mardi 3 septembre 2013

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE POLITIQUE

PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE POLITIQUE

Version française – PETITE LEÇON D'ÉCONOMIE POLITIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013
d'après la version italienne - "Semplici lezioni di economia politica" – de Gian Piero Testa – 2013
d'une chanson grecque – Απλά μαθήματα πολιτικής οικονομίας – Loukianos Kilaidonis / Λουκιανός Κηλαηδόνης – 1975
Texte de Yannis Negrepondis
Musique de Loukianòs Kilaidonis
Interprètes: Alekos Màndilas, Loukianòs Kilaidonis, Pitsa Konitsioti, Kostas Thomaìdis
Disque: Απλά μαθήματα πολιτικἠς οικονομίας, 1975




Nous souvenons-nous encore de Bertolt Brecht ? « Apprends ce qui est le plus simple ! Pour ceux dont le temps est venu, il
 n'est jamais trop tard ! 
Apprends l'abc ; ça ne suffit pas, mais 
apprends-le ! Et ne te lasse pas ! Commence ! Tu dois savoir tout ! 
Tu dois prendre le pouvoir. 
Apprends, homme à l'hospice !
 Apprends, homme en prison ! 
Apprends, femme en cuisine ! Apprends, sexagénaire ! Tu dois prendre le pouvoir. Fréquente l'école, sans-abri ! 
Acquiers le savoir, toi qui as froid ! 
 Affamé, empoigne le livre : c'est une arme.
 Tu dois prendre le pouvoir. N'aie pas peur de questionner, camarade ! 
Ne te laisse pas influencer, 
vérifie toi-même ! 
Ce que tu n'apprends pas par toi-même, tu ne le sauras pas. Contrôle le compte, 
c'est toi qui dois le payer. Mets le doigt sur chaque mot, 
demande : et ceci, pourquoi ? 
Tu dois prendre le pouvoir ».

Brecht disait cela en 1933, une année mortelle. En 1975, avec dans le dos, la sombre période des Colonels, Yannis Negrepondis et Loukianòs Kilaidonis devaient avoir pensé que, dans le septennat précédent, les Grecs avaient manqué trop de leçons et qu'était venu l'instant de rafraîchir l'abc du peuple. Ils publièrent ce disque rapide, pédagogique, gnomique, ultra-idéologique – si l'on veut -, mais amusant, ironique, optimiste au fond ; et pourquoi ne pas l'être, optimistes, quand on respirait encore les émanations de l'ivresse et on pouvait rêver que, avec la liberté retrouvée, on pourrait même vaincre l'injustice du système ? Qui ne s'est jamais engagé dans ce passage du Nord-Ouest pour atteindre l'Océan Pacifique et ensuite se retrouver emprisonné dans les glaces et découvrir que le passage était encore une fois un malencontreux aller simple ? Ultra-idéologique, ai-je dit : mais, en réalité, je ne sais pas très bien ce que ça peut vouloir dire. Aujourd'hui il m'arrive – il m'arrive, malheureusement – de lire les articles des « terminators » des idéologies du XX siècle : les Panebianco, Ostellino, Zingales… [Disons, dit Lucien l'âne, que ce sont des « His Master Voices »... Les perroquets du capital. Sur ce même thème, je me rappelle l'éclairante chanson Les lanternes libérales [[7920]]]. Et bien, mais eux aussi enseignent son abc à la bourgeoisie, et proposent leurs formulettes libéralisantes et globalisantes indépendamment de toute considération de la réalité factuelle, et sans le moins du monde s'apercevoir que ces dernières (formulettes), en étant vastement mises en pratique sans aucun recours à leurs sages conseils, ne fonctionnent pas ; mais qui s'en soucie… L'idéologisme, on sait, est vice d'autrui ; certes pas de qui possède la science, ou – peut-être il vaut-il mieux dire – la formule magique et bonne à tout.
Du point de vue spéculatif, je n'arrive pas à saisir de différences de méthode entre les articles bourgeois du Corriere et ceux prolétariens de Lotta Comunista, qu'un temps je lisais pour l'avoir achetée, et que j'achetais car je n’avais pas le cœur d'envoyer au diable les jeunes camarades qui, comme de zélés Témoins de Jéhovah, sonnaient à ma porte le dimanche matin. Mais il y a une différence, de toute façon. La prédication idéologique des anti-idéologues du Corriere a accompagné un colossal transfert de richesse nationale, de sorte qu'aujourd'hui 10% de la population en possède 50% (avec le résultat que le Pays est dans l'ensemble beaucoup plus pauvre et, horreur, beaucoup moins compétitif sur la décisive scène mondiale) ; tandis que les autres, au moins, ont tapé sur le clou – un incontestable clou – disant que « qui a faim, a raison », comme le dit – voyez un peu – un proverbe populaire grec.
Dans ces limites – et avec cette appréciation – relisons et réécoutons, après presque quarante ans, le disque rouge de Kilaidonis-Negrepondis. Il est vraiment élémentaire, exactement comme il se proposait d'être ; mais j'ai la sensation que, dans la tourmente en cours, il ait encore des choses à dire. (gpt)


S'agissant de leçons élémentaires, il n'y a pas besoin de notes. Mais peut-être l'une ou l'autre peut être utile. Pour bien comprendre, la troisième chanson, l'avant-dernière strophe qui parle d'un conte long et emmêlé, c'est-à-dire la lutte des classes, il faut savoir que, alors que les contes italiens qui se terminent bien recourent à la sentence finale : « et ils vécurent heureux et contents » (les français à « Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants »), les grecs disent : « et ils vécurent bien et nous encore mieux ». En ajoutant le fait que, mieux s'entend comme devrait être le résultat final – lorsqu'il adviendra – de la guerre de cent mille ans.

Gian Piero Testa - 20/8/2013 - 22:03

Fortes paroles … que la musique ne rend pas. Très belle cependant et c'est un travail considérable de GPT.
Krzysiek Wrona - 21/8/2013 - 03:33

Je comprends, Krzysiek Wrona, tes réserves sur la contribution musicale de Kilaidonis. Mais essaye d'imaginer que ces textes, en grande partie sérieux et tous terriblement catéchétiques, étaient modulés sur une musique qui en reflétait – autant sérieusement – les profondes vérités… Deux paris insoutenables. Mais ainsi, entre le sérieux et facétieux, entre le puéril et l'épique, le message devient plus fluide, selon moi. Et il a plus de probabilité d'approcher le sens. Et on ne peut pas, d'autre part, demander à un artiste, dont la nature profonde est sarcastique et farceuse, de se faire tout à coup grave et prophétique. Mais essaye de les réécouter plusieurs fois, ces chansons et tu t'apercevras que, ne fois après l'autre,ils se font plus convaincants. Merci pour les mots d'appréciation.
Gian Piero Testa - 21/8/2013 - 21:25





1- ARITHMÉTIQUE ÉLÉMENTAIRE
(Interprète Alekos Màndilas)


Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Deux plus un font trois
Si ça ne suffit pas, fais la grève.
On te prend dix, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là
On te prend, on te rend un
Qui donc l'appelle justice cette chose-là

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Dix fois mille dix mille
Et seulement mille pour mille ouvriers.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.
Donc neuf mille, neuf fois mille
Voilà ce qu'on appelle la plus-value.

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Six plus deux, huit personnes
L'affamé roule de gros yeux
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.
Six fois six trente-six
Pour le capital, ce sera toujours une aubaine.

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Quand le capital courra des risques
Il renverra ton fils à la guerre.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.
Il y a toujours une loi pour te lier les mains
Quand les choses se compliquent pour eux.

Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau
Un plus un font deux
Pas besoin d'un grand cerveau.



2 – LE SYSTÈME
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)


Tes mains collègue
Lorsque tu les loues
Pense que ton patron
Est un mal pour l'homme

Car même si ce matin
Il t'accepte comme être humain
Le système tôt ou tard
T'enverra au placard

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison, de cœur.

Tes mains, collègue,
Quand tu les loues
Sais-tu que c'est au système
que tu portes remède.

Quand ton patron lui-même
Parle de confiance
Au système
Il t’aliène

Que ceci jamais ne te sorte de la tête
Tu donnes en location au mécanisme
Tes mains comme deux moteurs
Que cela te plaise ou pas où il y a une machine,
Il n'y a pas humanisme
Ni à plus forte raison et de cœur.



3 – SAUT RÉVOLUTIONNAIRE
(Interprète Pitsa Konitsioti)


D'aïeuls en aïeules
De génération en génération
Qu'on s'arrête ou qu'on bouge
Toujours plus à chaque génération
Ils nous appauvrissent et ils prospèrent.

Anxieux ceux avec les gros billets
Nous maugréons avec la petite monnaie
Tu vois, pour eux, c'est la fête
Et il nous reste à gratter nos têtes.

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion
Dit Marx et alors,viendra l'action

La fable est encore longue
Et comporte moult épisodes
Eux vivent heureux
Et nous encore toujours mieux

L'eau qui bout là
Lorsqu'elle débordera
Ce sera l'explosion
Dit Marx et alors, viendra l'action


4 – LES SCRUPULES
(Interprète Kostas Thomaìdis)


Quand la malhonnêteté gouverne le monde
Il n'est pas juste d'être honnêtes.

Distingue une fois pour toutes
Ce qu'est la valeur, ce qui est juste
Et n'écoute pas ceux qui mesurent
Avec leurs mètres et te trompent.

Quand l'injustice gouverne le monde
Il est insensé d'être justes.

Distingue depuis le commencement
Quelle est ta juste place.
Seul le droit de ta classe
Est viril et franc.


5 – LA PATRIE
(Interprète Alekos Màndilas)



La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

En bas, le petit peuple
Moteurs, cuisine, cambuse,
Sur le pont supérieur, la bonne classe
Puisque c'est elle qui commande

Doucement la mer, doucement
Le bateau file au vent
Pour ceux d'en haut, c'est la fête
Pour le petit peuple, la tristesse.

Même si le temps se gâte
Et tourne à la tempête
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

Au petit peuple, il est permis
De donner sa vie
Toujours, la classe d’en haut
Saura sauver sa peau.

La mer forcit aille, aille
Le navire coule à pic aille, aille
Mon Dieu, sauvez ceux d'en haut
Et donnez du courage au populo

La patrie est un navire
Qui tous nous transporte
La formule fonctionne assez bien
Et la « populace » – à mâcher – n'a plus rien !


6 – LE CONTRAT
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)



Ils ont signé le contrat
En une nuit, rapidement
Pour qu'il ne reste pas
De comptes dits courants

Un contrat de cinquante ans
À neuf pour cent
Aux étrangers tous les droits
En veux-tu, en voilà.

Les termes du contrat
Au plus fort tous les droits
Du côté politique
Et aussi économique

Les journalistes sans émoi
Ont publié dans un corps tout petit
Deux trois pages aussi
Confuses que celles du contrat.

Qui peut le dire
Qui ose le dire
quel parfait asservissement
économique et politique
Signifie cet engagement

Car neuf pour cent
C'est un montant risible
Pour un contrat de cinquante ans
Quand à ces seigneurs
On offre les bras des travailleurs
Pratiquement gratuitement

Quand ce dernier t'aura imposé
L'exclusivité
Tu ne pourras accepter d'autres
Avec qui collaborer
Sur le terrain de la politique
Ou de l'échange économique


7 – LES REMÈDES AUX PSYCHOSES -
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)



Une entière société
Affectée de psychose
De centres de psychiatrie
Nulle part où se sauver

La psychose dérive
D'une cause très profonde
Au cœur de la structure
Économique et sociale

Quand on soignera, il faudra
Qu'on aille tout droit
À la racine de la cause
Et qu'on change le monde

Et le mal à la racine
Si on le veut affronter
Il faudra le frapper fermement
Économiquement et politiquement


8 – LE CADEAU
(Interprète Alekos Màndilas)



Ouvrier le cadeau que
Ton patron t'offre
Il tire le double
De ta besogne
De ton travail, de ta peine

La drachme que le patron
Va, va, va t'offrir...
Il ne se décidera à ce don
Que s'il en tire
Deux ou trois fois plus encore

Donc si même ton patron
Semble te vouloir du bien
Pense que c'est de ton travail
Que tout cela provient

9 – COMPROMISSION
(Interprète Kostas Thomaìdis)

Notre patron a invité
Stratis le jeune effronté
Il lui a dit couche-toi et sois prudent
Et s'est aligné prudemment.

Stratis où est ton sourire
Ton regard et ton rire
Où est allée ton innocence
Où donc a disparu ton arrogance ?

Pour un Stratis qui se couche
À l'appel du maître
Les camarades sont des milliers
Un seul cri de mille gosiers.


10 – LA LEÇON DE DIEU
(Interprète Alekos Màndilas)



Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

On nous l'a servi ainsi
Nous le présentons ainsi
Et jusqu'à tant que nous mourrons
Nous le refuserons

Prêtres maîtres
Et gendarmes
Et nous tous voulons ici-bas
L'ordre et la loi

Et ceux qui veulent
Qu'arrive le contraire
Sont des sans-patrie
Des sans-religion et des brutes.

Tous les doigts semblables
Ne sont pas
Et donc, que tous ne mangent pas
Est chose juste.

Les grains se répartissent
Selon la règle divine
La nation, le trône et la famille
Et les 12 évangiles


11 - LE CONCEPT D'HONNÊTETÉ
(Interprète Pitsa Konitsioti)



D'individu à individu
Selon profession métier
Religion recettes et idéologie
Changent les sens de honnêteté

L'écrivain a sa propre idée de l'honnêteté
Le prêtre entend tout autre chose par honnêteté
Et celle de l'idéologue diffère
De celle du soldat mercenaire

Ce qui paraît honnête
Au capitaliste
Pour le travailleur
Est une indécence
Qui vit pourtant dans le coeur
D'un petit propriétaire

Comment ? La propriété privée
Ne serait pas une monstruosité

La monogamie est à l'honneur
Mais seulement chez le paria
Tandis que pour le bourgeois
Ou l'entrepreneur
C'est un état pas naturel
C'est une histoire très vieille

Le prix donne le pas
À l'honnêteté
La question n'est donc pas là
Compatriote, écoutez !


12 - L'ÉMIGRATION
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)



L'émigration est une solution
Quand l'inoccupation
Frappe notre pays
Mais à l'économie
Que coûte-t-elle ?
L'émigration est une solution
Mais au plan individuel

Quand travailleur tu t'en vas
À dix-huit ans déjà
Dans ton pays encore
Tu es un poids mort
Et malgré ce que tu as coûté
À ta patrie, à son peuple
Tu donnes à un pays étranger
Ton activité

D'autre part, c'est forcé
Pour le patron local
L'élément inoccupé
Est révolutionnaire

Solution du désespoir
Pour toi l'émigration
Met fin à ton chômage
Mais ta patrie, elle,
Elle l'endommage
L'émigration est une solution
Seulement au plan individuel

13 – LES MOTS ET LES FAITS
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)



C'est évident pour tous et toutes
Le problème n'est pas simple
Le problème est vraiment énorme

Nous disons ceci en paroles
Cela et autre chose encore

Mais voyons un peu qu'on te dise :
Donne même ce que tu possèdes !

En paroles, il y a le prêtre
Et le maître
Mais elle vient de la divinité
Une telle immuabilité

En paroles, il y a travailler
Travailleur et contremaître
Mais la boue que tu dois labourer
Pèse-t-elle pareil sur celui qui commande ?

C'est évident pour tous et toutes
Le problème n'est pas simple
Le problème est vraiment énorme

En paroles, il y a fantassin
Infanterie et cavalerie
Mais est-ce le même destin
Quand survient la boucherie ?
Il y a des étudiants. En paroles
Étudiants et ouvriers une seule chose
Mais voyons voir si dans la vie
Ils se tiendront compagnie

En paroles, celui d'en haut est bon
celui d'en bas aussi
Mais voyons voir s'ils te diront
Assieds-toi ici toi aussi

Ainsi parlait le bourgeois
Et juste à côté, le petit bourgeois
De sa grande tête acquiesçait
Mais le prolétaire
Malheureux de tout ce qu'il avait vu
Souriait amer
Car même l'autre chose et l'autre manière
Où quelquefois, il entrevoyait la lumière
D'une façon ou d'une autre le dupaient


14 - L'USURIER
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)



Dans une cave sombre
Comme une bête aveugle se terre
L'usurier

Il n'a jamais une drachme, dit-il
Et il ne peut pas vivre autrement, dit-il
L'usurier

Qu'il ne t’advienne pas d'être obligé
D'aller chez lui t'endetter
L'usurier

Il te noircit la vie
Il te dépouille le corps et l'âme
L'usurier

Mais il ne faut pas être des benêts
Et dire que la cause de ceci est
L'usurier

Il y en a d'autres cachés
Qui le soutiennent et comment le soutiennent
L'usurier


15 - ABSOLU ET RELATIF
(Interprète Loukianòs Kilaidonis)

Si le bien
Est un concept absolu
Il faudra donc bien
Que le juste aussi soit absolu

Posons que c'est l'homme bien
Qui distribue le bien
Et qui définit
Comment, pourquoi et à qui

Mais comment
Distinguer clairement
Si il veut d'office
Pratiquer la justice

Il estimera absolus
Faits et événements
Car le bien, c'est évident
Pour lui sera un absolu

Mais sans doute la justice
Peut être indépendante
Quand c'est la bonté, vois-tu
Qui la mène à l'absolu

Tandis que la métaphysique
Généralement se trompe
Marx a vu à fond
Les choses comme elles sont

Et vu que le juste et le bien
Sont relatifs. À l'évidence,
La question n'est jamais que certain
En ait l’intelligence

Au cas où tu serais contraint
D'offrir à ton voisin
De juger si le bien effectif
Est absolu ou relatif.


16 - TRAVAILLEUR, PRENDS GARDE !
(Interprète Kostas Thomaìdis)



Les temps sont troubles. Travailleur, prends garde.
Tiens l’œil toujours en éveil
Tiens l’œil toujours en éveil
Ennemis et amis. Travailleur, prends garde.

Derrière Franco, Mussolini, Hitler
Ce sont d'autres, toujours les mêmes
Toujours les mêmes capitalistes
Dont la cible, c'est toi prolétaire.

Ceux-là payeront, quoi qu'il arrive,
En argent ou sous d'autres formes,
Car dans les mêmes sombres ténèbres
Travailleur, toujours ils te serrent.

Et les amis sont légions
Qui opportunistes qui te trahiront
Qui en opportunistes, te trahiront
Et qui, travailleur, pour cible te prendront.


jeudi 29 août 2013

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI !

CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI !

Version française - CE DOIT ÊTRE AINSI... CE SERA AINSI ! – Marco Valdo M.I. – 2013
d'après la version italienne de Riccardo Venturi
d'une chanson allemande - So soll es sein - So wird es sein – Wolf Biermann – 1967/68





Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :
Rouge vif ou rouge mort, mais rouge
Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

La paix n'est rien de plus qu'une parole
D'imposteur, qui sert au massacre
Aucun peuple ne doit plus pleurnicher après la paix !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Oui, nous, nous voulons le bien-être,
Au lieu de n'avoir le bien-être qu'à la fin!–
L'homme ne vit pas seulement de pain !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

La liberté est une belle nana
Elle a un corps sculpté de haut en bas
Ce n'est pas une grasse truie bourgeoise !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Liberté, – liberté d'une démagogie de liberté –
Prenez-vous la liberté, autrement elle ne viendra jamais !
Des libéraux aussi il faut nous libérer !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Montrer du doigt le bourgeois
Cela ne suffit pas ! Sur les pattes, on le frappera
Ce gras gros porc de bourgeois !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Aucun couple amoureux ne sera plus poussé par nous
Dans l'éternelle prison du mariage
La fabrique d'humains doit fermer !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Les indics ne trouveront plus de travail
Cela créera une armée de chômeurs
Putain, quelle belle prophétie !!

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Elle-même – finalement ! – la révolution
Ré-vo-lu-ti-o-nne déjà –
Se jettera la première pierre sur soi !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi
Ce sera ainsi !

Quoi qu'il arrive, la terre sera rouge :
Rouge vif ou rouge mort, mais rouge
Mêlons-nous en un peu : que ça bouge !

Ce doit être ainsi
Ce doit être ainsi

Ce sera ainsi !

mardi 27 août 2013

On ne voit ça qu'ici, à Berlin

On ne voit ça qu'ici, à Berlin

Canzone française – On ne voit ça qu'ici, à Berlin – Marco Valdo M.I. – 2013
Histoires d'Allemagne 94
An de Grass 95

Au travers du kaléidoscope de Günter Grass : « Mon Siècle » (Mein Jahrhundert, publié à Göttingen en 1999 – l'édition française au Seuil à Paris en 1999 également) et de ses traducteurs français : Claude Porcell et Bernard Lortholary.







« Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin »




Comme toutes les précédentes, cette Histoire d'Allemagne raconte un moment et cette fois-ci, un moment berlinois de l'année 1995.C'est en fait la transposition d'un récit en chanson et comme pour chacune des précédentes, on entend un narrateur particulier ; en l'occurrence, ici, cette fois, un journaliste parlé, du genre reporter ou envoyé spécial d'on ne sait quelle radio qui suit une manifestation en direct. Cette manifestation, qui se répète depuis dans presque toutes les villes du monde, un peu comme les défilés militaires ou les carnavals, c'est une « love parade » (www.youtube.com/watch?v=bc7EYqjWi3w). Pour ce qui est des tenues – shorts, minis, brassières, seins à l'air et torses nus, ça change des défilés militaires, quoique... on pourrait les y associer... Ce pourrait être drôle...


Non ! Ne dis pas des choses pareilles... Ils seraient capables de le faire et les jeunes de suivre le mouvement. Et si les jeunes se mettent à la remorque des militaires, il faut tout craindre. Souviens-toi du « Tous à Berlin ! » de 1914.


À propos de « Tous à Berlin ! », c'est en fait le leitmotiv de ce reportage enthousiaste et chaotique, où le reporter – sorte de Tintin en délire – laisse pointer sans trop s'en douter un certain nombre de régurgitations allemandes. Un peu comme si l'Histoire laissait poindre son inconscient tout au long du Ku'damm. Ku'damm : un mot d'ailleurs étrange et porteur d'un sens sensuel, du moins pour un locuteur de culture française. Si tu vois ce dont je veux parler...


Voir, voir... Enfin, j'imagine, dit Lucien l'âne en se gondolant.


Donc, pour écarter toute équivoque, le Ku'damm est une longue avenue qui traverse Berlin et qui au fil du temps est devenue une sorte de long couloir commercial, de haut-lieu du lèche-vitrine, de la chalandise, du m'as-tu vu, de l'esbauderie, de l'esbauberie, de la traînerie, des manifestations et cortèges divers. Son nom complet est moins équivoque, c'est Kurfürstendamm. Mais pour en revenir au récit, il indique nettement une évolution de la société, car ce cortège festif et bruyant a perdu toute connotation et toute signification d’engagement contre le système... Bien plus, il est « sponsorisé » par les marques de cigarettes, d'alcools, de bières ou de préservatifs. On est loin des marches antiatomiques, des manifestions contre l'Otan, des jeunes révoltés des années 60... On est dans le nombrilisme comme point focal de l’existence...
« Se faire voir, se faire entendre, danse, danse
Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis
Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses
C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici »

C'était un tournant et nous y sommes encore... On s'y enfonce de plus en plus. Et en effet, comme le répète en échos infinis, cette foule bigarrée et auto-déférente : « C'est dingue ! ».
Et puis, une voix off conclut :
« Le monde est foutu ; ici, c'est parfait
Mais qui ramassera les déchets demain ? »
Et comme en sourdine transparaît soudain, la liaison historique, la relation ombilicale avec l'histoire de Berlin et de l'Allemagne :

« Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue
1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier
1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier
Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue ! »


Mais quand même, ces serpents d'amour, ces love-machins, ces raves, ces parties... Il me semble que ce n'est que la suite de cette autre branche des années 60 où des gens fleuris se rassemblaient aux sons des ukulélés en musant Peace and Love et en levant les bras au ciel.


Mieux que ça, Lucien l'âne mon ami, on trouvait déjà ce genre de choses aux temps de la République de Weimar ; il s'agissait déjà de penser à autre chose...
« Et nous ne pouvons quand même pas dire oui
À un peuple qui pourrait commettre à nouveau le pire
Refaire un Reich, revouloir un Empire
À un pays où le groupe écrase l'individu
Où les tueurs se promènent tout nus
Portent des casques d'acier et font de la gymnastique.
Rassurez-vous, je ne parlerai pas de politique » [[37875]]




Moi non plus, je ne parlerai pas de politique... Enfin, presque. Ainsi, à propos, ce « Berlin sera toujours Berlin » me rappelle une chanson française, dans laquelle s'annonçait l'avenir... C'est « Paris sera toujours Paris » ; elle date de 1939 (http://www.youtube.com/watch?v=4E6sEetFfg0) et à son tour et au cinéma, Lauzier en 1984 faisait un sort à ce même « Paris sera toujours Paris » (http://www.youtube.com/watch?v=lrhj4hHtxFQ)... Chanson et film qui donnent encore aujourd'hui à réfléchir et pas seulement à Paris ; car c'est pareil dans les autres métropoles ; tout se mélange et de ville en ville, des banlieues aux villages, le monde se métisse. Cela dit, pour moi, ce que montre Lauzier en 1984 – à l'époque, une utopie et maintenant, assez proche de la réalité – m'a l'air assez chouette et comme dit la dame protagoniste : « Paris sera toujours Paris ».




Bien évidemment que le « Berlin sera toujours Berlin » renvoie à « Paris sera toujours Paris » et comment faire autrement ?


Alors, mon ami Marco Valdo M.I., nous qui aimons vivre parmi les gens qui ne font pas un foin de leur « appartenance », tissons le linceul de ce vieux monde sponsorisé, médiatisé, publicisé, acheté, vendu, revendu, loué, reloué et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane








Berlin sera toujours Berlin
Capitale de l'Empire,
Ville prête toujours à tout accueillir
Le meilleur comme le pire.

Maintenant, Messieurs, Mesdames
Je vous parle du Ku'damm en direct de Berlin
La descente du Ku'damm, tout un programme
Un truc pareil, on ne voit ça qu'ici, à Berlin
Deux-trois cent mille dans le Ku'damm
Les ours sont lâchés, comme on dit à Berlin
Le love serpent glisse et fait sursauter
De l'église du Souvenir au lac d'Halensee
Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue
1989, ici, on a dansé sur le Mur, c'était hier
1931, ici, on a chassé le juif, c'était avant-hier
Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue !
Carnaval de Rio au bord de la Spree, à Berlin, ici
Aujourd’hui, c'est une immense rave-party
Se faire voir, se faire entendre, danse, danse
Paix sur la terre ! On est tous là, tous des amis
Sono, techno, hétéros, homos, métal, basses, basses
C'est super avec tout ce monde, c'est hyper-super ici
La demoiselle en rose : « Je me sens moi... »
La rousse à poil : « Je montre mon nombril »
Les minis laquées : « C'est le pied ! Ce truc-là»
« Le must, c'est le look ! »
« On valorise notre look ! »
La mode, le design, les marchands de tabac
Camel en tête, font un tabac.
Les jeunes, ça ne les dérange pas
Réconciliés qu'ils sont avec le capital
Sur le Ku'damm, c'est dingue
Ils dansent en slip dans la capitale.
Les montagnes d'ordures, c'est dingue
Extasy, comble de volupté à Berlin
Love parade, danse, rythme et paix
Le monde est foutu ; ici, c'est parfait
Mais qui ramassera les déchets demain ?


Le « Ku'damm-Pogrom », c'est dingue
Les balades sur le Ku'damm, c'est dingue
Love party sur le Ku'damm, c'est dingue
C'est dingue, dingue, dingue, dingue.
Extasy, comble de volupté à Berlin
Love parade, danse, rythme et paix
Le monde est foutu ; ici, c'est parfait
Mais qui ramassera les déchets demain ?
Ville prête toujours à tout accueillir
Le meilleur comme le pire.
Berlin sera toujours Berlin

Capitale de l'Empire, 

vendredi 23 août 2013

Jésus Java

Jésus Java

Chanson française – Jésus Java – Jean Yanne – 1971
Texte : Jean Yanne
Musique Michel Magne
Interprète : Anne Germain
















Alors, Lucien l'âne mon ami, pour parfaire ton éducation religieuse et chrétienne, je t’apporte une nouvelle chanson qui fait partie de notre grande série « Alléluia, Dansons avec Jésus ». Tu as déjà entendu bien évidemment Alléluia [[45278]] où dès les premiers vers apparaît Jésus lui-même dans une de ses plus belles réussites miraculeuses : la marche sur l'eau. À toutes fins utiles, je te signale que Jésus est un des plus grands experts en miracles de toute l'histoire, c'est du moins ce que racontent les bibles et les prêcheurs ; ensuite, Avec Maria [[45249]] où apparaît Marie (les apparitions de Marie sont une étrange manie dont le caractère ubiquiste en étonne plus d'un ; tout comme ses changements de couleur : on connaît des Maries blanches et des Maries noires – rien à voir avec le pétrole) – je te précise pour la bonne compréhension des choses que la dénommée Maria (en français : Marie) est la mère du dénommé Jésus. On a présenté ici aussi plus récemment encore un Jésus Tango de derrière les fagots des bûchers de l'Inquisition espagnole, où en ces temps-là, la pauvre interprète (la dénommée Ginette Garcin – Paix à son âme!) aurait immanquablement terminé sa danse [[45309]] et nous aussi, d'ailleurs.


Oh, dit Lucien l'âne en relevant le front et en pointant ses oreilles noires comme une soutane de jésuite, on pourrait y revenir bientôt aux bûchers, aux conversions forcées et toutes ces sortes de facéties. Dans certains pays, on vous pend ou on vous lapide pour moins que ça... C'est tout le charme des religions quand elles sont énergiques.


Bien évidemment et si l'on n'y prend garde, elles finiront par étouffer l'humanité entière... Mais comment s'en débarrasser (des religions, pas de l'humanité) ? Telle est la question. Mais revenons à notre chanson, elle s'intitule Jésus Java. Elle est donc très proche de Jésus Tango... Comme tu le sais, si le tango est argentin, la java, elle, est bien française. J'en tiens pour preuve Fréhel et sa Java bleue [http://www.youtube.com/watch?v=F2b8_-DHh5Q] et Nougaro qui mit en face à face le Jazz et la Java [http://www.youtube.com/watch?v=PM5O hz4WaKA]. Donc, une chanson bien française... Mais pour le contenu, c'est autre chose... On dirait le discours d'une de ces témoins, une de ces apôtres ou de ces apostoliques ou de ces évangélistes qui viennent sonner aux portes et raconter mille fadaises à propos de Jésus qui aurait revenu (pour rester dans le conditionnel de la chanson) ... Mais toi, Lucien l'âne mon ami, qui t'y connais spécialement en danse grecque antique et la qualifia en son temps de panharmonique, peux-tu m'indiquer un mot qui pourrait caractériser le rôle en quelque sorte thaumaturgique de Jésus dont tu as pu apprécier dans ces Jésus Tango et Jésus Java, tout l'effet thérapeutique par la danse...


De fait, dit Lucien l'âne, nous les Grecs, comme tu le sais, nous avions nos dieux – tout un tas et d'ailleurs, ils sont toujours là, n'en déplaise aux monothéistes rabiques. Et parmi tous nos dieux, il y a Dionysos qui bien avant l'invention du Christ et de tout ce qui s'en suivit, connaissait et pratiquait la danse thérapeutique. Il en connaissait les vertus particulières. Les bacchanales ne sont rien d'autre que des Jésus Tangos ou des Jésus Javas avant la lettre. Cela dit, même s'il a plagié les dieux grecs, Jésus est un grand thérapeute et par la danse encore plus, semble-t-il. Mais le mot que je peux te proposer change selon qu'il s'agit d'une thérapie de groupe et en ce cas, je dirais volontiers « choréthérapie » ou d'une danse en individuel avec Jésus, là il s'agirait plutôt d'une orchéthérapie ; je ne te cache pas que cette dernière me semble une méthode extrêmement sensuelle... On peut donc le qualifier, pour répondre à ta question, de Choréthérapeute ou d'Orchéthérapeute, selon les cas.


Par ailleurs, Jésus, c'est l'éternel revenant. Je me demande même si ce n'est pas lui qui hante les châteaux d'Écosse ou le Loch Ness. Cependant, il n'y a rien à redire à la chanson de Jean Yanne, elle fait plus vrai que vrai... Enfin, presque... Car la réalité dépasse souvent la fiction – j'allais dire l'affliction... et de fait, aux paumés du système, une foule d'églises et de prêcheurs en tous genres proposent leur Jésus. Parfois même, ça marche. En somme, il suffit d'y croire. Jésus est un placebo... Quant au salut, on ne sait trop de quoi il peut bien être fait, mais c'est un produit qui se vend bien – par la vente au porte à porte ou dans de grandes réunions de fans.


Allons, Marco Valdo M.I., mon ami, reprenons notre tâche et recommençons à tisser le linceul de ce vieux monde fanatique, crédule, évangélisé, berné, abusé, trompé et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane








Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

Les solitaires, les déracinés
Les traîne-misère, les abandonnés
Les laissés-pour-compte,
Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les pauvres hères, les défragmentés
Les Black Panthers, les traumatisés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer

Si j'aurais pas connu Jésus
Sûr que je m'aurais sentie perdue
Car quand tu m'as quittée,
Le seul qui m'a aidée
C'est notre voisin du dessus
C'est Jésus

Si j'aurais pas connu Jésus
Ma vie aurait été foutue
Celui qui m'a conseillée,
Celui qui m'a montré
Le chemin du salut
C'est Jésus

Les filles de peine, les stigmatisés
Les schizophrènes, les épouvantés
Les laissés-pour-compte,
Tous les morts de honte
Ceux qu'ont plus rien à espérer
Les érogènes, les démaquillés
Les indigènes, les désemparés
Ceux que la vie dégoûte
Il faut qu'ils m'écoutent
C'est Jésus qu'il leur faut aimer


Ave Maria, Ave Maria
Ave Maria 

jeudi 22 août 2013

CONTRE

CONTRE



Version française – CONTRE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Contro - Nomadi – 1993




(Pour plus d'info sur la photo, voir : http://elfobruno.wordpress.com/2013/06/26/sugli-f35-tra-ragione-e-visione/)




Parlé :

Les instincts bestiaux de l'homme ont semé tristesse, mort, douleur et même un peu d'accoutumance.
Mais le courage et la dignité de celui qui ne se rend pas, se rebelle et va à contre-courant existent encore .
« Contre » : c'est l'envie de lutter, l'envie de changer.


Contre les fusils, les chars et les bombes
Contre les juntes militaires, contre les tombes
Contre le ciel qui désormais est comble
De tant d'engins nucléaires
Contre tous les chefs au pouvoir qui ne sont pas sincères.

Contre les massacres de Sabra et Chatila
Contre les martyrs fous de l'IRA
Contre les sanctions iniques, contre les croisades américaines
Pour tous les gens qui souffrent et qui meurent de faim.

Contre qui tient les gens sous le feu
Contre qui commande et mène le jeu
Contre qui parle de fraternité, d'amour, de liberté
Et puis, finance guerres et atrocités.

Contre le racisme sud-africain
Contre la droite du gouvernement israélien
Contre qui a commis des massacres, et n'a pas encore payé
Pour tous les gens maintenant las qui veulent la vérité.

Contre toutes les intolérances
Contre tous les étouffoirs
Contre les vieux fondamentalismes et les nouveaux impérialismes
Contre l'amnésie de l'histoire.

Contre qui fait de la guerre un devoir
Contre qui veut domination et pouvoir
Contre l'honneur à la gloire, contre l'honneur à la sainteté
Pour tous les gens qui crient liberté.