jeudi 23 décembre 2021

La Rédaction

 

 

La Rédaction


Chanson française – La Rédaction Marco Valdo M.I. – 2021




LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


LA ZINOVIE

Épisode 1 :
Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes



Épisode 12



 

 


 

 

 LA JEUNE FILLE

 

Nikolaï Fechine - 1914






Dialogue Maïeutique




Je ne dois certainement pas t’apprendre, Lucien l’âne mon ami, ce qu’est une rédaction. Mais quand même, résumons le concept. Disons que c’est un exercice de style où on teste la capacité qu’a l’élève d’élaborer ce texte et de le rédiger. Bien entendu, le mot rédaction peut signifier tout autre chose, mais ce sens-ci convient parfaitement à mon propos. C’est donc ainsi qu’il faut l’entendre. Originellement, du moins, c’était – moralement, éthiquement – un exercice anodin, généralement assez innocent. Mais on est en Zinovie et il y a un mais.

 

Un mais ?, dit Lucien l’âne. Un mais ? Si je te suis bien, il y a des mais possibles, des dérives dangereuses.


Exactement, répond Marco Valdo M.I., et c’est précisément ce que raconte la chanson, où une rédaction peut conduite à une étrange sanction et à pis encore, même si, dans la chanson, ce qu’est ce pire n’est pas clairement exposé. On ne peut que le deviner et ce qui vient alors à l’esprit est pour le moins inquiétant. Elle commence cependant par une pétition de principe générale qui fixe l’affirmation théorique et un peu exotique de la Zinovie – tout un programme :


« En Zinovie, on veut abolir

Les troubles de la civilisation,

Asseoir et conforter la révolution. »


Oh, dit Lucien l’âne, on l’a souvent entendu ce discours, on le retrouve dans la logorrhée de nombreux pays du monde. En fait, depuis grosso modo un siècle, on n’entend plus que ça.


On n’entend plus que ça et partout, Lucien l’âne mon ami, il convient de comparer le principe de départ et la réalité qui s’en est suivie. Et partout, on découvre la même histoire : il y a là un écart abyssal, sinon un complet reniement par les faits. C’est ce que constate ingénument la jeune fille de la chanson dans sa rédaction. Cette fille du peuple, cette enfant de petites gens sait pertinemment que son avenir est bouché, que les dés de la vie en Zinovie sont pipés. Et elle le dit, elle l’écrit, elle le décrit à l’aide d’exemples simples, tirés de son quotidien. En quoi, elle a tort ; c’est intolérable qu’elle dise ainsi que « le roi est nu ».


« Voyez les plages en bord de mer.

Il en est de deux sortes où prendre l’air :

Les laids espaces encombrés de milliers de gens

Et les vides étendues dorées réservées aux dirigeants. »


Et alors, dit Lucien l’âne, quelle importance ; ce n’est jamais qu’une rédaction d’une élève parmi des millions d’autres ? Il suffirait tout simplement de l’ignorer. Elle finirait – la rédaction – dans le tas de papiers des devoirs d’écoliers.


Mais, Lucien l’âne mon ami, là n’est pas la question, ni la manière de considérer la chose en Zinovie. Le problème, c’est que la rédaction – en d’autres lieux, il y a la confession – révèle plus que ce qu’elle dit ; son contenu est inquiétant pour le pouvoir qu’elle dénonce. Elle dévoile chez la jeune fille l’embryon d’une résistance à venir, elle laisse augurer du danger d’une critique plus générale du régime en place en Zinovie. Imagine ce qui se passerait, si on laissait les gens dire ouvertement les défauts, et au-delà, les injustices, les crimes, les privilèges des dirigeants petits et grands. Ce serait le début de la fin.


Soit, dit Lucien l’âne, mais ensuite ? Quid pour cette jeune fille ?


C’est terriblement simple, répond Marco Valdo M.I., on va la faire disparaître « en douceur », l’envoyer se faire soigner pour son bien et pour celui de la société.


Mais c’est ignoble, dit Lucien l’âne.


Ignoble, reprend Marco Valdo M.I., est un concept suranné et ne saurait s’appliquer en Zinovie où on a depuis longtemps aboli tout ce vocabulaire et ces idées à consonances anciennes. Donc, il n’y a pas à tortiller, c’est ainsi que ça va en Zinovie. Maintenant, la dernière strophe – la quatrième – est d’une autre teneur. Elle tente d’élucider sur quel substrat social et en quelque sorte, psycho-social repose cette pyramide de dirigeants qui va du plus petit chef au plus grand jusqu’au guide tout puissant. Et on découvre là, en action souterraine, le même moteur : l’ambition. Cette même ambition à la base de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (petits et grands) font aux pauvres et aux gens afin d’assurer leurs pouvoirs, d’étendre leurs privilèges, de renforcer leur domination et surtout, de se faire voir, se faire admirer, se faire obéir, affirmer leur puissance et satisfaire leurs envies.


Ah, dit Lucien l’âne, l’ambition et ses sœurs, l’avidité et l’arrogance sont les plaies de l’humanité et elles la rongent depuis tant de temps. Il faudra bien arriver à les extirper du cœur des gens et de celui de la société. Alors, maintenant, tissons le linceul de ce vieux monde riche, dominateur, impudent et cacochyme.


Heureusement !

 

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Titre de la rédaction : « L’Avenir ».

En Zinovie, on veut abolir

Les troubles de la civilisation,

Asseoir et conforter la révolution.

La fille écrit : « L’avenir, n’a rien de bon.

Mes parents n’ont pas de piston.

Ainsi, assurément, ça va mal finir,

C’est évident, je ne peux réussir ;

Je ne suis pas membre de l’Union,

Sur la liste, ils ont pointé mon nom.

Accusation : elle a vilipendé, calomnié

Odieusement, notre merveilleuse société.


Oui, dit la fille, quelle belle société ?

Légalement, je devrais aller là-bas

À l’école, tout à côté de chez moi ;

Mais on m’interdit d’y entrer

Et y va ce gars-là, fils à papa.

– Moi, je ne lui en veux pas, –

Chez lui, il a une chambre et un bureau.

Nous, on vit à quatre dans un boyau.

Voyez les plages en bord de mer.

Il en est de deux sortes où prendre l’air :

Les laids espaces encombrés de milliers de gens

Et les vides étendues dorées réservées aux dirigeants.


Tout le monde à partir de ce moment

S’écarte d’elle précautionneusement.

Elle n’est pas en bonne santé,

Elle est souffrante, il faut la soigner,

En un bel ensemble, collectivement,

Écrivent les professeurs et les étudiants.

Discrètement, on force ses parents

À souhaiter – pour son bien – son internement.

À l’école, on promet son retour

En fin d’année, pour le concours.

Aux examens, on ne la vit pas ;

Jamais, elle ne passa son baccalauréat.


À quoi rêvent nombre de gens ?

Au spectacle de l’existence,

À leur valeur, à leur importance,

À occuper un siège de président,

Être à la tribune, recevoir une ovation,

Passer dans la presse, paraître à la télévision,

Faire des voyages, faire des rencontres,

Recevoir des récompenses, cumuler les titres,

Obtenir des grades, rayonner de gloire,

Participer au spectacle de l’histoire.

C’est l’ambition des braves gens,

Mais c’est le privilège des dirigeants.







mardi 21 décembre 2021

BERLIN, TON DANSEUR, C’EST LA MORT ! (FOX MACABRE)

 



BERLIN, TON DANSEUR, C’EST LA MORT ! 

(FOX MACABRE)


Version française – BERLIN, TON DANSEUR, C’EST LA MORT ! (FOX MACABRE) – Marco Valdo M.I. – 2021

Chanson allemande – Berlin, dein Tänzer ist der Tod ! (Fox Macabre)Walter Mehring – 1920


Texte : Walter Mehring (1896-1981)
Musique : Friedrich Hollaender (1896-1976)
Voir site Totentanz – Danse Macabre







Une chanson dédiée au Berlin de l’après-guerre (première guerre mondiale), de la République de Weimar, une ville pleine de contradictions, où le désir de liberté et de vie effrénée s’accompagne de la misère la plus profonde et de la répression la plus féroce (contre les militants communistes et Spartacus), le nazisme couvant déjà sous les cendres de la Grande Guerre et l’humiliation de Versailles (le premier coup d’État militaire, le Putsch dit de Kapp, date du 12 mars 1920)…


Une ville qui dansait avec la mort… L’avertissement de Mehring aura sa réponse tragique quelques années plus tard… Quant à lui, détesté par les nazis et en particulier par Goebbels, il a été forcé de fuir à Vienne, puis en France et ensuite aux États-Unis…


DANSE AVEC LA MORT

Dieter M. Weidenbach – 1989




Coup d’œil au cœur de la grande ville,

Le dégoût prend la gorge :

Ils se pressent dans les bars et sur les pistes

Au milieu du fracas des verres !

Comme dans le feu du fox-trot, on oublie

Ce fantôme qui de sa potence nous menace.

Au matin, le journal annonce le meurtre du voleur ;

Et une nouvelle grève à midi ;

L’après-midi, l’agonie des chômeurs

À côté d’un indice des prix.

Comment peut-on danser avec une inconnue

Ou regarder une fée se mettre nue ?


Berlin, ton danseur est la mort !

Berlin, arrête, tu es en danger !

De grève en grève, d’attaque en attaque,

Danse nue, meurtre et macs,

Il te faut t’amuser sans jamais te poser !

Berlin, ton danseur est la mort !

Berlin, arrête, tu es en danger !

Berlin, tu roules avec plaisir dans la merde !

Arrête ! Regarde-toi ! Et réfléchis encore :

Tu ne sens pas la honte dans ton corps,

Tu boxes, tu jazzes, tu foxes sur le baril de poudre !

Peintre et barbouilleur des snobs et de la mode,

Le pinceau se rebelle et marque de rouge votre visage,

Des milliers d’yeux de faim se plombent,

Quand de Berlin, vous primez les plus belles jambes.

Écrasé sous le poids des impôts et pourtant sans gouverne,

Traîne dans le monde une épave malade.

L’esprit est bâillonné, le gnome rit,

La nuit, le diable sort en habit !

Sous la terre, rougeoie le fusible, prenez garde !

Pendant le fox-trot, une coupure et puis, c’est la nuit !

Berlin, ton danseur est la mort !

Berlin, arrête, tu es en danger !

De grève en grève, d’attaque en attaque,

Danse nue, meurtre et macs,

Il te faut t’amuser sans jamais te poser !

Berlin, ton danseur est la mort !

Berlin, arrête, tu es en danger !

Berlin, tu roules avec plaisir dans la merde !

Arrête ! Regarde-toi ! Et réfléchis encore :

Ne sens-tu pas la honte dans ton corps ?

Tu boxes, tu jazzes, tu foxes sur le baril de poudre !



Les nouveaux Hommes

 

Les nouveaux Hommes


Chanson française – Les nouveaux Hommes Marco Valdo M.I. – 2021




LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ;
Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ;

Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final


Épisode 11




LES NOVHOMS


Vadim Rokhline – 1969






Dialogue Maïeutique




Comme on va pouvoir s’en rendre compte par la chanson, dit Marco Valdo M.I.., en Zinovie, il y a une certaine logique à l’œuvre et elle est assez épouvantable.


Une logique épouvantable ?, s’étonne Lucien l’âne. Je me demande de quoi il peut s’agir ?


C’est fort simple, répond Marco Valdo M.I. ; voici de quoi il s’agit. Quand on veut changer le monde, il faut changer la société, c’est logique et jusque-là, tout va bien. Et tout aussi logiquement, on en vient à vouloir changer l’homme (ou l’enfant, ou la femme…) qui en est l’élément de base. Cependant, les choses ne se passent pas si aisément.


Changer l’homme (etc.), dit Lucien l’âne, soit, mais comment ? Il faut que l’intéressé change de lui-même et dans le sens qu’on souhaite. Et pur ce que j’en sais, l’homme a naturellement une tête de mule et à mon avis, il est quasiment impossible de le changer. Sauf évidemment, si on laisse la nature et le passage des générations s’en charger ; ce qui prend du temps, demande de la patience, beaucoup d’intelligence et pas mal de chance. C’est une chose progressive et à vouloir aller plus vite que la musique, il y a des couacs, mais je suppose qu’il ne s’agit pas de s’en tenir à cette évolution qu’on appelle aussi la civilisation.


Ah, si c’était ça, Lucien l’âne, il n’y aurait rien à y redire. On pourrait juste s’inquiéter de sa relative lenteur. Très relative d’ailleurs. Cependant, en Zinovie, on a imaginé de changer l’homme lui-même à marches forcées ; c’est une idée révolutionnaire.


Fort bien, mais il se trouve que comme la mule, dit Lucien l’âne, et pour tout dire, l’ensemble des organismes vivants complexes, l’homme (etc.) est contraint par sa propre nature à suivre le rythme de l’évolution, elle-même hasardeuse, capricieuse, hésitante, lente et contraignante. Pourtant, chaque homme (etc., comme tout être vivant) est à chaque instant un homme nouveau. Il ne reste jamais pareil à lui-même, même si ces changements sont infinitésimaux et leur action immédiate, en quelque sorte, invisible ou insensible. L’homme (etc.) change et en changeant, change les autres, la nature autour de lui ; et la nature et les autres le changent à leur tour. Bien entendu, il faut en plus tenir compte de la multitude et de certaine tendance de la nature à résister au changement. C’est une mutation perpétuelle tempérée ; c’est la musique de la vie.


D’accord, coupe Lucien l’âne, mais où veux-tu en venir ?


À la chanson, tout bonnement, Lucien l’âne mon ami. Elle raconte, vu par un Zinovien, sujet et témoin de la chose, comment et même pourquoi en Zinovie, on change l’homme. L’affaire se déroule dans un établissement spécialisé, une sorte d’usine à fabriquer le « novhom », comme on appelle là-bas l’homme nouveau. En gros, il s’agit de formater l’homme nouveau au standard de la société nouvelle, en partant du principe que puisque l’homme n’est pas conforme, il faut le conformer. Pour cela, on recourt à un chloroforme perfectionné.


Et ça marche ?, demande Lucien l’âne.


Oui et non, répond Marco Valdo M.I. ; presque, mais totalement ; il y a au dedans de l’être vivant comme un résidu de résistance.


« On obéit, sans discuter.

Ils le croient, mais c’est une erreur.

En dedans, il reste un résidu de résistance,

Maintenant et toujours, indépendance ! »


Et de toute façon, comme on peut l’anticiper, le résultat est effrayant et de ce fait, ne peut être généralisé.


Comment pourrait-il en être autrement, demande Lucien l’âne. On ne peut rien obtenir de bon en forçant la nature ; on finit toujours par créer des monstres. Alors, tissons tranquillement le linceul de ce vieux monde agonisant, étouffant, gâteux, bêtifiant, zinoviant et cacochyme.


Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane










Ici, on forme les nouveaux hommes,

Les échantillons presque réussis

De la vie sociale du nouveau pays.

On les nomme les novhoms.

Les infirmiers et les gardiens sont venus.

On ne les a pas trop battus.

L’homme nouveau ne peut pas mourir,

Mais pour apprendre, le « novhom » doit souffrir.

Dresser les êtres vivants est difficile :

Tous, animaux, plantes, à un moment

Se rebiffent et sont résistants.

Puis, meurent, seuls les morts sont dociles.


Absurde tout ce passé,

Du blabla pour la gloire,

Cent ans se sont effacés

Et ils parlent encore d’histoire.

Pourquoi tout ce cinéma ?

Pour maintenir le guide au pouvoir,

Les amis et la camarilla,

Imposer leur image à la mémoire.

Rien pour nous, tout pour eux.

Mais à leur place, ferait-on mieux ?

Il a dit que lui, il ne voulait pas.

La question est de savoir pourquoi ?


On l’a ramené inconscient.

À la première piqûre, il a gémi,

Sangloté comme un enfant,

Il a soupiré et s’est endormi.

À la deuxième piqûre, il a souri

Et s’est pris pour le président.

Ils l’ont écouté juste un instant.

À la troisième piqûre, il a dit

Qu’il avouait tout ce qu’on voulait,

Qu’il dénonçait tous ses amis,

Qu’il ferait tout ce qu’on lui dit,

Qu’il ferait tout ce qu’on voudrait.


Le jour, le soir, la nuit, le matin,

Ici, on n’est presque plus rien.

Des bouts de connaissance,

Des bribes de réminiscences,

Des souvenirs, des soupirs, des sourires.

Réalité vraie ou simple délire ?

Où est passée notre volonté ?

On ne sent plus la faim, ni la douleur.

On obéit, sans discuter.

Ils le croient, mais c’est une erreur.

En dedans, il reste un résidu de résistance,

Maintenant et toujours, indépendance !