mardi 18 janvier 2022

La Région

 


La Région


Chanson française – La Région Marco Valdo M.I. – 2022




LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.




LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ; Épisode 16 : Jours tranquilles au Pays





Épisode 17





TOUT VA BIEN CHEZ NOUS











Dialogue Maïeutique




Sans doute, Lucien l’âne mon ami, la région – c’est le titre de la chanson – est une notion floue, un concept vague, une entité éminemment élastique et d’une certaine manière, assez insaisissable.


Oui, dit Lucien l’âne, mais il suffit de dire son nom pour qu’on la situe et qu’on puisse en évaluer les contours, le relief, l’hydrographie, en situer les villes, les villages, les routes, les chemins de fer, les ports, les aéroports, que sais-je ? En déterminer la population et même, grosso modo, le climat. Dans l’ensemble, c’est généralement assez clair.


Généralement, c’est le cas de le dire, répond Marco Valdo M.I., vu que la région – après la grandiose révolution avait hérité du nom d’un général, puis, après qu’on l’eut déclaré félon et fusillé, de celui d’un autre général – son exécuteur, lequel a depuis été lui aussi effacé. Donc, à l’heure présente, pour ce qui est de cette région de Zinovie, c’est toute une histoire, car on ne peut ni la nommer, ni la situer. C’est un fantôme géographique, un ectoplasme historique ; c’est tout juste si on peut croire à son existence. Et pourtant, elle existe, elle est bien réelle et pour ce que j’en sais, elle n’est seule dans son genre.


Soit, dit Lucien l’âne, mais en vérité, je ne comprends pas bien de quoi elle vit cette région.


Je vais te résumer l’affaire, dit Marco Valdo M.I. ; d’abord, rappelons qu’une région, au sens où on l’entend ici, c’est une partie d’un ensemble plus grand ; le plus souvent, une partie d’un pays, d’un État, comme c’est le cas ici. Pour celle qui nous occupe, elle n’a pas de nom, elle est anonyme par destination. Elle n’apparaît nulle part sur les cartes, elle n’a pas d’histoire, on ne peut l’identifier. On la traverse sans la voir. Tout ça volontairement, obligatoirement, car c’est une région militaire nimbée par le secret d’État.


C’est tout ce que tu peux m’en dire ?, demande Lucien l’âne.


Certes non, répond Marco Valdo M.I. ; la chanson nous apprend bien d’autres choses à son sujet.

— Elle a connu la glorieuse révolution ;

— Son nom, quand elle a pu en avoir, était celui d’un héros du moment ; elle en a changé plusieurs fois.

— On y a créé un conscientorium afin de soigner la conscience politique des gens ;

— Elle fut antérieurement une région rurale prospère et elle vit à présent dans la disette alimentaire.

— On y trouve un camp de prisonniers en plus du conscientorium et de ses cinquante mille pensionnaires.

— les pensionnaires, les prisonniers et les jeunes de la région sont contraints au travail local.


Oh, dit Lucien l’âne, il y a en effet de quoi la cacher.


Selon ce qu’en dit la chanson, dit Marco Valdo M.I., on la camoufle très bien, mais on y a construit une petite ville, entièrement pensée – n’y sont tolérés que des habitants fiables – pour donner une belle image aux visiteurs étrangers. Celle-là, on peut la voir, la visiter et même, rencontrer ses habitants.


Eh bien, dit Lucien l’âne, en confidence, de mes propres oreilles, j’ai entendu dire que ce genre de choses existent ailleurs, mais je n’y suis jamais allé dans ces pays ; quant à la Zinovie, comme toi, je la découvre. Cela dit, tissons le linceul de ce vieux monde menteur, camouflard, misérable, malheureux et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Nul ne se souvient plus du nom

Ancestral et vénérable de notre région,

Son nom d’avant la glorieuse révolution ;

Ni du nom d’un général de grand renom,

Dont notre région hérita ;

Fusillé, son justicier lui succéda.

Depuis, on vit dans la nouvelle ère.

Tache blanche sur les cartes routières,

Néant traversé par le chemin de fer,

Notre région est zone militaire,

Plus personne ne vient là ;

Son nouveau nom est un secret d’État.


Si notre pays voyait dans un autre pays

Traiter les habitants comme ici,

Il s’indignerait à grands cris.

Chez nous, on édifie le paradis.

Pour ménager cet avenir radieux,

On aménage un présent précautionneux.

Les autorités écrivent notre histoire,

En grande part forcément illusoire.

Comme les discours n’arrivent pas

À soigner la conscience publique,

On a créé de vastes sanatoriums politiques,

Ce sont les conscientoriums de notre État.


Nos chefs sages et bien aimés

Ont réparti toute l’humanité

Équitablement en deux parts :

Nous, d’un côté ; le reste, autre part.

Nous, le concentré du meilleur,

On surpasse ce qui se fait ailleurs.

L’absence de viande, le manque de blé ;

La disparition des patates et des choux.

Tout va bien chez nous.

Nos dirigeants l’ont décidé :

L’élan du peuple, de la région, la solidarité

Vont multiplier par cinq la production de tout.


Avant la révolution grandiose,

Notre région produisait plein de choses :

Du beurre, de la viande, des patates, du blé.

Il y avait à manger ; c’était un pays agricole arriéré.

C’est maintenant une région industrielle.

On a un camp, des usines, on produit du papier,

Des calculatrices, des avions, des poubelles.

On fait travailler les jeunes et les prisonniers,

Et les cinquante mille pensionnaires

De notre conscientorium exemplaire.

On a bâti une ville modèle de l’autre côté

Qu’on fait visiter aux étrangers.

mercredi 12 janvier 2022

Jours tranquilles au Pays

 



Jours tranquilles au Pays


Chanson française – Jours tranquilles au Pays Marco Valdo M.I. – 2022




LA ZINOVIE
est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.
La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


LA ZINOVIE

Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ; Épisode 3 : L’Erreur fondamentale ; Épisode 4 : Le Paradis sur Terre ; Épisode 5 : Les Héros de l’Histoire ; Épisode 6 : L’Endémie ; Épisode 7 : La Réalité ; Épisode 8 : La Carrière du Directeur ; Épisode 9 : Vivre en Zinovie ; Épisode 10 : Le But final ; Épisode 11 : Les nouveaux Hommes ; Épisode 12 : La Rédaction ; Épisode 13 : Glorieuse et grandiose Doussia ; Épisode 14 : Le Bataillon des Suicidés ; Épisode 15 : Les Gens ;


Épisode 16




LES GUIDES SUR LA PLACE


Ivan Nikiforov - 1970








Dialogue Maïeutique




Jours tranquilles au pays, dit Lucien l’âne, c’est là un beau titre et j’ai comme l’impression de l’avoir déjà vu.


Pas étonnant, Lucien l’âne mon ami, que tu aies une impression de déjà-vu, car il s’inspire directement et à raison du titre d’un célèbre roman d’un voyageur, roman dont le titre est « Jours tranquilles à Clichy », écrit par l’exilé étazunien Henry Miller, qui disait de ce long passage à Paris : « Quand je repense à Clichy, j’ai le souvenir d’un petit séjour au paradis. », propos que je ne peux m’empêcher de raccrocher à la quatrième étape de ce voyage en Zinovie, que j’avais intitulée : «  Le Paradis sur Terre ». Évidemment, ce sont des paradis très différents.


Je m’en doute, dit Lucien l’âne. Pour moi, j’ai l’idée que ça n’a rien à voir. Cependant, parle-moi maintenant de ces jours tranquilles en Zinovie. 


On y parle, répond Marco Valdo M.I. ; au fait, ce « on » est vraiment le mot qui convient, précis, impersonnel et anonyme, qui sous ses deux lettres se fait l’écho de toutes sortes d’interlocuteurs zinoviens ; par ailleurs, ce « on » est sans doute un des plus grands acteurs de la vie zinovienne, mais j’y reviendrai un peu plus tard. Dans ce voyage en Zinovie, on entend tout un charivari qui vise probablement les guides et autres responsables du pays et pas seulement ceux d’hier ou d’avant-hier. D’abord, il faut préciser que le guide est une institution très ancienne en Zinovie ; elle remonte à la nuit des temps, quand la Zinovie n’était encore qu’un embryon de ce gigantesque pays qu’elle est devenue au fil des temps. Le guide en lui-même est une figure centrale de toute configuration de groupe en Zinovie ; il surgit spontanément dans tout agglomérat humain en voie de stabilisation. Ainsi, il y a en haut de la pyramide zinovienne « Le Guide » et depuis la révolution grandiose, il y en a eu une kyrielle ; celui-là, on le dit le guide suprême ; c’est le guide des guides, qui eux-mêmes, vraies poupées gigognes, sont les guides de multitudes de guides de moins en moins suprêmes, mais qui toujours incarnent Le Guide, incarnation suprême du peuple. En gros, cette Zinovie a cent ans ; c’est elle qui se révèle aux voyageurs. Considérons donc ce voyage comme une exploration, notons en les échos et laissons dire les chansons.


Eh, dit Lucien l’âne, on dirait que tu as oublié que tu m’as promis de me parler du « on » et de son rôle apparemment essentiel en Zinovie.


Juste, répond Marco Valdo M.I. ; il me faut m’exécuter. Donc, le « on » apparaît dans la troisième strophe :


« Il y a quelque chose de gluant, de pourri, de retors.

Ce que c’est, je ne sais pas. On veut me faire du tort. »


et dans la quatrième également :


« À l’époque, celle de la gloire d’antan,

On suivait l’esprit du temps,

Marche triomphale, révolution grandiose,

On ne posait pas de questions.

Cinq ans au camp, ce n’était pas grand-chose.

À présent, avec l’évolution,

On nie les disparitions, on dément ;

Cependant, on y colle les gens comme avant. »


Il s’agit bien de « on » sans pourtant être les mêmes. Le « on » est protéiforme. On trouve ici seulement certaines de ses personnifications, car il en a beaucoup d’autres. Il y en a de trois sortes ici :

— le premier « on », celui de « On veut me faire du tort », c’est une entité mystérieuse, faite d’ombres cachées et fuyantes, ce sont des « on » honteux ;

— le second, c’est le « on » collectif, celui qui dit : « On suivait l’esprit du temps / On ne posait pas de questions » ; il rapporte l’avis commun d’un grand nombre et qui protège les gens de l’avoir exprimé.

— le troisième, est très évident, il aime à faire planer son ombre sur la société et il aurait plutôt tendance à faire fuir – c’est le « on » dominateur, imbus de sa puissance. C’est le « on » qui nie les disparitions, qui dément, qui colle les gens dans les « y » de on y colle. Les « y », ce sont les prisons, les camps, les institutions psychiatriques (Mémorial)


Oui, dit Lucien l’âne, mais allez saisir le « on », toujours il s’échappe et c’est sa raison d’être à cet être Potemkine. Quant à nous, tissons le linceul de ce vieux monde intranquille, populaire, regrettable, triomphal, grandiose et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



En Zinovie, le guide nous éclaire.

Tout l’art doit être populaire.

L’œuvre commune, l’enfant de la nation,

La création est affaire de tradition,

L’art est patrimonial et folklorique :

Cuillères, tasses, objets en bois peint ;

Broderies et foulards « faits main » ;

Poupées-gigognes, chansons historiques,

Sagas, légendes et bylines rimées

Par de vieilles femmes inventées.

Tout l’art populaire est sacré,

C’est le cœur du peuple incarné.


En Zinovie, les gars et les filles un jour

Perdent distraitement leur virginité ;

Loin dans les temps passés, suranné,

A-t-il jamais existé ce premier amour ?

L’amour, le roman, les vrais béguins,

Les joies, les tendresses, les chagrins,

Ici, les gens vivent les sentiments plus tard.

La petite voisine est enceinte, chose regrettable.

Où trouver un mari convenable ?

Il faut régler ça sans retard.

Sinon, elle va se pendre, elle va se noyer.

Déjà marié, il lui disait que c’était sans danger.

 

L’autre jour, j’avais des amis en soirée.

On m’a dénoncé. La milice a débarqué.

Les agents ont exigé les papiers.

Ils ont tout noté. Ma soirée était gâchée.

Derrière mon dos, sous mes pieds, autour de moi,

Il y a quelque chose de gluant, de pourri, de retors.

Ce que c’est, je ne sais pas. On veut me faire du tort.

Qui c’est ? Et pourquoi ? Et pourquoi moi ?

Les amis sont repartis immédiatement.

Depuis, un juge d’instruction m’a convoqué,

Il dit : il faut purger le pays des dissidents.

Dix heures durant, il m’a interrogé.


En Zinovie, il est facile à présent

D’être courageux et intelligent ;

À l’époque, celle de la gloire d’antan,

On suivait l’esprit du temps,

Marche triomphale, révolution grandiose,

On ne posait pas de questions.

Cinq ans au camp, ce n’était pas grand-chose.

À présent, avec l’évolution,

On nie les disparitions, on dément ;

Cependant, on y colle les gens comme avant.

C’est juste une question de prix

Pour vivre tranquille sa vie ici.




mardi 11 janvier 2022

LE MEILLEUR DES MONDES

 

LE MEILLEUR DES MONDES



Version française – LE MEILLEUR DES MONDES – Marco Valdo M.I. – 2022

d’après la traduction italienne de Flavio Poltronieri – VIVO NEL MIGLIORE DEI MONDI

d’une chanson russe

– Живу я в лучшем из мировVladimir Semënovič Vysotskij / Владимир Семёнович Высоцкий1976





LE MEILLEUR DES MONDES

Paul KLEE – 1939







Dialogue maïeutique



Cette fois, Lucien l’âne mon ami, la chanson s’intitule « Le Meilleur des Mondes ».



Hou là, dit Lucien l’âne, quel titre ! Ce doit être une chanson philosophique, un conte utopique ; rien que ce titre est déjà toute une histoire. C’est tout à coup Candide qui sort de la boîte où on l’avait rangé ; Candide et Mademoiselle Cunégonde et le Docteur Pangloss. Pangloss – de toutes les langues, ce pourrait être le saint patron des Chansons contre la Guerre, qui sont aussi optimistes que lui avec leur combat à la Sancho Pança contre les cavaliers de l’Apocalypse. Et puis, Leibniz moqué par Voltaire et puis, et puis, Huxley, lequel renvoie immanquablement à Orwell et aux Cavaliers en retraite de Pratchett. Tout ça se bouscule dans ma mémoire.



Halte, Lucien l’âne mon ami, on n’en demande pas tant et puis, on n’en finirait pas de dévider cet écheveau ; cependant, il y a bien tout ça dans ce titre et bien d’autres choses encore dans la chanson qui chante comme une comptine de Zinovie.



Quoi ?, s’étonne Lucien l’âne. La Zinovie ? Qu’est-ce qu’elle vient faire ici ?



Oh, tout simplement, répond Marco Valdo M.I., c’est que c’est le même pays – métaphoriquement, car la Zinovie (de Zinoviev) et la Russie (de Vysotsky) sont deux mondes parallèles et l’une est très certainement le reflet de l’autre. Ainsi, avec son meilleur des mondes, le poète russe Vysotsky décrit à l’encre ironique le pays dans lequel il vit. Son refrain – qui en gros et à haute voix, voix rocailleuse au ton grinçant du corbeau – dit : tout va bien, tout va bien, alors même qu’on comprend que rien ne va. L’Éden radieux est mité aux entournures et le manteau troué couvre tout le territoire.



En somme, suggère Lucien l’âne, Vysotsky et Zinoviev, même combat !



Certainement, répond Marco Valdo M.I., et chacun à sa manière raconte le réel quotidien et l’histoire vécue en vrai de son monde et sûrement, Vysotsky a raison : c’est le meilleur des mondes – possible – dans la Russie contemporaine.



Eh bien, dit Lucien l’âne, comme on ne peut rien y changer, tissons le linceul de ce vieux monde paradisiaque, optimiste, meilleur, prometteur et cacochyme.





Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Je vis dans le meilleur des mondes.

Je n’ai pas besoin d’abri :

La vallée est un refuge, la terre un lit,

Les murs sont la forêt, la tombe est une crevasse,

J’ai la chair de poule.



Je me sens bien ;

Vivre à la campagne, c’est sain.

Il y a au fond de ce trou,

Un silence agréable comme tout.



Pas besoin de bois, le soleil chauffe.

Vous pouvez tous me rendre visite,

Dommage que mon abri n’a pas de toit

Et que dans ce meilleur des mondes,

Il pleut parfois.



Je me sens bien chez moi.

Entrez voir, si vous ne me croyez pas ;

Asseyez-vous et ne vous inquiétez pas ;

Regardez et ne vous réveillez pas.



Tout est bien, tout est noir.

Louez les dieux de ma part.

Je dois serrer ma ceinture d’un quart

Et je pourrais aller à cheval,

Si seulement j’avais un cheval.



Je me sens bien ;

Tous mes soucis ne sont rien.

Moi, de mon ton grinçant,

Je chante trois jours de rang.

Écoutez ainsi mon refrain.



Je vis dans le meilleur des mondes.

Je n’ai pas besoin d’abri…