vendredi 10 juillet 2015

CAMPAGNE

CAMPAGNE



Version française – CAMPAGNE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson napolitaine – Campagna – Napoli Centrale1975
Écrite par Franco del Prete et James Senese
Album: Napoli Centrale
R
eproposée en 2010 par Daniele SepeDans l'album Fessbuk

Pluie ou soleil,
S'en va le journalier,
...
Chaque jour piocher.



Pluie ou soleil,
S'en va le journalier,
Avec le vin plein sa bouteille,
Chaque jour piocher.

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

Campagne, campagne
Qu'elle est belle la campagne
Mais elle est belle pour le propriétaire
Qui remplit ses sacs d'or
Et la propriétaire, sa femme,
Qui grossit toujours et encore.
Mais celui qui pioche cette terre
Pour un quignon séché
À la campagne se retrouve
Trempé et le cul cassé.

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

Soleil ou pluie,
Pour nourrir la famille,
Même le fils du journalier
Avec son père va piocher.

Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

Elle est belle pour les fils
Du propriétaire de la terre,
Qui y vont seulement
Avec les amis pour s'amuser
Mais pour le fils du paysan,
La campagne, c'est une autre affaire,
La campagne, c'est seulement
Les reins brisés et rien d'autre.


Campagne, campagne,
Qu'elle est belle la campagne.

jeudi 9 juillet 2015

LA SOCIÉTÉ



LA SOCIÉTÉ


Version française – LA SOCIÉTÉ – Marco Valdo M.I. – 2015
d'après la version italienne de Riccardo Venturi
d'une chanson grecque – Η κοινωνία (I koinonía) – Στέλιος Καζαντζίδης Stelios Kazantzidis – 1955



J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,
J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde





Voici donc , Lucien l'âne mon ami, une chanson grecque… qui pourrait être la chanson de bien des gens de par le monde. C'est une chanson de pauvres, de ceux-là contre qui les riches mènent une guerre terrible depuis tant de temps. Pour ne rien passer sous silence, il faut dire clairement qu'il s'agit de la Guerre de Cent Mille Ans [[7951]], dont le but est d'assurer la domination des riches pour leur garantir l'exploitation et les profits et que les pauvres sont – et de loin – la majorité de l'espèce humaine. Comme tu le vois aussi, il s'agit d'une chanson grecque et cela a un sens et une raison. Commençons par la raison : tout simplement, les Grecs pauvres sont depuis des années et plus encore aujourd'hui mis sous pression et font l'objet d'un chantage permanent. Ils sont littéralement vampirisés, on les étrangle un peu plus à chaque moment. Il s'agit de les mettre à genoux et de leur faire admettre qu'il est normal que le loup égorge l'agneau. Pire, on exige qu'ils implorent le pardon de leurs bourreaux, qu'ils les accueillent comme des sauveurs et qu'en plus ils les remercient. C'est de la pure indécence…


J'ajouterai, dit Lucien Lane, c'est de la pure démence. Car de deux choses l'une : ou ces gens-là - les riches et leurs affidés - se rendent compte du tort que leur possessivité et leur boulimie, sans parler de leur arrogance, font aux autres ou bien ils ne s'en rendent pas compte. Dans le premier cas, c'est méprisable et criminel ; dans le deuxième cas, leur inconscience n'est pas plus excusable. On ne peut que souhaiter (le mot est faible, d'ailleurs) leur disparition. Dès lors, reprenons notre tâche et tissons, encore et toujours tels les canuts [[7841]], le linceul de ce vieux monde amer, inique, hostile, injuste et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



La société m'est hostile,Avec moi, elle a été vraiment injusteEt mon corps pas un instant n'a cessé
De souffrir et d'être tourmenté.

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,
J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde.

Ce que j'aimais, on me l'a enlevé,
Je n'ai pas connu de joie dans ce monde.
La société m'a privé
De ce que je désirais dans ce monde.

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,
J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde.

Par l'injustice du monde
Qui me persécute sans arrêter,
Dans ma vie d'amertume,
Je serai toujours tourmenté.

J'ai éprouvé, j'ai éprouvé ce qu'est la société,J'ai éprouvé toute l'iniquité du monde.

mercredi 8 juillet 2015

MAINTENANT QU'ON A FAIT SILENCE

MAINTENANT QU'ON A FAIT 

SILENCE.



Version française – MAINTENANT QU'ON A FAIT SILENCE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Ora che s'è fatto silenzio Vasco Pratolini – 1985



Anna Maria avait l'âge de l'amour et des espoirs de vie meilleure et face à la répression qui frappait sans relâche ceux qui voulaient changer le monde, elle était elle-aussi entrée en résistance et en clandestinité.






Voici, Lucien l'âne mon ami, une chanson écrite (en fait, je rappelle pour qui voudrait ergoter que Pétrarque avait écrit tout un « canzoniere », que la Chanson de Roland ou celle des Fileuses étaient des chansons au sens premier, que Rimbaud, Baudelaire, Verlaine et tant d'autres ont écrit des chansons qui attendirent parfois presqu'un siècle avant d'être mises en musique et chantées) par un grand écrivain italien du siècle dernier, un écrivain dont les chroniques racontaient l'histoire des petites gens, une histoire de résistance, d'une résistance toute baignée de vie quotidienne. Enfin, si tu ne l'as pas déjà fait, je te suggère de lire ce Vasco Pratolini. Comme on dit chez nous, des comme ça, on n'en fait plus. Un homme plein de cœur et d'humanité. Son texte aussi, tout son livre, a subi le sort de ceux – femmes, hommes, livres – qu'on ne veut pas voir, qu'on ne veut pas entendre, qu'on veut vouer au silence éternel. Raison pour laquelle je me suis empressé d'en donner une version française, petite contribution à la culture comme rempart à l'oubli.


Moi, je me souviens de Sappho qui chantait ses chansons, ce qui inspira les très jolies chansons de Bilitis , écrites deux millénaires plus tard, par le Gantois Pierre Louys, qui elles ne durent pas attendre tant pour être chantées sur une musique de Claude Debussy. Je vois très bien de qui tu parles, Marco Valdo M.I. mon ami. Et je me souviens de ces temps de résistance dans la région de Florence, où je véhiculais hommes et armes dans d'étranges balades nocturnes par les vallons, les collines et jusque dans les rues où l'on arrivait juste à la levée du couvre-feu, comme arrivent les paysans au marché. Ainsi, Pratolini, je l'ai croisé plusieurs fois en ces temps-là. Cependant, parle-moi un peu de la chanson.


C'est une histoire tragique, celle d'une jeune fille, d'une jeune femme assassinée par un policier d'une balle en plein visage au moment où elle rentrait chez elle. En somme, pour résumer la chose, cette jeune femme est une victime d'une de ces multiples « bavures » policières que l'on rencontre souvent dans cette Guerre de Cent Mille Ans  que les riches et leurs serviteurs font aux pauvres afin de maintenir leur domination, d'assurer leur puissance, de défendre leurs privilèges, d'étendre leurs richesses, d’accroître leurs profits et d'empêcher toute révolte contre les iniquités et l'injustice fondamentale de l'exploitation. 
Annamaria Mantini ("Luisa") était une militante des Nuclei Armati Proletari (Noyaux armés prolétariens), abattue à Rome à l'âge de 22 ans, le 8 juillet 1975, il y a exactement 40 ans. Anna Maria avait l'âge de l'amour et des espoirs de vie meilleure et face à la répression qui frappait sans relâche ceux qui voulaient changer le monde, elle était elle-aussi entrée en résistance et en clandestinité. Ils avaient déjà tué son frère… Un jour qu'elle rentrait chez elle, elle tomba dans un guet-apens tendu par cinq policiers. Ils ne lui laissèrent même pas la possibilité d'un procès… Qu'aurait-elle dit ? Il est des vérités qu'il vaut mieux étouffer dans l’œuf. Donc, ils l'abattirent. Le coup est parti tout seul… Telle fut l'explication et l'épitaphe des tueurs.


Moi, je l'ai toujours dit, il ne faut pas laisser certains jouer avec des armes à feu… C'est dangereux.
D'ailleurs, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde accroché à ses oripeaux, intolérant, expéditif et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.






Maintenant qu'on a fait silence,
Dents serrées salut - mais salut où
sinon sur cette planète que belle
Tu embellissais ? Lumière suc exhalés comme
Éclate au soleil trop chaud la grenade
Toi clandestine.

Et comme un temps il y eut jeunesse amour
dans chacune de tes paroles chaque censure,
Sur le pas d'Arno qui connaît ton beau visage,
Natascia et Buonaluna se sont rerencontrées.
De toi parlant tranquilles de ta courte vie.
La fusillade.

Nous de notre créature ne pouvons qu'en regoûter la mémoire.
Elle est miel et fiel.
Appelons-la dorénavant avec son nom de guerre : Viola.
Une personne que nous n'avons pas connue
Et qui nous demande seulement pitié. Pitié et amour.
Elle, assassinée, que le monde voudrait assassine.
Ne me fais pas craindre que toi aussi tu le crois.

dimanche 5 juillet 2015

MONSIEUR TOUT BLANC À SANTIAGO

MONSIEUR TOUT BLANC À

SANTIAGO

Chanson italienne – Santiago – Litfiba – 1988
Version française – Monsieur Tout Blanc à Santiago – Marco Valdo M.I. – 2008






De ce côté-ci d'Eboli, le pape est une des icônes de notre temps. Monsieur Tout Blanc, c'est un peu le Tintin du Ciel, audacieux voyageur et redresseur de torts, bonne âme inoxydable. Tout comme il y eut Tintin en Amérique, Tintin au pays des Soviets, Tintin au Tibet (moins politiquement correct, celui-là – à présent, il faudrait l'intituler Tintin en Chine : commerce oblige !) et l'inoubliable Tintin au Congo (plein de racisme et de bandes dessinées), nous avons eu droit à Monsieur Tout Blanc en Amérique, Monsieur Tout Blanc en Afrique... depuis, il y aurait, paraît-il, un Monsieur Tout Blanc au Paradis (Santo subito ! Santo Subito !), mais je ne l'ai pas vu.

En 1987, il y eut – dans ce cas, la chose est certaine, un Monsieur Tout Blanc à Santiago, lorsque Monsieur Tout Blanc s'en alla saluer un général de ses amis, l'Augustissime Pinochet.

Litfiba a voulu et réussi à immortaliser cette béate circonstance au nom du Père, du Fils... et pas du peuple chilien qui lui se souvient encore du 11/9 lorsque en 1973, fut assassiné son président Allende. Quant à sa résurrection, celle du peuple chilien, elle est toujours en cours à l'heure actuelle; pour sa révolution (et la nôtre), elle est en perspective....

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.




Espère et espère, un homme va arriver
Je l'imagine dans la rue, dans les cortèges, parmi nous
Avoir peur, pleurer
Chercher ses fils morts pour lui.

Et Monsieur Tout Blanc descendit du ciel
Mais de l'autre côté des barricades
Et l'homme en blanc vit la mort
Mais il était de l'autre côté des barricades.

Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?
Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas

Espère et espère, le pape va arriver
Je l'imagine dans la rue, dans les cortèges, parmi nous
Crier fort, combattre
Chercher ses fils morts pour lui.
Et Monsieur Tout Blanc descendit du ciel
Mais c'était de l'autre côté des barricades
Et Monsieur Tout Blanc vit la mort
Mais de l'autre côté des barricades
Et la dictature et la religion font la noce au balcon
Et la dictature et la religion font la noce

Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?
Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas 
Ange, pistolet
Dis-moi, quelle paix ?
Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?

Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas
Ange, pistolet
Dis-moi, quelle paix ?





samedi 4 juillet 2015

LES PETITS CLOUS

LES PETITS CLOUS


Version française - LES PETITS CLOUS (À CHANTER EN GAÎTÉ POUR FÊTER LE SOLSTICE D'HIVER ET TOUTES LES FÊTES) – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson (enfantine) italienne – La Canzone Dei Chiodini – da cantare in allegria per festeggiare il solstizio d'inverno e tutte le feste – anonyme – s.d.


https://www.youtube.com/watch?v=mCuZ_XMyrTo 
https://www.youtube.com/watch?v=gM5tXxvXIYc


Tous les enfants avec leurs petits clous
Vont clouer Jésus.
Prends tes petits clous,
Viens clouer Jésus.



Mon cher Lucien, une de mes connaissances, un athée notoire, docte professeur et grand admirateur de Jean Meslier – il en fait des conférences, des articles et a publié tout un livre à son sujet (http://lpa.atheisme.ca/montreal2010/sp/deruette_serge_fr.html et http://www.aden.be/index.php?aden=lire-jean-meslier---cure-et-athee-revolutionnaire ), à qui j'avais fait connaître la chanson d'Anton Virgilio Savona : Il testamento del parocco Meslier et par voie de conséquence, les Canzoni contro la Guerra, m'a adressé à son tour une chanson italienne, inconnue au bataillon des Canzoni. C'est une chanson enfantine, pleine de clous.Je suis d'ailleurs étonné de ne pas l'avoir trouvée ici. Mais il est vrai qu'on ne pense pas toujours aux chansons pour enfants et encore moins, à des chansons pour enfants qui mettent en cause les plus grandes autorités, démontent les plus grands mensonges et s'en prennent aux plus rands tabous.

Comment ? Comment ? Une chanson pour enfants qui s'en prend aux plus grands tabous.

Oui, oui, Lucien l'âne mon ami, tu entends bien. Je t'explique. Il te souviendra que j'avais déjà cité ici une chanson française où il était question de la quéquette à Jésus-Christ…

Évidemment… je te la fredonne : Jésus-Christ a une quéquette, qu'est pas plus grosse qu'une allumette et qui lui sert à faire pipi, vive la quéquette à Jésus-Christ.

Celle-là même. Mais là, on était dans le registre de la chanson d'étudiants et en pays de langue française… Ce qui caractérise celle d'aujourd'hui est qu'elle est italienne, enfantine et drôlement forte dans l'impertinence… Les petits enfants se proposent d'aller clouer Jésus et même la Madone avec leurs petits clous. Tu verras qu'à la fin, Joseph en profite lui pour se venger de Gabriel, qui l'avait rendu cocu. Le tout dans la joie...
Voilà donc une chanson bien plaisante que je recommande à tous les enfants et spécialement, à ceux qui en ont plein le dos des catéchismes et d'être pris pour des catéchumènes. Je leur suggère de la chanter partout, en promenade, lors des fêtes de l'école, lors des soirées de famille, chez les scouts, que sais-je… Qu'ils fassent des chorales… Qu'on l'entende partout… C'est une manière comme une autre de tisser le linceul de ce vieux monde déiste, religieux, crédule et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Tous les enfants avec leurs petits clous
Vont clouer Jésus.
Prends tes petits clous,
Viens clouer Jésus.

Prends un marteau,
Prends-en un beau.
Allons clouer Jésus !
Prends un marteau,
Allons clouer Jésus !
Cloue-le bien, cloue le haut
Pour pas qu'il tombe.
Viens sur le Calvaire
Clouer Jésus !

La Madone, pauvre nounou,
On a cloué son Jésus.
Prends un petit clou
Et viens clouer Jésus !
Le centurion avec son épée
Coupe une couille à Jésus.
Prends aussi une épée
Et coupe une couille à Jésus !

La Madone, pauvre femme,
Nous allons la clouer aussi
Avec nos petits clous, dame !
Nous la clouerons aussi !
Toutes les mères
Au lance-flammes
Vont brûler Jésus.
Prends un lance-flammes
Et toi aussi, tu
Pourras brûler Jésus.

Avec le kérosène,
Il brûle bien Jésus ;
Pour le chauffer davantage
Prends un cierge
Et viens brûler Jésus !

Et Joseph, brave cocu, quand il l'a su,
Vint clouer Jésus.
Allons clouer l'enfant Jésus
Bibidibodidibù
Bibidibodidibù...