jeudi 1 janvier 2015

Bagatelle sur un Tombeau

Bagatelle sur un Tombeau

Pierre Dac – à l'état-civil : André Isaac, né le 15 août 1893 à Châlons-sur Marne.
Mobilisé en août 1914 au lendemain de son vingt-et-unième anniversaire, il revient du front quatre ans plus tard avec deux blessures, dont une d'un obus qui lui a raccourci le bras gauche de douze centimètres – Bagatelle sur un Tombeau – 1944 



13 juin 1944 – Radio Londres
Pierre Dac répond à Philippe Henriot, éditorialiste de Radio Paris et sous-ministre de la Propagande collaborationniste, le « Goebbels français », qui l'avait insulté et attaqué de mille façons plus laides et plus moches les unes que les autres – un vrai torrent de boue, un mois avant. (Henriot contre Dac (http://www.ina.fr/audio/P12213033 – 10 mai 1944)





Bien évidemment, Lucien l'âne mon ami, ni toi, ni moi n'avons le goût, ni l’intention d'être antisémites.


En tant qu'âne, je ne me sens pas trop concerné. Disons que je ne suis pas trop raciste ; c'est vrai pour presque toutes les races et les espèces ; il m'arrive même parfois de supporter la race humaine. Surtout quand elle ne méprise pas les animaux. Car les humains, pour la plupart, sont racistes et se prennent pour la « race élue » et méprisent, exploitent (ils s'exploitent même entre eux), domestiquent ( ils se domestiquent même entre eux) , asservissent ( ils s'asservissent même entre eux), chassent (ils se chassent même entre eux), battent, blessent et massacrent (ils se battent, se blessent et se massacrent même entre eux) les autres races et espèces. Je reconnais qu'il y a des exceptions, mais statistiquement l'humanité est assez peu aimable. C'est là un des fondements de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres et aux faibles… Donc, pour continuer, les humains sont (pour une bonne part d'entre eux) racistes vis-à-vis des animaux – toutes races et espèces confondues et même, ils sont tellement racistes qu'ils inventent des races où il n'y en a pas afin de pouvoir être racistes entre eux et pouvoir pratiquer l'extermination de populations entières. Il est donc tout-à-fait évident que comme tu le dis si bien, je n'ai ni le goût, ni l'intention d'être antisémite.


Cependant, ainsi que tu l'as si bien exposé, il est des humains qui sont antisémites et furieusement ; jusqu'à vouloir l'extermination des Juifs. C'est à un de ceux-là que répond Bagatelle pour un Tombeau, dont le titre n'est pas une référence à Jean-Philippe Rameau et à son Tombeau de Couperin. Le propos de Pierre Dac répond aussi à un autre antisémite furieux et délirant par le choix de son titre : Bagatelle pour un Tombeau. Au passage, j'indique qu'il s'agit du tombeau de Marcel Isaac, frère de Pierre Dac, tué dans les tranchées de la précédente guerre. Il s'agit , tu l'auras deviné, je le vois à tes yeux noirs et luisants comme la lave de l'Etna après un bel orage, de Louis-Ferdinand Céline, qui avait publié quelques années auparavant un livre intitulé « Bagatelles pour un Massacre ». Et quand je dis « antisémite furieux et délirant », voici un extrait de ce texte de Céline : « « Je lui apprends tout de suite d’emblée que je suis devenu antisémite et pas un peu pour de rire, mais férocement jusqu’aux rognons ! » ; on est fin 1937.


On pourrait continuer longtemps, mais ici, il s'agit de laisser la parole à Pierre Dac – André Isaac. Alors, reprenons notre tâche, et comme lui, tissons le linceul de ce vieux monde raciste, antisétime, brute, maboul et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




"M. Henriot s'obstine; M. Henriot est buté. M. Henriot ne veut pas parler des Allemands. Je l'en ai pourtant prié de toutes les façons : par la chanson, par le texte, rien à faire. Je ne me suis attiré qu'une réponse pas du tout aimable – ce qui est bien étonnant – et qui, par surcroît, ne satisfait en rien notre curiosité. Pas question des Allemands.
C'est entendu, monsieur Henriot, en vertu de votre théorie raciale et national-socialiste, je ne suis pas Français. À défaut de croix gammée et de francisque, j'ai corrompu l'esprit de la France avec L'Os à moelle. Je me suis, par la suite, vendu aux Anglais, aux Américains et aux Soviets. Et pendant que j'y étais, et par-dessus le marché, je me suis également vendu aux Chinois. C'est absolument d'accord. Il n'empêche que tout ça ne résout pas la question: la question des Allemands. Nous savons que vous êtes surchargé de travail et que vous ne pouvez pas vous occuper de tout. Mais, tout de même, je suis persuadé que les Français seraient intéressés au plus haut point, si, à vos moments perdus, vous preniez la peine de traiter les problèmes suivants dont nous vous donnons la nomenclature, histoire de faciliter votre tâche et de vous rafraîchir la mémoire :
  1. Le problème de la déportation;
  2. Le problème des prisonniers;
  3. Le traitement des prisonniers et des déportés;
  4. Le statut actuel de l'Alsace-Lorraine et l'incorporation des Alsaciens-Lorrains dans l'armée allemande;
  5. Les réquisitions allemandes et la participation des autorités d'occupation dans l'organisation du marché noir;
  6. Le fonctionnement de la Gestapo en territoire français et en particulier, les méthodes d'interrogatoire
  7. Les déclarations du Führer dans Mein Kampf concernant l'anéantissement de la France.
Peut-être me répondrez-vous, monsieur Henriot, que je m'occupe de ce qui ne me regarde pas, et ce disant vous serez logique avec vous-même, puisque dans le laïus que vous m'avez consacré, vous vous écriez notamment : "Mais où nous atteignons les cimes du comique, c'est quand notre Dac prend la défense de la France! La France, qu'est-ce que cela peut bien signifier pour lui ?"
Eh bien ! Monsieur Henriot, sans vouloir engager de vaine polémique, je vais vous le dire ce que cela signifie, pour moi, la France.

Laissez-moi vous rappeler, en passant, que mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents et d'autres avant eux sont originaires du pays d'Alsace, dont vous avez peut-être, par hasard, entendu parler ; et en particulier de la charmante petite ville de Niederbronn, près de Saverne, dans le Bas-Rhin. C'est un beau pays, l'Alsace, monsieur Henriot, où depuis toujours, on sait ce que cela signifie, la France, et aussi ce que cela signifie, l'Allemagne. Des campagnes napoléoniennes en passant par celles de Crimée, d'Algérie, de 1870-1871, de 14-18 jusqu'à ce jour, on a dans ma famille, monsieur Henriot, lourdement payé l'impôt de la souffrance, des larmes et du sang.

Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France. Alors, vous, pourquoi ne pas nous dire ce que cela signifie, pour vous, l'Allemagne ?

Un dernier détail: puisque vous avez si complaisamment cité les prénoms de mon père et de ma mère, laissez-moi vous signaler que vous en avez oublié un celui de mon frère. Je vais vous dire où vous pourrez le trouver ; si, d'aventure, vos pas vous conduisent du côté du cimetière Montparnasse, entrez par la porte de la rue Froidevaux ; tournez à gauche dans l'allée et, à la 6e rangée, arrêtez-vous devant la 8e ou la 10e tombe. C'est là que reposent les restes de ce qui fut un beau, brave et joyeux garçon, fauché par les obus allemands, le 8 octobre 1915, aux attaques de Champagne. C'était mon frère. Sur la modeste pierre tombale, sous ses nom, prénoms et le numéro de son régiment, on lit cette simple inscription: "Mort pour la France, à l'âge de 28 ans". Voilà, monsieur Henriot, ce que cela signifie pour moi, la France.       
Sur votre tombe, si toutefois vous en avez une, il y aura aussi une inscription: elle sera ainsi libellée :

PHILIPPE HENRIOT
Mort pour Hitler,
Fusillé par les Français...

Bonne nuit, monsieur Henriot. Et dormez bien. Si vous le pouvez… 



P.S. : Henriot ne devra pas longtemps attendre pour dormir – en bon catholique – éternellement. Le 28 juin 1944, quelques semaines plus tard, un commando de la Résistance vient l'enlever ; Henriot est armé ; il est abattu ; sa femme, présente, est épargnée. 

mercredi 31 décembre 2014

Dans le dos

Dans le dos


Chanson française – Dans le dos – Pierre Dac – 1944

Parodie du Refrain des chevaux de bois – 1936



Car de toutes les manières,
L'ordre nouveau, vous l'avez dans le dos.


Ah, Lucien mon ami l'âne, tu connais sans doute aucun la chanson du « Refrain des Chevaux de Bois »…

Certainement, comment ne la connaîtrais-je pas, je suis un ongulé, moi aussi. Alors, tu penses… si je la connais. Je m'en vais de ce pas d'âne, t'en dire le texte et tu pourras même l'écouter chanté par Ray Ventura (1936) et puis, par Georges Brassens, qui l'aimait beaucoup. Donc, voici :



Refrain des chevaux de bois

1936 -
Auteurs : Charlys – Maurice Vandair -
Compositeur : Maurice Alexander - 
Brassens :
https://www.youtube.com/watch?v=jY6RFGFwJuo
Ray Ventura :
http://www.dailymotion.com/video/x1090tc_ray-ventura-le-refrain-des-chevaux-de-bois_music



Viens ma chérie ne me sois pas rebelle
Belle belle fleur de printemps
Tu es parmi les autres jouvencelles
Celle celle que j'aime tant
Je ne pourrais pas t'offrir des bijoux
Ni des robes à un prix fou
Mais je t'invite et selon mes moyens
Je ne te refuse rien
Ah, viens viens ma nénette
Faire un tour sur les chevaux
De bois
Ça fait tourner la tête
Comme si on avait la gueule
De bois
Et si tu te casses une gambette
On te fera mettre une belle jambe
De bois
Ah, viens viens ma nénette
Faire un tour sur les chevaux
De bois 
La sur ton front doucement ta main glisse
Lisse lisse moi les cheveux
Je t'offrirai un bout de pain d'épice
Puisque puisque puisque tu le veux
C'est pas toujours que l'on peut se payer
Du plaisir à bon marché
Mais je t'invite et selon mes moyens
Je ne te refuse rien
Ah, viens viens ma nénette
Faire un tour sur les chevaux
De bois
Ça fait tourner la tête
Comme si on avait la gueule
De bois
Et si tu te casses une gambette
On te fera mettre une belle jambe
De bois
Ah, viens viens ma nénette
Faire un tour sur les chevaux
De bois

Bien. Tu as une de ces mémoires… Te souviens-tu de la version de Pierre Dac, chantée par lui-même. C'est celle que je te présente et bien entendu, il s'agit d'une parodie, qui date du temps où Pierre Dac parlait aux Français depuis Londres.


Je me souviens très bien de son : « Radio-Paris ment, Radio-Paris ment ! Radio-Paris est allemand ! » sur fond de brouillage radiophonique.


Donc la parodie des Chevaux de Bois s'intitule : « Dans le dos ! »… Elle dit aux nazis et à leurs amis : « Vous l'avez dans le dos... »


Oh, Pierre Dac était bien poli…


Oui, en effet. Mais s'il disait dans le dos, tout le monde comprenait évidemment l'euphémisme et savait qu'il leur disait : « vous l'avez dans le cul ! ». Mais tu as raison, Pierre Dac, alias André Isaac était un garçon bien élevé… Lui ! Quant à ses interlocuteurs , c'est une autre histoire… Henriot, par exemple, malgré ses grands airs de Français-français, est d'une arrogance et d'une grossièreté d'esprit, même si le langage semble s'en tenir à la plus stricte correction.


Et de fait, c'est bien là finalement qu'ils l'ont eu… Comme chantent les enfants dans les cours d'école : « On a gagné les doigts dans le nez… Ils ont perdu les doigts dans le cul ! » Quant à nous, reprenons notre douce tâche et tissons tranquillement le linceul de ce vieux monde arrogant, grossier, mensonger, propagandiste, médiatisé et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Dans le camp nazi, on s'agite, on s'énerve
nerve, nerve
C'est pas marrant !
Tout l'optimisme qui restait en conserve
Serve, serve
A fichu le camp
Les clameurs national-socialistes
N'éviteront pas que bientôt
Toutes les fripouilles collaborationnistes
Se retrouveront sur le carreau
Ça vient et ça s'apprête
Mais oui, Messieurs, vous l'avez dans le dos
Finie la chansonnette
La croix gammée, vous l'avez dans le dos
Ce que vous pourrez dire et faire
N'empêchera rien, vous l'avez dans le dos
Car de toutes les manières,
L'ordre nouveau, vous l'avez dans le dos.

LE SOLDAT AMOUREUX

LE SOLDAT AMOUREUX

Version française – LE SOLDAT AMOUREUX – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson napolitaine – 'O surdato 'nnammurato – Anna Magnani1915


Texte d'Aniello Califano
Musi
que d'Enrico Cannio



ANNA MAGNANI
Carlo Levi - 1954

Oh vie, oh ma vie…
Tu as été mon premier amour…
Le premier et le dernier pour moi !


Une des plus belles (universelles) canzones napolitaines de tous les temps, que nous avons décidé d'insérer dans l'interprétation de la grande Anna Magnani, qui en fut l'interprète mémorable dans le film pour la télévision « La Sciantosa », d'Alfredo Giannetti (1970), dans lequel elle jouait aux côtés de Massimo Ranieri. Un hommage à la grande Nannarella ... 

La chanson, comme on sait, parle d'un soldat, loin de son aimée car il est au front pendant la première guerre mondiale.
Interprétée
par beaucoup de grands artistes, napolitains et pas napolitains.



Tu es loin de mon cœur,
Par la pensée, je te rejoins
Je ne veux rien, je n'espère rien
Plus que te tenir contre moi
Sois sûre de cet amour
Comme je suis sûr de toi…

Oh vie, oh ma vie…
Oh cœur de mon cœur…
Tu as été mon premier amour…
Le premier et le dernier pour moi !
Depuis combien de nuits, je ne te vois pas,
Je ne te sens pas entre ces bras,
Je ne baise pas ton visage,
Je ne te serre pas entre mes bras ? !
Mais, au réveil de mes rêves,
Tu me fais pleurer après toi…

Oh vie, oh ma vie…
Oh cœur de mon cœur…
Tu as été mon premier amour…
Le premier et le dernier pour moi !
Écris toujours que tu es contente:
Je ne pense qu'à toi…
Une pensée me console,
Tu ne penses seulement qu'à moi…
La plus belle de toutes belles,
N'est jamais plus belle que toi !


Oh vie, oh ma vie…
Oh cœur de mon cœur…
Tu as été mon premier amour…
Le premier et le dernier pour moi !


mardi 30 décembre 2014

On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle


On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle

Persiflerie française - On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle - Pierre Desproges - Théâtre Grévin 1986 




Persifleur de première
9 mai 1939 (Pantin) – 18 avril 1988 (Paris)

Lucien l'âne mon ami, il n'y a pas que la chanson dans le spectacle sur scène, dans les cabarets et dès lors, je te prie de bien vouloir considérer ceci. Il y a aussi les persifleurs… Par exemple, Karl Valentin… en est un exemple. Ou les Monty Pythons… Ou Ascanio Celestini… Je ne sais depuis quand, peut-être même en Egypte aux temps des pharaons en trouvait-on déjà… Mais il y a une longue tradition de ces persifleurs qui s'en prennent aux pouvoirs et aux gens et aux choses installées. Qui mettent à mal les idées reçues, qui font de la moquerie un art majeur. Il y en a toute une gamme ; certains sont plus incisifs que d'autres. Parmi tous ceux-là, il en est un qui disait : On peut rire de tout, certes ; mais pas avec tout le monde. Et de fait, il riait de tout et même du cancer qui devait l'emporter trop tôt. Sans lui, il serait encore là. Il riait en premier de lui-même. Ainsi, il faisait ce qu’il disait : « Le premier devoir des humoristes, c'est de savoir se moquer d'eux-mêmes. » C'est à ça qu'on les reconnaît… Les vrais. Et donc, tu auras reconnu celui-ci, je le vois à ton œil d'âne qui soudain brille comme la lune dans un songe d'une nuit d'été. Ici, il va répandre l'acide ironique sur l'antisémitisme et les antisémites. Un juste retour de l'acide prussique… ou cyanhydrique, mieux connu sous le nom de Zyclon B, dont la firme Bayer s'est souvenue sous le nom de Baygon – en vente dans toutes les bonnes drogueries. Efficace, terriblement efficace contre les poissons de lune, les fourmis et autres insectes.


Là, Marco Valdo M.I. mon ami, tu te laisses emporter par ton tempérament de persifleur… Cependant, je ne peux que te donner raison. Moi-même, souviens-t-en, je pratiquai l'art du persiflage autour du début du siècle dernier et seul un ahuri au menton en galoche, un arrogant imbécile que de plus imbéciles que lui avaient mis au pouvoir, m'avait contraint au silence… Je le faisais – à Rome – sous le titre éclairé, pour ne pas dire illuminé, de L'Asino. Dès lors, tu comprends que je comprenne et mieux, que j'apprécie. J'apprécie surtout l'art et le courage du persifleur qui est probablement, avec certains chanteurs, un des artistes qui travaille sans filet, face à face avec le public auquel il suggère – parfois fortement – des vérités, souvent dérangeantes. Les autres, il n'y a pas besoin de persifler pour les affirmer. Mais quand même, à voir le titre, ce ne doit pas être de la petite bière… comme on dit par ici.

Comme on dit par ici, en effet, c'est du « fort toubac ».
Démarrer en disant : « On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle.», mais Desproges était ainsi. En avant toute ! Pour le connaître, il faut lire sa biographie et le plus simple, mais comme tu vas voir pas le moins dangereux, c'est de s'adresser à Wikipedia. Dans le cas de Desproges, c'est un vrai scandale ; une récupération immonde, comme ils l'ont fait pour Rimbaud – caviardé par sa sœur, Jean Yanne récupéré par l'Église… Ils avaient essayé avec Voltaire et même, il l'aurait tenté avec le bon abbé Meslier, s'ils l'avaient pu. Pareil pour Desproges, pour un peu, ils en feraient un enfant de chœur. Cela dit, il faut laisser à Wikipedia que sa date de naissance est exacte… et puis, en soi, d'une certaine manière, cette pseudobiographie, c'est (sans le vouloir, car il est sûr qu'ils ne l'ont pas voulu) une parodie de Desproges, tellement c'est pompier et récupérateur. Nanti de cet avertissement au lecteur, tu peux t'aventurer à lire cette notice de Wikipedia ; elle est garantie politiquement correcte. Pierre Desproges, lui, ne l'était pas. Alors là, pas du tout !

Oh, je sais ! D'ailleurs, s'il avait dû s'engager dans un parti, il n'aurait certes pas rejoint le MOU (Mouvement Onaniste Unifié) ou le MOI (Mouvement Onaniste Indépendant), mais très certainement, le Parti d'en Rire [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=41079]], dont il aurait eu plaisir à retrouver les pères fondateurs. Dès lors, sans attendre et avec lui, tissons le linceul de ce vieux monde convenable, bien élevé, croyant, crédule, escroc, menteur, médisant et cacochyme !




Heureusement !






Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle.
Vous pouvez rester ! 

N'empêche qu
'on ne m'ôtera pas de l'idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l'égard du régime nazi.
Il est vrai que les Allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l'égard des
Juifs.

Mais enfin, ce n'était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu'on n'est pas n'importe qui, qu'on est le peuple élu, et pourquoi j'irais pointer au Vélodrome d'Hiver, et qu'est-ce que c'est que ce wagon sans banquettes, et j'irai aux douches, si je veux...
Quelle suffisance !

Attention ! Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Je n'ai personnellement
rien contre ces gens-là.
Bien au contraire ! Je suis fier d'être citoyen de ce g
rand pays… de France où les Juifs courent toujours.

Je sais faire la part des choses. Je me méfie des rumeurs malveillantes. Quand on me dit que si les Juifs allaient en si grand nombre à Auschwitz, c'est parce que c'était gratuit…
Je pouffe.

Et puis, attention, il y a Juif et Juif ; il y à deux sortes de Juifs : le Juif assimilé et le Juif-Juif. C'est pas du tout pareil.
Le Juif assimilé…
c'est… C'est vraiment n'importe quoi. Si vous voulez, c'est le genre de mec… Il regarde Holocauste les pieds sur la table en bouffant du cochon pas casher.
Il est infoutu de reconnaître le Mur de Berlin du Mur des Lamentations… Quand il voit un mur, il joue au squash…
Ces gens-là sont la honte des synagogues.
En plus, ils n'auront même pas la chance d'être reconnus par les nazis lors de la prochaine.

Le Juif-Juif, c'est complètement différent.
Le Juif-Juif ,
comment dire, se sent plus Juif que fourreur. Vous voyez...
Il renâcle à l'idée de se mélanger aux gens du peuple non élu
en dehors des heures d'ouverture de son magasin… Bien sûr...
Dès son plus jeune âge, il recherche la compagnie des autres Juifs
et ce n'est pas toujours facile.C'est vrai naguère encore, les Juifs avaient les lobes des oreilles pendants, les doigts et le nez crochus et la bite à col roulé. Hein !

Depuis que le port de l'étoile est tombé en désuétude, on ne sait pas pourquoi, ce n'est pas évident de reconnaître au premier coup d’œil un petit enfant Juif d'un petit enfant antisémite.

Mais de nos jours,
vous comprenez ces gens-là, les Juifs, ils se font tous raboter le pif et raccourcir le nom ; alors, on ne les reconnaît plus. Voyez Jean-Marie Le Penovitchstein. On dirait un Breton.
Vous savez… Que tous les praticiens de la chirurgie esthétique... sont Juifs.

Tous les médecins sont Juifs.
Sinon, tu n'as pas le diplôme…

Tous les pharmaciens sont Juifs.

Tous les archevêques de Paris sont Juifs.

Tout le monde sont Juifs.

En tous cas, pour les médecins, je suis absolument formel. Tous les médecins sont Juifs.

Enfin, le docteur Petiot, je ne suis pas sûr...
Vous ne savez pas qui était le Docteur Petiot...Elle est bête… C'est pas grave, ce n'était pas vraiment une gloire nationale

Le docteur Petiot, comment vous dire, en un mot… Le Docteur Petiot, si vous voulez, c'est ce médecin parisien qui a démontré en 1944 que les Juifs étaient solubles dans l'acide sulfurique.

Et bien, le Docteur Petiot n'était pas Juif. Alors que le Docteur Schwartzenberg, si.

Cela dit, il n'y a aucun rapport entre Petiot et Schwartzenberg. Je ne sais même pas pourquoi je fais le rapprochement... Je veux dire que Schwartzenberg, lui, il ne fait pas exprès de tuer les gens. Non...
Voilà encore un bruit qui court… Quand on vous dit que les Juifs sont vecteurs de maladies. Regardez Schwartzenberg ; est-ce qu'il est cancérigène ? Non !
Comme disait mon copain Le Luron, il suffit de ne pas trop s'approcher.

Les Juifs-Juifs ne se marient qu'entre eux, bien sûr…
À ce propos, je relisais récemment  un livre d'Harris et Sédouy qui est paru chez Grasset il y a cinq ou six ans : Juifs et Français, dans lequel les auteurs demandaient à une grande journaliste de télévision, pleine de talent, très belle en plus (pas Ockrent, une journaliste qui écrit des articles, qui fait des reportages… j'aime beaucoup Christine Ockrent, mais elle est plutôt mannequin de Télé-7 jours que journaliste… Non, mais c'est bien, c'est un métier… C'est vrai … Un jour, elle pose avec sa mère ; trois semaines après, avec son grand-père ; après ça, elle a posé sur deux pages avec son bébé . C'est incroyable. Je suis sûr qu'elle aurait fait une fausse couche, elle aurait posé à côté du placenta.

Là, je fais allusion à Harris et Sédouy ont interviewé une grande journaliste de télévision… française, très belle, je le répète, mais dont je tairai l'identité par pure discrétion, vous pouvez le comprendre… Les auteurs demandaient à cette jeune femme si elle aurait épousé Yvan Levaï pour le cas où il n'aurait pas été Juif comme elle.
Et bien, voyez-vous, cette jeune femme a répondu que non, qu'elle n'aurait probablement pas pu tomber amoureuse d'un non-Juif.

Mais voyez-vous, moi, je comprends très bien cette attitude qu'on pourrait un petit peu hâtivement taxer de racisme.

Moi-même, qui suis
Limousin, j'ai complètement raté mon couple parce que j'ai épousé une non-Limousine.
Une Vendéenne.
Je suis désolé, les Vendéens ne sont pas des gens comme nous.
D'accord, ils ont des petits doigts, des petits lobes et tout ça… Mais, je ne sais pas, moi … Nos patois ne sont pas les mêmes et nos coutumes divergent…
Et dix verges, c'est énorme.

Voilà une femme,
n'est-ce pas, qui mange du poisson le vendredi , alors que moi, je mange du bœuf mironton le mardi. Il n'y a pas de compréhension possible !

Puis, nous avons notre sensibilité limousine.
Nous avons notre humour limousin … qui n'appartient qu'
à nous.
Nous partageons entre nous une certaine angoisse de la porcelaine peu perméable aux
Chouans.
Il faut avoir souffert à Limoges pour comprendre.