mercredi 10 novembre 2021

L’Erreur fondamentale

 


L’Erreur fondamentale


Chanson française – L’Erreur fondamentale – Marco Valdo M.I. – 2021


LE VIEUX SUR LE BANC

Vladimir Makovsky – 1917





LA ZINOVIE

est le voyage d’exploration en Zinovie, entrepris par Marco Valdo M. I. et Lucien l’âne, à l’imitation de Carl von Linné en Laponie et de Charles Darwin autour de notre Terre et en parallèle à l’exploration du Disque Monde longuement menée par Terry Pratchett.

La Zinovie, selon Lucien l’âne, est ce territoire mental où se réfléchit d’une certaine manière le monde. La Zinovie renvoie à l’écrivain, logicien, peintre, dessinateur, caricaturiste et philosophe Alexandre Zinoviev et à son abondante littérature.


LA ZINOVIE


Épisode 1 : Actualisation nationale ; Épisode 2 : Cause toujours ! ;



Épisode 3



Dialogue Maïeutique


Cette fois, Lucien l’âne mon ami, notre dialogue devra se faire un peu au vocabulaire et à la démarche mentale de la chanson qu’il commente, laquelle au moins à son début, se veut résolument philosophique.


Je vois, dit Lucien l’âne, c’est très clair et j’ajouterais volontiers d’une profondeur inhabituelle dans le domaine de la chansonnette guillerette. Foin des jérémiades, il est temps que la canzone prenne cette dimension, même s’il faut s’accrocher aux mots pour comprendre. Et dis-moi, si je me trompe.


Non, Lucien l’âne mon ami, tu ne galères pas, c’est bien la récusation de toute transcendance et par conséquent, l’affirmation de notre matérialité existentielle.

On naît, on vit, donc on est et après, on n’est plus.


Tant qu’on y est, prolonge Lucien l’âne, résumons l’affaire. On naît, on vit, on n’est n’est rien ou presque et puis, il suffit de mourir (encore faut-il en avoir le droit) et on n’est plus.


Grâce à ta perspicacité, dit Marco Valdo M.I. en souriant, tu as parfaitement résumé toute la chanson :

1 – principe :


« L’erreur fondamentale

Est de chercher un sens

Aux vérités transcendantales. » ;


2 – généralisation de son application :


« Les mouches se cognent à la vitre close ;

Sans désemparer, minuscules choses,

Par inertie, on fonce à travers l’univers glacé,

Nous sommes les mouches de l’éternité. » ;


3 – confrontation à la réalité de la vie et du destin erratique de l’humanité :

« Sur le banc, assis, un vieillard,

De pain sec, nourrit les moineaux

Et parle du futur qui n’est pas si beau.

L’homme jette ses miettes, s’en va.

Les oiseaux restent là avec les rats. »


 4 – plaidoyer pour le droit d’accomplir sereinement et librement son destin final :


« Mourir, c’est dormir longtemps,

Mourir en riant est plaisant. » ;


On pourrait dire les choses comme ça. Enfin, avant de te laisser conclure, car il est temps d’en finir, il me reste à préciser que la source de cette canzone si philosophique se trouve quelque part dans un livre d’Alexandre Zinoviev, intitulé en son édition française : « Vivre ». Ce qui, on l’admettra, constitue tout un programme. Pour rappel, les deux autres canzones antérieures étaient Actualisation nationale et Cause toujours !.


Actons la chose, dit Lucien l’âne, et même, je propose que cette série de chansons philosophiques ainsi inaugurée soit appelée « La Zinovie ». Tissons à présent le linceul de notre vieux monde fracassé, minuscule, évanescent et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



L’erreur fondamentale

Est de chercher un sens

Aux vérités transcendantales.

De nuit et de jour, leur essence

Se limite aux bornes de l’existence.

La mienne s’est fracassée

Il y a bien des années

Sur les rives de la conscience

Où les vertus surgissent

Bâtons à mâcher comme la réglisse

Dans les interstices du vice

Au goût d’absinthe et d’anis.


Bien et mal parfois se ressemblent ;

Bien et mal parfois s’assemblent :

Étrange chimie, le mal mue en bien ;

Le bien tourne mal : mauvais vin.

Les gens s’égayent au petit bonheur,

Et du pis, prennent le meilleur.

Au long des jours et des pays,

Ils fuient la faim, les guerres, les ennuis.

Les mouches se cognent à la vitre close ;

Sans désemparer, minuscules choses,

Par inertie, on fonce à travers l’univers glacé,

Nous sommes les mouches de l’éternité.


Mariage, jolie cérémonie.

Pour vivre de la même cuisine,

On marie un gars, une fille

De la même usine.

Ouvrier, ouvrière, cumul de salaires.

Ainsi va la vie ordinaire.

Un banc seul sur le boulevard,

Sur le banc, assis, un vieillard,

De pain sec, nourrit les moineaux

Et parle du futur qui n’est pas si beau.

L’homme jette ses miettes, s’en va.

Les oiseaux restent là avec les rats.


Il faut être en bon état pour se suicider

Les plus faibles sont pénalisés.

Pas encore gagné le droit de mourir

À la plongée dans le néant, la disparition totale,

La mort volontaire et légale.

Qui veut mourir pour mourir,

Qui ne peut plus attendre,

C’est à n’y rien comprendre,

De mourir est empêché

De vouloir en paix se reposer.

Mourir, c’est dormir longtemps,

Mourir en riant est plaisant.

samedi 6 novembre 2021

Cause toujours !

 

Cause toujours !


Chanson française – Cause toujours ! – Marco Valdo M.I. – 2021


 


LA MORT ET LA MER


Léon Spilliaert – 1904


Dialogue Maïeutique


J’aime autant l’admettre tout de suite, dit Marco Valdo M.I., cette chanson est une enchevêtrure d’expressions, un emmêlement de paroles, un méli-mélo dit de mots, un pot-pourri de bouts de vers de poètes divers et de slogans populaires. Appelons ça des réminiscences, car – en plus – elles viennent toutes seules s’insérer dans la danse.


Mais évidemment, dit Lucien l’âne, qu’est-ce que ce serait d’autre ? Et puis, qu’est-ce que ça peut avoir d’étonnant ? C’est une manière très honorable et quasiment classique de faire. Elle est fort répandue et c’est un jeu amusant que d’en retrouver les origines. Cela dit, de quoi est-il question dans la chanson ?


De la vie, de la guerre, de la mort, de l’amour, répond Marco Valdo M.I., et de plein d’autres choses encore.


Oui, dit Lucien l’âne, mais encore ?


Si tu insistes, Lucien l’âne, il faudra bien que je te conte la genèse de cette canzone sans doctrine.


J’insiste, j’insiste, insiste Lucien l’âne.


Dans ce cas, voici, reprend Marco Valdo M.I. ; tout est venu d’un passage de « Para Bellum » d’Alexandre Zinoviev et précisément de celui intitulé « Prépare la guerre » – celui de la page 32, car il y en a d’autres, où j’ai trouvé l’inspiration. On y relate une blague du temps de Khrouchtchev – autant dire au moment où la troisième guerre mondiale était dans toutes les gazettes ; je te la rapporte ici pour l’exactitude :


« Que faire en cas de guerre atomique ? Demande un citoyen à ses collègues. – S’envelopper dans un drap propre et rejoindre en silence le cimetière qui vous est attribué en fonction de votre grade. »


Soit, dit Lucien l’âne, en démarrant sur de telles bases, on est vite au-delà de la stratosphère. Et donc, je me répète, mais encore ?


Je vois que tu insistes encore, mais moi, je ne dirai pas beaucoup plus que ceci. Tu prends une tête, pendant des années, tu lui fais lire des poèmes, des romans, des récits, des contes, des histoires, tu la bombardes de nouvelles et puis, tu la secoues vigoureusement et tu la laisses régurgiter. Il ressort des bouts rimés dans le désordre réorganisé. Juste un exemple : Les Routiers sont dans la chanson, regarde :


« La route est un long ruban
Qui défile qui défile
Et se perd à l’infini
Loin des villes, loin des villes
Le routier à son volant
Qui trépide qui trépide
N’a jamais jamais le temps
De se perdre dans les champs. »


et ce bout de la chanson :


« Premier arrivé, premier servi

La mort toujours plus loin se défile

Loin des villes, loin des villes.

Dernier arrivé, tant pis, c’est fini.

Les vieux, soyez gentils, vivez longtemps !

Laissez la place aux enfants. »


Au passage, il faut quand même méditer sur cette place. Laquelle ?



Oh, dit Lucien l’âne, j’y penserai. Moi, par exemple, j’entends d’ici Apollinaire et son Pont Mirabeau – dont tu fis usage déjà avec ton « Celan sous le Pont Mirabeau » et par parenthèse, il devait nécessairement être là, Valéry et son cimetière marin, Rouget de Lisle et la Marseillaise, Jacques Prévert et le général de brigade de Pierre Desproges et « Chantez » de Boris Vian. Et continuons à tisser le linceul de ce vieux monde agonisant, finissant, râlant, branlant et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Ne faites pas la guerre avec amour !

Accueillez la mort avec humour !

Quand la guerre reviendra,

Quand contre les autres, on se battra.

On n’a pas connu la guerre !

Quand elle reviendra la guerre !

On la voit déjà dans ce brillant espace,

Sur les maisons et dans les rues, son ombre passe,

Où sont encore les gestes singuliers,

Les rires, les pleurs, les mots familiers ?

Passent les jours, passent les années,

Et la mort toujours recommencée.


Le monde a peur de la guerre,

En cas de guerre, que faire ?

Vaut mieux se faire la paire,

À l’autre bout de la terre.

C’était vrai pour les grands-pères,

Mais la terre n’a plus de bout, pépère.

Alors ? En cas de guerre, que faire ?

En silence, se rendre au cimetière,

Finir, dans de beaux draps,

Avec un linceul sous le bras,

Anticipez, préparez-le déjà !

Sinon, avec quoi, on vous enterrera ?


Y aura-t-il encore assez de places,

Dans nos funéraires palaces ?

Avec tous ces gens à mettre en terre,

Il faut créer de nouveaux cimetières

Dans nos campagnes

Pour nos enfants, pour nos compagnes.

Premier arrivé, premier servi

La mort toujours plus loin se défile

Loin des villes, loin des villes.

Dernier arrivé, tant pis, c’est fini.

Les vieux, soyez gentils, vivez longtemps !

Laissez la place aux enfants.


Ils n’ont pas connu la guerre !

Ce qu’il leur faut, c’est une bonne guerre !

Mais la guerre, la belle affaire !

On va pas la refaire.

Faudrait pas confondre la guerre et l’amour,

Faudrait pas mêler l’amour et l’humour.

Cause toujours !

Préparez la guerre avec amour !

Regardez la mort avec humour !

Préparez la guerre avec humour !

Regardez la mort avec amour !

Cause toujours !


mercredi 3 novembre 2021

Les Discours politiques

 


Les Discours politiques



Chanson française – Les Discours politiques – Marco Valdo M.I. – 2021


Épopée en chansons, tirée de L’Histoire du Parti pour un Progrès modéré dans les Limites de la Loi (Dějiny Strany mírného pokroku v mezích zákona) de Jaroslav Hašek – traduction française de Michel Chasteau, publiée à Paris chez Fayard en 2008, 342 p.


Épisode 1 – Le Parti ; Épisode 2 – Le Programme du Parti ; Épisode 3 – Le Fils du Pasteur et le Voïvode ; Épisode 4 – La Guerre de Klim ; Épisode 5 – La Prise de Monastir ; Épisode 6 – La Vérité sur La Prise de Monastir ; Épisode 7 – Le Parti et les Paysans ; Épisode 8 – Le Premier Chrétien ; Épisode 9 – Le Provocateur ; Épisode 10 La Victoire morale ; Épisode 11 – Le Parti et ses Partisans ; Épisode 12 Le Monde des Animaux ; Épisode 13 Le Parti National Social ; Épisode 14 Le Camarade Škatula ; Épisode 15 Tous Frères ; Épisode 16 – La Manifestation de Prague


Épisode 17







MÉDITATION SUR L’AVENIR


Vlasta Vostřebalová-Fischerová – 1922





Dialogue Maïeutique



Pour cette fois-ci, Lucien l’âne mon ami, je vais commencer par une petite présentation d’un des personnages qui apparaît dans le dernier de ces quatre discours politiques qui constituent la chanson. Il s’agit tout bonnement du Docteur Záhoř, bien connu à Prague en ce temps-là – c’est-à-dire dans les vingt-sept premières années du siècle dernier et sans doute encore maintenant. Toute son action et sa philosophie l’ont amené à jouer le rôle de médecin hygiéniste, comme Pasteur et celui d’urbaniste, comme Haussmann, sur le terrain à l’échelon de la ville de Prague et par sa réputation au-delà. Le Parti soutenait ce savant réformateur :


« Le Parti pour un Progrès modéré dans les Limites de la Loi,

Avec Záhoř, brandit le flambeau de l’hygiène, du progrès et du droit »


Ah, dit Lucien l’âne, je suis très désireux d’en savoir plus sur ce Docteur Záhoř et quand même aussi sur ces discours politiques si prometteurs. Car, cette fois encore, du strict point de vue de l’histoire, cette chanson doit être assez unique.


Oui, Lucien l’âne mon ami, je te le concède, c’est une chanson qui sort des rengaines habituelles et apporte une nouvelle dimension à l’argumentation démocratique. Commençons donc par une courte biographie de :


« Jindřich Záhoř (6 novembre 1845 à Volyně – 21 septembre 1927 à Prague) était un médecin autrichien et tchèque, hygiéniste de la ville de Prague et homme politique, au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles, membre de l’Assemblée provinciale tchèque. Il a fait ses études aux lycées de Budějovice et de Písek, et a obtenu un doctorat en médecine de l’Université Charles-Ferdinand de Prague en 1871. En 1878, il a commencé à travailler comme médecin de district dans la ville et en 1884 comme médecin à Prague. À partir de 1888, il travaille comme médecin en chef de la ville de Prague. À ce titre, il était responsable de nombreuses mesures sanitaires telles que la construction du système d’égouts, l’assainissement de Josefov, la construction de l’abattoir central et la construction de crématoires. En même temps, il a travaillé comme médecin secondaire dans le deuxième département des maladies internes de l’hôpital général de Prague. Il a cofondé la Société des jeux de la jeunesse tchèque à Prague. Il a promu les funérailles par crémation et s’est impliqué dans la Society for the Cremation of Corpses. »


À cette courte biographie, j’ajouterais volontiers le bout de texte de la chanson qui le concerne où l’on peut voir que Záhoř était et – à mon sens – reste un grand visionnaire, un ardent promoteur de la civilisation et de la liberté posthume :


« Contre l’incinération forcée des vivants, contre l’inhumation des corps

Avec Záhoř, encore et toujours, pour la libre incinération des morts. »


Que voilà en effet un grand savant et un grand politique – au sens le plus élevé du terme évidemment, s’exclame Lucien l’âne. D’ailleurs, à propos d’élévation, avec Záhoř, le Parti a eu le courage de rappeler le rôle de croque-mitaine que l’Église catholique, comme presque toutes les autres religions, jouent à travers l’histoire. Je me souviens de cette terrible chanson « La Mort de Claes, le Charbonnier » et des autres de la Geste de Till. Maintenant, que racontent les autres discours politiques ?


Pour le reste, répond Marco Valdo M.I., je me contenterai d’indiquer sommairement l’essentiel, étant entendu qu’il faut lire et méditer ; il y a là-dedans plus qu’il n’y paraît à première vue :

Discours 1 sur les fraudes alimentaires et le respect dû aux animaux, y compris les humains, bien sûr ;

Discours 2 sur l’étatisation des concierges et des portiers ; là aussi, un discours visionnaire quand on pense que Prague et toute la Tchécoslovaquie – pour ne citer qu’elles – ont nationalisé les concierges et les portiers, une mesure prophylactique prise sous le long régime de protection amicale russe qui frappa le pays de 1948 à 1989. Comme il se devait, les concierges et les portiers nationalisés étaient devenus de ce fait des agents de l’État et se devaient d’informer leurs supérieurs de tout ce qu’ils savaient.

Discours 3 est une vision moderne et futuriste du pays qui propose une voie vers le paradis du progrès :


« Pour l’avenir de l’humanité qu’on ne connaît pas,

Il faut un progrès modéré dans les limites de la loi. »


Oh, dit Lucien l’âne, je ne sais pas plus que Colomb, si ce sera suffisant ; il faudrait peut-être presser le pas. En attendant tissons le linceul de ce vieux monde malade des croyances, des crédulités, des croyants, des croques-mitaines et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane

 

 

 

 

Pour la campagne électorale des partis,

On fait des tas de discours.

L’électeur pense : « Cause toujours ! »

Pour ou contre, le Parti prend parti.

Contre les fraudes alimentaires,

Pour la santé, comme pour le climat,

Vraiment, on n’a pas le droit

De ne rien dire, de ne rien faire.

Pour la protection des animaux :

Chiens, chats, porcs et veaux.


Contre le mépris de l’honorable profession

Des concierges et des portiers

Le Parti se prononce sans hésitation

En faveur de ces anges de quartiers,

Pour inscrire dans le droit

Par le biais d’une imprescriptible loi

L’avenir de ces travailleurs méprisés.

Pour reconnaître par l’étatisation,

À chaque membre de cette corporation,

Comme en Russie, son statut policier.


Pour s’adresser au peuple tout entier.

Le Parti dit dans son manifeste :

« Peuple tchèque, nul ne le conteste :

Christophe Colomb s’en est allé

En bateau à voile, découvrir le Mexique.

Sans lui, que serait devenue l’Amérique ?

Et la démocratie, et le phonographe, et le progrès ?

Même Christophe Colomb l’ignorait.

Pour l’avenir de l’humanité qu’on ne connaît pas,

Il faut un progrès modéré dans les limites de la loi.


Dans la flamme civilisatrice des ardents bûchers,

Jan Hus, Jérôme de Prague, réformateurs,

Les sorcières et les libres-penseurs,

Vanini, Bruno, et tant d’autres athéisés,

L’Église catholique et ses inquisiteurs,

Vivants, les a tous incinérés.

Le Parti pour un Progrès modéré dans les Limites de la Loi,

Avec Záhoř, brandit le flambeau de l’hygiène, du progrès et du droit :

Contre l’incinération forcée des vivants, contre l’inhumation des corps,

Avec Záhoř, pour la libre incinération des morts.