vendredi 28 novembre 2014

BONJOUR, PATRON

BONJOUR, PATRON


Version française – BONJOUR, PATRON – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne – Buongiorno, signor padrone – anonimo – 1946-56


Maintenant vous êtes contents,
Vous faites tout avec le moteur !

Chant recueilli à Acquaviva, fraction de Montepulciano, en Valdichiana, en 1976.
L'informateur
était Sesto Marchetta, ex métayer, analphabète, 68 ans.



Dans la recherche
où il est question de l'affrontement entre patron et métayer, il y a d'autres textes de chants populaires toscans sur le thème des revendications des paysans et des métayers entre la fin du dix-neuvième et l'après-guerre. Dans tous, est claire la dénonciation de la profonde injustice des rapports de classe, « l'arbitraire qui présidait à la répartition des produits et la vie parasitaire des patrons et leur arrogance », et est aussi décrite la tentative des paysans de se rebeller face aux abus du patron et à la misère. Mais ensuite la rébellion est défaite de manière humiliante, le patron réussit encore une fois à rouler le paysan qui non seulement se contente de quelque miette en plus (un tonneau de vin, un sac de grain) mais même, dans certains cas, doit consentir à ce que sa femme cède au patron, afin d'obtenir un traitement meilleur. Comme ça ne me va pas de proposer les ici ces chants de défaite, bien que indubitablement ils soient le témoignage d'une évolution de la conscience paysanne et du graduel changement des rapports de force entre des classes dominantes et subalternes.
L
'« affrontement » qui suit remonte par contre à l'après-guerre, des années qui virent une très forte confrontation, en Toscane comme dans toute Italie, qui aboutirent la réforme agricole de 1950 et aux premières coopératives agricoles.
Et en effet, au patron qui
rappelle que dans les premières années 20, les paysans étaient beaucoup plus obéissants et serviles, le métayer lui rappelle qu'alors il y avait les matraques fascistes pour tenir en respect aux travailleurs, mais le fascisme est vaincu et avec lui l'exploitation et l'arrogance du patron.



[Métayer]

Bonjour, patron
Je suis venu vous saluer.
La ferme ne me rapporte pas,
Je cherche à l'abandonner ;
Je travaille jour et nuit
Seulement pour manger,
Je vous rends les clés,
Venez y travailler vous-même !


[Patron]

Oh paysan lâche
Et sans pudeur,
Tu abandonnes ma ferme
Car tu es un grand monsieur :
Tu as une belle auto
Du vin à volonté
Et tu achètes un appartement
En ville !
[Métayer]

Oh écoutez, patron,
Je suis un homme ruiné,
Si je reste dans votre ferme
Je deviendrai un malheureux !
J'ai mon enfant qui va à l'école
Et il a envie d'étudier ;
Vous dites que vous avez la ferme,
Venez y travailler vous-même !

[Patron]

En vingt - vingt et un,
Les paysans étaient meilleurs ;
À propos d'égoïsme
Ils avaient de l'attachement ;
Ils travaillaient jour et nuit
Avec force et ardeur.
Maintenant vous êtes contents,
Vous faites tout avec le moteur !


[Métayer]
En vingt - vingt et un,
Pour un oui, pour un non,,
Alors, vous employiez
Votre vieille matraque.
En septante-six,
Vingt et un n'est plus,
Alors votre matraque
Ici n'existe plus !

(Moi, dit Lucien l'âne , j'aurais conclu :

En septante-six,
Vingt et un n'est plus
Et votre vieille matraque

Vous pouvez vous la foutre au cul !)

jeudi 27 novembre 2014

NE JOUE PAS AVEC LES ENFANTS SALES

NE JOUE PAS AVEC LES ENFANTS SALES


Version française - NE JOUE PAS AVEC LES ENFANTS SALES – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson allemande - Spiel nicht mit den schmuddelkindern – Franz-Josef Degenhardt - 1965















NE JOUE PAS AVEC LES ENFANTS SALES, ne trouves-tu pas Marco Valdo M.I. mon ami qu'on dirait là un titre sorti tout droit de l'imagination d'Alexandre Vialatte ?




Oh que si ! Lucien l'âne mon ami, laisse-moi te dire qu'outre d'avoir deux oreilles, tu as de l'oreille… Évidemment, de l'oreille d'âne, mais d'un âne outrageusement cultivé. Car qui irait voir là un titre sorti tout droit de l'imagination d'Alexandre Vialatte ? Et ton sentiment est juste et la chose se vérifie dans toute la chanson de Degenhardt. Elle sent comme sentait La Complainte des Enfants frivoles, mais avec en plus une autre histoire, une autre dimension. Un ton commun, un autre air, en quelque sorte. J'ai d'ailleurs failli donner comme titre à la version française : « La Complainte des enfants sales ».




Ce serait un beau titre, en effet, dit Lucien l'âne. Cependant, j'imagine bien qu'il s'agit d'une histoire d'enfants, mais encore… Que dit-elle ? Car encore une fois, tu t'égares dans des considérations exotiques…




Pas tellement, comme tu vas le voir… Alors, que dit-elle… Beaucoup de choses. Elle raconte pour une part une histoire que Georges Brassens, notre Tonton Georges (dont Degenhardt se revendiquait et dont il a chanté les versions allemandes de 10 chansons qu'il avait lui-même concoctées) que Tonton Georges donc avait été chercher chez Jean Richepin : celle des enfants de bourgeois [[44602]]. Mais, si le point de départ est semblable, la chanson de Degenhardt raconte quand même tout autre chose. Il y a là une ambiance de destin sinistre ; elle tient du fait-divers et du fatum ; elle raconte la reproduction sociale et ses dérapages à l'heure de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres depuis tant de temps. Pour le reste, pour les considérations plus générales, pour les interprétations, je laisse le champ libre à l'imagination.




Laissons, laissons, tu as raison, laissons courir l'imagination et reprenons notre tâche que n'aurait pas dédaignée Franz-Josef Degenhardt, l'avocat chantant, qui dans la chasse aux chômeurs et dans la chasse aux pauvres se tient toujours du côté des pauvres. Reprenons cette tâche infinie, du moins tant qu'il y aura des riches et des richesses, qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde de « la ville haute », répressif, respectable, respectueux, brutal et cacochyme.




Heureusement !






Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane








« Ne joue pas avec les enfants sales,
Ne fredonne pas leurs airs.
Va donc dans la ville haute,
Fais comme tes frères »

Ainsi, parlait la mère, parlait le père, prêchait le pasteur.
Cependant, il se glissait toujours par la porte du jardin
Dans les clapiers, où on jouait au bésigue
Pour du tabac et des peaux de rat,
On zyeutait sous les jupes des filles.
Sur de vieilles caisses en bois
Des chats au soleil somnolaient.
Quand la pluie tombait,
On écoutait Englebert le benêt,
Celui qui sur un peigne en plastique,
Jouait des airs hypnotiques
Le soir à la table familiale, après le bénédicité,
Il entendait alors : « Tu sens de nouveau le clapier.
Ne joue pas avec les enfants sales,
Ne fredonne pas leurs airs.
Va donc dans la ville haute,
Fais comme tes frères »

On l'inscrivit dans une école dans la ville haute,
On lui lissa aussi ses cheveux et son parler confus.
On lui apprit à plier son échine et ses phrases.
Au lieu de ses airs touffus,
Il devait jouer du classique.
Devant de vieilles dames squelettiques,
Sous leurs cils rouges,
Une kyrielle d'enfants grelottent -
Alignés en rang par quatre,
Leurs os geignent pourris, toujours plus pourris -
Sous les drapeaux
Ils hurlent, qu'ils sont pour l'amitié.
Parfois le soir, il gagnait le clapier ;
Accroupis, les enfants sales chantaient des grossièretés.
Ne joue pas avec les enfants sales,
Ne fredonne pas leurs airs.
Va donc dans la ville haute,
Fais comme tes frères »

Par revanche, il est devenu riche. Dans la ville haute,
Il s'est construit une maison. Il prend un bain tous les matins.
Il sent comme sentent les meilleures personnes.
Il rit grassement, quand tous les rats du coin
Se jetèrent angoissés dans les ravines
Car ils l'avaient senti.
Il a détruit les clapiers
À leur place, il a construit
Des jardins pour les enfants du quartier.
Il aimait des femmes de la haute,
Les voitures rapides et la musique,
Blondes et bruyantes et moelleuses.
Son fils, le renfermé, un soir tard, est rentré
Il l'a senti, l'a frappé, il a crié : « Tu pues le clapier.
Ne joue pas avec les enfants sales,
Ne fredonne pas leurs airs.
Va donc dans la ville haute,
Fais comme tes frères »


Un jour, il manqua un virage.
On l'a sorti du tas de ferraille.
Lui plus tard par les routes
Boitait, on le vit des journées entières
Sur un peigne de plastique jouer des airs,
La peau de rat au ras du col.
Il boitait sautillant derrière des enfants,
Il voulait barrer le chemin de l'école
Et retourna autour des clapiers.
Un jour en pleine clarté
Il a ensorcelé un enfant,
Il l'a entraîné dans une étable.
On a trouvé son corps qui flottait dans la mare aux rats ;
Tout autour les enfants sales sur leur peigne fredonnaient déjà :

« Ne joue pas avec les enfants sales,
Ne fredonne pas leurs airs.
Va donc dans la ville haute,
Fais comme tes frères »

mercredi 26 novembre 2014

ΒΟΝ, LA FRANCE

ΒΟΝ, LA FRANCE

Version française – ΒΟΝ, LA FRANCE – Marco Valdo M.I. – 2011
Chanson allemande – Bon, la France – Franz-Josef Degenhardt – 1980





Jusqu'aux années 1940, tous les 20-40 ans, les Allemands ( qui sont notoirement de grands nomades depuis le temps des Völkerwanderungen) ont effectués plus que volontiers de excursions en France. Sauf qu'il s'agissait d'excursions un peu particulières, avec des régiments d'artillerie dans les bagages, de l'aviation, des chars et des divisions d'infanterie. Dans cette chanson, Franz-Josef Degenhardt reconstruit à sa manière l'histoire de ces petits tours, se servant d'une paire de Fritz qui personnifient les deux inséparables âmes de l'expansionnisme allemand : le militaire et l'affairiste : financier et banquier. Sans ces deux Fritz, Hitler n'aurait jamais pu exister. On commence au premier tour, la guerre franco-prussienne de 1870, on poursuit avec la guerre de 1914 et puis avec celle de 1940 ; et comme dit la chanson, : « Les patrons sont les mêmes. Seuls ont changé les modes,... » Il s'agissait toutefois de guerres « guerrières », avec leurs Sedan, Verdun, Ligne Maginot et leurs entrées à Paris. Elles pouvaient se passer bien ou mal, mais le résultat est que, tôt ou tard, de leur volonté spontanée ou à coups de pied dans le cul, les Allemands rentraient chez eux. Puis un jour finalement, ils ont découvert comment faire, sans tirs et fils barbelés, mieux valent les sous et la finance. Si possible sans trop se faire remarquer. La chanson est de 1980, mais sa dernière strophe est , je dirais, plus qu'actuelle. [R.V.]



Je voudrais ajouter une ou deux choses au commentaire de Riccardo, dit Lucien l'âne. D'abord, dire combien cette chanson va dans le même sens que les « Histoires d'Allemagne », jusqu'à présent 50 chansons que tu as écrites, mon ami Marco Valdo M.I., en tirant la substance d'un livre de Günter Grass qui raconte son « Siècle » allemand (1900 – 2000). Ensuite, elle confirme ce mouvement continu depuis, en gros, Otto von Bismarck et qui tend à faire une plus « grande Allemagne » et à mettre l'Allemagne à la dimension de l'Europe (a minima).

En effet, dit Marco Valdo M.I., on voit actuellement en Europe – au niveau des institutions européennes, au niveau des convulsions européennes, des contractions de parturition européennes, comme une sorte de « merkelisation » de l'Europe, comme une prémonition de Cinquième Reich... par les voies « pacifiques » de la domination commerciale, financière, administrative, réglementaire et politique. Avec comme le souligne si bien l'histoire des deux Fritz, derrière les circonstanciels politiques (Adenauer, Brandt, Schmidt, Kohl, Schröder, Merkel...) , toujours les mêmes puissances d'argent et d'industrie… En somme, l'illustration parfaite d'un grand épisode de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour étendre leur domination, pour accroître leurs profits, pour renforcer leurs pouvoirs et multiplier leurs privilèges... « Voyez ce qu'ils font aux Grecs... Demain, ce sera votre tour... »

Sans doute, dit Lucien l'âne en raclant le sol de son noir sabot, sans doute, ne pourrons nous seuls empêcher que pareil mouvement tectonique se poursuive... Mais, crois-moi, si on laisse ce monde (ici, cette Europe) aller son train , si l'on n'y met fin et rapidement, les pires choses pourraient revenir... Alors, tissons le linceul de ce vieux monde riche, avide, affairiste, arrogant, prétentieux et cacochyme.


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.


Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

Ainsi chantaient ces deux-là à pleine voix (à tue-tête)
Pleins comme des boudins de noix
Le junker Fritz et Frizt Krauter.
Le junker à cheval avec les hussards
Manteau rouge et galons d'argent.
Manteau noir, Krauter fixait les prix
Des fusils et des munitions.
Tous deux rêvaient de feu et de sang.
Combien de grenades, combien de soldats
Avait-on vu crever à
Mars-la-Tour et à Gravelotte
Là-bas à Sedan sur les hauteurs
On était en mars septante et un
Quand on entra à cheval dans Paris,
Soûls, même nos chevaux,
Tous les Fritz chantaient en chœur

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

On change de manteaux et de galons
En à peine plus d'une génération
Mais les Fritz ne changent pas
Ni leurs fabricants de canons.
Le colonel Fritz a galopé tant et plus
Et, en fedlgrau, il veut encercler Paris.
Fritz en frac, fait des dividendes
Il troque l'or contre du fer.
Comme tombent du ciel têtes,
Bras, jambes, éclats de fer
Aucun cri ne résonne comme le tonnerre
Devant Verdun dans la tempête d'acier.
Actionnaires et colonels
Parlèrent aussitôt de coup de poignard,
Les Fritz habituels ronds comme des queues de pelle,
Entonnèrent à nouveau :

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

Peuple et Führer, Sang et Terre,
Les patrons sont les mêmes.
Seuls ont changé les modes,
Les mots et les signes.
L'Hauptsturmführer Fritz porte des galons,
L'économiste Fritz la chemise brune,
Plus l'artillerie tire vite
Plus s'améliore l'humeur
Des guerres-éclair victorieuses.
Et déjà brûlent les fours
Qu'on place le long des lieux
Où l'on exploite les esclaves du travail.
En 1940, Paris est prise,
Les mêmes Fritz arrivèrent à fond de train,
On est arrivés chez Maxims
Chantent-ils ainsi, par blague.

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous sommes là.

Une génération plus tard,
Ils sont de nouveau là, les Fritz,
Jeunes directeurs de filiales
Et spécialistes de l'Europe,
L'un, major de la Bundeswehr,
Veston plus clair et très à son aise.
Fritz le banquier, porte beau.
Dès le matin au beau, tous deux
S'arrêtent un instant
Devant le tombeau du soldat inconnu,
Regardent de biais les passants,
Avant de reprendre leur chemin
Discrètement, et ils se dirigent
Vers les Champs-Élysées,
Attaché-case à la main,
Sourire en coin, ils chantonnent :

Bon, la France
Bon, la France, bien compris,
Savoir vivre, oui oui oui
Les Allemands vont à Paris
Heidi-heido-heida haha,
Et cette fois, nous restons là.


mardi 25 novembre 2014

TONIO SCHIAVO

TONIO SCHIAVO

Version française – TONIO SCHIAVO – Marco Valdo M.I. – 2014


Chanson allemande – Tonio Schiavo – Franz-Josef Degenhardt – 1966 




Franz-Josef Degenhardt (1970) avec Hannes Wader (à gauche)




Cette chanson est dédiée au travailleur immigré italien Tonio Schiavo. Il n'a vécu que peu de temps dans la ville ouest-allemande de Herne.

En 1971, Franz-Josef Degenhardt ajoutait : 

J'ai écrit cette chanson en 1966. C'est une bonne vieille chanson de Degenhardt. Aujourd'hui, en 1971, une dernière strophe manque. Elle devrait dire ainsi : Quand les travailleurs de tous les pays comprendront, qu'ils sont des camarades de classe, ils ne s'insulteront et ne se poignarderont plus mutuellement. Alors, ils dirigeront leurs armes contre leur véritable ennemi. Ce processus de compréhension est en plein développement, il s'étend de Hanoï à San Francisco, de Leipzig au Cap. Et il aboutira très sûrement. Amen.


C'est l'histoire de Tonio Schiavo
Né rachitique dans le Mezzogiorno
Une femme et huit enfants dont à peine trois vivent
Et deux demi-sœurs dans une pièce
Tonio Schiavo est parti.
Il est parti au loin – au paradis
Quelque part près de Herne en Germanie


En haut dans la mansarde de l'immeuble
Avec douze camarades du Mezzogiorno
Pour cent marks, loyer et lumière
Il s’asseyait le soir et buvait son Nero
Parfois cela semblait vu de la lucarne
Bonne étoile ?le paradisQuelque part près de Herne en Germanie

Tonio envoyait son bon argent à la maison
On comptait et on riait au Mezzogiorno
Il bossait et bossait pour dix à cette construction
Ils étaient tous soûls à l'inauguration
Le contremaître l'a traité de salaud
On n'entend pas ça volontiers au paradis
Quelque part près de Herne en Germanie

Tonio Schiavo a tiré son couteau
Le couteau à cran d'arrêt venait du Mezzogiorno
Il l'a enfoncé dans le ventre gras du contremaître
Il a coulé beaucoup de sang et de bière
Ils ont pris Tonio Schiavo à quatre
Il a vu Herne et le paradis
Et ce n'était vraiment plus si loin

Telle est la fin de Tonio Schiavo
Né rachitique dans le Mezzogiorno
De plus de septante mètres, on l'a jeté
Il est tombé sur le pavé et s'est écrasé
Devant dix hommes maigres, lâches et fatigués
Ils venaient tout droit du même pays
Du Mezzogiorno au paradis
Quelque part près de Herne en Germanie