mercredi 17 juin 2015

Le Retour du Printemps


Le Retour du Printemps


Chanson française – Le Retour du Printemps – Marco Valdo M.I. – 2015

ARLEQUIN AMOUREUX – 9

Opéra-récit historique en multiples épisodes, tiré du roman de Jiří Šotola « Kuře na Rožni » publié en langue allemande, sous le titre « VAGANTEN, PUPPEN UND SOLDATEN » – Verlag C.J. Bucher, Lucerne-Frankfurt – en 1972 et particulièrement de l'édition française de « LES JAMBES C'EST FAIT POUR CAVALER », traduction de Marcel Aymonin, publiée chez Flammarion à Paris en 1979.





Qui va là ? C'est le printemps
Qui vient, qui va. Il a tout son temps.







Lucien l'âne mon ami, revoici donc notre ami Matthias, alias Matĕj, Matys, Matysek, Mathieu, Arlecchino le déserteur, cet Arlequin amoureux dont j'ai – peut-être imprudemment entrepris de conter l'histoire.


Pourquoi imprudemment ? Ça, je me le demande, car à mon sens, dans ces sortes de sagas en chansons, tu t'en tires assez bien. Je comprendrais ton inquiétude si c'était la première fois que tu te lançais dans pareille aventure au long cours.Mais enfin, rappelle-toi, il y eut successivement Le Cahier Ligné, Dachau Express, Les Histoires d'Allemagne, Le Livre Blanc et in fine, cet Arlequin Amoureux. Il te suffit de poursuivre ton chemin sans te retourner et j'en suis persuadé : à la fin de ce voyage en écriture, il y aura une fort belle histoire.


Admettons. Mais avant d'aller à l'épisode suivant, je m'en vais, comme dans les feuilletons, faire un petit récapitulatif des chansons précédentes ; même si, à mon idée, chacune de ces chansons peut vivre sa propre vie.


Je vais le faire pour toi. Lors donc, récapitulons : il y a eu jusqu’à présent 8 canzones qui racontent cet Arlecchino amoureux de son Arlecchina et du grand mystère de leur liaison :

Marengo [[49258]] : la bataille où on découvre Matthias dans son uniforme de soldat : boutons jaunes et caleçon blanc.
Les Coquets Lieutenants [[49279]] : où Matthias devenu Arlequin se débarrasse de son uniforme et se mue en déserteur.
L'Amoureuse d'Arlequin [[49312]] : où il se révèle qu'Arlecchina existe vraiment sous diverses formes.
L'Aveu Théâtral [[49393]] : où pour survivre, Arlequin (alias, alias...)à l'instigation de la Comtesse se fait conseiller in teatro auprès du Comte de Wallenstein.
Le Bouffon de Franziska [[49527]] : où Arlequin, conseiller in teatro est captif de la Comtesse qui le traite sous le nom germanisé d'Harlekin.
Une statue ne porte pas de caleçon  [[49726]] : où Arlequin, revenu sur scène, se retrouve le cul nu sur la scène du théâtrale du Comte Wallenstein.
La Pécheresse aux jolis doigts [[49921]] où on découvre le portrait d'Arlecchina.
La Confession d'Arlequin [[49967]] Comme Arlequin, chassé par le Comte, se réfugie pour l'hiver chez les pères et obtient cette grâce par un artifice de confession.


De fait, Lucien l’âne mon ami, tu as excellemment récapitulé les 8 premières chansons. Je voudrais cependant ajouter que toutes ces chansons, je peux même dire toutes les chansons de cet Arlequin Amoureux, ont la même structure et le même refrain, lequel est celui d'une comptine enfantine de chez nous, comme je l'avais indiqué dès le départ. Sauf qu'à ce moment, je n'avais pas perçu que ce serait là l'ossature des canzones, l'indication sans cesse répétée de leur étroite parenté. Car, imagine un peu Lucien l'âne mon ami, dit Marco Valdo M.I., imagine un peu qu'étant enfin mises en musique (reste à trouver des musiciens, mais néanmoins, il est clair que pour musiquer quelque chose, il convient que cette chose existe), on les sépare et on les entend ici, là ou à des jours d'intervalle. Il se passera alors deux choses : primo, on entendra immédiatement qu'elles sont sœurs ; secundo, les enfants (petits, grands, jeunes ou vieux) reprendront aisément ce refrain :

« Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle. »


Marco Valdo M.I. mon ami, tout cela est bien beau, mais tu ne m'as encore rien dit de cette neuvième canzone, dont j'ignore même le titre.


Lucien l'âne mon ami, ne te désole pas, je m'en vais tout te dire tout de suite. D'abord, il est normal que tu ignores le titre de cette chanson pour l'excellente raison qu'elle n'en a pas encore, car je ne l'ai pas encore trouvé. À y réfléchir, et tu a raison de me questionner – pour un titre bucolique ; quelque chose comme le retour au printemps, qui correspond au sens de la chanson. Disons donc : Le Retour du Printemps, un titre ambigu à souhait car il porte à la fois sur l'arrivée du printemps, saison du renouveau, sur le moment où revient notre Arlecchino et le fait qu'il rentre dans son village, lui, le déserteur. Ce retour n'est pas sans danger, il le sait, mais il ne peut faire autrement que de se laisser mener là.


Marco Valdo M.I. mon ami, je suis très content d'avoir pu t'aider à le formuler et maintenant, montre-moi ta canzone afin que nous puissions poursuivre notre tâche, à bien des égards insignifiante, sauf pour nous, qui est de tisser le linceul de ce vieux monde terrible, chaotique, consternant et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Un vulgaire pourceau
A tout ce qu'il lui faut
Un enclos, une chaumine
Un toit quand la pluie dégouline.

Déserteur, quel chagrin !
Fuites à toutes heures
Par monts et chemins
Pour trimarder faut du cœur.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Viens Pollo, qu'elle dit, on s'en va.
Déjà ? Pas tout de suite, Santa.
Tu vieillis, mon Arlequin !
Vieillir est dans ma nature, c'est mon destin.

L'horloge de l'hôtel de ville, en contrebas
Tinte cinq fois, c'est l'heure où l'on s'en va.
Qui va là ? C'est le printemps
Qui vient, qui va. Il a tout son temps.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.

Le printemps ? Comment y échapper ?
Matthias, le temps d'avaler une merise
Au matin de mars s'en est allé
Suant, soufflant, son pas l'épuise.

Il avançait suivant l'eau
Il marchait remontant le ruisseau
On entendit sonner le midi familier
Arlecchino rentrait chez lui sans se retourner.

Oui, Monsieur Po, oui, Monsieur Li,
Oui, Monsieur Chi,
Oui, Monsieur Nelle,
Oui, Monsieur Polichinelle.


lundi 15 juin 2015

ET AINSI SOIT-IL

ET AINSI SOIT-IL




Version française – ET AINSI SOIT-IL – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – E così sia – Punkreas 2008


Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.






Juste une question de logique à propos de cette curieuse affirmation :
« Comme Saint Thomas, je ne crois que ce que je vois. »

Et quelle est donc cette question logique ? , Marco Valdo M.I. mon ami.

Tout simplement ceci. Voilà, au prochain qui te dira ça, de ma part, tu demanderas :
« As-tu déjà vu ce Saint Thomas ? » et là, il ne pourra te répondre que « Non, évidemment ! Depuis le temps qu'il est mort... ». Tu continueras en faisant remarquer deux choses : que pour s'en tenir à sa règle, comment peut-il soutenir que le Saint Thomas en question a réellement existé et en corollaire, a donc pu mourir ? Puisque là aussi, il ne l'a jamais vu… Pour parer à toute objection, on admettra que ce Thomas (ainsi sanctifié) a bien pu exister, mais cela ne change rien au fait que l'interlocuteur ne l'a jamais vu...

Mais enfin, Marco Valdo M.I. mon ami, tu le sais aussi bien que moi que la religion et la croyance (notamment, la croyance à l'existence de ce Saint-Thomas) n'ont aucun fondement logique. Ce sont là des bizarreries engendrées par je ne sais quel penchant à la folie de certains hommes. Et Pascal, lequel croyait par nécessité et habitude, disait – je reformule son propos, mais la teneur y est : « Mais quelle étrange folie que de n'être point fou ». Assez rigolé, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde thomiste, illogique, irrationnel, religieux et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.

Lorsque je pense au catéchisme
Je n'ai en souvenir que des déceptions
On me parlait de curieux miracles
Et de béates apparitions

J'ai attendu avec patience de rencontrer le divin .
Mais il s'est passé trop temps,
Je ne suis plus un enfant.
Comme Saint Thomas,
Je ne crois que ce que je vois.
Cependant, il me plairait beaucoup de transformer l'eau en vin
Et chaque religion
Lâche à tes trousses son représentant
En dépit de leurs mutuelles exécrations,
Elles se partagent un créateur tout-puissant

Qui enverra en Enfer
Celui qui dira pauvre Christ,
Excusez-moi si j'insiste,
On n'a jamais vu un seul dieu ici sur Terre.
Des réservations pour une place au Paradis ?
Ça ne m'intéresse pas. Non merci !
Car au fond, j'ai déjà décidé
Jamais, je ne me convertirai !
Ma réponse est non pour cette raison-là.
Désolé, mais je ne prie pas.
Ce n'est pas un dieu que je demande dans cette vie,
Mais de pécher en liberté
Au ciel comme sur Terre,
Telle est ma volonté.

Et ainsi soit-il



dimanche 14 juin 2015

GIOVANNI PASSANNANTE

GIOVANNI PASSANNANTE



Version française - GIOVANNI PASSANNANTE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Giovanni PassannanteAiresis2010
On redira dans l'histoire :
Du bonnet du cuisinier
Nous ferons un étendard. 



Un disque consacré à cinq personnages du passé qui ont fait quelque chose d'important, même seulement un simple geste, souvent payé très cher, par lequel ils ont tracé une voie pour les autres, pour le monde à venir. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on parle encore de Dante Di Nanni le partisan, de Vladimir Majakovskij le poète, de Tommie Smith le sprinter avec le poing ganté de noir, de Giovanni Passannante l'anarchiste et de Ferdinand Magellan le navigateur (qui – dit entre nous – avec les quatre autres n'a pas grand-chose en commun…)
Sur Giovanni Passannante, qui en 1878 fit un attentat exemplaire contre le bourreau de Savoie Umberto, qui pour cet attentat fut enterré vivant d'abord en prison et ensuite à l'asile, voir aussi Canzone che recita Giovanni Passannante e Ode al Passannante mais, surtout, on aille voir intéressant (si pas vraiment beau) film de Sergio Colabona, avec Fabio Troiano dans le rôle de l'anarchiste (qui dans le film se dit cependant un républicain mazzinien), avec le matt-acteur Ulderico Pesce, déjà auteur du spectacle théâtral « L'arrosage du cerveau de Passannante » et Andrea Satta, voix des Têtes de Bois qui sont les auteurs de la musique du film, de laquelle se détache la chanson finale, simplement intitulée « La Chanson de Giovanni Passannante », qui j'espère paraîtra très vite ici-même.

Et peut-être ils ont vraiment raison l'Airesis, Giovanni Passannante a vraiment tracé une
voie, a laissé un signe… S'il n'était ainsi pas les monarchistes, alors comme aujourd'hui, n'essouffleraient pas à chercher à en rayer la mémoire… Lisez un peu ici :

« 
De ces jours-ci, on apprend la nouvelle du film dédié à Giovanni Passannante, qu'on est arrivé à présenter comme « un héros » et comme « un idéaliste qui ne baisse pas la tête ». La chose me semble vraiment grave, - écrit dans une note Alberto Casirati, Président de l'Institut de la Maison Royale de Savoie - car Passannante attenta à la vie du Chef de l'État italien et il ne réussit pas dans son but criminel seulement en raison du courage et la promptitude des présents »

« Comment il est possible – poursuit Casirati – de présenter de cette manière celui qui désire tuer un être humain ? Quel message veut-on faire passer ? Il fut juste, par charité chrétienne, d'agir pour qu'aux restes du criminel fut donnée la sépulture adéquate. Et les conditions de réclusion de Passannante ne furent certainement pas humaines, même si en accord avec les standards européens du temps pour un délit aussi grave. Mais il est aberrant définir « idéaliste » ou « héros » un aspirant assassin. Aucun idéal ne justifie une tentative de homicide et chaque idée qui admet l'homicide est criminelle »

Le Président de l'Institut de la
Maison royale de Savoie, conclut en disant que « dans l'Italie unie la peine de mort fut abolie par la volonté du Roi Umberto I. Le même Roi qui demanda et obtint la grâce pour Passannante ».

Déjà, le Roi Buono
(le bon roi ?) obtint la « grâce » pour son auteur d'attentat : la « grâce » d'être enterré vivant dans une cellule-tombe sous le niveau de la mer, où Passannante devînt aveugle, malade et fou ; la « grâce » d'interner tous ses parents dans l'asile criminel d'Aversa, où presque tous moururent ; la « grâce » d'une punition collective au pays natal de l'anarchiste (ou républicain, ou du libertaire, ou simplement homme juste qu'il était), en imposant que « Salvia » de Lucanie devienne « Savoia » (et s'appelle ainsi encore aujourd'hui, chose vraiment honteuse)…


Heureusement, comme déjà
le chantait il y a quelques années Andrea Satta des Têtes de Bois :

« Une pass'a
n avant, un pass'en arrière
Dans l'air
transparent du verre
Un pas
encore qu'ensuite tu réussiras
Et si tu ne réussis pas, Bresc
i le finira. »




Passannante fut arrêté et condamné à la prison à vie. Sa famille internée dans un asile criminel. À son pays On changea le nom de son village et on l'enferma dans une cellule de deux mètres sur un, haute d'un mètre cinquante, avec dix-huit kilos de chaînes sur le dos. Dans la complète et muette obscurité pendant douze ans, avant d'être transféré à l'asile où enfin il mourut.
L'arme avec laquelle il avait attenté au Roi, en l'égratignant à un bras : un canif de huit centimètres.

Le grand poète Giovanni Pascoli écrivit et déclama en public son « Ode al Passannante ». Il fut pour cela arrêté et emprisonné une semaine. Ce poème fut probablement détruit par Pascoli lui-même ; mais dans la tradition orale, il en survit ce fragment cité dans chanson, qui fait référence à la profession de Passannante, lequel fut aide cuisinier dans une taverne de Salerno, travail qu'il perdit quand le patron s'aperçut qu'il soustrayait de la nourriture pour l'offrir aux pauvres affamés :

« « 
Du bonnet d'un cuisinier, nous ferons une bannière »  »



Samedi 7 janvier à Salvia di Lucania a été endommagée et profanée la tombe de Giovanni Passannante, l'anarchiste qui en 1878 tenta de tuer Umberto I, le « roi bon », comme fut défini par la propagande monarchiste, qui fut parmi les responsables des plus grands massacres de prolétaires italiens à la fin du dix-neuvième siècle.
Passannante alla à la rencontre d'un triste destin : condamné à la prison à vie, à s'abîmer dans une cellule sous le niveau de la mer à Portoferraio. Dans ce trou infernal il passa 10 ans, devenant aveugle et le corps détruit par les plaies dues aux chaînes auxquelles il était constamment lié, avant d'être transféré à l'asile criminel de Montelupo Fiorentino, où il mourut en 1910.
Mais la vengeance de la maison Savoia ne se limitera pas à frapper les Passannante : toute sa famille fut internée dans l'asile criminel d'Aversa car seul un fou pouvait attenter à la vie du roi et un fou devait avoir nécessairement une famille de fous, coupable de l'avoir engendré. Et les Savoies se vengèrent même sur toue la collectivité où le régicide manqué était né et avait grandi : Salvia. Le nom du pays fut changé en Savoia di Lucania, pour rendre hommage la lignée royale et expier la faute d'avoir donné naissance à un homme qui courageusement tenta de venger les milliers d'ouvriers et de paysans massacrés par l'État italien naissant.
Mais
ce n'est pas tout : en hommage aux théories lombrosiennes, le cadavre de Passannante devint un corps sur lequel le pouvoir de l'État devait exercer son contrôle, sa propre étude et sa proprre vengeance : sa dépouille fut disséquée, son cerveau étudié pour comprendre l'origine de la « folie anarchiste » qui voulait tuer un Père de la Nation. Seulement en 2007, les restes de l'anarchiste de la Basilicate, jusqu'alors conservées à l'institut criminologique de Rome, recevront une sépulture digne à son village d'origine, grâce à l'intervention de diverses personnalités du monde de la culture, parmi laquelle l'acteur Ulderico Pe.
Après Passannante viendra Bresci qui en 1900
mettra fin au règne d'Umberto I, qui entretemps ordonna la lâche répression des mouvements pour le pain à Milan, d'un coup de revolver en plein cœur.
En ce moment, à Savoia di Lucania est organisée une consultation populaire pour revenir à l'ancien nom de Salvia. (http://uenne.indivia.net/n-1-anno-92/viva-passannante)




Aujourd'hui, mon cher Lucien l'âne mon ami, comme tu le sais, nous sommes en 2015. Et Salvia est toujours tatouée du nom infâme des Savoies : ces mêmes Savoies qui firent l'Italie par d'immenses massacres, tant au Sud qu'au Nord ; ces mêmes Savoies responsables de la grande misère des paysans, ces mêmes Savoies qui firent pourrir en prison leurs opposants : Passannante, Bresci[[44117]], Gramsci et tant d'autres ; ces mêmes Savoies qui mirent le fascisme au pouvoir ; ces mêmes Savoies chassés après la défaite fasciste pour cause de collaboration ; ces mêmes Savoies qui sont encore aujourd'hui poursuivis pour leurs malversations ; ces mêmes Savoies qui pillèrent – en plus de l'Italie elle-même – l'Éthiopie, par exemple et accessoirement, en massacrèrent les populations.


Comment ce Conseil communal de Salvia s'entête à garder à leur village le nom d'une bande de criminels ? Il y a quand même des personnes étranges… Comme disait Boris Vian : « Elles ne se rendent pas compte ». Peut-être, mais c'est bien là le problème. Quant à nous, qui savons les détours qu'entraîne la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin de les maintenir dans un état de soumission, d'imposer leur domination, de protéger leurs privilèges, d'augmenter leurs richesses, de tirer du profit des gens, d'encore et toujours se complaire dans leur médiocrité, nous savons bien que Passannante avait raison et que par ce beau geste, comme nous entendons le faire, il tissait à son tour le linceul de ce vieux monde royaliste, autoritaire, orgueilleux, exploiteur, riche et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Il descend l'escalier prêt en finir là,
Il suivait une vie fugitive de l'âme.
Passée peut-être pendant qu'il n'y était pas
Et s'il y était, où était-il lui-même,
Entre le travail et les difficultés ?
Il s'arrêta à l'entrée, pour un instant ébranlé
Du frisson chaud de la cité.
Le ciel hurlait blanc comme ciment
De sa voix de pluie et de vent.

Partout volaient des mots, par mille
La famille royale était en visite à la ville.
Naples remplissait ses rues.
Quelle grande belle fête
Quand passait sa majesté !
Il vendit sa veste pour s'acheter
Un couteau, dans son mouchoir rouge le cacher,
Et convaincu que son geste n'était pas fou,
Il attendit son tour, patienta beaucoup.

C'était comme partir, c'était comme tomber
Dans le vide infini
De la fatalité.

Le Roi approchait, un passage s'ouvrit,
En un souffle, Giovanni se dit :
- Personne ne m'arrêtera -.
Je n'ai pas d'étendard, je n'ai pas de foi,
La peur ne m'étreint pas
Et pour ma main, ceci suffira.
Il monta sur le carrosse, la place disparut,
Les idées, les gens, la mer disparut,
Le temps s'enfonçait dans l'instant
Et partait la main de Passannante.


On redira dans l'histoire :
Du bonnet du cuisinier
Nous ferons un étendard.