jeudi 5 novembre 2020

Vitrines

Vitrines


Chanson française – Vitrines – Léo Ferré – 1953




L’Atelier du Père Noël





Dialogue Maïeutique



L’autre jour, Lucien l’âne, si tu t’en souviens, on avait interrompu le dialogue que nous tenions à propos de la version française VITRINES d’une chanson de Maria Monti, intitulée Vetrine. Au moment de l’interruption, je parlais d’une chanson de Léo Ferré au titre parfaitement similaire – c’est-à-dire celle-ci : Vitrines. J’indiquais que, en quelque sorte, cette chanson complétait celle de Maria Monti ; sauf que, à y réfléchir, la chanson de Léo Ferré – de 1953est antérieure à celle de Maria Monti – de 1961. Je concluais en disant qu’on y reviendrait ; eh bien, nous y sommes.


Ah, dit Lucien l’âne, je me demandais d’ailleurs quand elle reviendrait au premier plan cette chanson de Léo Ferré, dont je me souviens assez vaguement. J’étais impatient de la voir et de savoir ce qu’elle pouvait avoir de particulier.


Ce qu’elle a de particulier ?, demande Marco Valdo M.I., c’est assez complexe à décrire. D’abord, c’est une chanson de Léo Ferré, ce qui est – en soi – une particularité et du Ferré des années 50-60, comment dire, du poète – car on ne saurait ignorer cette dimension poétique qui l’éloigne de la fabrication à vocation commerciale –, de l’auteur-compositeur, du musicien, de l’artiste et aussi, d’un moment où la chanson française est en pleine efflorescence, c’est l’époque des chanteurs à texte et à idées, des chanteurs poètes et qui visent à donner à la chanson le statut d’art à part entière, un art qui se crée et se développe dans les cabarets et s’active à faire sortir la chanson du monde vénal de la « variété ». Si on en croit la mémoire du temps et sans vouloir écarter pour autant les autres auteurs, émergent de cette formidable floraison, à mon sens, trois grands noms : Brassens, Brel et Ferré.


Certes, dit Lucien l’âne, la chanson française de cette période est vraiment particulière ; mais encore ?


Eh bien, Lucien l’âne, et c’est assez particulier et propre à Léo Ferré, il y a là comme une chanson « sociologique », qui annonce les analyses situationnistes incendiant la société de consommation et la société du spectacle.


Oh, dit Lucien l’âne, pourquoi veut-on tant faire croire au Père Noël ? Tout simplement, car l’atelier du Père Noël est au cœur de la fabrication de la soumission aux choses. C’est un des aspects les plus prégnants de la Guerre de Cent Mille Ans ; il convient de marquer les gens au cœur dès la petite enfance, par des tours de passe-passe d’enchanteurs masqués comme on marque les moutons ou les brebis par le baptême, les fêtes à répétition, ce sont des promesses de satisfactions frelatées.


C’est la chanson qui se met à penser le monde dans un processus kaléidoscopique de décomposition assez acide. Ça, c’est la marque de Ferré ; c’est aussi du grand art poétique. L’homme Ferré regarde le monde, il le raconte et en même temps, il en radiographie jusqu’aux moindres défauts. Le tout, au nom d’une vie à faire en dehors, une vie à vivre l’écart de cette société qu’il débecte copieusement. Il y a aussi ce refus de concéder quoi que ce soit au chapitre de la langue, de la phrase et des mots. Comprenne qui voudra, comprenne qui pourra, comprenne qui fera l’effort de comprendre. En cela, Ferré comme tous les auteurs de qualité, se refuse obstinément au populisme. On est loin de la chanson savonnette et de ses anecdotes insipides.


Tout ceci devait être dit et sans doute, dit Lucien l’âne, quelqu’un d’autre aurait mieux parlé de cette chanson, mieux détaillé le propos, éclairci l’une ou l’autre des images, mais, finalement, tu as raison, ce n’est pas là notre rôle. Ainsi, on en a dit assez, la chanson dira le reste et le lecteur (car il faut la lire) découvrira le reste ; c’est d’ailleurs tout le charme de la chose. Dès lors, tissons le linceul de ce vieux monde commercial, vénal, méprisant, nul et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Des Cadillacs et des ombrelles,

De l’albuplast et des bretelles,

De faux dollars, de vrais bijoux :

Il y en a vraiment pour tous les goûts.

Des oraisons pour dentifrices,

Des chiens nourris qui parlent l’anglais

Et les putains à l’exercice

Avec leurs yeux qui font des frais,

De faux tableaux qui font la gueule

Et puis des vrais qui leur en veulent.

Des accordéons déployés

Qui soufflent un peu avant de gueuler ;

Des filles en fleurs, des fleurs nouvelles,

Des illustrés à bonne d’enfant

Et des enfants qui font les belles

Devant des mecs bourrés d’argent.


Les vitrines de l’avenue

Font un vacarme dans les cœurs

À faire se lever le bonheur

Des fois qu’il pousserait dans les rues.


Les faux poètes qu’on affiche

Et qui se meurent à l’hémistiche,

Les vedettes à faits-divers,

Paroles de Jacques Prévert.

Les prix Goncourt que l’on égorge,

Les gorges chaudes pour la voix,

Les coupe-file et les soutiens-gorge

Avec la notice d’emploi.

Des chansons mortes dans la cire

Et des pick-up pour les traduire :

Le microsillon baye aux corneilles,

C’est tout Mozart dans une bouteille.

Le sang qui coule plein à la une

Et qui se caille aux mots croisés ;

« France soir », « Le Monde » et la fortune,

Devant des mecs qui n’ont pas bouffé.


Les vitrines de l’avenue

Font un vacarme aux alentours

À faire se lever l’amour,

Des fois qu’on le vendrait aux surplus.


Des pères Noël grandeur nature

Qui ne descendent plus que pour les parents

Pendant que les gosses jouent les doublures

En attendant d’avoir vingt ans.

Toupies qui tournent au quart de tour,

Bonbons fondants, bonheur du jour,

Et ces mômes qu’en ont plein les bras

À lécher la vitrine comme ça.

Des soldats de plomb qui font du zèle,

Des poupées qui font la vaisselle,

De drôles d’oiseaux en équilibre

Pour amuser les tout petits ;

À l’intérieur, la vente est libre

Pour ceux qui s’ennuient dans la vie.

Des merveilles qu’on ne peut pas toucher

Devant des mecs qui peuvent entrer.


Les vitrines de l’avenue

Font un vacarme dans les yeux

À rendre aveugles tous les gueux

Des fois qu’ils en auraient trop vu.


Jambon d’York, garanti Villette,

Des alcools avec étiquette,

Crème à raser les plus coriaces :

« Où l’on m’étend, le poil s’efface »,

La gaine qui fond sous les caresses,

Le slip qui rit, le bas qu’encaisse,

L’escarpin qui use le pavé,

Les parfums qui sentent le péché,

Des falbalas pour la comtesse,

Des bandes en soie pour pas que ça blesse ;

Du chinchilla, de la toile écrue,

Il faut vêtir ceux qui sont nus.

Des pull-overs si vrais qu’ils bêlent,

Des vins si vieux qu’ils coulent gagas,

Des décorations qu’étincellent

Devant des mecs qui n’en veulent pas.


Les vitrines de l’avenue

C’est mes poches à moi quand je rêve

Et que j’y fouille à mains perdues

Des lambeaux de désirs qui lèvent.


mardi 3 novembre 2020

Le Virus et le Coca

Le Virus et le Coca


Parodie française – Le Virus et le Coca – Marco Valdo M.I. – 2020

inspirée de la chanson de Claude Nougaro – Le Jazz et la Java – 1962




AUTOPORTRAIT

Claude Nougaro – 1996



 

 

 

Pour ceux que ça intéresse, je joins le texte complet de la chanson de Nougaro. 

 

Le Jazz et la Java

Chanson française – Le Jazz et la Java – Claude Nougaro – 1962


Quand le jazz est,

Quand le jazz est là ;

La java s’en,

La java s’en va.

Il y a de l’orage dans l’air,

Il y a de l’eau dans le gaz

Entre le jazz et la java.


Chaque jour un peu plus,

Il y a le jazz qui s’installe,

Alors la rage au cœur,

La java se fait la malle.

Ses petites fesses en bataille

Sous sa jupe fendue,

Elle écrase sa gauloise

Et s’en va dans la rue.


Quand le jazz est,

Quand le jazz est là ;

La java s’en,

La java s’en va.

Il y a de l’orage dans l’air,

Il y a de l’eau dans le gaz

Entre le jazz et la java.


Quand j’écoute béat,

Un solo de batterie,

Voilà la java qui râle

Au nom de la patrie,

Mais quand je crie bravo

À l’accordéoniste,

C’est le jazz qui m’engueule

Me traitant de raciste.


Quand le jazz est,

Quand le jazz est là ;

La java s’en,

La java s’en va.

Il y a de l’orage dans l’air,

Il y a de l’eau dans le gaz

Entre le jazz et la java.


Pour moi jazz et java,

C’est du pareil au même ;

Je me saoule à la Bastille

Et me noircis à Harlem.

Pour moi jazz et java

Dans le fond, c’est tout comme,

Le jazz dit « come on »,

La java dit « go on ».


Quand le jazz est,

Quand le jazz est là ;

La java s’en,

La java s’en va.

Il y a de l’orage dans l’air,

Il y a de l’eau dans le gaz

Entre le jazz et la java.


Jazz et java copains,

Ça doit pouvoir se faire.

Pour qu’il en soit ainsi

Tiens je partage en frère :

Je donne au jazz mes pieds

Pour marquer son tempo

Et je donne à la java mes mains

Pour le bas de son dos

Et je donne à la java mes mains

Pour le bas de son dos.

Et maintenant, il est temps de rire, voici le texte de la parodie.



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Quand le coco,

Quand le coco vide est là,

Le coco, le coco,

Le cocomerce s’en va ;

Il y a du gaz dans le verre

Il y a de la mort dans l’air

Entre le cocovid et le coca.



Chaque jour un peu plus,

Il y a le virus qui s’installe ;

Alors la rage au cul,

La cliente se fait la malle,

Ses petites fesses en bataille

Sous sa jupe fendue ;

Elle se marre, elle braille

Et reste dans la rue.



Quand le coco,

Quand le coco vide est là,

Le coco, le coco,

Le cocomerce s’en va ;

Il y a du gaz dans le verre

Il y a de la mort dans l’air

Entre le cocovid et le coca.



Quand je sors dans une salle

Des mesures en batterie,

Voilà le covid qui râle

Au nom de la patrie,

Mais quand je crie

Bravo aux artistes,

C’est le covid qui cavale

Me traitant de raciste.

Quand le coco,

Quand le coco vide est là,

Le coco, le coco,

Le cocomerce s’en va ;

Il y a du gaz dans le verre

Il y a de la mort dans l’air

Entre le cocovid et le coca.

Pour moi, covid et coca,

C’est du pareil au même

Moi, j’aime surtout la vie

Et je ris avec ceux qui m’aiment.

Pour moi covid et coca,

Dans le fond, c’est tout comme :

Le coca dit " Buvez ",

Le covid dit " Crevez ".



Quand le coco,

Quand le coco vide est là,

Le coco, le coco,

Le cocomerce s’en va ;

Il y a du gaz dans le verre

Il y a de la mort dans l’air

Entre le cocovid et le coca.



Cocovid et coca copains,

Ça conduit à l’enfer.

Pour survivre à ce destin,

Tiens, je partage en frère :

Je donne au coco vide du vin,

Pour marquer son tempo

Et j’offre au coca plein mes mains

Pour le jeter au bas de mon dos.



Quand le coco,

Quand le coco vide est là,

Le coco, le coco,

Le cocomerce s’en va ;

Il y a du gaz dans le verre

Il y a de la mort dans l’air

Entre le cocovid et le coca.

lundi 2 novembre 2020

VITRINES

 

VITRINES


Version française – VITRINES – Marco Valdo M.I. – 2020

Chanson italienne – VetrineMaria Monti1961



 

La Marchande d'Amours

in Stabies - circa 100




Dialogue Maïeutique


 

Lucien l’âne mon ami, je vais mettre une chanson tout entière dans notre dialogue, car elle s’est imposée d’elle-même à cet endroit et qu’elle m’a guidé de sa voix si prenante quand j’essayais de donner consistance poétique à ma version française de Vetrine de Maria Monti. C’était aussi donner à Maria Monti une sœur française qui dise avec autant de tranquille passion, l’amoureuse dimension de la vie.


Venant de toi, Marco Valdo M.I., ça ne me surprend pas. Tu es capable du meilleur. Mais de qui, de quoi, quelle chanteuse, quelle chanson ?


Avant d’en venir aux réponses à tes questions, Lucien l’âne mon ami, je vais te parler un peu de cette chanson italienne, qui est une chanson d’amour où une jeune (ou moins jeune, qui sait ?) personne s’en va-t’en ville, dans le centre où il y a les rues commerçantes et les vitrines pour chercher un cadeau pour son amie ou son ami – car rien n’indique si la personne bénéficiaire de cette excellente intention est un homme ou une femme. Malheureusement, faute d’argent, elle peut juste regarder mais pas toucher et surtout, pas acheter et l’amoureuse déçue ne peut rien rapporter de ce qui s’étale dans les vitrines. C’est donc tout le drame de la pauvreté mis en chanson.


M’est avis aussi, ajoute Lucien l’âne, que c’est une variante du proverbe « La plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a. »


Maintenant, reprend Marco Valdo M.I., je réponds à tes questions. La chanson française qui a hanté tout le travail de version s’intitule « Ce Matin-là », l’auteur et l’interprète sont une seule et même personne : c’est Barbara. Comme promis, je la cite intégralement et je laisse chacun découvrir les réminiscences que je n’aurais en vérité pu éviter.


J’étais partie ce matin, au bois,

Pour toi, mon amour, pour toi,

Cueillir les premières fraises des bois,

Pour toi, mon amour, pour toi.


Je t’avais laissé encore endormi,

Au creux du petit jour,

Je t’avais laissé encore endormi,

Au lit de notre amour.


J’ai pris, tu sais, le petit sentier,

Que nous prenions quelquefois,

Afin de mieux pouvoir nous embrasser,

En allant tous les deux, au bois.


Il y avait des larmes de rosée,

Sur les fleurs des jardins,

Oh, que j’aime l’odeur du foin coupé,

Dans le petit matin.


Seule, je me suis promenée au bois,

Tant pis pour moi, le loup n’y était pas.


Pour que tu puisses, en te réveillant,

Me trouver contre toi,

J’ai pris le raccourci à travers champs,

Et bonjour, me voilà.


J’étais partie, ce matin, au bois,

Bonjour, mon amour, bonjour,

Voici les premières fraises des bois,

Pour toi, mon amour,

Pour toi.

Pour toi, mon amour,

Pour toi.

(Ce Matin-là – Barbara – L. Gnancia, 1963)


C’est avec plaisir et impatience que je m’en vais les chercher, moi, dit Lucien l’âne, ces fameuses réminiscences. Je suis très curieux de voir ce que je vais y trouver.


Fais-le, je pense que ça te plaira, dit Marco Valdo M.I. Par ailleurs, ça n’a l’air de rien ces petites frustrations du quotidien, tous ces refus, ces manques qui sont infligés à ceux qui n’ont rien ou peu, ça n’a l’air de rien, mais c’est le degré zéro de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres pour imposer leur domination, pour magnifier leurs possessions, pour accroître leurs privilèges, pour étendre leur pouvoir et pour la plupart d’entre eux, pour paoniser tout partout. Elle commence là, à ras du sol, cette Guerre, avec ces signes de richesse, ces faux semblants, ces pacotilles, car les riches peuvent offrir ou s’offrir tout ce qui leur passe par la tête et c’est un de leurs multiples et humiliants privilèges. L’humiliation ne vient pas tellement du fait que le pauvre ne peut tout acquérir, mais bien du fait qu’il veut acquérir. C’est cette envie qui le ronge et le détruit. Le pauvre se laisse prendre au miroir des alouettes ; c’est là le piège de la société. Maria Monti a bien vu ce piège social, ce ressort caché de l’exploitation qui fait que bien des pauvres ont comme but principal dans la vie de devenir riches et en attendant, ils font semblant d’être riches, ils s’épuisent à vouloir faire comme les riches, d’avoir les mêmes objets, les mêmes fanfreluches, les mêmes hochets, les mêmes parfums, les mêmes vêtements (même faux, même au rabais), les mêmes autos, de faire les touristes, de partir en croisière, et ainsi de suite – toute leur vie y passe, toute leur vie se meurt dans son simulacre. Face à cette réification de l’être, face à cette prétention des riches de mesurer le monde et la vie en termes d’accumulation de choses – par nature, insignifiantes, de réduire le monde et la vie à la possession, Maria Monti affirme que la seule mesure de l’homme est l’homme (au sens générique) – mais, entendons bien : l’être ramené à lui-même, comparé à lui-même et pas l’homme dans sa dimension physique, ses performances, sa corpulence, son apparence qui veut s’affirmer (plus ceci, plus cela) par rapport aux autres, pas l’homme concurrentiel et que dès lors, la seule mesure de l’amour, c’est l’amour et comme il est incommensurable, il échappe à la mesure. Il existe d’ailleurs une autre chanson française qui met bien en évidence cette arnaque monumentale que sont les vitrines. Elle s’intitulait également Les Vitrines et elle est l’œuvre de Léo Ferré. On y reviendra tout prochainement.

Oui, oui, dit Lucien l’âne, on verra ça plus tard. D’ici là, tissons le linceul de ce vieux monde possédant, paonisant, accumulateur, riche, vénal, tentateur et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Je suis partie ce matin dans le centre

Voir dans les vitrines, les choses à vendre

Que j’aurais achetées pour toi,

Pour te donner un peu de joie,

Mais hélas payer, je ne le pouvais pas.


Je voulais entrer dans les magasins

Et demander pour toi ce qu’il y avait de bien.

Dans mes poches, j’ai cherché en vain,

Et je savais déjà qu’il n’y avait rien.


Chaque fois que je vais dans le centre,

J’ai le cœur plein de cendres.

Je ne vois pour toi mon amour, pour toi,

Que mon amour pour toi, mon amour, pour toi.


Chaque fois que je vais dans le centre,

J’ai le cœur plein de cendres.

Je ne vois pour toi mon amour, pour toi,

Que mon amour pour toi, mon amour, pour toi.