mardi 17 janvier 2017

GANDHI


GANDHI


Version française – GANDHI – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – GandhiAlessandro Mannarino – 2017




« J’en ai contre les icônes pop comme Marylin Monroe et Einstein, contre la paix édulcorée de Gandhi. Je vois une subtile ligne qui divise le pacifisme de la complaisance et de la résignation, car celui qui passe sa vie à asphalter des routes sous le soleil cuisant d’août, on ne peut pas enseigner le pacifisme, il le subit. Dans mes fréquents voyages au Brésil, à Rio de Janeiro, j’ai vu toutes les contradictions enter celui qui vit dans les favelas et celui qui par contre vit entouré du luxe, forcé cependant à se barricader chez lui. Où est la méchanceté du pauvre ? Il serait utile refonder la pensée de l’être humain. J’en ai contre les intellectuels que je trouve totalement abstraits de la réalité. Je ne suis pas parmi ceux- même si j’ai étudié philosophie, je fais un travail manuel et je me salis les mains comme un ouvrier ».



On se rassemblait sur les places les fleurs à la main.
Suivant la doctrine des gourous indiens,
Nous évitions les coups de fusil en psalmodiant leur refrain.
Toutes les fois qu’un coup de feu sur la rue répand le sang,
Au niveau supérieur, quelqu’un accumule de l’argent.
Un vieil avare a élevé un mur, le jardin pour les grands ;
Le vin blanc frémit encore plus blanc servi avec des gants,
Des gants blancs
Et des ongles noirs sous les gants,
Des mains sales de chantier.
Dans les poumons, des cheminées,
Dans la tête, des fourrés,
Tous à la queue chez l’épicier
Qui nous donne la carte de fidélité,
Avec le visage de Gandhi, de Gandhi
Et nous allons tous en file chez le baron
Nous inscrire pour ouïr la leçon
Sur les discours de Gandhi,
(Pour les petits et pour les grands) Gandhi.

Il y a celui qui change de vie et va en Inde,
Le change a plein d’avantages.
Tant gens pour rien lavent, repassent,
Courent les rues nommées,
Je ne vous dis pas ici du nom de qui,
Vous l’avez deviné. Gandhi !
Maintenant méditez, méditez :
À quoi sert de travailler ?
Si les Indiens sont nombreux,
On peut compter sur eux
Grâce à la monnaie avec le visage de Gandhi, de Gandhi.

Allons dans les usines parler de Gandhi,
Allons dans les prisons parler de Gandhi,
Allons dans les écoles de quartier
Inaugurer une autre école de Quartier,
Nommée Mahatma Gandhi, Gandhi.
Dans les usines chinoises,
Au milieu des champs de Calabre,
À Raguse, ramassent les tomates
Des adeptes du Mahatma Gandhi,
Gandhi, Gandhi, Gandhi, Gandhi.

Quand un pauvre gars
Sur sa croix
Par une mouche a le nez mangé,
Il ne peut la chasser,
La mouche a grandi dans le caca
De la vache sacrée,
La vache a maigri pour pouvoir participer à la corrida.
Riez madame, riez.
Détendez-vous et dites à votre fils de ne plus lancer
De cailloux, s’il vous plaît.

Polichinelle, enlève ton masque,
Baisse le rouleau à pâte,
Et maintenant, qui est la plus belle ?
Calme, détendu, avec le visage souriant,
Tout vêtu de blanc, il rit.
Il me rappelle quelqu’un Polichinelle
Il me rappelle…
Un certain Gandhi, Gandhi, Gandhi.

Luana Gandhi, Moira Gandhi, Natasha Gandhi,
Emanuele Gandhi, Mauro Gandhi, Danilo Gandhi.
Jennifer Gandhi, Cristina Gandhi, Alessandro Gandhi,
Magasins Gandhi, Électricité Gandhi, Collège technique commercial Gandhi,
Pour apprendre à confectionner la tunique de Gandhi.
Machines à laver Gandhi, Gandhi affaires, Institut Gandhi
Polichinelle, comme vous êtes élégant,
Quel plaisir de vous revoir ainsi,
Sans bâton, avec le visage souriant, tout vêtu de blanc.
Polichinelle, l’apéritif est servi
Venez, ne restez pas à penser
Imaginez que, dans cette société,
Il y a celui qui fait la grève de la faim
Et celui qui fait grève, car il a de la faim.
Mais toujours à la fin
Arrive la police qui
N’a jamais lu un livre de Gandhi.

samedi 14 janvier 2017

LE PANZER DE LA PAIX


LE PANZER DE LA PAIX

Version française – LE PANZER DE LA PAIX – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson allemande – Friedenspanzer – Rod Gonzalez & Farin Urlaub (Die Ärzte) – 1994






"Friedenspanzer" [LE PANZER DE LA PAIX] est une chanson punk du groupe allemand Die Ärzte, une chanson à propos d’une machine de guerre qui répand la paix, l’amour, les solutions aux problèmes et aide les gens.

Dialogue maïeutique

Vois-tu, Lucien l’âne mon ami, dit Marco Valdo d’un ton un petit peu docte, contrairement à ce qu’on raconte, la naïveté n’est pas un vilain défaut, même quand elle est fausse.
Et c’est précisément le ton de cette chanson que cette fausse naïveté, voulue ou non, ce n’est pas la vraie question. La vraie question est toujours est-ce une bonne chanson ? Raconte-t-elle quelque chose qui intéresse ?
Car il y a mille et une manières de faire une chanson, comme il y avait mille et une manières de charmer un sultan par des contes susurrés à son oreille. Il n’y faut pas nécessairement la pesanteur académique ou l’amplitude des grandes œuvres, qui d’ailleurs sont rares ; une œuvrette suffit souvent.

Oh oui, je le sais bien, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l’âne en se dandinant curieusement. Jean Constantin avait réussi à faire une chanson très appréciée du public avec ce texte assez déconcertant : « Où sont passées mes pantoufles ? » (https://www.youtube.com/watch?v=MrhnnmQzjwA), qui de plus sert de titre à la chanson. Une belle économie de moyens !, rattrapée par un énorme talent de comédien-pianiste-chanteur.

On n’est pas à ce degré de simplicité dans les moyens avec LE PANZER DE LA PAIX. On a là une structure plus classique : un soliloque, un monologue transformé en une sorte de discours à la cantonade. Sur le fond, il s’agit d’une réflexion paradoxale où l’on transforme l’engin guerrier et répressif par excellence en machine à paix. L’idée est curieuse et le projet étrange, mais il s’agit juste d’un moyen poétique de dire l’angoisse qui rémane dans la société. Il s’agit d’une angoisse diffuse sans vraiment de raison et de contour précis, mais elle est d’autant plus difficile à exprimer et à traduire en chanson. Et puis, il y a ce souhait – somme toute rassurant – de trouver une solution universelle face à la propension des humains à s’affronter – LE PANZER DE LA PAIX, instrument idéal pour faire la « Guerre à la Guerre ».

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela me paraît bien sympathique, mais – comme tu l’as laissé entendre dès le départ, carrément cousu de naïveté. Reste à savoir si c’est une naïveté volontaire, ce que tu appelais une « fausse naïveté ».

Lucien l’âne mon ami, les choses sont évidemment très claires, car la chanson est portée par un personnage imaginaire qui est effectivement la naïveté personnifiée, une sorte de doux rêveur et donc, si sa naïveté est réelle, celle de la chanson est feinte. C’est un jeu d’ombres, un jeu dans un miroir où tout s’inverse et où cette feinte naïveté sert également à alléger le propos, à médiatiser l’angoisse. Il reste cependant qu’il s’agit d’évoquer cette Guerre de Cent Mille Ans que les puissants et les riches (ou l’inverse) font aux pauvres pour assurer leur domination, bétonner leurs privilèges, renforcer leur pouvoir, étendre l’exploitation et satisfaire leurs ambitieuses avidités.

Si c’est ainsi – et ce l’est, alors il ne nous reste qu’à reprendre notre tâche et tisser le linceul de ce vieux monde ambitieux, avide, avare, assassin, absurde et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Le journal télévisé n'est pas ma tasse de thé,
Rien que des meurtres et des tas de morts partout.
Les chiens de guerre sont à nouveau lâchés,
Quand frères et sœurs se détestent tout d’un coup.
Quand tombent les bombes
Les hommes se prennent de haine.

Ce qui me vient en tête,
Pour sauver ce monde,
C’est un Panzer de la Paix
Il bombarde d’amour les cœurs,
Il apporte la paix sans douleur,
C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

Il lance des fleurs au lieu d’obus
Il touche tout le monde, même les insensibles
Au lieu de gaz toxique, il envoie du parfum de rose
Il purifie l’air pollué en lançant l’encens dessus
Il ne nous laisse plus jamais solitaires
Vous, moi, tous, nous sommes ses mercenaires.

Ce qui me vient en tête,
Pour sauver ce monde,
C’est un Panzer de la Paix
Il bombarde d’amour les cœurs,
Il apporte la paix sans douleur,
C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

Il bouche le trou de la couche d’ozone,
Il replante sans tarder une forêt équatoriale.
Avec son canon à tofu, il arrête les famines.
Il empêche la pêche à la baleine,
Il neutralise même la bombe à neutrons,
À se demander s
i ce n’est pas la solution.

Ce qui me vient en tête,
Pour sauver ce monde,
C’est un Panzer de la Paix
Il bombarde d’amour les cœurs,
Il apporte la paix sans douleur,
C’est le Panzer de la Paix, le Panzer de la Paix

Il m
et fin à toute dictature :
Comment il fait ça, je me le demande.
Il nous aide pour la rime,
Il porte les sacs des grands-mères.
C’est le Panzer de la Paix,
Le Panzer de la Paix !

mercredi 11 janvier 2017

MOINS CINQ


MOINS CINQ


Version française – MOINS CINQ – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson allemandeFünf vor zwölf Campino (Andreas Frege) et Andi (Andreas Meurer) [Die Toten Hosen] – 1990
Reprise sur le disque collectif intitulé : « Nazis Raus ! (Nazis Dehors !) » en 1991, republié en CD en 2003.




Lucien l’âne, à voir ce qu’on y raconte, on ne dirait pas que c’est une chanson qui date de plus d’un quart de siècle. Elle raconte l’attaque d’un commerçant, un verdurier, un épicier turc quelque part dans une ville allemande.

Chez nous aussi, il y a des commerçants turcs qui vendent les légumes, le pain, l’épicerie. Il y a aussi le « paki », le « marocain »… Drôle comme on désigne les gens ainsi par une sorte de qualificatif générique. Comme si parlant de moi, il dirait « l’âne » ; pas Lucien l’âne, mais juste « l’âne ». À propos, le garagiste du coin est d’origine turque, mais tout le monde l’appelle Jacky. Il y a plus de vingt ans qu’il est là. Mais en face, le marchand de pneus est « italien », la supérette sur la place est tenue depuis vingt ans par des « italiens »- tiens, c’est Nino et Francesca. On remarquera que dans ces dénominations génériques, on oublie souvent la majuscule ; c’est sympathique, mais aussi symptomatique. En fait, au stade suivant et généralement à la génération suivante, les gens commencent à appeler ceux venus d’ailleurs par un nom, généralement un prénom. Mais, revenons à la chanson.

Oui, alors, reprend Marco Valdo M.I., cette histoire est simple . Comme on est en Allemagne, il est Turc, originaire de la Mer Noire, il se nomme Erdal ; le protagoniste de la chanson qui raconte qu’il va chez ce « Turc » chercher ses légumes, on comprend ainsi que cet « immigré » est là depuis un certain temps – des années sans doute. Il est là probablement depuis que l’Allemagne (la Fédérale, celle de l’Ouest) est devenue tellement obèse qu’elle a dû importer des travailleurs étrangers – spécialement, Turcs ou Grecs, pour suppléer à son manque de main d’œuvre pour remplir les fonctions et les tâches subalternes de la société. Cependant, il faut quelques années, sans doute de longues années, à un immigré pour installer un commerce et ensuite, avoir pignon sur rue. Dans la chanson, il n’est pas dit s’il est de première ou deuxième génération d’émigration. Par ailleurs, si cette histoire s’était déroulée ailleurs en Europe (disons, de l’Ouest), il aurait tout aussi bien pu être Kurde, Roumain, Bulgare ou si l’on élargit le spectre à la Méditerranée : italien, marocain, grec, algérien ou même, portugais ou espagnol.

Oui, cela peut se produire maintenant ici, à tout moment, dit Lucien l’âne. C’est devenu banal.

C’est bien ce qui encore plus inquiétant, dit Marco Valdo M.I. On aurait pu penser que ces attitudes xénophobes s’estomperaient avec le temps et avec la banalisation de la présence des émigrés – de tous horizons, dans les villes et les agglomérations d’Europe. Il semble bien que ce ne soit pas le cas et que contrairement à ce qu’on pouvait espérer il y a une cinquantaine d’années, l’humanisation de la société n’arrive pas à éradiquer les comportements imbéciles.

Dans quoi donc vasouille notre « civilisation » ? Quels sont ces gens qui traitent les autres par le mépris, les maltraitent, les matraquent et finissent par les tuer ? Sont-ce vraiment des gens, ces gens-là ? Il est vrai que bon nombre d’entre eux cherchent le sens de leur propre vie dans des entités extérieures à eux-mêmes prétendent appartenir à un groupe, un parti, une nation, une religion, un Dieu, un Prophète ou que sais-je encore. Dans tous les cas, une seule chose ressort de ce constat, c’est qu’ils ne s’appartiennent pas et ispo facto, se transforment eux-mêmes en pions, en sujets obéissants d’une chose qui les envoûte, qui les englue, qui les englobe, qui les enferme. Ils vivent prisonniers d’une entité qui les manipule.

Ainsi, conclut Lucien l’âne, l’homme a encore pas mal de chemin à faire pour devenir lui-même et ne plus envier ou haïr ses semblables. Par parenthèse, un des premiers pas vers l’humanisation de l’homme serait qu’il accepte d’être lui-même, qu’il se débarrasse des armures psychologiques dans lesquelles il s’enferme et qu’il garde pour lui-même ses croyances bien au chaud dans son intimité. Je dis cela, car dès lors qu’il ne ferait plus état, ni usage de ces béquilles mentales, il grandirait à ses propres yeux et entretiendrait des rapports détendus avec les autres humains. Ce serait un excellent début. Quant à nous, chi siamo somari, reprenons notre tâche, aidons l’humanité à se débarrasser de ces poids encombrants et trompeurs et tissons de ce fait le linceul de ce vieux monde envieux, avide, ambitieux, absurde, atroce et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Chez lui, j’achetais toujours mes légumes.
Il a dans la trentaine, un enfant et une femme.
Nous nous comprenons très bien,
Nous buvons parfois une bière ensemble
Au café d’en face,
Quand on s’y rencontre.
Lundi, son magasin si matinal
Au lever n’était pas ouvert encore.
Des voisins me dirent,
Il est à l’hôpital.

Erdal vient de la Mer Noire,
Cependant, il habite dans notre ville.
Il est chez lui ici.
Erdal – peux-tu m’entendre ?
Cela se passe toujours ici aussi –
Je suis avec toi, l’ami !

Il a buté dans vos rangs,
En marchant dans notre rue paisiblement.
Vous chantiez des slogans,
Ne plus jamais voir Erdal.
Seul, il a essayé encore de résister,
Vous étiez bien cinq contre Erdal.
Avant que ça ne soit commencé ,
C’était aussi déjà terminé.

Qui ici croit encore
Que cela ne nous concerne en rien ?
Quand vient la rage
Qui desserre tous les freins ?

Erdal – tu m’entends ?
Je veux te dire seulement ,
J’ai honte de tout ceci !
Erdal – tu m’entends ?
Face à ce qui se passe encore ici -
Je suis avec toi, l’ami !
Erdal vient de Turquie
Et celui qui ici est contre lui,
Est mon ennemi aussi !

lundi 9 janvier 2017

Ils ont marché sur la Lune

Ils ont marché sur la Lune


Chanson française – Ils ont marché sur la Lune – Jacques Debronckart – 1969

Interprètes : Isabelle Aubret et Christophe. (Mp3 : http://musicandmusic.centerblog.net/2365-isabelle-aubret-ils-ont-marche-sur-la-lune)






Lucien l’âne mon ami, il est des chansons qui passent inaperçues et qui mènent une petite vie de chanson sans jamais atteindre à la notoriété auprès des grandes foules. C’est le cas de cette chanson de Jacques Debronckart, dont je n’ai pas trouvé le texte et j’en ai donc fait une transcription « à l’oreille ». C’est toujours délicat ces transcriptions à l’oreille, surtout si la chanson est ancienne et qu’on ne dispose pas d’un enregistrement de bonne qualité. De plus, c’est une chanson enfantine et qu’une partie est chantée par un enfant.

La chanson enfantine est un genre un peu trouble : il se doit d’être enfantin, de s’adresser aux enfants, tout en sachant qu’il parle aussi aux adultes.

Quel mic-mac entre les Dupondt et le Pierrot Lunaire de Giraud, celui de Brahms et celui de Schoenberg, on s’y perd, sans compter le Tintin marchant sur la Lune avec 15 ans d’avance d’Hergé et rencontrant les scaphandriers marcheurs étazuniens.

Une chanson d’actualité puisque c’est le jour où Eddy Merckx remporte son premier Tour de France sur les Champs-Élysées, ce qui devait plaire à Tintin et Haddock scotchés devant leur télé et qui ont découvert dans la même journée que deux Zétazuniens, qui étaient partis bien avant eux, arrivent quatre heures plus tard qu’Eddy à l’étape du jour, mais il est vrai, sur la Lune.

C’était aussi une étape dans la grande compétition internationale entre États dans le Tour de la Guerre. Tiens, ils recommenceraient bientôt qu’on ne s’en étonnerait pas.

À mon avis, ils n’ont jamais cessé. C’est juste la forme et les lieux qui ont varié. Cependant, je te comprends, le Tour de la Guerre revient d’Ukraine et de Syrie ; on dirait une noria tirée, poussée par un baudet aveuglé et la pierre moud, moud, moud les gens comme si c’étaient des grains à faire une farine pour enrichir les riches meuniers. Écoutons la chanson et reprenons notre tâche et tissons, tissons, tissons le linceul de ce vieux monde guerrier, compétitif, militaire, belliciste et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Ils ont marché sur la Lune, tu sais ;
Ils ont marché sur la Lune, c’est vrai !
Ils ont mis le pied là-haut,
Chez Pierrot,
Sur la Lune,
Sur la Lune, sur la Lune !

Alors, dis-moi !
Dis-moi, pourquoi,
Je n’ai pas le droit
De mettre le pied, c’est vrai
Sur les pelouses de la Terre ?
La Terre est à nous, tu sais,
Tandis que la Lune, elle est aux Lunaires.

Et pour aller sur la Lune, tu sais,
Marcher sur la Lune,
Ils ont allumé un feu merveilleux,
Le plus grand feu
Qu’on ait jamais vu, tu sais
Pour aller sur la Lune.

Alors, dis-moi !
Dis-moi, pourquoi,
Il y a des enfants qui meurent de froid
Dans certains pays.
Le maître me l’a dit.
Et pourquoi, en hiver
On n’allume pas
Des feux comme ça
Partout sur la Terre, pourquoi ?

Et pour aller sur la Lune, tu sais,
Sur la Lune, c’est vrai,
Sur la Lune,
Il a fallu des milliards, des milliards,
Des milliards de dollars
Pour aller sur la Lune.

Alors dis-moi !
Dis-moi pourquoi
Il y a des malheureux
Et pourquoi
Dans tous ces milliards,
Pourquoi
Il n’y en a pas un ou deux
Pour eux ?

Tu as raison, cent fois raison,
Mais vois-tu, vois-tu, petit garçon,
Peut-être un jour, les gens de la planète Terre
Deviendront meilleurs pour leurs frères
Quand ils auront marché sur la Lune, tu sais
Sur la Lune, c’est vrai.
Sur la Lune,
Ils ont mis le pied là-haut,
Chez Pierrot,
Sur la Lune,
Sur la Lune, sur la Lune !