vos armes de malheur
Jusqu'à ce que vous soyez hors jeu pour l'éternité
Jusqu'à ce que vous soyez poussière dans la tombe