samedi 4 février 2017

PATRIE

PATRIE

Version française – PATRIE – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson allemande – VaterlandVorkriegsjugend – 1984

Couverture









Lucien l’âne mon ami, il te souviendra de ce groupe punk-hard-rock du Kreuzberg qui s’appelle Vorkriegsjugend – Jeunesse d’avant la [prochaine] guerre et qui chantait Wir sind die Ratten – Nous sommes les rats.

Oui, oui, certainement, Marco Valdo M.I. mon ami, et toute cette histoire du Kreuzberg que tu nous avais fait connaître en plus. À cet égard, je pense que ce genre de combat contre les spéculateurs et les promoteurs immobiliers et les prometteurs de jours meilleurs mener au Kreuzberg – en pleine grande ville – par les squatteurs et plus au-delà par la suite, par l’ensemble des habitants du quartier dans les années 80 du siècle dernier, peut être rapproché des combats des paysans sans terre d’Amérique latine ou par exemple d’Italie.
En effet, c’est tout à fait parallèle et relève de la même logique de confrontation. Et ce n’est pas seulement une histoire du siècle dernier, c’est une histoire d’aujourd’hui. J’en prends exemple de ce que raconte notre ami Venturi dans son introduction à Dachau Express en italien où il dit ceci :

« la traduction a été faite intégralement à la main, en un laps de temps de deux mois, durant les moments libres du temps passé à m’occuper d’une chose assez singulière : une commune agricole occupée.
La raison de cette traduction à la main n’est pas une quelconque forme de snobisme, ou de primitivisme. Simplement, une commune ou un collectif agricole, jusqu’à peu est restée totalement dépourvu de courant électrique, ce pourquoi il aurait été impossible de se servir de n’importe quel appareil, tel un ordinateur, qui ait le défaut de fonctionner au courant. Étant donné que cette commune ou collectivité, formée de trois hectares de fonds agricole et d’un bâtiment d’exploitation, tous deux occupés (à compter du 7 février 2015), la
loi qu’a fait voter en grande pompe le gouvernement Renzi prévoit qu’il n’est pas possible de demander le branchement au réseau électrique, afin de (faire) respecter la légalité.
La légalité consiste, pour ces messieurs, à laisser un terrain de propriété communale (situé via del Guarlone, dans la zone de Florence Sud) totalement à l’abandon pour trente ans, en attendant l’instant propice pour vendre à quelque spéculateur, ou promoteur, ou constructeur d’immeubles de prestige. Et, par contre, un beau jour nous autres (je dis « nous autres » parce que ce 7 février 2015, j’y étais moi aussi, rigoureusement vêtu en paysan et avec les outils agricoles en main), nous l’avons occupé. Une série de gars et de filles d’un quartier populaire, deux ou trois vieilles épaves du passé (parmi lesquels le soussigné, justement), des réfugiés palestiniens de Gaza, autres immigrés. Et on a commencé à nettoyer, à sarcler, à refaire les serres, à nettoyer le puits, à retaper les oliviers qui y étaient, à planter des choux, pommes de terre, carottes, tomates, fèves, bettes, aubergines, fines herbes, piments rouges et tant d’autres choses. En vendant ensuite directement les produits à qui les voulait dans le quartier, sans passer par des marchés, de grandes surfaces et autres. Cet endroit nous l’avons appelé I’Rovo, « La Ronce » en Florentin, parce que lorsque nous sommes entrés, justement, il n’y avait que des ronces. Des tonnes de ronces. Ils parlent tant de « dégradation », alors qu’ils sont les premiers à la produire, ces messieurs, et en pleine ville. Un lieu totalement laissé à l’abandon et à la vente de drogue, par ailleurs bien tolérée par les autorités qui, ne désirant pas dans le centre historique-commerce-vitrine, le déplacent complaisamment dans les faubourgs. »

J’ai comme l’impression, dit Lucien l’âne, que les ronces ont refait de cette terre paysanne un terrain vague. En somme, c’est le Kreuzberg à la campagne ; c’est le même combat contre la gentrification des lieux de vie…
Mais au fait, que raconte la canzone, dont je vois bien qu’elle s’intitule La Patrie, ce qui me paraît un thème intéressant spécialement quand il s’agit de l’Allemagne divisée de ces années-là, de la partie fédérale, vue par les mêmes yeux.

Eh bien, dit Marco Valdo M.I., c’est certainement une chanson fort intéressante, notamment pour les raisons que tu évoques. Dans cette Allemagne replète, gonflée comme une baudruche par le Miracle économique, qui a fait appel – comme d’autres pays d’Europe – à des populations pauvres venues d’abord de ses propres campagnes et de ses zones économiquement en difficulté, puis à des populations immigrées de pays plus ou moins lointains, mais venus d’ailleurs que de l’Est de l’Europe dont encore pour quelques années, elle est coupée pour des raisons politiques, qui ont établi un solide mur et un efficace rideau de fer, afin de freiner les exodes, dans cette Allemagne boursouflée, le concept de patrie est très fortement marqué politiquement, plus encore qu’à l’ordinaire.
Pour percevoir le sens de la canzone, il faut se rappeler ce qu’est réellement la patrie.

Oh, dit Lucien l’âne, c’est là un spectre dont, en effet, on ne perçoit pas bien la nature. Selon comment on la regarde, elle semble changer d’apparence, elle est une sorte de caméléon nationaliste.

Effectivement, Lucien l’âne mon ami. Au fin fond du fond, la patrie est le lieu des pères, auquel par conséquent, au sens logique du terme, tout étranger est exclu.
Ne peuvent en vérité faire partie d’une patrie et vu les antécédents, d’une patrie allemande plus que de toute autre – il y a là une lourde hérédité – que ceux dont le père et si possible, les aïeuls et mieux encore, les aïeux, sont des nés natifs du pays, même si ce pays a changé de nom et de dimensions dans les siècles qui précèdent. C’est évidemment tout à fait farfelu, mais il y en a qui y croient et c’est précisément ceux-là que dénonce la chanson en jouant sur une opposition entre le pays rationnel où l’on vit sans qu’il y ait une référence à la naissance ou aux aïeux, d’une part et d’autre part, le pays passionnel des nationalistes, qui est lui clairement « la patrie ». Ce genre de définition du pays comme patrie avait déjà servi quelques dizaines d’années auparavant à liquider par trains entiers ceux qui n’étaient de « vrais Allemands », de souche, de sperme et de sang.
La chanson s’en prend à ceux-là qui – crânes rasés, têtes vides – s’en vont en bandes dans les quartiers, dans les rues, vers les places comme autrefois chasser l’étranger, le non-Allemand et même au besoin, l’Allemand résistant.
La chanson est une chanson de résistance qui se termine par un appel terrible :

« Levez la main contre la patrie,
Contre l’Allemagne, votre patrie ! »

Car pour ceux qui se définissent eux-mêmes comme les « rats » – reprenant l’insulte comme un titre d’orgueil comme aux pays de Gueldre, de Zélande, de Flandre, de Brabant, de Liège et de Hainaut, dans le passé, les Gueux avaient endossé ce manteau de honte, ce surnom méprisant « Gueux » comme un nom de combat face aux armées du pouvoir – l’heure est à la résistance car repoussent les plantes vénéneuses du nationalisme. C’est une chanson de colère.

Si je comprends bien, Marco Valdo M.I. mon ami, cette chanson jette un cri d’alarme, sonne le tocsin face au retour de la peste brune. Elle n’a pas tort et cette engeance pestiférée et pestiférante est toujours là aujourd’hui (plus de trente ans après) et pas seulement en Allemagne.
Méfiez-vous, marins, les vents changent !, disait déjà Isaac Asimov (The Winds of Change).
Alors, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde pestiféré, vénéneux, brun, nationaliste, patriotique, patriote et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Les hordes brunes se remettent en marche ;
Des hordes de têtes rases marchent ;
De nouveau fleurissent les meurtres
Allemagne, mon pays allemand,
Un bord brun enserre tes drapeaux maintenant !
C’est pour ça que je lève la main
Contre ma patrie
Et que s’élève ma main
Contre ma patrie,
Contre l’Allemagne, ma patrie !

Trompé, renié et maudit,
Ma patrie, je te le redis :
Ici seul celui qui a de l'argent, peut demander ;
Seul celui qui a de l’argent, peut commander.
À se demander quand ce peuple stupide va se réveiller.
C’est pour ça que je lève la main
Contre ma patrie
Et que s’élève ma main
Contre ma patrie,
Contre l’Allemagne, ma patrie !

Quand on a l’air différent, on est bon à jeter
Loin de tous les autres, à évacuer,
À purifier au Zyklon B dans les chambres,
Quelques malencontreux cadavres.

C’est pour ça que je lève la main
Contre ma patrie
Et que s’élève ma main
Contre ma patrie,
Contre l’Allemagne, ma patrie !

Levez la main contre la patrie,
Contre l’Allemagne, votre patrie !

jeudi 2 février 2017

NOUS SOMMES LES RATS



NOUS SOMMES LES RATS

Version française – NOUS SOMMES LES RATS – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson allemande – Wir sind die Ratten – Vorkriegsjugend – 1983




Il n’y a pas à dire, dit Lucien l’âne, il y a quand même des chansons qui ont des titres bizarres. Qu’est-ce que c’est que ce titre incroyable : « Nous sommes des rats », alors que ce sont manifestement des humains qui chantent ? Je n’ai rien contre les rats, ni même contre les humains, mais il ne faut pas tout mélanger. C’est comme si je disais moi qui suis un âne, que je suis un humain. Enfin, dans mon cas, c’est relativement vrai. Je suppose donc qu’il s’agit de « rats » humains, d’une utilisation symbolique du nom de « rat ».

Précisément, répond Marco Valdo M.I. en souriant, il s’agit de rats symboliques, d’humains qui se désignent eux-mêmes comme des rats. Enfin, pas exactement. Ils ne se désignent eux-mêmes comme des rats que par référence au fait que d’autres humains les considèrent comme tels, d’une part ; mais aussi, d’autre part, car ils vivent dans des conditions réelles assez misérables qu’ils peuvent assimiler à celles dans lesquelles sont tenus les rats. Et qui sont-ils ? Ceux qui chantent, évidemment, mais aussi, ceux parmi lesquels ils vivent dans ce quartier paupérisé du Kreuzberg berlinois et ceux qui vivent dans tous les autres quartiers et régions du monde du même genre. Comme les rats, ils vivent dans les coins pourris en marge de l’humanité triomphante (relativement) et à Berlin ces coins pourris, ce sont les squats où ces rats symboliques, de rats métaphoriques, de rats de parabole se regroupent, vivent en bandes et font de la musique.

Oh, dit Lucien l’âne en secouant vivement la tête, je vois très bien de quoi il s’agit et j’ai l’idée qu’il doit y avoir dans le monde bien des endroits semblables et spécialement dans les grandes concentrations urbaines, formées par ces gens chassés des zones de faim, de démographie élevée, attirés par l’espoir d’une situation meilleure, d’une vie moins éprouvante, moins figée dans le malheur et la détresse ou alors, les artistes qui les rejoignent, car ils ne peuvent vivre de leur art du fait qu’il ne s’agit pas d’une marchandise, du fait que l’art ne peut faire l’objet de commerce ou de spéculation sans perdre sa nature, sans se perdre lui-même.
Il y a dans ces grandes concentrations, dans ces amas d’êtres humains, des coins où finissent les rejetés, les sans moyens, les pauvres, les réprouvés en tous genres pour lesquels les gens de la ville, les gens installés dans leur confort et leurs lieux aux décors sophistiqués n’ont que mépris. Les installés, les fortunés considèrent ces zones comme ils regardent les terrains vagues où s’entassent les déchets et où souvent, on voit courir les rats.

Ainsi, reprend Marco Valdo M.I., dans cette Allemagne replète au ventre et aux joues rebondies, qui s’intoxique de ses propres graisses, qui s’enfonce dans son confort comme les armées dans le marécage au dégel, ce groupe de jeunes venus de Bavière au quartier berlinois du Kreuzberg, à l’époque quartier des squats se revendique comme une jeunesse [avant la prochaine] guerre – en allemand : Vorkriegsjugend, qui est le nom du groupe musical, un groupe punk-hard-rock, que sais-je du genre, un groupe de résistance à cette société allemande, qui a donné comme titre d’une de ses publications : Widerstand dem Teutonenland : Résistance (au sein) du pays des Teutons. Comme on peut le voir dans le texte, la canzone est un véritable réquisitoire dans lequel toute une jeunesse va se reconnaître.

J’ai bien entendu ça, dit Lucien l’âne, mais la vraie question qui me vient à l’esprit par rapport à cette opposition entre la jeunesse – c’est-à-dire les survenants dans une société installée dans son confort, et les rassis, assez repus de leur richesse, fût-elle relative et à crédit, est de savoir pourquoi ce mouvement se répète et pourquoi la société ne tente jamais d’y mettre fin par de vraies solutions. De cette manière, elle finit par chasser ses propres enfants comme ce fut le cas à Hamelin, quand ces derniers suivirent le « Rattenfänger », le charmeur de rats.

Comme toi et bien d’autres, Lucien l’âne mon ami, je me pose cette question. Je constate que lorsque les jeunes se révoltent – dans leur cas souvent momentanément avant de se ranger, et retrouvent ainsi (tout aussi momentanément) ce que j’ai appelé l’esprit de 68, qui n’est pas un caractère spécifiquement « jeune », mais plutôt un rejet de certaines normes et coutumes, une rébellion contre l’insupportable – la société a une forte tendance à vouloir les remettre au pas, les encaserner, et au besoin, les écraser, les éradiquer.
Et comme tu l’as bien vu, cela se passe à divers endroits. En fait partout, mais de manière concentrée et donc, plus remarquable, plus marquante et plus puissante dans les grandes concentrations. Mais si on veut y comprendre quelque chose, il faudrait reprendre la réflexion en prenant comme fondement cette Guerre de Cent Mille Ans [[7951]] que les riches et les puissants font aux pauvres (les pauvres étant ceux qui n’ont pas accès à la richesse, qui ne s’accoutument pas de la richesse ou qui ne peuvent s’y accoutumer) afin de conforter leur pouvoir, d’assurer leur domination, d’étendre leurs richesses, de renforcer l’exploitation, une guerre qui traverse toutes les périodes (pré-) historiques et qui comme une marée sans cesse recommencée vient frapper les mêmes rochers. On avait connu Spartacus à Rome ; on l’a connu à Berlin.

Arrêtons là notre dialogue et reprenons notre tâche ; tissons, tissons le linceul de ce vieux monde gangrené par la richesse, méprisant, méprisable, méprisé et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Vous voulez nous détruire
Avec votre merde quotidienne
Vous voulez nous empoisonner
Et à tout prix comme ça,
Vous voulez nous prendre la vie ;
Vous ne savez même pas pourquoi.
Vous voulez nous vendre vos saloperies
Quand même et stupides,
Nous vivons dans la merde

Nous sommes les rats
Et nous vivons dans la merde
Nous sommes les rats
Et nous vivons dans la saleté

Nous devons vous obéir
Vous, mon bon monsieur
Vous voulez nous opprimer
Et détruire notre monde
Vous voulez nous encaserner
Et nous faire surveiller
Vous voulez nous rééduquer
Et faire de nous de bons citoyens

mardi 31 janvier 2017

Dolly

Dolly

Canzone française – Dolly – Marco Valdo M.I. – 2013
Histoires d'Allemagne 96
An de Grass 97

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.

Petite illustration :  http://www.youtube.com/watch?v=kmfeKUNDDYs (Louis Armstrong - Hello Dolly Live )


Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne rapporte le récit en chanson d'un narrateur ; ici, il s'agit d'un amoureux, d'un étrange personnage amoureux de Dolly la clone, dont je te rappelle qu'elle fut conçue par deux savants écossais, qui à cette époque déjà lointaine, s'étaient pris d'un délire biogénétique. Je te cite la nouvelle telle qu'elle m'est revenue : « Deux scientifiques écossais annoncent publiquement qu'ils ont réussi, le 5 juillet 1996, à donner naissance au premier mammifère cloné à partir d'un animal adulte. L'animal est une brebis et s'appelle "Dolly" en hommage à la chanteuse Dolly Parton [http://www.youtube.com/watch?v=OTuQ9cKGSdM]. Souffrant d'une maladie pulmonaire incurable, Dolly (la brebis, pas la chanteuse) sera euthanasiée six ans plus tard. Une fois naturalisée, elle sera exposée dans un musée d'Edimbourg. »


Dommage pour la brebis... Quelle destinée ! J'imagine qu'au temps de leur découverte, ces savants Écossais ont attendu que Dolly tienne sur ses pattes pour annoncer cet heureux événement et présenter Dolly au monde entier. Je parle évidemment toujours de la brebis... Avec tout ça, on s'embrouille. Peux-tu revenir un peu sur la genèse de la chanson ?


Bien sûr ! Donc, si tu t'en souviens le professeur Vonderbrügge s'en était allé à un colloque, un congrès, un symposium... Bref, une rencontre de « call-girls » de Koestler sans répondre aux questions existentielles de son interlocuteur, qui n'était autre que Günter Grass lui-même, un pater familias assez patriarcal. Mais en homme de parole, à son retour, l'estimable Herr Professor va lui raconter Dolly la clone, telle qu'elle lui avait été exposée par le célébrissime professeur Wilmut, le père scientifique de Dolly la brebis, encore une fois pas la chanteuse. Quant à la mère de Dolly, le mystère est encore plus grand, car elle en a trois. Ceci relève de la science écossaise et est bien résumé dans la chanson.













Par ailleurs, dit Lucien l'âne en riant, il me semble reconnaître une chanson dans la chanson, car ce passage des trois mères me rappelle très fort la chanson de Jeanneton...


Et, non seulement, comme tous les ânes, tu as de l'oreille, mais tu as l’œil aussi. C'est bien de la chanson de Jeanneton que cette partie est , disons, inspirée.


Veux-tu que je te la chante, en vitesse ? C'est une de ces chansons du folklore, dont nul ne sait qui a bien pu en être l'auteur... Par ailleurs, on l'intitule La Rirette (http://www.youtube.com/watch?v=PGff9twp7UI), ce qui fait que sa ritournelle est logiquement « larirette » et non « lahilette »...

Jeanneton prend sa faucille,
La rirette, la rirette,
Jeanneton prend sa faucille,
Pour aller couper le jonc
Pour aller couper le jonc

En chemin, elle rencontre,
La rirette, la rirette,
En chemin, elle rencontre,
Quatre jeunes et beaux garçons
Quatre jeunes et beaux garçons

Le premier, un peu timide,
La rirette, la rirette,
Le premier, un peu timide,
Lui caressa le menton
Lui caressa le menton

Le deuxième un peu moins sage,
Larirette, larirette,
Le deuxième un peu moins sage,
La coucha sur le gazon
La coucha sur le gazon

Le troisième encore moins sage,
La rirette, la rirette,
Le troisième encore moins sage,
Lui souleva le jupon
Lui souleva le jupon

Ce que fit le quatrième,
Larirette, larirette,
Ce que fit le quatrième,
N'est pas dit dans la chanson
N'est pas dit dans la chanson

Et pour le savoir, mesdames
Larirette, larirette,
Et pour le savoir, mesdames
Allez donc couper le jonc
Allez donc couper le jonc

La morale de cette histoire,
Larirette, larirette,
La morale de cette histoire,
C'est que les hommes sont des cochons
C'est que les hommes sont des cochons

La morale de cette morale,
Larirette, larirette,
La morale de cette morale,
C'est que les femmes aiment les cochons
C'est que les femmes aiment les cochons

La morale de cette morale,
Larirette, larirette,
La morale de cette morale,
C'est que ça fait des petits cochons
C'est que ça fait des petits cochons »


Bravo, Lucien l'âne mon ami, ta culture folklorique est insondable. Des petits cochons et pas des brebis, comme tu le dis si bien... mais poursuivons... Car il y a une deuxième chanson dans la chanson... Je te laisse deviner...


Allons, Marco Valdo M.I. mon ami, pour qui me prends-tu ? Ne me prendrais-tu pas pour un âne ? Tu le sais bien que j'ai reconnu ce passage d'Arthur, chanson de Boris Vian [http://www.youtube.com/watch?v=MDF54OqCgSk]. Très exactement son dernier couplet :

« Ça tourne les enfants ça tourne:
"Arthur, es-tu là?"
"Oui les gars."
"Arthur, où t'as mis ton corps?"
"Mais j'ai pus de corps, les gars."
"Arthur, as-tu du cœur?"
"Belote, les gars, rebelote et dix de der." »


Oh, Lucien l'âne mon ami, tu connais les classiques, comme je vois. Donc, notre bonne Dolly la clone a été créée sans mâle (si l'on excepte les deux Écossais savants), ce qui ne cesse d'inquiéter notre narrateur, lequel – je te rappelle qu'il est amoureux de Dolly, sinon comment expliquer son intérêt et son désespoir – se lamente de ce qu'elle a été faite sans mâle et que cette circonstance mettrait ainsi fin aux relations sentimentales. Idée fausse comme il apparaît dans le deuxième couplet de la chanson. Réfléchissant un peu, le narrateur se dit que tous comptes faits, les hommes seraient plus tranquilles s'ils ne devaient pas satisfaire à certaines obligations naturelles et que Dolly la clone et ses adeptes les en débarrasseraient. Cette surprenante évolution aurait la conséquence heureuse de libérer les hommes et de leur permettre de ne plus « penser à ça » ou à tout le moins, de ne plus « penser qu'à ça ». Ce qui ouvrira la voie à de nouvelles façons de vivre. Mais comme tu le verras, il garde des relations chaleureuses avec elle(s) – Dolly la clone et les autres dames.


Donc, si je comprends bien, dit Lucien l'âne en souriant, il s'apprête à rejoindre le quatrième sexe ou genre... Après les hétéros, les homos, les ambis... Les « sans », ceux pour qui la « chose » est sans grand intérêt ou carrément, sans intérêt. Ce serait effectivement un grand moment dans l'évolution des sociétés humaines que d'arriver à se débarrasser du soi-disant « besoin sexuel ». Ce qui n'empêche en rien de bonnes relations, comment dire sentimentales et sensuelles. Je te parie que c'est en effet là un débat qui va surgir au-delà des questions actuelles du genre et du sexe.


C'est peut-être un peu tôt, mais en effet, la question se pose et s'imposera. Pour le reste, la chanson se termine en posant l'angoissante évolution du climat, du développement des catastrophes climatiques... et face au danger, que fait notre protagoniste ?... il se réfugie dans les bras de sa clone... Voila toute l'histoire de l'année 1997.


Alors, laissons notre narrateur à ses copulations avec Dolly la clone et tissons le linceul de ce vieux monde clonesque, clownesque, copulateur, cancanier, catastrophique, corrompu et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Hello Dolly
Ma jolie Dolly
On ne sait pas trop de quelle mère tu es la fille
Tu es si belle Dolly
La plus belle Dolly
C'est beaucoup trois mères dans une vie
La première est génétique, lahilette, lahilette
La première est génétique, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?
La deuxième est ovulaire, lahilette, lahilette
La deuxième est ovulaire, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?
La troisième, c'est la porteuse, lahilette, lahilette
La troisième, c'est la porteuse, lahilette, lahilette
Est-ce elle ta vraie maman ? Est-ce elle ta vraie maman ?
Elles sont toutes tes mères
Qui est donc ton père ?
Il n'y a plus de père, les gars
Mais ne vous en faites pas pour ça
Belote, rebelote et dix de der
Et tu nous as surpris, Dolly
Ma jolie Dolly
La plus belle, Dolly
J'ai cru que pour moi tout était fini
Quand j'ai compris, Dolly
Qu'il n'y aurait plus de gars dans ta vie




Hello Dolly
Ma jolie brebis
Grâce à toi, s'ouvre une nouvelle vie
On pourra danser Dolly
On pourra chanter Dolly
Car demain, nous serons des hommes libérés
On ne sera plus obligés
Dolly,
Grâce à toi, Dolly
De copuler dans la vie
Mais ne t'en fais pas
Tous ceux qui aiment ça
Pourront encore venir dans tes bras
Tout ça, ma jolie Dolly
C'est grâce à toi, Dolly
Et moi je chante pour toi
Je danse avec toi
Dans tes bras Dolly
Moi, j'aime ça, Dolly
Tu es si belle Dolly
La plus belle Dolly
Grâce à toi, on aura une nouvelle vie




Hello Dolly
Ma jolie Dolly
Il y a partout des inondations
Le temps change Dolly
Le climat Dolly
Bouleverse tout à sa façon
La terre s'échauffe, Dolly
Les eaux montent, Dolly
Le monde tremble, Dolly
Il est temps de se mettre au lit.
Dans tes bras, Dolly
Comme autrefois, Dolly
Quand tu es partie, Dolly
Ma jolie Dolly
J'ai cru que pour moi tout était fini
Mais tout va mieux depuis
Depuis que j'ai compris
Ma jolie brebis
On va danser tous les deux, Dolly
On va chanter tous les deux, Dolly
On va recommencer tous les deux , Dolly,

À copuler dans la vie.