mercredi 13 août 2014

CECI EST LA PAIX, CECI EST LA GUERRE, DIT-IL.

CECI EST LA PAIX,
CECI EST LA GUERRE, DIT-IL.

Version française - CECI EST LA PAIX, CECI EST LA GUERRE, DIT-IL - Marco Valdo M.I. – 2014
Chanson italienne - Chi sta in alto dice: questa è pace, questa è guerra – Kalashnikov – 2014



Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre, 
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.
Peinture de Marc Chagall






Pour ce morceau que nous avons gravé, nous avons emprunté une poésie de Bertolt Brecht, en la ciselant ci et là pour l’adapter à la chanson. Nous croyons que le camarade Bert aurait été ravi de nous prêter sa composition. Ou non ? De toute façon, c'est fait ! Le texte cherche à mettre en discussion l'idée qu'une nette ligne de séparation court entre l'état de guerre et celui de paix ; cette démarcation existe peut-être plus dans notre imagination, ou bien dans les livres d'histoire, qu'en réalité. Le morceau se veut même être une réflexion sur la signification que nous donnons aujourd'hui aux mots de paix et de guerre, qui cachent une subtile ambiguïté, une valence idéologique : un vide sémantique. Dans les années 1990, on n'a rien fait d'autre que parler de « missions de paix » rapportées à des campagnes de guerre qui ont apporté plus ou moins l'habituelle dose que morts, de misère et de destruction. Cette hypocrisie linguistique et conceptuelle est le miroir de notre société, dans laquelle les mots sont toujours plus décollés de la réalité, dans laquelle les médias ne racontent pas le monde qui nous entoure, mais le modèlent.

Du Collectif Kalashnikov.

************


Regarde Lucien l'âne mon ami, regarde, cette canzone du collectif Kalashnikov, elle va te plaire tout comme elle me plaît et je vais te dire pourquoi...

En effet, dit l'âne Lucien un peu interloqué qui dresse subitement les oreilles en points d'exclamation. En effet, pourquoi ? Ce serait bien que tu précises un peu...

Ce serait déjà fait, si tu ne m'avais pas interrompu... Donc, je reprends où j'en étais. Regarde leur commentaire et regarde aussi le texte du poème de Bertolt Brecht... Tous parlent très précisément de la Guerre de Cent Mille Ans, de « leur guerre », celle que les riches font aux pauvres pour s'enrichir plus encore, pour maintenir et étendre leur domination, pour renforcer l'exploitation, pour maintenir leurs privilèges et satisfaire les folles ambitions... Une guerre qu'ils mènent depuis tant de temps, cette guerre qui est la mère de toutes les guerres, cette guerre qui se cache sous les oripeaux d'une paix qui se veut sans histoire.


Voilà qui est bougrement intéressant, dit Lucien l'âne en se dandinant des quatre fers... Même si, comme toi, je savais bien que d'autres que nous y avaient songé et bien avant nous... À part peut-être le nom sur l'étiquette, à part sans doute aussi la manière de la raconter... Pour le reste, primo, cette guerre était là et secundo, nous deux, on est comme Laverdure : « On cause, on cause, c'est tout ce qu'on sait faire ».


Tiens alors, à propos de Laverdure, Raymond Queneau – je rappelle, à toutes fins utiles, que Laverdure est un des personnages principaux de Zazie dans le métro, roman hyperbolique dudit Queneau et que c'est un perroquet – donc, à Marguerite Duras qui l'interviewait, Raymond Queneau disait de Laverdure : « Dans « Zazie dans le métro », il y a un personnage qui rappelle les autres à l’ordre, c'est Laverdure, le perroquet. Il dit toujours : « Tu causes, tu causes, c'est tout ce que tu sais faire » Dès que les gens commencent à envelopper ce qu'ils disent, à « mettre la sauce », c'est le rappel à l'ordre. » Et bien voilà, tu m'as rappelé à l'ordre.


Ça alors, une interview de Raymond Queneau par Marguerite Duras, qui aurait imaginé pareille rencontre... C'est fabuleux ! Je m'en vais de ce pas la lire...


Oh, Lucien l'âne mon ami, ne t'en va pas comme ça ! On n'a pas fini de causer de la canzone. Et d'abord, il convient de signaler combien elle rejoint aussi certaine idée de George Orwell en ce qui concerne l'usage de la langue et des mots et leur place centrale dans la manière dont le système s'instaure et s'installe à demeure, y compris et surtout, dans la tête des gens. Avec ces amplificateurs d'hypnose sociale que sont les mass-média, ces moyens de diffusion massive qui s'insinuent partout, jusque dans les chambres, jusque dans les lits, comme les tristes touristes de Ricet Barriet ; en fait, il vaudrait mieux dire les vacanciers...



Tu avais raison de m'arrêter, Marco Valdo M.I. mon ami, dit Lucien l'âne en faisant demi-tour sur place. Tu avais bien raison, car c'était fort grossier de ma part de tout planter là et puis aussi, il n'était pas correct de ne pas tenir mon rôle... Car sans moi, le dialogue s'interrompt et même, reste suspendu dans un vide désolant. Mais rassure-toi, je ne vais pas jouer la fille de l'air. Car, il me revient quand même que c'est à moi de conclure en te rappelant à l'ordre et à notre tâche qui, comme tu le sais sans doute, est de tisser – tels de modernes Canuts – le linceul de ce vieux monde doublement guerrier, faussement paisible, exacteur, rongeur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Leur paix et leur guerre ne sont pas d'essence différente
Elles sont comme le vent et la tempête.
De leur paix naît la guerre
Comme l'enfant d'une mère
Qui voit son visage dans le sang d'une mare.

Ce que la paix a épargné est tué par leur guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

Leur paix et leur guerre ne sont pas d'essence différente
Elles sont comme le vent et la tempête.
De leur paix naît la guerre
Comme l'enfant d'une mère
Qui voit son visage dans le sang d'une mare.

Ce que la paix a épargné est tué par la guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le terrain au massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.

Ce que la paix a épargné est tué par la guerre
Leur paix est une guerre qui prépare le terrain au massacre.
Celui d'en haut dit : ceci est la paix, ceci est la guerre,
Mais leur paix n'est pas très différente de leur guerre.


PAIX ET GUERRE : LÉGENDES D'EN HAUT

Le texte du poème de Brecht dont le Kalashnikov se sont inspirés :
Tiré de « Svendborger Gedichte » (« Poésies de Svendborg »), le premier recueil de poèmes que Brecht écrivit en exil, publié en 1939.
Poème allemand de Bertolt Brecht : Die Oberen Sagen: Friede Und Krieg – 1939



Elles sont de matières différentes.
Mais leur paix et leur guerre
Sont comme le vent et un orage.

Elle surgit de leur paix, la guerre
Comme le fils de la mère.
Elle emporte
Leurs trains terribles.


Leur guerre tue
Ce que leur paix
A laissé.

mardi 12 août 2014

Rétractation

Rétractation

Canzone française – Rétractation – Marco Valdo M.I. – 2014

Le Livre Blanc 9

Opéra-récit contemporain en multiples épisodes, tiré du roman de Pavel KOHOUT « WEISSBUCH » publié en langue allemande – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1970 et particulièrement de l'édition française de « L'HOMME QUI MARCHAIT AU PLAFOND », traduction de Dagmar et Georges Daillant, publiée chez Juillard à Paris en 1972.




Galilée explique sa conception...







Sais-tu, mon ami Lucien l'âne, ce qu'est une rétractation ?


Marco Valdo M.I. mon ami, ou tu me prends pour un ignare ou c'est une figure rhétorique, une façon d'introduire la chose... J'espère pour nos relations que c'est la deuxième de ces suggestions que tu as en tête. J'ai beau être bête comme un âne, de la rétractation, j'en ai entendu parlé et souvent, tu peux en être persuadé. Aurais-tu oublié qui je suis et d'où je viens ? Je sais évidemment que non et que donc, je conclus logiquement, que c'était manière d'introduire la canzone que cette question idiote.


De fait, de fait. Mais néanmoins, car tu n'es pas le seul en cause, je m'en vais situer la rétractation en général et celle dont parle la canzone en particulier. En somme, la rétractation – en général – peut se résumer comme suit : « Je retire ce que j'ai dit », ce qui fut une déclaration mémorable d'un Premier Ministre belge face à la colère qu'avait déclenchée une de ses précédents déclarations où, lors d'une grève des médecins, il avait évoqué le film « Le temps des Assassins ». Passons, revenons à la rétractation elle-même. Je veux dire à la canzone.


Oui, oui, bonne idée, Marco Valdo M.I. mon ami, excellente idée. J'ai hâte de savoir de quoi elle cause, cette canzone.


Il s'agit bien sûr de ce que arrive à notre ami Adam et de ce qui découle de son étrange pouvoir de se tenir debout, assis ou couché au plafond. Et plus encore, du fait qu'il a ainsi tout simplement transgresser la loi de la gravitation universelle ou de façon plus imagée, une conviction bien établie et tu le sais, les convictions bien établies comme les lois de la nature sont intangibles… Il a affolé les autorités – toutes les autorités : politiques, scientifiques, religieuses. On a donc , en haut lieu, imaginé une solution ; faire déclarer à Adam que tout cela était faux, qu'il n'est jamais monté au plafond, que la loi reste la loi... Bref, de faire une rétractation.


Oh, dit Lucien l'âne en riant, je vois de quoi il s'agit. L'idée n'est pas mauvaise ; c'est moins brutal que de le faire disparaître en l'enfermant, en le pendant, en le fusillant, en l'écartelant ou en l’empoisonnant... Que sais-je moi ? Il y a mille manières qui ont été attestées dans l'Histoire et pour ce que j'en sais, on en a brûlé pour moins que ça.



Ainsi, Adam, encore une fois, croise le destin de Galilée et de bien d'autres qui durent eux-aussi pratiquer la rétractation. Curieux procédé en vérité qui se pratique généralement devant un tribunal – dans le cas de Galilée, celui de la Sainte Inquisition. Heureusement, si on peut dire, avec le temps elle était devenue de plus en plus une déclaration formelle et pour autant que le rétractaire continue à taire sa vraie conviction, on le laissait relativement tranquille. Pour ce qui est d'Adam, il devra lire une déclaration, rédigée par le directeur, devant une assemblée... Sa rétractation.


Cela étant, comme je te l'ai dit, je suis très curieux des vicissitudes qui surviennent dans la vie de notre ami Adam... Alors, place à la chanson ! Quant à nous, il nous faut poursuivre notre tâche et de tisser sans discontinuer le linceul de ce monde inquisiteur, punisseur, branlant et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Le bruit courait qu'Adam
Ne pourrait plus enseigner.
Les bruits disaient : Adam
Devra se désavouer.
Le directeur dit : Adam,
Il faut vous rétracter ;
Sinon, voyez-vous, Adam,
Il me faudra vous sanctionner.
Car, à cause de vous, Adam,
L'ordre public est menacé.
De votre faute, Adam,
La jeunesse est en danger.
De votre chef, Adam,
Le monde a perdu sa tranquillité.
Je vous ordonne, Adam,
Je vous somme de vous rétracter.


Tout le monde vous attend, Adam.
Voici le discours que vous lirez.
Quand faut y aller, Adam,
Il n'y a pas à hésiter.
Il tremble de la tête aux pieds, Adam.
Il s'attend au pire,
Il ferme les yeux, Adam ;
Il inspire, il soupire, il transpire.
L'heure est venue, Adam,
Ce n'est pas le moment de flancher ;
Ce n'est pas un cauchemar, Adam,
C'est la réalité.
Ouvre les yeux, Adam ;
Ouvre la bouche pour ânonner
Ta rétractation, Adam.
Soudain, ce discours imposé
Se désintègre et Adam
E pur si muove..., hop, envolé
Au plafond, Adam, Adam ;
Adam ne s'est pas rétracté.
Plus de rétractation !
Adam rit, rit Adam
Au plafond, debout au plafond.


lundi 11 août 2014

HITLER BAVE

dimanche 10 août 2014

Schefferville, le dernier train

Schefferville, le dernier train
Chanson québécoise de langue française – Schefferville, le dernier train – Michel Rivard – 1983




Schefferville - la mine - 1980
2014 - il reste 213 habitants





Comme, Lucien l'âne mon ami, comme tu disais l'autre jour en commentaire à une autre chanson : « « Pensez-vous que ne voulons pas rester ?
Ici nous sommes nés et ici nous voudrions vivre. »...
On dit et on pense la même chose dans le grand Nord québécois... »

Je m'en souviens bien, c'était une chanson de Calabre ; un coin situé on ne peut plus au Sud de l'Italie. C'était « Si dìcie c'all'Italia avim' a libbertà » [[47870]]. Tu l'avais traduite, d'ailleurs. Ce qui devait bien donner comme titre : « ON DIT QU'EN ITALIE NOUS AVONS LA LIBERTÉ ».

Et toi, mon ami l'âne Lucien, tu voulais qu'on mette ici la chanson de Michel Rivard : Schefferville, le dernier train ... La voici. On y découvrira qu'au nord, au Grand Nord, comme au Sud, au grand Sud, c'est partout pareil, c'est toujours la même chose, comme disait le hérisson qui piquait... Partout la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres a les mêmes conséquences : une sorte de ruée vers l'or (le fer, le cuivre, le charbon, la lignite, le pétrole, l'uranium...) où toutes formes de production et d'exploitation sont rageusement développées et puis, quand le filon s'épuise... On jette tout et les profiteurs s'en vont recommencer leurs manigances ailleurs ; alors, dans un vague désert de ruines, restent à survivre comme ils le peuvent les désenchantés... qu'on avait déracinés pour les planter là...

En effet, au Nord, au Sud, à l'Ouest, à l'Est, partout sur la planète et demain (si on n'y met pas fin à cette foutue Guerre de Cent Mille Ans qui, ainsi que le faisait remarquer George Orwell, se camoufle en paix...) partout dans l'espace, on nous fait toujours le coup du prince charmant, ainsi que le raconte le hérisson qui piquait... Dès lors, reprenons notre tâche sempiternelle et tissons tranquilles, tranquilles (dans ce marathon, l'essentiel c'est de tenir, résister... Ora e sempre : resistenza !, y compris dans le Grand Nord, le Grand Sud, le Grand Ouest, le Grand Est...) le linceul de ce vieux monde profiteur, exploiteur, auto-destructeur, assassin et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

Il n’y a plus rien au Roxy
Depuis quelques mois
Y’a de la neige dans la porte
Du vieux cinéma
Dans la rue un chien jappe
Et se prend pour un loup
La nuit tombe sur la ville
Qui m’a donné le jour
A la brasserie ça chante
Plus fort que d’habitude
Pour la fête à Johnny
Qui s’en retourne dans le sud
Mais le sud de Schefferville
C’est pas la Jamaïque
C’est Québec ou Matane
Ou le Nouveau-Brunswick
En novembre passé
Ils ont fermé la mine
J’ai vu pleurer mon père
Sur la table de cuisine
C’était pas tant de perdre
Une job assurée
Que de voir s’évanouir le rêve
De trente années
Quand je suis venu au monde
Ils étaient jeunes mariés
Venus trouver l’amour
Et la prospérité
Dans une ville inventée
Par une grosse compagnie
En plein nord, en plein froid
Et en plein paradis
Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles
J’ai passé ma jeunesse
A  prendre les bois
A la chasse à la pêche
A boire avec les gars
Un skidoo ent’les jambes
et l’orgueil dans le coeur
Je suis devenu un homme
Et j’ai connu la peur
Sur les traces de mon père
J’suis parti travailler
Et la mine de fer
Est devenue réalité
Comme l’amour de ma femme
Et la chaleur de mon foyer
Et la peur de m’faire prendre
Tout ce que j’ai gagné
Aujourd’hui ça m’fait mal
De voir tout le monde partir
C’est icitte que j’suis né
C’est là que j’veux mourir
Avec une caisse de douze
Une aurore boréale
Et la femme de ma vie
Couchés sous les étoiles
Couchés sous les étoiles
Et au bout de la ligne
C’est l’histoire qui décide
Si le poids de nos rêves
Nous entraîne dans le vide
Je suis monté à pied
Sur la côte du radar
J’ai vu mourir ma ville
Sous le soleil du nord
C’est pas moi qui peut changer
Le cours de la vie
Si y’a personne qui reste
J’vas partir moi aussi
Mais c’est moi qui veut fermer
Les lumières de ma ville
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles
Lorsque le dernier train
Partira pour Sept-Iles


La Ballade d'Hoboken


La Ballade d'Hoboken
Chanson française – La Ballade d'Hoboken – Claude Semal – 1977



Chanson écrite et composée par Claude Semal en 1977, "La ballade d'Hoboken " (Hoboken est une commune industrielle proche d'Anvers), est une chanson, qui dénonce la pollution par le plomb diffusée par l'usine d'Hoboken de l'entreprise belge de métaux Métallurgie Hoboken. Cette chanson fut « traduite en justice » en même temps que son auteur et interprète pour "diffamation". Ils seront acquittés.


Pour mieux connaître les chansons et le chanteur : http://users.skynet.be/selkirk/semal/chansons.htm – toutes les chansons de Claude Semal












Dans la banlieue d’Anvers près du chantier naval
Un enfant m’a montré à côté du canal
Des cages sans oiseaux et des fleurs sans pétale
Voici l’histoire vraie de ce fait peu banal
Sous un ciel gris de plomb les enfants couraient
Oh ! l’air était si lourd le vent soufflait si frais
C’est un étrange orage qui se préparait
Dans le ciel au-dessus de Métallurgie-Hoboken
La Métallurgie produit des métaux sans fer
2.000 travailleurs y gagnent leur salaire
Mais sur les capitaux règne majoritaire
L’or de la Générale et de l’Union Minière
A plus d’un kilomètre tombe sur les jardins
La poussière du zinc, du cuivre, de l’étain
A plus d’un kilomètre tombe sur les maisons
la poussière du plomb de Métallurgie-Hoboken
Avril 73 on découvre dans un champ
Huit vaches et deux chevaux morts d’empoisonnement
On trouve assez de plomb incrusté dans leurs dents
Pour remplir les crayons de tout un parlement
Sous un soleil de plomb les enfants couraient
Le soleil était si chaud le sol était si près
Est-ce bien la chaleur qui les fait transpirer
La nuit dans le quartier de Métallurgie-Hoboken
Après ces incidents un comité d’habitants
D’Hoboken: ouvriers, employés, paysans
Découvrent en colère que depuis 20 ans
l’usine crache dans les airs 200 tonnes de plomb par an
Croyez -vous après ça qu’on va filtrer les tuyaux
Monter la cheminée, c’est déjà bien trop beau
25 mètres de briques pour polluer d’un peu plus haut
Voilà le seul cadeau de Métallurgie-Hoboken
Voilà le seul cadeau d’un patron capital
Le premier patron belge du secteur métal
Quand on a tant de fric, après tout c’est normal
Qu’on puisse assassiner pour raison commerciale
Du plomb dans le sang plus de cent enfants
Couchés à l’hôpital sont touchés par le mal
Mais les juges d’Antwerpen trouvant ça normal
Acquittent au tribunal la Métallurgie-Hoboken
D’un sommeil de plomb, dormez les enfants
Vous semblez si petits, lorsque vous serez grands
Nous serons des milliers pour faire sauter les plombs
Des barreaux des Barons de Métallurgie-Hoboken