vendredi 3 novembre 2017

L’indépendance catalane vue d’une réserve indienne de Wallonie

L’indépendance catalane 

vue d’une réserve indienne de Wallonie




LE SAC D’ANVERS PAR LES ESPAGNOLS
1576




Dans cette affaire de l’indépendantisme catalan vue de la réserve indienne de Wallonie, l’analyse qu’on peut en faire en l’état (de siège) actuel est la suivante :

Posons certains jalons historiques :
Les Catalans ont été conquis et colonisés par la Castille (qui comme dit justement Boby Lapointe, n’est pas l’Aragon), comme d’autres régions et peuples en Ibérie et de par le monde.
Comme d’autres régions et peuples, les Catalans entendent bien se libérer de l’occupant et en ça, ils ont raison.
On se souvient encore ici du passage des Espagnols dans nos régions : massacres, guerres, bûchers, répressions et ruines. Certes, il a fallu du temps pour s’en débarrasser, c’était au XVIIième siècle, mais on ne l’a pas oublié.
Ce fut également le cas de très nombreux peuples et régions dans le monde, où les victimes se comptèrent par millions.
Actuellement se pose la question des possessions « espagnoles » sur le territoire de l’Ibérie. Leur destin est sans doute similaire ; elles vont de plus en plus s’autonomiser jusqu’à l’indépendance et l’égalité entre toutes régions.
Récemment, le gouvernement espagnol (c’était déjà le sinistre barbeau actuel) a réduit les avancées autonomes de la Catalogne. C’était une erreur ; il persiste, c’est une faute.
Pour les derniers événements, contrairement à certaines analyses, pour les indépendantistes catalans – qui jouent leur indépendance bien au-delà de l’actualité, qu’ils en soient conscients ou non – c’est déjà une réussite.
Les Catalans ont réussi à sortir la question catalane du réduit espagnol et à ouvrir des voies d’avenir, même et surtout, si on les met en prison. La répression est le meilleur renfort que peut avoir le goût de l’indépendance dans le cœur et la détermination des gens de Catalogne.
La volonté d’indépendance des Catalans (et non des Espagnols qui vivent en Catalogne, dont la situation est assimilable à celle des colons) est à présent connue du monde entier et il est évident que la répression madrilène, nationaliste et franquiste, a montré son vrai visage.
Pour les Catalans, le reste n’est plus qu’une question de temps.

Cela dit, rien ne nécessite un État national pour que vivent en coopération, solidarité et amitié le mineur asturien, le paysan andalou, l’ouvrier basque, l’intellectuel catalan, l’employé madrilène, etc. Ça s’était déjà produit, c’était la République espagnole.
Dans les faits, les régions s’en tirent généralement mieux lorsqu’elles peuvent contrôler leur développement en Espagne comme ailleurs.
Quant à cet argument de la « crise économique et sociale », il a toujours été un moyen pour mépriser et faire mépriser les revendications autonomistes, avec sous-bassement libertaire, des populations. Les camarillas, les castes en place n’aiment pas perdre leurs privilèges.
S’il y a crise (quelle crise ? Selon les sirènes des puissants, on vit dans une crise éternelle et on connaît l’origine de cet état endémique de nos sociétés, qui est juste le résultat de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres pour assurer leur domination, protéger leurs privilèges, accroître leurs richesses) économique et sociale en Espagne, on ne saurait l’imputer aux dirigeants récents de la Catalogne. L’effondrement espagnol est dû au retard catastrophique de la Grande Espagne (traduisez : l’Espagne aux mains des Grands d’Espagne et de leurs affidés – ceux qui ont capté le pouvoir central à Madrid et veulent à tout prix le maintenir et le conserver), qui a vécu en vieille douairière et continue à le faire en consumant les rentes qu’elle tire des possessions – celles qui lui restent encore.

Maintenant, comme on habite tous le territoire du continent européen, la meilleure voie pour nous tous est la fin des États cacochymes qui craquent de partout et la mise en place d’une véritable Europe plus décentralisée, plus régionalisée et plus fédérale.
Là aussi, ce n’est plus qu’une question de temps.


Pour ce qui est de la réserve indienne de Wallonie, nous on ferait bien comme les Catalans.

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


jeudi 2 novembre 2017

COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS

COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS

Version française – COMPLAINTE POUR LES SEPT CENTS – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Ninna Nanna ai SettecentoCompagnia Daltrocanto – 2017




La guerre, l’avidité d’argent et de pouvoir, la prévarication de l’homme sur l’homme. Ce sont des réalités terribles qui aujourd’hui forcent beaucoup à abandonner leur terre à la recherche d’un futur meilleur, disposés à risquer leur vie « Parmi les vagues et les peurs, les rêves et les courants ». Et alors, face à la désespérance, face à la négation de l’espoir, le risque de se trouver toujours « Qui dorment sous la mer et dans ses châteaux » devient tout à coup un poids supportable.
Voici la triste réalité quotidienne que nous avons essayé de raconter dans notre dernier travail, en y mettant tout notre cœur et notre amour pour la vie. Afin que dans les châteaux de la mer, ne doive jamais plus dormir personne…


Dialogue maïeutique


Voici donc, Lucien l’âne mon ami, une « ninna nanna », encore une « ninna nanna », mot, concept désignant une sorte de chanson et que mon dictionnaire traduit généralement par le mot français « berceuse » et j’avais d’ailleurs intitulé ma version « Berceuse pour les Sept Cents ». Cependant, après avoir établi la version française définitive de cette canzone, j’ai modifié le titre pour mieux rendre le sens du texte en « Complainte pour les Sept Cents ».

Je vois ça, dit Lucien l’âne, mais j’aimerais que tu m’expliques le pourquoi de ce revirement.

Je m’en vais accéder à ta demande, répond en souriant Marco Valdo M.I., à l’instant. Mais avant ça, je voudrais faire une parenthèse à propos de la « ninna nanna » comme genre particulier de la canzone ; car si à l’origine, la « ninna nanna » est une berceuse destinée aux enfants que l’on met à dormir et donc, en clair, une chanson pour enfants, tout comme pour la bande dessinée, elle a été utilisée comme genre musical particulier et spécifiquement, par dérision ou par antonymie, dans le domaine de la chanson adulte comme pamphlet, épigramme ou satire politique ou sociale.

Si je me souviens bien, Marco Valdo M.I., tu avais toi-même utilisé une berceuse célèbre pour ta chanson « La troisième Guerre », reprenant une comptine utilisée par Mozart pour une série de variations, connue sous le titre « Ah, vous dirais-je, maman ! » et également en langue française : « Quand trois poules vont aux champs ».

Évidemment, Lucien l’âne mon ami, les ânes ont une très bonne mémoire et meilleure que la mienne, car je ne me souvenais plus du titre de cette comptine mozartienne revisitée. Maintenant, pour en revenir au pourquoi, je te dirai d’abord qu’il faut se souvenir que je ne découvre véritablement le sens des chansons qu’au moment où j’en ai fini la traduction, que lorsque je peux en lire la version en français. Comme je l’ai déjà souvent signalé, si je traduis, c’est d’abord pur comprendre. Ceci dit, ce que j’en comprends est forcément personnel et peut être assez différente de ce qu’un autre pourrait en dire.

Oh, dit Lucien l’âne en hochant le front, il n’y a rien là de gênant. Au contraire, c’est un des effets de la polysémie et voir les choses sous divers angles st plutôt une bonne chose. Mais dis-moi, la chanson que raconte-t-elle ? Pour comprendre vraiment le sens, Lucien l’âne mon ami, il faut tenir compte du titre « Complainte pour les 700 », car cette ninna nanna de berceuse a glissé vers la lamentation et de ce quatrain qui revient et revient par un tempo obsessionnel pour marquer le vrai sens :

« Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que demain, la lumière du matin
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire. »

Vois-tu, mon ami l’âne Lucien, tout tourne autour de ce naivre, qui n’est autre qu’un de ces navires, bateaux, rafiots, radeaux qui transportent des réfugiés vers l’Europe,
une sorte de « Radeau de Lampéduse ».

Ça se pourrait, dit Lucien l’âne. En attendant, nous autres, nous allons reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde triste, malade, mercantile, mortifère et cacochyme.

Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Il y a sept cieux par-dessus notre terre,
Bernée et blessée par cette guerre,
Sept étoiles de la Petite Ourse,
Sept notes de ma tristesse.

Et sept mers caressées par les vents.
Parmi les vagues et les peurs, les rêves et les courants,
Sept cents sont mes fils les plus beaux
Qui dorment sous la mer et dans ses châteaux


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que demain, la lumière du matin
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Sept diamants dans mes yeux de femme,
Sept crevasses dans cette colonne,
Sept épines qui frappent mon ange
Et font saigner mon cœur de mère.

Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


Maintenant dors mon enfant chagrin !
Que la lumière du matin demain
Efface tout signe du mal du monde
Et éloigne de toi ce navire.


dimanche 29 octobre 2017

LES ÉTOILES S’EN FOUTENT

LES ÉTOILES S’EN FOUTENT
Version françaiseLES ÉTOILES S’EN FOUTENT – Marco Valdo M.I.2017
Chanson suédoise – Stjärnorna kvittar det lika - Tor Bergner – s.d.





Tor Bergner (1913 – 1990) était un poète, chanteur et acteur suédois.



Dialogue maïeutique

Ah, dit Lucien l’âne, voilà un titre qu’on comprend sans difficulté, tellement il est plein de vérité. Cependant, il est tellement vrai qu’il demande quand même certaines précisions ; car il peut s’appliquer à peu près à tout.

Certes, « les étoiles s’en foutent », c’est le point de vue de Sirius, comme on dit chez nous, répond Marco Valdo M.I. et les étoiles se foutent complètement de ce qui concerne la vie de l’un d’entre nous et même, de nous tous, ancêtres et descendants compris. Elles se foutent aussi complètement de nos guerres, de nos crises, de nos catastrophes tout autant que de nos réussites, de nos paix et de nos bonheurs. Quant à nos amours, même s’il y a des étoiles dans les yeux des amoureux, les vraies, les grandes, les lointaines s’en tapent comme de leur première étincelle, laquelle a dû se produire généralement, il y a quelques milliards d’années, au moins. Et si elles nous voient, ce qui est de la plus extrême improbabilité, ce serait après plus de deux fois cette durée ; quand je dis nous, je veux parler au minimum du système solaire tout entier ou plus sûrement, de la galaxie. Et nous, poussières d’étoiles, que dis-je, événements minusculissimes et instantanissimes, nous donc, ce nous individu ou collection d’individus humains, on n’atteint même pas la taille et la durée d’une particule élémentaire, telle que peut en imaginer le chimiste ou le physicien. On est tout bêtement des riens imperceptibles, même pas du néant – car lui, on peut le percevoir à l’échelle des étoiles et même, ce sont elles qui baignent dedans.

Mais où tu vas, Marco Valdo M.I. mon ami. Où tu m’entraînes, dis ? C’est la chanson qui raconte tout ça ?

Pas vraiment, Lucien l’âne mon ami, mais si on extrapole, sans doute que oui. Il aurait fallu interroger son auteur, mais il est parti pour les étoiles depuis un certain temps et je ne suis pas sûr de pouvoir le rattraper. Enfin, c’est très conforme au titre et à la fin de la chanson :

« Mais les étoiles s’en foutent,
Qu’on vive ou qu’on meure. »

M’est avis, Marco Valdo M.I. mon ami, que ce Suédois pensait en athée, car s’il eût été croyant, il aurait dit tout simplement : Dieu, les dieux… s’en foutent qu’on vive ou qu’on meure. Et même cette façon de dire l’aurait rangé dans les descendants d’Épicure. Cela dit, il nous faut retourner à notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde minusculissime, brévissime, tristissime, absurdissime et cacochymissime.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



On sait et on entend
Depuis la nuit des temps
Qu’une étoile tombera,
Chaque
fois qu’un homme mourra.

Entre les cris des hiboux,
Le vent glacial crie fort ;
J’entends des loups
Hurler à la mort.

Les veuves, pour de la soupe,
Pour du pain, les enfantspleurent
Mais les étoiles s’en foutent,
Qu’on vive ou qu’on meure.


vendredi 27 octobre 2017

L'HISTOIRE D’ESPAGNE (EXPLIQUÉE AUX ESPAGNOLS)

L'HISTOIRE D’ESPAGNE 
(EXPLIQUÉE AUX ESPAGNOLS)

Version française – L'HISTOIRE D’ESPAGNE (EXPLIQUÉE AUX ESPAGNOLS) – Marco Valdo M.I. – 2017
d’après la version italienne de Riccardo Venturi
d’une chanson catalane – Història d’Espanya (explicada pels espanyols)Brams2014
Texte : Francesc Ribera
Musique : Xevi Vila





Hégésippe Simon

LE PRÉCURSEUR


Une « histoire de l’Espagne » ironique des origines à nos jours, avec des moments très significatifs comme lorsque les habitants originaires du continent américain sont si émerveillés par leurs conquérants qu’ils meurent par milliers dans les mines d’or pour se payer le catéchisme et les leçons d’espagnol. Intéressant aussi lorsque le général Franco remporte les élections de 1936 en devenant le fondateur de la démocratie !


Dialogue maïeutique

Évidemment, tout le monde sait que ce n’est pas Franco Bahamonde – Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de Dios – qui inventa la démocratie, mais bien Hégésippe Simon ; on se souvient encore de l’inauguration de sa statue sur la place principale de la riante commune de Poil, pour célébrer son centenaire le 31 mars 1914, où le grand précurseur de la démocratie qu’était Hégésippe Simon était en effet né à Poil, le 31 mars 1814. Il faut rendre à Hégésippe ce qui lui revient. Répétons-le : l’inventeur de la démocratie n’est pas Franco, c’est Hégésippe. On en fit à l’époque une chanson qui atteste la gloire de ce créateur de la démocratie. Je te propose le refrain de la biographie héroïque d’Hégésippe Simon, le Grand Précurseur de la Démocratie :

« Il fit tout jeune ses débuts politiques
En se faisant sous la Révolution
Guillotiner pour la Grande République.
C’est ce qui fit la gloire de son nom.
Un peu plus tard, cet aigle au cœur de bronze
En quarante-huit se faisait fusiller
Et finalement, c’est en soixante et onze
Qu’il succombait parmi les Fédérés.
Ah ! Ah ! mes bons amis chantons
La gloire d’Hégésippe Simon. »

Il fallait que ce fut dit ; d’ailleurs, le dénommé Franco n’a jamais participé aux élections de 1936 ; là aussi, c’est un imposteur.

C’est bien vrai ça, dit Lucien l’âne en riant.

Maintenant, mon ami Lucien l’âne, il s’agit de se souvenir que c’est une chanson catalane et en ce jour de proclamation de l’indépendance, il importe de plaider pour que sans délai et sans discuter, elle lui soit accordée. Les Espagnols, quoi qu’en pense le barbeau madrilène et son chœur national, ont l’habitude de céder aux demandes d’indépendance et ils ont perdu leur vertu coloniale des dizaines de fois et depuis longtemps. J’en tiens pour preuve ce qui suit. Au fil des siècles, les rois espagnols qui se sont succédés ont dû reconnaître l’indépendance ou abandonner la possession de – je ne retiendrai que les possessions les plus importantes : le Sahara espagnol (1976), la Guinée équatoriale (1968), le Gabon (1900), Malte (1530), la Sardaigne (1718), la Sicile (1735), le Royaume de Naples (1714), Cuba (1898) Porto Rico et les îles Vierges (1898), la Floride (1821), une série d’États d’Amérique du Nord en 1803 (Louisiane, Arkansas, Oklahoma, Missouri, Kansas, Texas, Colorado, Nebraska, Iowa, Dakota, Minnesota, Wyoming, Montana, Alberta, Saskatchewan) la Californie en 1821, Hispaniola (Haïti en 1697 + Saint Domingue en 1865), Vancouver, Colombie britannique, Washington, Oregon, Idaho (1819), les Philippines et Guam (1898), etc.
Alors, une indépendance de plus, qu’est-ce que ça changerait ? Au contraire, l’Espagne se grandirait de choisir d’admettre la liberté et de rejeter ses vieux démons coloniaux du passé. Elle se ferait peut-être même une nouvelle virginité.

Oh, dit Lucien l’âne, la virginité des vierges est une chose miraculeuse.

C’est d’autant plus vrai en Espagne où la vénération pour ces descendantes de Vénus est de plus extrême ; ils ont tué tant de gens en son nom. De plus, la Vierge est censée faire des miracles ; alors, attendons. À propos de miracle, je ne peux m’empêcher de te rappeler l’histoire du rabbin de Bratislava ou de Prague qui avait dû répondre aux comitards locaux du Parti communiste tchécoslovaque (c’était en 1968) inquiets de l’arrivée soudaine de milliers de touristes en chars d’assaut, venus du pays voisin, qui lui posaient avec insistance la question épineuse de savoir quand ces joyeux visiteurs s’en iraient et surtout, comment. Le rabbin, qui n’en menait pas large, réfléchit et répondit. J’ai consulté en haut lieu et Dieu m’a fait connaître deux solutions : une solution normale et une solution miraculeuse. La première, la solution normale est que des milliers d’anges vont descendre du ciel et ramener ces honorables visiteurs chez eux. Ah !, fit le comité. Et la solution miraculeuse, alors ? La solution miraculeuse, dit le rabbin, c’est qu’ils s’en aillent d’eux-mêmes. Comme l’Histoire (encore elle) nous l’a appris, c’est pourtant celle-là qui triompha ; au bout d’un temps, ils s’en allèrent et depuis, ils ne sont jamais revenus. On peut dès lors espérer un miracle espagnol.

Dans le fond, conclut Lucien l’âne, miracle pour miracle, ils ont vraiment gagné un mondial et Saint Bernabéu s’en réjouit encore. Avant de terminer, je voudrais rappeler ce que je disais l’autre jour :

« les Catalans sont des gens patients. Mais quand même, la seule voie raisonnable serait d’accorder leur indépendance à ces gens et puis, ensuite, trouver les arrangements qui s’imposent entre des voisins égaux ; ce serait d’ailleurs absolument indispensable du fait que les territoires sont immobiles. Voilà ce que je peux dire, moi qui ai vu tant de conflits, de luttes de libération. » 

Pour le reste, il nous faut reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde réactionnaire, colonial, franquiste, débile, stupide et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Bienvenue à la conférence magistrale
Sur l’histoire officielle de l’Espagne
Qui dégonflera les fables et les contes malséants
Dont les nationalistes abreuvent les enfants.

Avec l’aide de gens comme Fabra et Bauzá
Pour combattre les mensonges, finalement parviendra
À toutes les écoles, le cours d’histoire
D’Espagne que les enfants devraient savoir.

Trois mille ans d’histoire font de l’Hispania
La nation la plus ancienne du monde, et déjà
Dans les peintures d’Altamira, on voit
Santiago Bernabéu, un tricorne et une tuna.

Les Romains et les Wisigoths sont venus ici
Non en conquérants, mais comme touristes
La Dame d’Elche, qui parlait le valencien
Se mit à l’espagnol, un beau matin.

Mais ce qui est si
Étrange et si confondant,
C’est malgré une si
Grande Histoire, d’Espagne, pourtant,
Certains veulent foutre le camp.

Le roi Jacques, qui était subtil et lapaoparlant
Sans reconquête, chassa de Majorque et du Levant,
Tous les Maures qui étaient venus
Voler le travail des gens du cru.

Plus tard, on a découvert le Nouveau Continent
Et les pauvres de là-bas s’en émerveillèrent tant
Qu’ils moururent par milliers dans les mines
Pour payer les cours d’espagnol et le catéchisme.

Et ainsi, on est devenu l’empire
Où le soleil jamais ne se couche
Et si l’empire a fondu, c’est qu’on n’usa pas
De la force contre ceux qui ne l’aimaient pas.

Quand l’Europe fit sa première révolution industrielle
D’abord, on a fainéanté et puis, on a couru derrière elle
Et on a évolué jusqu’au moment précis
Où Franco a remporté les élections de trente-six.

Franco lui-même est le fondateur
De la démocratie et en détient les droits d’auteur.
Certaines personnes attribuent aux Grecs cette invention,
Mais ce gouvernement du peuple est une perversion.

La démocratie et la monarchie séparément
Nous ont donné un résultat si spécial
Qu’on les a unies expérimentalement.
Et qu’on a gagné le mondial.

jeudi 26 octobre 2017

VOUS POUVEZ TOUJOURS COURIR

VOUS POUVEZ TOUJOURS COURIR

Version française – VOUS POUVEZ TOUJOURS COURIR – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson catalane – Espera'm assegut – Brams – 1992





« Vous pouvez toujours courir ». Quel titre curieux, encore une fois, Marco Valdo M.I. mon ami. Sache que pour ce qui est de courir, nous les ânes, on est assez doués. Plus doué encore que nous, il y a notre cousin d’Asie, l’onagre qui bat aisément à la course les chevaux les plus racés, les plus rapides et il est même plus endurant qu’eux. Ce serait déjà une réponse. Cependant, je suppose que ce n’est pas pour m’inciter à la course que cette chanson a été écrite.


Certainement pas, Lucien l’âne mon ami, même si cette course imaginaire entre les brillants chevaux du roi et les ânes sauvages peut être une parabole. Nous verrons si cela est possible. En attendant, laisse-moi d’abord préciser le contexte : à savoir qu’il s’agit d’une chanson catalane et qu’elle date de 25 ans déjà et que par certains aspects, elle paraît bien s’inscrire tout naturellement dans les événements récents qui sont, comme tu le sais, marqués par le conflit assez dur entre le gouvernement espagnol – autoritaire et totalitaire, incapable de négocier et la Généralité de Catalogne – assez désarmée face au régime madrilène. Cela dit, j’en viens à la signification de ce titre qu’il eût fallu traduire par « Vous pouvez toujours attendre », mais l’expression usuelle française est celle que j’ai retenue. Si on devait le dire plus crûment, cela donnerait « Vous pouvez toujours aller vous faire foutre » ou une autre expression fleurie du genre.


Oh, maintenant que tu le dis, Marco Valdo M.I. mon ami, je vois très bien le rapport avec l’actualité. Les Catalans, du moins une grande partie d’entre eux, vouent aux gémonies le sinistre barbeau madrilène.


Cela étant, Lucien l’âne mon ami, revenons à cette chanson ancienne. Que visait-elle à ses débuts, c’était en 1992 ? Elle mettait en scène un jeune homme (symbole du peuple catalan) auquel le pouvoir espagnol voulait imposer un service militaire. Évidemment, le jeune homme rejette cette proposition et il ajoute qu’il n’accepterait pas plus d’accomplir un service civil pour le compte de ce pouvoir lointain. Bref, si on traduit ses intentions, il ne veut rien céder à ce pouvoir étranger qui invoque le devoir envers le roi, le drapeau et l’État, tous espagnols. Ses réponses sont claires : ce n’est pas mon drapeau, ce n’est pas mon roi, ce n’est pas mon État et il ajoute :

« Si on en vient aux armes demain,
Vous pouvez être certains
Qu’on va se retrouver
Des deux côtés opposés. »

À part la confrontation armée, on dirait une chanson actuelle, dit Lucien l’âne.

C’est bien pourquoi je l’ai mise en langue française afin qu’on comprenne mieux l’enjeu proprement historique des derniers événements et aussi, qu’on comprenne également que quoi qu’il advienne prochainement, la Catalogne ne baissera pas les bras jusqu’à ce qu’elle retrouve son indépendance et qu’elle soit débarrassée de la domination espagnole, dont je te rappelle qu’elle la subit depuis des siècles.

En effet, dit Lucien l’âne, les Catalans sont des gens patients. Mais quand même, la seule voie raisonnable serait d’accorder leur indépendance à ces gens et puis, ensuite, trouver les arrangements qui s’imposent entre des voisins égaux ; ce serait d’ailleurs absolument indispensable du fait que les territoires sont immobiles. Voilà ce que je peux dire, moi qui ai vu tant de conflits, de luttes de libération. Maintenant, pour ce qui nous concerne, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde arthrosé, arcbouté sur ses privilèges, accroché à son pouvoir, malade des nationalismes sclérosés et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Il y a tant de problèmes chez moi,
Au travail et dans l’enseignement,
Car vous êtes venus me prendre chez moi
Et vous voulez me faire perdre un an.
Vous voulez me faire soldat
Invoquant un inexistant
Devoir envers le roi,
Le drapeau et l’État.



Vous pouvez toujours courir
Que j’aille soldat ;
Vous pouvez toujours courir,
Même au service civil, je n’irai pas.
Vous pouvez toujours courir
Pour me voir devant votre drapeau m’incliner.
Vous pouvez toujours courir
Et vous pouvez même aller vous coucher.



Ce roi est un fantoche
Et l’État est un fantasme,
Ce drapeau n’est pas à moi,
On ne me fera pas soldat,
Et n’allez pas penser
Que je n’y vais pas,
Car j’ai peur d’y aller
Ou que je suis témoin de Jéhova.



Ne cherchez pas d’alternative
Pour me plaire,
Je ne ferai pas le service militaire
Plus que le service civil.
Ma solidarité
Je la donne à qui je veux
Et c’est de ma seule volonté
Que je me bougerai le cul, si je veux.



Dans votre armée, je n’irai pas ;
L’Otan, je ne le servirai pas ;
Je ne défendrai pas
Les intérêts des Nord-Américains.
Si on en vient aux armes demain,
Vous pouvez être certains
Qu’on va se retrouver
Des deux côtés opposés.