samedi 24 mai 2014

OFFICE DES TÉNÈBRES POUR GALILÉE

OFFICE DES TÉNÈBRES POUR GALILÉE

Version française – OFFICE DES TÉNÈBRES POUR GALILÉE – Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson chilienne en espagnol - Oficio de tinieblas por Galileo Galilei - Quilapayún – 1984
http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47400
Texte de Desiderio Arenas
Musique de Patricio Wang



Et malgré les morts qui 

Continueront à mourir, oui
Oui, toujours, toujours pourtant

Elle se meut, pourtant

Si.






Lucien l'âne mon ami, l'heure est solennelle, voici un Office des Ténèbres...


Un Office des Ténèbres, quelle chose singulière ! Je me demande bien de quoi il s'agit et si c'est ce que je pense, c'est-à-dire un office religieux, quelque chose comme une longue messe, je me demande alors que vient faire un tel Office dans les Chansons contre la Guerre...


En effet, tu as bien saisi ce dont il s'agit, mais l'Office des Ténèbres dont il est question ici est au sens strict du mot – et tu sais combien et comment je connais ce mot et son sens premier – une parodie.


Une parodie d'Office des Ténèbres... Quel sens cela peut-il bien avoir ? Et il me semble me souvenir qu'un tel office n'est pas une mince affaire, il dure et dure et serait plutôt du genre lamentable et triste.


Et pourtant... C'est à un Office des Ténèbres [ http://fr.wikipedia.org/wiki/Office_des_T%C3%A9n%C3%A8bres] qu'elle fait référence cette parodie et bien entendu, volontairement. Et c'est un Office des Ténèbres pour Galilée. Ainsi, elle entend ainsi, comment dire... donner de la solennité et du poids à l'histoire qu'elle raconte... à savoir le procès fait par l'Inquisition catholique, apostolique et romaine à Galilée qui, par ses assertions, avait mis en cause l'édifice tout entier du christianisme, de même de tout déisme... En faisant tourner la Terre sur elle-même et autour du Soleil, il faisait crouler tout anthropocentrisme et par là-même, remettait l'homme et ses prétentions à sa place d'une espèce biologique quelconque sur une planète quelconque... Dès lors, plus de grand dessein, plus de fondement à la croyance... C'était gênant pour qui avait compris où menait la voie galiléenne. Scientia vincere tenebras, la messe était dite. L'Église avait compris pour qui sonnait le glas... Pour elle, pour Dieu, pour la religion. Mais si dans le principe la cause était perdue, si à long terme, l'Écar (Église catholique, apostolique et romaine) savait la partie perdue, savait que son Dieu se dissoudrait dans l'espace, il s'agissait pour elle de conserver l'essentiel, c'est-à-dire le pouvoir... Discret, un peu occulte, mais le pouvoir...


Ah, le pouvoir (dont Dieu lui-même n'est qu'une hypostase), cette terrible folie qui meut la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (dont cette Église et d'autres religions) font aux pauvres afin précisément de conserver et d'étendre ce foutu pouvoir...


Et donc, l'affaire était d'importance et ce Galilée un peu galeux... Il fallait le contraindre à la rétractation... Il accepta sans trop se faire prier... Il valait mieux, car les prières de l'Inquisition étaient assez rudes. Il accepta d'autant plus facilement que malgré sa rétractation et tout ce qui pourrait être dit... la Terre continuerait de tourner jusqu'à ce que disparaisse son étoile. « E pur si muove » - « Et, elle se meut, pourtant ... » Donc, la voie galiléenne mettait par terre l'astronomie de Ptolémée et tout ce qui s'en suit. D'où cette psalmodie du chœur dans la chanson : Ptolémée... Une invocation, comme si ça pouvait y faire quelque chose. Mais on est, je te le rappelle, dans un Office des Ténèbres, on fait dans le lavage de cerveau religieux... Bien sûr, ici, dans l'imitation, la parodie. Pour le reste, on entend Galilée - dans le texte en caractères romains ; et le Chœur des inquisiteurs en caractères italiques. D'un côté, la pensée logique et rationnelle de Galilée, par ailleurs versé dans les sciences ; de l'autre, les Inquisiteurs usant des vieux trucs religieux. Pour le détail, voir la chanson...


Mais avec nous, ces vieilles manipulations, ces exorcismes, ces tours de passe-passe n'ont jamais eu de succès. Ce n'est pas pour rien que nous disons : « Noi, non siamo cristiani, siamo somari »... Cela étant, nous reprenons notre inlassable tâche qui est de tisser le linceul, le suaire de ce vieux monde encore crédule, croyant, religieux, inféodé aux vieilles lunes, rongé par les mythes et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




PTOLÉMÉE

Je sais qu'inséparable de l'idée
Que nous pouvons avoir
De l'homme, il y a l'homme
En lui-même ;

PTOLÉMÉE

Que parfois souffre le concept
D'être confronté
À son être concret
Qu'on peut appréhender ;

PTOLÉMÉE

Je sais que le chemin le plus court
Entre deux points lumineux
Passe nécessairement
Par l'ombre.

Haec homini est perfectio
similitudo Dei

Et que l'immobilité
Ne peut être sacrée

Haec homini est perfectio
similitudo Dei

Car la création
Est un acte
Et l'acte est

Une idée
En perpétuel mouvement.

PTOLÉMÉE

Si la terre a été conçue
À l'image et semblable
À la pensée de Dieu,
Si la pensée
A une trajectoire elliptique,
La Terre est une pensée
Qui tourne autour du Soleil

PTOLÉMÉE

Nous vous exorcisons
Esprits orgueilleux, arrogants,
Pensées de démons,
Anges sceptiques et dissidents.
Nous vous exorcisons au nom
De nos ténèbres,
De notre dogmatisme,
De nos vérités,
De nos sophismes.
Nous vous exorcisons au nom
De l'intangibilité
De notre pacte sacré
Avec la parole consacrée.

Pour les hommes qui survivront
Aux bûchers intolérables,
Qui naîtront dans la panique,
Qui subiront la critique,
Pour ceux qui renaîtront
De l'éternelle obscurité
Dans les prochaines dix mille années,
Pour ceux-là, je chante.

Et dire que ces oreilles
Pures, saintes,
Devront un jour être meurtries
Par des calomnies
Si irresponsables, si démobilisatrices,
Hérétiques,
Contraire aux politiques
De la Sainte Église
Chaotique, Monopolistique, Mondaine.

Elle se meut, pourtant,
Et dans ce pourtant
Toute la question se résume :
Malgré le silence
Imposé du haut de la puissance,
Si pourtant,
Malgré les blessures qui se rouvrent
Et malgré les morts qui
Continueront à mourir, oui
Oui, toujours, toujours pourtant
Elle se meut, pourtant
Si.

vendredi 23 mai 2014

La Déposition

La Déposition

Canzone française – La Déposition – Marco Valdo M.I. – 2014

Le Livre Blanc 2

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.


Newton gravé par William Blake - 1795



Lucien l'âne mon ami, j'espère que tu avais suivi et fait attention à la première chanson de ce nouveau cycle du « Livre Blanc » qui s'intitulait « Le Grand Bond au Plafond » [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47347]] où le protagoniste un dénommé Adam se tenait debout au plafond de sa chambre... et amorçait ainsi une révolution, dont le cycle à venir rapportera l'histoire. Il était d’ailleurs tout-à-fait conscient de ce qu'il faisait, cet Adam Juracek, en qui on peut sans doute voir l'incarnation du petit peuple tchèque, comme l'avait été précédemment Chveik, le soldat. [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=8859]]
Adam déclarait tout de go et avant même, le petit déjeuner :

« Maman, Maman, je fais une révolution.
Une nouvelle loi de la nature est née
Qui renverse la gravitation de Newton.
Maman, Maman, ton fils est un nouveau Galilée. »


Évidemment que j'ai suivi et même, que je suis très impatient de connaître la suite et surtout aussi, de voir comment tu vas t'en sortir de cette nouvelle aventure. Cet Adam, qui selon certaines légendes anciennes serait le nom du premier homme... À l'époque de ce premier Adam, il n'y avait pas de nom de famille, pour la simple raison qu'il n'y avait pas de famille. Bien sûr, ici, Adam porte un nom de famille et je crois me souvenir qu'il s'appelle Adam Juracek. Et puis, quelle idée de faire une révolution avant le déjeuner...


Cette fois, Lucien l'âne mon ami, la chose se corse, car on est subitement transportés au commissariat de police de la ville de K. où se déroule cette histoire.


La ville de K ? D'où sort-elle celle-là ? C'est bien mystérieux et pourquoi l'appeler ainsi ?, dit l'âne Lucien très agité du côté des oreilles.


Je n'oserais l'affirmer, mon ami Lucien l'âne, mais il me semble voir dans le nom de la ville de K comme une réminiscence d'un autre Tchèque, célèbre et en bisbille lui aussi avec le système ou le Château. Par parenthèse, l'introducteur et le traducteur en langue française de Kafka et de son personnage K était Alexandre Vialatte. C'était au milieu des années 20 du siècle dernier. Donc, pour en revenir à cette histoire au demeurant assez kafkaïenne, comme dans le meilleur des systèmes, on voit apparaître un personnage qui vient « renseigner » les « autorités ». Est-ce par précaution, par crainte, par sens du devoir, par civisme, que sais-je... Bref, voici un informateur. On peut voir aussi qu'il est quelque peu perturbé par ce qu'il a vu... Car il a vu, comme tous les autres professeurs du conseil de classe, Adam s'élever au plafond. Mais il a aussi des raisons plus que les autres d'être déboussolé par la révélation d'Adam... Car il est professeur de physique et l'enseignant le plus communément chargé de transmettre aux jeunes générations les rudiments de la science de Newton et sa loi de la gravitation universelle, Newton et son explication de l'intangibilité de la pesanteur... Plus intangible, si c'est possible, que l'infaillibilité papale ou au choix, que le génie de Lénine, de Staline ou de Mao.


D'abord, une petite question : Alexandre Vialatte... N'était-ce pas l'inventeur des proverbes bantous, dont celui-ci qui met en garde contre certaine intempérance : « Si tu ne digères pas la soutane, ne mange pas le missionnaire »... N'était-ce pas lui qui terminait ses chroniques dans La Montagne, quotidien de Montluçon (Allier), par cette phrase énigmatique : « Et c'est ainsi qu'Allah est grand. »


C'est bien lui et comme on le voit ici, j'ai repris cette bonne habitude. Mais pour en revenir à notre physicien face à l'effondrement de la loi de la gravitation...


Évidemment, il y a de quoi être secoué. Un peu comme si tout d'un coup, un âne se mettait à parler..., dit Lucien l'âne en brayant de joie. Que ferait le professeur de zoologie ? Enfin, ce doit être bouleversant. Ça me rappelle la fois où un cirque s'était installé sur la plaine près de la gare et avait mis les animaux à paître dans le terrain vague voisin... Un immense terrain et qu'un des éléphants s'était égaré dans les jardins voisins et mangeait tranquillement les plantes de la dame... Elle n'osait pas sortir pour chasser l'animal et elle n'eut d'autre ressource que d'appeler la police... Elle a mis un certain temps à convaincre ses interlocuteurs de la réalité de la chose et il fallut encore du temps avant qu'un cornac vienne délivrer le jardin et la dame. Mais quand même courir raconter, que dis-je dénoncer à la police, un collègue car il marche au plafond...


Donc, voici le professeur de physique au commissariat qui s'efforce d'exposer le cas à l'inspecteur... s'embrouille, en appelle à Newton et finit par regretter d'avoir laissé son amie, sa fiancée, sa femme... que sais-je ? Elisabeta. Oui, Elisabeta qui lui avait posé un ultimatum à propos de la loi de Newton : "C'est elle ou moi !" , avait-elle dit . On comprend la perplexité de l'inspecteur qui ne comprend rien à ces déclarations et à ce délire de physicien en manque de certitude newtonienne. Pour le détail, voir la canzone...


Attendons la suite de l'histoire et tissons le linceul de notre vieux monde policé, délateur, enquêteur, conservateur et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Monsieur le commissaire, je …
Je ne suis pas commissaire
Je suis inspecteur...
Oh, excusez mon erreur.

Moi, Monsieur l'inspecteur, je suis professeur,
J'enseigne la physique.
C'est tout à votre honneur, professeur,
C'est très scientifique.

Je viens déclarer qu'à la réunion des professeurs
Mon collègue Adam qui enseigne le dessin et la gymnastique
A déclaré devant tous les collègues et même, le directeur
Contre toutes les autorités scientifiques, que

La gravitation était vaincue et abolie la loi de Newton.
Ce pousseur de ballon donne des cours de natation
Et parle même de révolution.
Jusqu'où iront ses élucubrations ?

J'en suis tout consterné
Et je veux informer les autorités...
Un tel personnage est un danger
Pour la science, pour les élèves, pour le pays tout entier.

Monsieur l'inspecteur, je connais bien Newton
J'ai été me recueillir sur sa tombe en Angleterre.
Oui, il est mort, il y a trois siècles environ
Et depuis longtemps, il est sous terre.

En fait, je l'ai connu à l'école
Quand on parlait de la pomme
Qui tombait sur sa tête d'en haut du pommier.
Oui, la tartine tombe toujours du mauvais côté.

Mais deux corps s'attirent l'un l'autre
Avec une force inversement proportionnelle
Au carré de la distance qui les sépare.
Il est indifférent que ce soit le vôtre ou celui d'une demoiselle.

Adam a dit : Je vous fait une démonstration
Il a regardé le plafond et il est monté comme ça
Pourquoi ? Ô pourquoi t'ai-je quittée Elisabeta ?
Pour ce merdeux de Newton ...



mercredi 21 mai 2014

LA MORT ATOMIQUE

LA MORT ATOMIQUE

Version française – LA MORT ATOMIQUE – Marco Valdo M.I. – 2014
d'après la version italienne de Riccardo Venturi d'une
Chanson polonaise - Atomowa śmierć – Dezerter – 1981






Qui construit de nouveaux types d'armes ?
Qui s'engage dans la course aux armements ?
Qui construit de nouveaux missiles ?
Les politiciens de notre planète.

La mort atomique
Vient des deux côtés
La mort atomique
Est en embuscade des deux côtés

Toutes les armées ont des chars
Du côté du Rhin et de la Volga
Comme elles visent l'ennemi par le ciel
Elles n'incendieront pas seulement qu'elles.

Maintenant il faut se renforcer
Ne pas nous laisser dépasser
Les nouvelles bombes atomiques
Divisent le monde par moitié

Elles construisent une nouvelle arme atomique
Elles construisent une nouvelle arme au neutron
Elles construisent sans arrêt de nouveaux missiles
Les putains occidentales et soviétiques.



samedi 17 mai 2014

Le Grand Bond Au Plafond

Le Grand Bond Au Plafond

Canzone française – Le Grand Bond Au Plafond – Marco Valdo M.I. – 2014

Le Livre Blanc 1

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.


« dans normalisation, il y a normes. Et les normes de notre société, malgré les apparentes différences des systèmes sociaux, sont-elles si éloignées de celles que visent les structures néo-staliniennes ? »



Me voici, Lucien l'âne mon ami, et par ricochet, toi aussi, finalement à l'aube d'une nouvelle aventure, d'une nouvelle série de chansons écrites spécialement pour les Chansons contre la Guerre. Je ne sais d'ailleurs si cette attention leur plaira...


Et comme à l'ordinaire, dit l'âne Lucien en souriant, nous attendrons les musiciens... Je me demande d'ailleurs où ils restent. Peut-être se sont-ils égarés dans l'espace... Tout est possible à partir du moment où un homme peut marcher au plafond...


Cher ami Lucien l'âne, tu es un âne qui comprend très vite les choses et parfois, je me demande s'il me faut encore t'expliquer mes intentions et mes chansons. Enfin, comme je te le disais, ici, commence une nouvelle série, un nouveau cycle, une nouvelle histoire.


C'est la chanson à épisodes, voilà le truc, dit Lucien l'âne hilare. Je me demande parfois si on trouvera jamais un ou plusieurs chanteurs ou chanteuses, un groupe ou une bande pour chanter, musiquer de telles séries. Enfin, sans les musiciens, on peut toujours dire que c'est de la chanson à lire – il y a bien la chanson à boire. Dans le fond, quand on y réfléchit, c'était déjà le cas de « La Chanson de Roland », par exemple et Homère lui-même en bon aède égrenait son chant.


Évidemment, Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I., on nous dira – à toi, à moi – qu'il faudrait se refréner, qu'il faudrait faire court, que personne ne voudra de tels monstres... Une série de deux ou trois chansons, peut-être. Mais a-t-on idée : pour Joseph et son « Dachau Express » : 24 chansons ; pour le « Cahier Ligné », 104 chansons ; pour les Histoires d'Allemagne, 100 chansons, plus deux Vialatteries introductives. Pour ce « Livre Blanc », je ne sais pas encore le dire... J'ai à tout hasard mis un numéro « 1 » à la première ; je mettrai le numéro « 2 » à la deuxième et ainsi de suite. À la fin, on saura combien il y en a. Et puis, faire court, faire court … C'est bien une norme de nos temps hantés par l'économie et le rentable. Mais est-ce que le pommier se soucie de la rentabilité de la pomme ou de son utilisation en compote ou en tarte ? Telle est la question. De plus, ce qui complique encore la donne, je ne sais pas si je parviendrai à faire ce que je me propose, à savoir rapporter ici l'ensemble de l'histoire d'Adam Juracek, le premier homme qui marcha au plafond.


J'admets l’importance de la chose, mais pour les Chansons Contre la Guerre, quel serait l'intérêt de cette parabole ?


Très simplement, je te cite le titre de la préface de la version française : « Un traité de la nouvelle résistance », étant entendu que un : Pavel Kohout est Tchèque ; deux : que 1972 suit de près 1968, qui fut à Prague en Tchécoslovaquie, année de la « normalisation », façon soviétique ; trois : je cite la préface de Pierre Daix : « dans normalisation, il y a normes. Et les normes de notre société, malgré les apparentes différences des systèmes sociaux, sont-elles si éloignées de celles que visent les structures néo-staliniennes ? ». En somme, ce que raconte cet « homme qui marchait au plafond », ce « Livre Blanc », c'est que le pouvoir est le pouvoir et que le pouvoir est le moteur de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (potentats, dit-on autrement et peu importe finalement, le costume dont ils s'affublent) mènent contre les pauvres et les désarmés afin de maintenir et d'accroître leur pouvoir, leurs richesses...


Ho hé halte, Marco Valdo M.I. mon ami, tu l'as très bien dit plus haut (si j'ose ainsi dire), il te faut faire court. Ou, à tout le moins, saucissonner ton propos. Bref, tu auras encore l'occasion et même la nécessité de dire ton commentaire... D'autant plus, si tu réalises ton souhait. Venons-en donc à ce premier épisode... et puis, reprenons notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde normal, trop normal pour être vivable, noyé sous les normes et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Adam, Adam, mon fils, où es-tu ?
Je t'apporte le pain et le thé.
Je t'apporte les œufs du petit déjeuner.
Adam, Adam, mon fils, où es-tu ?

Maman, Maman, je suis là.
Lève la tête, regarde-moi !
Là-haut, là-haut, ne me vois-tu pas ?
Maman, Maman, je suis là.

Adam, Adam, mon fils, que fais-tu là ?
Descends tout de suite, tu vas tomber !
Descends, descends, tu vas te tuer !
Adam, Adam, mon fils, que fais-tu là ?

Maman, Maman, n'aie pas peur !
Ramasse ce que tu as laissé tomber !
Tu vois bien que je ne cours aucun danger.
Maman, Maman, n'aie pas peur !

Adam, Adam, mon fils, que fais-tu au plafond ?
Ne dis pas le contraire, je te vois
Et j'ai peur, j'ai si peur pour toi.
Adam, Adam, mon fils, que fais-tu au plafond ?

Maman, Maman, je fais une révolution.
Une nouvelle loi de la nature est née
Qui renverse la gravitation de Newton.
Maman, Maman, ton fils est un nouveau Galilée.

Adam, Adam mon fils, tu es un génie !
Je n'ai plus peur, je suis fière de toi.
S'il te plaît, recommence encore une fois !

Adam, Adam mon fils, tu es un génie !

ANARCHISTE

ANARCHISTE


Version française – ANARCHISTE – Marco Valdo M.I. – 2014
d'après la version italienne de Krzysiek Wrona
d'une
Chanson polonaise – Anarchista – Dezerter – 2001




« Peut-être devrait-on se faire ermite... »








Peut-être devrait-on tuer le président
Faire tomber le gouvernement, mettre le feu au parlement
Ou peut-être serait-ce mieux, déchaîner une nouvelle guerre
Faire sauter le monde, foutre un bordel immense...

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses

Peut-être devrait-on se faire ermite
Se consacrer au travail sur soi-même
Ou peut-être mieux encore, martyr
Se réjouir de souffrir et d'être malade

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses

Chaque matin, on fait la guerre à ses obsessions
Il faut choisir entre le bien et le mal
Pourtant, si grosso modo tout est tracé
Souvent, on a souvent des doutes énormes

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses

Chaque matin devant le miroir
On se pose ces questions
Chaque matin devant le miroir
On se donne les réponses



jeudi 15 mai 2014

MONSIEUR LE PRÉSIDENT

MONSIEUR LE PRÉSIDENT


Version française – MONSIEUR LE PRÉSIDENT – Marco Valdo M.I. – 2014
d'après la version italienne de Linda Kohlerova
d'une chanson tchèque – Pane prezidente – Jaromír Nohavica – 2006
http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=47312




LE PRÉSIDENT EN EXERCICE

































Voici donc une chanson tchèque..., dit Lucien l'âne en riant de plaisir. Moi, j'aime les chansons tchèques... une chanson du pays de Chveik, le terroriste malgré lui [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=8859]] et d'Adam Juracek, autre grand perturbateur... Le pays aussi de leurs auteurs Jaroslav Hasek et Pavel Kohout... Ce doit être drôle, cette chanson ou en tous cas, assez ironique, j'imagine...


Oui, mon ami Lucien l'âne, une chanson tchèque drôle et de surcroît, à portée universelle. En somme, comme les héros auxquels tu viens de faire allusion. Au passage, tu remarqueras que la chanson commence très exactement comme Le Déserteur [[1]] de Boris Vian, chanson qui inaugura ce site des Chansons contre la Guerre.

De toute façon, c'est une bonne idée d'écrire au Président, car – en général – les présidents ou tous les chefs d'État, quel que soit leur titre, sont évidemment les premiers responsables de toutes les misères qui accablent les populations. Ils sont les premiers collaborateurs du système...


En effet, Lucien l'âne mon ami, tu ne crois pas si bien dire. D'une part, rien ne les oblige à jouer ce rôle, ni même à le jouer comme ça... Donc, pour ce qui est de la chanson... Elle parle de la guerre et de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour les asservir, pour étendre toujours leur domination, pour multiplier leurs bénéfices, pour accroître leurs profits, pour assurer leurs richesses, blinder leurs propriétés et bétonner leurs privilèges... Elle parle de la guerre qui se déroule actuellement en Tchécoslovaquie, laquelle se scinda, il y a quelques temps déjà... Une guerre au cœur de l'Europe, une guerre de l'Europe contre ses populations: la guerre sociale menée au nom de l'économie contre les gens. Et si j'ai souvent, et toi aussi, lancé le cri : « Regardez ce qu'ils font aux Grecs, ils vont vous le faire aussi... », cette chanson montre que les Tchèques ( et sans doute, bien d'autres) subissent pareil traitement. Les lanternes libérales brûlent aussi les Tchèques. [[http://www.antiwarsongs.org/canzone.php?lang=it&id=7920]]


Oui, je me souviens bien de cette chanson, dit Lucien l'âne en riant. On y disait notamment :
« Monsieur prend sa vessie libérale
pour une lanterne démocratique.
Et alors ? Et alors ?
Et alors, et alors ?
Il se brûle !!! » 
Enfin, voyons celle-ci et reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde malade du libéralisme, de la concurrence, des économistes, avide, cupide et cacochyme.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Monsieur le Président, garant de la Constitution
Je vous fais une lettre pour demander votre intercession
Karel, mon grand fils et ma petite Eva :
Depuis un an ne viennent pas me voir et ne m'écrivent pas.

Vous me comprendrez
Vous qui savez tant
Vous m’écouterez, vous interviendrez
Vous me sauverez
Monsieur le Président,
Je demande un peu de bonheur, seulement
Pour quoi d'autre d'ailleurs, avons-nous fait sonner
Sur la place Venceslas, tant de clés.

Monsieur le Président, je me plains
La bière, le yogourt, le champagne
Les saucisses, le trolley, le pain
Les timbres, les cahiers
Le veau, la Grèce, l'Allemagne
Pratiquement tout n'arrête pas d'augmenter.

Vous me comprendrez
Vous qui savez tant
Vous m’écouterez, vous interviendrez
Vous me sauverez
Monsieur le Président,
Je demande un peu de bonheur, seulement
Pour quoi d'autre d'ailleurs, avons-nous fait sonner
Sur la place Venceslas, tant de clés.
Monsieur le Président de la République Tchèque
On m'a brutalement viré de la fabrique
Pendant 30 ans, pourtant, tout allait bien
Et maintenant sont arrivés de jeunes crétins
Qui s'agitent comme des pantins

Vous me comprendrez
Vous qui savez tant
Vous m’écouterez, vous interviendrez
Vous me sauverez
Monsieur le Président,
Je demande un peu de bonheur, seulement
Pour quoi d'autre d'ailleurs, avons-nous fait sonner
Sur la place Venceslas, tant de clés.

Monsieur le Président, mon Anežka, de son vivant
M’aurait tué pour cette lettre
Elle aurait dit : Jaromir, tu n'es qu'un enfant
Il est tellement occupé notre président
Avec toute l'Europe, avec le monde, avec tout ce bataclan.

Vous me comprendrez
Vous qui savez tant
Vous m’écouterez, vous interviendrez
Vous me sauverez
Monsieur le Président,
Je demande un peu de bonheur, seulement
Pour quoi d'autre d'ailleurs, avons-nous fait sonner
Sur la place Venceslas, tant de clés.
Monsieur le Président...