jeudi 22 août 2013

CONTRE

CONTRE



Version française – CONTRE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Contro - Nomadi – 1993




(Pour plus d'info sur la photo, voir : http://elfobruno.wordpress.com/2013/06/26/sugli-f35-tra-ragione-e-visione/)




Parlé :

Les instincts bestiaux de l'homme ont semé tristesse, mort, douleur et même un peu d'accoutumance.
Mais le courage et la dignité de celui qui ne se rend pas, se rebelle et va à contre-courant existent encore .
« Contre » : c'est l'envie de lutter, l'envie de changer.


Contre les fusils, les chars et les bombes
Contre les juntes militaires, contre les tombes
Contre le ciel qui désormais est comble
De tant d'engins nucléaires
Contre tous les chefs au pouvoir qui ne sont pas sincères.

Contre les massacres de Sabra et Chatila
Contre les martyrs fous de l'IRA
Contre les sanctions iniques, contre les croisades américaines
Pour tous les gens qui souffrent et qui meurent de faim.

Contre qui tient les gens sous le feu
Contre qui commande et mène le jeu
Contre qui parle de fraternité, d'amour, de liberté
Et puis, finance guerres et atrocités.

Contre le racisme sud-africain
Contre la droite du gouvernement israélien
Contre qui a commis des massacres, et n'a pas encore payé
Pour tous les gens maintenant las qui veulent la vérité.

Contre toutes les intolérances
Contre tous les étouffoirs
Contre les vieux fondamentalismes et les nouveaux impérialismes
Contre l'amnésie de l'histoire.

Contre qui fait de la guerre un devoir
Contre qui veut domination et pouvoir
Contre l'honneur à la gloire, contre l'honneur à la sainteté
Pour tous les gens qui crient liberté.


mardi 20 août 2013

Jésus Tango

Jésus Tango


Chanson française – Jésus Tango – Jean Yanne - 1972

Texte : Jean Yanne
Musique : Michel Magne
Interprète : Ginette Garcin



http://www.youtube.com/watch?v=xWdthBvpFJ0





Qu'est-ce qu'on disait l'autre jour ? T'en souviens-tu, Marco Valdo M.I., mon ami, de la promesse que tu fis à Lorenzo de lui faire connaître quelques chansons de Jean Yanne ? Tu nous en as déjà présenté deux ou trois de ses chansons pour petits chanteurs à la croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer. Des chansons angéliques, de vrais pâtés de foi. Alléluia ! la dernière fois et cette fois, que sera-ce ? Une java, un tango ? Une danse miraculeuse et pénétrante...


Lucien l'âne mon ami, je te l'ai déjà dit, mais j'ai comme l'impression que tu lis dans mes pensées et que souvent même, tu me devances. Et bien oui, c'est une danse et pas n'importe quelle danse, une danse plus catholique, plus chrétienne que ça, tu meurs ! Une danse de bonne sœur, tu sais ces vierges qui se marient avec Jésus. Le tango de la conversion pourrait-on dire avec l'accent espagnol ou argentin. D'ailleurs, elle s'intitule tout simplement Jésus Tango et elle relate une conversion. Un grand moment de la chanson religieuse.... Bon, d'accord, un peu dopée à l'acide comique autant qu'à l'opium liturgique.


Elle doit faire fureur dans les couvents... De quoi rallier les pénitentes les plus impénitentes. Un monument de propagande chrétienne( http://www.youtube.com/watch?v=D4tq23zDITM ) ... si, si, je t'assure, ça marche.


Mais remarque, Lucien l'âne mon ami, cependant, elle me semble fonctionner comme un révélateur du mécanisme sectaire qui est à la base de toute conversion, de toute soumission à un gourou, à une croyance miraculeuse, à un sauveur, fût-il un imbrattatele autrichien (un barbouilleur germanique )... dans la misère et hop, le sauveur arrive... Il n'y a plus qu'à le suivre et tout ira bien...Ça marche à tous les coups... Au plan individuel comme pour les grandes foules. Que la vierge soit blanche ou noire ou que le sauveur soit barbu ou moustachu...


Oh, Marco Valdo M.I., je savais que les humains étaient frappés, mais à ce point... Reprenons notre tâche tranquille et remettons-nous à tisser le linceul de ce vieux monde enjôleur, emberlificoteur, pourri de propagande et de réclame, manipulé et manipulateur et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Je vivais comme une ombre
J'avais les idées sombres
Faisant partie du nombre
Des désespérados

Je ne savais quoi faire
Pour chasser ma misère
Quand on est solitaire
Hay, on a froid dans les os

Quand dans une chapelle,
Sous la blanche et très belle
Statue de la douce immaculée conception,
J'ai senti la foi naître
Et au fond de mon être,
Du seigneur Jésus-Christ
J'eus la révélation

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je danse
Et désormais, mon existence
Vaut la peine d'être vécue

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je chante
Pour moi, la vie n'est plus méchante
Et de joie, je suis éperdue
Dans les bras de Jésus

Dans les bras de Jésus
Maintenant tous les jours, je chante
Pour moi, la vie n'est plus méchante
Et de joie, je suis éperdue
Dans les bras de Jésus
Ole !


LA COLLINE

ILS DORMENT SUR LA COLLINE

Version française – Ils dorment sur la colline – Marco Valdo M.I. – 2009 – revue et corrigée 2013
Chanson italienne – Dormono sulla collina – Fabrizio De André e Giuseppe Bentivoglio - 1971



Cette chanson de Fabrizio De André est la première d'un album (intitulé d'un vers de cette chanson : « Ni à l'argent, ni à l'amour, ni au ciel ».) entièrement dédié à une anthologie « Spoon River Anthology » de textes du poète étazunien Edgar Lee Masters (Garnett, Kansas, 1868 – Melrose Park, Pennsylvanie, 1950).
Édité en recueil en 1915, « The Spoon River Anthology » rassemble les épitaphes des habitants de Spoon River, village issu de la fusion imaginaire de Lewistown et de Petersburg, bourgades de l'Illinois.
Comme le signale Riccardo Venturi, c'est une chanson à deux titres : « La Colline » et « Ils dorment sur la colline ».

Par ailleurs, il se confirme qu'il faut toujours se relire... Car, il y a de fortes chances, qu'on ait laissé traîner quelques erreurs. On peut alors se corriger et enlever un peu de la cendre dont il convient de se couvrir le front...

Marco Valdo M.I.



Où s'en est allé Elmer
Qui se laissa mourir de fièvre ?
Où est Herman brûlé dans la mine ?
Où sont Bert et Tom ?
Le premier tué dans une rixe
Et l'autre qui sortit mort déjà de prison.
Qu'en est-il de Charley ?
Qui tomba tandis qu'il travaillait
Du pont et vola, vola sur la chaussée.
Ils dorment, ils dorment sur la colline
Dorment, dorment sur la colline.
Où sont Ella et Kate ?
Mortes ensemble par erreur
Une d'avortement, l'autre d'amour.
Et Maggie tuée dans un bordel
Par les caresses d'un animal ?
Et Edith consumée par un étrange mal ?
Et Lizzie qui mena sa vie
Au loin, et d'Angleterre,
Fut ramenée en ce coin de terre ?
Elles dorment, elles dorment sur la colline
Dorment, dorment sur la colline.

Où sont les généraux
Qui s'agitaient dans les batailles
Avec des cimetières de croix sur la poitrine ?
Où donc les fils de la guerre
Partis pour un idéal
Pour une tromperie, pour un amour fini mal ?
On a renvoyé chez eux
Leurs dépouilles dans des piquets
Étroitement liées pour qu'ils aient l'air entiers.

Ils dorment, ils dorment sur la colline
Dorment, dorment sur la colline.

Où est Jones le musicien
Qui fut surpris par ses nonante ans
Et qui aurait bien joué encore de sa vie ?
Lui qui offrit son visage au vent
Sa gorge au vin et jamais une pensée
Ni à l'argent, ni à l'amour, ni au ciel.
On croirait l'entendre
Remâcher encore les cochonneries
Mangées dans la rue aux heures perdues.
On croirait l'entendre encore
Dire au marchand de liqueurs

«Est-ce toi qui vends ce que j'ai acheté de meilleur ? »

dimanche 18 août 2013

Comment Ça Marche ?

Comment Ça Marche ?


Chanson française – Comment Ça Marche ? – Léo Ferré – 1985

Paroles: Jean-Roger Caussimon, musique: Léo Ferré

http://www.youtube.com/watch?v=-pXxqwnf6OU


Un petit résumé pour qu'on s'y retrouve :


Couplet 1 : les juges... Pareil qu'en Italie... Des corrects, des rigoristes, des achetés, des « assassinés »...

Couplet 2 : Au commissariat, explication de savoir vivre par un flic imbibé à un immigré (ici, sans doute algérien : un « bicot » - « bic »). Le « melon » est un terme injurieux (comme bicot) désignant une personne à l'aspect « maghrébin » ; en somme, « coupable du délit de sale gueule ».


Couplet 3 : Un débordement pétrolier, une marée noire... Voici les multinationales. 

Couplet 4 : Les « puissants » du monde, les vrais, les cachés... Ceux qui commanditent la Guerre de Cent Mille Ans contre les pauvres... En somme, les riches.

Couplet final : Une arche pour échapper à ce monde, comment ça marche ?






Toi que j'ai connu en fac de Droit
Quand tu t'habilles en magistrat
Ça fait un peu travelo, ta robe...
T'es pas dégonflé pour autant
La conscience, c'est ça l'important
D'ailleurs, un juge, c'est toujours probe...
Ça ne reçoit jamais de pressions
Ça prend tout seul ses décisions
Malgré les dossiers qu'on dérobe,
Et sa légitime ambition...
Il y en a pourtant qui sont "mutés"
Il y en a même qui se font buter...

Je suis curieux, dis-moi un peu
Un juge qui finit patriarche
Et décoré autant qu'on peut...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

Un flic bourré dans un violon
Était seul avec un "melon"
(Arabe et fauché, ça c'est grave)...
Le "bic" avait les mains liées
Derrière le dos et, à ses pieds,
Son futal lui faisait entrave...
La gueule de flic assermenté
À son chef a tout raconté:
"Il me provoquait, mais je suis brave
Pour le calmer, je l'ai sulfaté !"...
Ahmed est monté chez Allah
Alfred, le flic, est toujours là...



Je suis curieux, dis-moi un peu
Toi qu'es pas du genre "mort-aux-vaches!"
Pour qu'un crime finisse en non-lieu...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

Un pavillon panaméen
Un équipage pour presque rien
Le pétrolier se met en route...
Tant pis pour les pêcheurs de thon
Et pour les hôteliers bretons
Des fois, ça casse et ça mazoute...
Le plan "homard" est déclenché
Il n'y a plus qu'à gratter les rochers
Les multinationales s'en foutent
Qu'est-ce qu'on pourrait leur reprocher?...

C'est des caïds, c'est des "multi"
C'est du pro, pas du gagne-petit...

Je suis curieux, dis-moi un peu
Tous ces V.I.P. qui se cachent
Sous des sigles mystérieux...
Dis-moi un peu... comment ça marche?...

Eh bien, ça marche, on ne peut mieux
Il faut toujours compter avec eux
Les chefs d'État courbent l'échine...
Ils tiennent l'Occident et l'Est
Les U.S.A., l'U.R.S.S.
On leur obéit même en Chine...
Les "pas d'accord" comme Kennedy
Ou Allende, sont refroidis
Il y aura la guerre, tu le devines,
Quand ils voudront et je prédis:
Qu'ils seront seuls parmi les débris
À resurgir de leur abri!...

Ohé ! Noé ! Écoute un peu
Partir très loin, conduire une arche
Zoo d'amour, sous d'autres cieux...
J'aimerais savoir comment ça marche?...

samedi 17 août 2013

Alléluia










Alléluia



Chanson française – Alléluia – Jean Yanne – 1972














Ah, Lucien l'âne mon ami, nous avions promis à notre ouebemastère Lorenzo (des Chansons contre la Guerre) de lui présenter une série de chansons de Jean Yanne. C'était dans notre petit dialogue à propos de la chanson de Bertoli « Varsavia »[[71]], chanson que j'avais traduite dans un premier temps, sans la commenter, sous le titre de Varsovie. C'était dans la foulée des commentaires – finalement envoyés – relatifs à la madone noire et au mineur blanc et aussi, car tout cela est lié, à la chanson du 15 août que nous avions mise dans les Chansons contre la Guerre pour fêter la Vierge et toutes les Maries-Marias, judicieusement intitulée « Avec Maria » [[45249]], dont l'auteur et interprète est le même Jean Yanne.






Oui, je me souviens bien de notre promesse et je pense qu'il faudra la tenir. Et par quelle chanson vas-tu commencer ?






Une chanson dont le titre est déjà une indication fastueuse : « ALLÉLUIA ! ». On ne pourrait être plus enthousiaste, plus dominical et plus confit en dévotion. Comme tu le sais, « Alléluia! » est un cri de joie, un moment d'allégresse... Le mot en lui-même signifierait « Gloire à Dieu ! », on ne trouve pas plus religieux et déiste que ça. C'est l'instant charismatique par excellence.






Formidable ! Tu ne pouvais trouver mieux... Mais entre nous, j'imagine que revu par Jean Yanne, je me souviens de ce qu'il a fait de l'Ave Maria de Schubert... J'imagine donc que l' « Alléluia » devient assez décapant pour la mythologie chrétienne...






En effet, Lucien l'âne mon ami, la légende du Christ revue par Jean Yanne se révèle assez farce. Oh, Jean Yanne serait plutôt laudatif, d'ailleurs et admiratif des miracles perpétrés par le Galiléen. Et finalement assez factuel, assez objectif dans la narration. En fait, Jean Yanne s'en tient à ce qui se raconte dans les meilleurs bibles : Jésus marche sur l'eau, qui le contesterait ? Jésus multiplie les poissons (lesquels ne l'avaient pas attendu pour se multiplier entre eux...), tout le monde l'a entendu dire et qui donc, le contesterait ? Pas Jean Yanne, en tous cas ; il se contente d'énoncer l'absurde et d'en tirer les conséquences logiques. Jésus marche sur l'eau... Ergo, il a inventé le ski nautique. Pour le reste, Jésus invente aussi le self-service, l'auto-critique et l'après-moi, le chaos – antienne des politiciens sur le retour. Pour les détails, je te renvoie à la chanson.






Elle est bien courte cette chanson ; j'aurais aimé d'autres couplets...






Vois-tu, Lucien l'âne mon ami, l'inconvénient avec les chansons, c'est que – comme je l'ai déjà expliqué – elles doivent être courtes pour satisfaire aux exigences de l'industrie des médias – disques et radios-télés. Sinon quand on voit ce qu'a fait José Saramago dans « L'Évangile selon Jésus-Christ » (en portugais O Evangelho Segundo Jesus Cristo), dont je te recommande chaudement la lecture , si Jean Yanne avait pu faire plus de couplets, on imagine comment il aurait déshabillé le mythe...






Complètement, je suppose. Ce serait d'ailleurs assez amusant de compléter cette mise à nu de la fantasmagorie biblique. Par exemple, Marco Valdo M.I mon ami, j'imagine sans peine les Romains remplaçant le supplice de la croix par le pal... et – conséquence logique : le signe de ralliement et de soumission au Tout-Puissant qui en découlerait – le majeur pointé vers le Très-Haut ; ou alors, pour un autre épisode biblique – la résurrection de Lazare, Jésus, tel le joueur de flûte de Hamelin emmenant derrière lui les morts qu'il aurait fait lever en masse... tel l'adjudant Péricard, le 8 avril 1915. Quelque chose dans le genre : « Debout les morts ! Et les morts se levèrent et nous eûmes la victoire! » (http://www.youtube.com/watch?v=ltvyLa16hIs). Ou alors, la fameuse Cène, mise en scène par Léonard, où Jésus termine le repas complètement beurré déclamant avec sérieux : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang et à la bonne vôtre » ou encore, pour prolonger la soirée : « Aimez-vous les uns les autres ! »; vu la composition du groupe des treize, la suite devrait plaire aux homos et leur rallier l'Église entière ... Et puis, j'entends les Monty Pythons :« Crucifixion ? Non, liberté... »





Bref, laissons de côté la déconstruction de la légende christique et reprenons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde enchaîné par les églises, empêtré dans la crédulité, mené par le bout du nez par des pasteurs madrés dans cette Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres, notre tâche de tisser le linceul de ce vieux monde menteur, mielleux et cacochyme .






Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane









Jésus Christ dit aux apôtres :
« Suivez moi, marchez sur l'eau ! »
Sans se mouiller les uns les autres,
Les voilà qui suivent aussitôt.
Jésus Christ a donc, c'est comique,
Inventé le ski nautique,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)




Jésus Christ dit « Qu'on m'apporte,
Quelques pains, quelques poissons,
Je les multiplie par millions »,
Et les Hébreux se réconfortent.
Jésus Christ a donc, quelle malice,
Inventé le self-service,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)




Jésus Christ dans le silence
Du Jardin des Oliviers,
Dit : « Je voudrais m'accuser
De ma désobéissance. »
Jésus Christ a donc, c'est unique,
Inventé l'autocritique
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus)





Jésus Christ dit à ses sbires,
Je suis le sauveur attendu,
Et lorsque vous ne m'aurez plus
Vous pouvez vous attendre au pire.
Jésus Christ a donc, quel cynisme,
Inventé l'après-gaullisme,
Alléluia, Alléluia
Alléluia (Chorus ad lib.) 

mercredi 14 août 2013

VARSOVIE

VARSOVIE



Version française – VARSOVIE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Varsavia - Pierangelo Bertoli – 1984
(P.A.Bertoli-G.Brandolini)
Dall'album "Dalla finestra"


Varsavia ou les trahisons des clercs.


Te souviens-tu, Marco Valdo M.I. mon ami, que nous avons promis à Lorenzo, un petit dialogue à propos de la chanson Varsavia que tu as récemment traduite sous le titre Varsovie et à propos de laquelle tu avais fait quelques réflexions en aparté ? Arguant si je ne me trompe qu'il te faudrait du temps pour en dire plus et mettre un peu d'ordre dans ces bribes...


Évidemment que je m'en souviens très bien et si je n'étais pas si fatigué, je le ferais ce soir-même et je m'aperçois d'ailleurs en rentrant que Lorenzo a déjà vendu un peu la mèche... Mais pour bien situer la chose, tout m'est venu de la traduction... enfin, comme j'ai l'habitude de le préciser – et ce n'est pas une précision inutile – ce n'est pas une traduction, mais une version. Je prends toujours cette précaution pour éviter certaines chicanes et aussi, de donner une dimension poétique dans la langue d'arrivée : ici, le français. En quelque sorte, c'est une recréation. Donc, en donnant la version française de Varsovie, durant l'élaboration, il m'a bien fallu aussi essayer de comprendre de quoi cette chanson parlait.


De Varsovie, je présume, dit Lucien l'âne.


C'est l'évidence. Elle raconte un moment de Varsovie, une histoire à Varsovie, une nuit où s'abat sur la ville une pluie effroyable et une répression policière, militaire et politique. Des nuits de ce genre, me dis-je, Varsovie en a connu beaucoup. On est dans une maison ; il y a là un couple : l'un ou l'une veut faire l'amour, l'autre pleure et une voix – homme ou femme – raconte les événements. On a tué le fils ; c'est comme si on tranchait dans l'avenir. Une nuit de coup d'État, une nuit où le pays tout entier bascule.


Jusque là, dit Lucien l'âne en hochant son grand crâne et en balançant ainsi ses oreilles, on pourrait être au Caire, à Tunis, à Berlin, à Paris, à Madrid, Lisbonne, Athènes... En somme, dans presque toutes les villes du monde. Par exemple, Buenos-Aires pourrait très bien convenir aussi ou Santiago ou Shanghai, Pékin, Chicago, Kinshasa, Damas, Stamboul, Ankara ou Moscou... J'arrête mon énumération...


Et c'est exactement ce que voulait l'auteur de la chanson, comme le rappelle Lorenzo dans sa note. Mais tout devient plus complexe par la suite... À cause de cette madone noire et de ce mineur blanc, qui semblent former un couple... Et c'en est un, d'ailleurs. Je cite :
« Sur l'autel, il y a une madone noire
Mais c'est la main du mineur blanc. »
Comme Lorenzo a déjà, comme je l'ai dit, vendu la mèche, je vais directement au fait : il s'agit de la Vierge noire de Czestochowa et son plus ardent admirateur, le mineur blanc, alias Jean Paul II, lui aussi polonais et fervent idolâtre de la Vierge."Totus tuus", tout à toi, telle était sa devise. C'était évident pour moi, mais il vaut mieux préciser les choses pour la suite... et la compréhension de la chanson. Certes, elle a dénoncé un coup d'État militaro-politique (en l'occurrence, celui de Jaruzelsky, opéré sur ordre de Moscou) et donc, la trahison des communistes polonais face au rêve de société égalitaire qu'ils avaient promis aux gens, spécialement aux pauvres. Mais la chanson dénonce immédiatement l’autre grande trahison, celle de Woytila et de son parti... je veux dire de son Église. Lui aussi avait promis aux pauvres gens... Mais il n'était pourfendeur du communisme (l'église concurrente, instrumentée par et pour d'autres puissants, soit dit en passant) que pour appuyer le parti des riches et des puissants du monde. On retrouve là le vrai rôle de l'Église dans la Guerre de Cent Mille Ans : mener le troupeau des pauvres pour le plus grand profit des riches... Ce qui est encore vrai aujourd'hui. Et, c'est ce qui s'est passé en Pologne et les pauvres gens de Pologne connaissent maintenant le prix de cette trahison et en sauront encore plus demain.
« Seule une masse de pauvres gens
À humilier, à rendre impuissants,
Seule une masse de pauvres gens
À faire plier, à rendre obéissants. »


En fait, il me semble à présent que c'est un peu la même chose que racontait la chanson que tu avais écrite à propos des événements de Berlin quelques années plus tard, quand ils ont fait tomber le mur... où tu disais :
« L'Autre Côté du Mur n'a rien d'un « Sunny side of the street ». 
et
« On abat en même temps que le mur
Toute une vie collective
On étend la misère d'un côté, comme de l'autre
C'est la vie

La liberté d'exploiter passe derrière le mur
On crée le chômage individualisé
Richesse d'un côté, pauvreté de l'autre
C'est la vie » [[7911]]







Et tu pourrais ajouter, mais là c'est encore une autre église, mais la même histoire : Regardez ce qu'ils font aux Grecs... Enfin, pour conclure très provisoirement... en ce qui concerne la chanson Varsavia, elle renvoie dos à dos les deux églises (la catholique et la communiste) pour cause de trahison des clercs, en quelque sorte et c'est là le fait essentiel.






Nous, nous qui ne sommes pas chrétiens, nous qui sommes des bêtes de somme – traduction française de notre devise que nous devons aux paysans pauvres de Lucanie qui disaient à Carlo Levi : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari », nous essayerons de ne pas trahir et de ne pas tromper... Alors, reprenons notre tâche essentielle qui est de tisser, tels des Canuts modernes, le linceul de ce vieux monde passéiste, clérical, brutal, violent, traître, menteur et cacochyme.









Heureusement !







Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





C'est la nuit à Varsovie ; il pleut fort
Éclairs et tonnerres brisent
Un ciel plus noir que la mort
À Varsovie , les portes sont closes
Dans une maison, l'un pleure
L'autre voudrait faire la chose
Comment puis-je te tenir sur mon cœur, trésor
Quand cette nuit à Varsovie, on meurt ?
Comment puis-je te tenir sur mon cœur, trésor
Quand cette nuit à Varsovie, on meurt ?

Mon garçon de vingt ans, ils ont tué
De rage ou de peur, ils l'ont tué
Car c'était une force future
Sur la place, j'ai vu tant de fleurs
Piétinées et dispersées avec fureur
Par qui emploie la loi et se sert du bâton
Et sur les autres a des prétentions de maître
Par qui emploie la loi et se sert du bâton
Et sur les autres a des prétentions de maître

Sur l'autel, il y a une madone noire
Mais c'est la main du mineur blanc
Qui a signé des traites en blanc
Sur le dos d'un peuple déjà fatigué
Las, soûlé d'églises et de prophètes
Car sur le terrain
Il n'y a que les hommes normaux
Pas les chefs d'État ou les généraux,
Car sur le terrain
Il n'y a que les hommes normaux
Pas les évêques , ni même les cardinaux

Ils nous ont trahis nombre de fois
Avec cynisme et détermination
Ils ont envoyé frères et camarades en prison
Et ils ont muselé l'illusion
Il n'y a pas de peuple patron
Il n'y a pas encore peuple gagnant
Seule une masse de pauvres gens
À humilier, à rendre impuissants,
Seule une masse de pauvres gens
À faire plier, à rendre obéissants.

Et pour tous aujourd'hui, c'est un jour noir
Trop de queues de paille brûlent
Trop de rage pour qui vit encore de l'espoir
En un monde qui s'écroule
C'est la nuit à Varsovie ; il pleut fort
Une pluie qui ruisselle sur nos douleurs
Comment puis-je te tenir sur mon cœur, trésor
Quand cette nuit à Varsovie, on meurt ?
Comment puis-je te tenir sur mon cœur, trésor
Quand cette nuit à Varsovie, on meurt ?

mardi 13 août 2013

Avec Maria

Avec Maria

Chanson française – Avec Maria – Jean Yanne – 1965

http://www.dailymotion.com/video/x5prik_irenee-le-divin-enfant_music









Comme il est de tradition dans nos pays de fêter au 15 août, la Sainte Marie, la Vierge Marie, les Maries, les Marias, j'ai pensé qu'il faudrait trouver une chanson appropriée... Question de faire la fête à marie, de faire danser la Maria.


C'est là, dit Lucien l'âne hilare, une touchante attention... D'autant que, pour ce que j'en sais, tu danses comme un hippopotame ivre. Gare aux pieds des dames quand tu entres en piste... Mais enfin, pour la fête à Maria, c'est l'intention qui compte.


C'est sûr que je n'ai rien d'un danseur mondain, je ne suis pas un émule de Nijinski et je n'ai certes pas la grâce de Nureiev [http://www.youtube.com/watch?v=fHD6Ly0oYpA]... mais, de toute façon, je n'ai aucune intention dansante avec qui que ce soit. C'est juste que je voulais te faire connaître l'Avec Maria de Jean Yanne. Bien évidemment, on y retrouve l'Ave Maria de ce bon Franz Schubert [http://www.youtube.com/watch?v=zl-OeIH4IPA] et aussi, pour la bonne bouche, la version de Tino Rossi ; c'est vraiment hallucinant : [http://www.dailymotion.com/video/xvnfnu_tino-rossi-ave-maria-d-apres-schubert-chanson-francaise_music]. Alors on comprend Jean Yanne de l'avoir comment dire... parodié ? Comme Francis Blanche fit une Truite mémorable... [http://www.youtube.com/watch?v=CJXeFvizfu4]... Mais grâce au Ciel, cet anarchiste (Dieu nous en préserve!!!) de Jean Yanne en fait une chanson populaire, au meilleur sens du terme. Voici un ouvrier de chez Citroën qui s'en va danser « avec Maria ». Un vrai conte ouvrier, que dis-je prolétarien... Ils se marièrent et eurent un enfant que tout naturellement, ils nommèrent Irénée... car Irénée le divin enfant [http://www.youtube.com/watch?v=W2QEYNMIem4] et une nouvelle fois, illustré par la version du Tino Rossi des ménages : http://www.dailymotion.com/video/xv9r37_tino-rossi-il-est-ne-le-divin-enfant-chanson-francaise_music; comme tu le vois, une immense connerie, ce délire papiste. Imagine ce qu'en aurait dit notre bon curé Meslier[[5393]]. Mais rassure-toi, ce divin enfant... on le retrouvera bientôt dans une autre chanson de Jean Yanne, ce vrai iconoclaste, qui une nouvelle fois, l'assaisonnera d'épices voluptueuses et quelque peu perverses ...


Ma, noi, non siamo cristiani, siamo somari... Heureusement d'ailleurs, dit Lucien l'âne – L'Asino risuscitato. Ni toi, ni moi... On ne survivrait longtemps dans un bain d'eau bénite... Alors, reprenons notre tissage et tressons le suaire (Saint Suaire, évidemment, cette fois!) de ce vieux monde gangrené de bondieuseries, malade de la peste œcuménique, infesté de papisteries en tous genres, confit dans l'huile mariale et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Du début jusqu'à la fin de la semaine,
Je suis P3 chez Citroën.
C'est un bon petit boulot
Avec cantine et avantages sociaux.
Je suis copain avec Nénesse
Qui est délégué du syndicat
À la chaîne des boîtes de vitesse.
Je suis heureux comme un roi
D'autant plus que le samedi
Et le dimanche aussi,
Avec, avec, avec Maria
on va danser la java

Maria, c'est la jouvencelle
Chez qui je vais tous les midis
Pour faire chauffer ma gamelle
Dans son petit bain-marie
Je l'ai connue l'année dernière
Au bal de la RATP
Où ce que travaillait son frère
Comme prêtre-ouvrier
Et ce soir-là messieurs dames
À la salle Wagram
Avec, avec, avec Maria
On a dansé la java

On s'aime tout comme Adam et Ève
On va bientôt se marier
On attend la prochaine grève
Pour que je sois augmenté
Mais comme l'a dit mon contremaître
Quand on est jeune, faut se dépêcher
Ainsi un enfant va naître
Qu'on appellera Irénée
Irénée le divin enfant
Et le soir sans un mot
Autour du berceau
Avec, avec, avec Maria

On ira danser le tango.