jeudi 19 décembre 2013

TERRE LIBRE (LA FORCE)

TERRE LIBRE (LA FORCE)



Version française – TERRE LIBRE (LA FORCE) – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Libera terra (La forza) – Massimo Priviero – 2013
Album : Ali di libertà



Dans les rues ensoleillées de cette ville
Il y a un homme



Dans les rues ensoleillées de cette ville
Il y a un homme qui demande qui pourra se sauver
Il dit « J'ai donné tous les jours de ma vie
Pour des temps meilleurs, pas pour cette folie », dit-il

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

Et dans la lumière qui brille quand tu appelles
Il te regarde et puis te dit dis-moi maintenant comme jamais
J'ai perdu mon futur et je ne sais plus où je suis
Anéanti par l'économie et ses bandits

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

Et dans les soirs du monde quand tombent
Les générations perdues qui ne croient plus
Ils disent « Mieux vaut se tirer d'ici en vitesse
Et ensemble demain résister»

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

Sous les étoiles tombées dans tes yeux
Dans le manège qui tourne, chacun fait ses comptes
Il y a celui qui tombe debout et qui te demande pourquoi
Celui qui appelle ton nom et tu ne sais jamais qui c'est

Dans les rues ensoleillées de cette ville
Il y a un homme qui demande qui pourra se sauver
Il me dit « Donne la voix à qui n'a pas de voix
Pour libérer la terre, libérer

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

Terre libre libre libre, libre libre
Terre libre libre libre, libre libre

mercredi 18 décembre 2013

VIE DANS UN NOUVEAU MONDE PACIFIQUE

VIE DANS UN NOUVEAU MONDE PACIFIQUE



Version française – VIE DANS UN NOUVEAU MONDE PACIFIQUE – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Vita in un pacifico nuovo mondo – Fluxus – 1994

On est comme un train qui court fonce et déraille



Toujours rapport à la production et au travail
Il faut produire,
Il faut inventer,
Il faut être social,
Il faut se laisser somnoler parmi les choses,
Rarement sûres

Toujours rapport au pain quotidien
Il faut cohabiter,
Il faut anéantir,
Police unique mondiale,
Projet unique global
International
Culture de l'information,
Réalité électronique virtuelle,
Monde civilisé,
Monde bestial,
Monde meilleur

Planète individuelle,
Monde total,
Monde racial,
Mode d'un monde du monde qu'on peut refuser, mais pas changer

Il faut sauter le mur,
Avoir conscience,
Changer le futur
Il faut anéantir l'État,
Détruire ce monde où tout est contrôlé

Toujours rapport à la logique et au pouvoir
Il faut savoir ce qui est bien,
Ce qui est mal,
Que faire
Formel sans substantiel
Dans la logique et les lois pénales,
On est comme un train qui court fonce et déraille
Quand on cherche à changer la direction calculée,
Esprit automatisé,
Variation tolérée,
Bombe non désamorcée,
Masse disciplinée

Il faut avoir du courage,
Pour refuser le sens de ton unique voyage
Il faut construire :
Ne pas déléguer à ceux qui jusqu'à présent
Ont mis des bombes pour imposer la réaction
Maigre illusion de liberté,
À mille lieues de la vérité
Conscience du savoir,
Conscience d'agir,
Conscience de la situation
Savoir qu'on ne peut savoir


Pour eux
Ne pas travailler,
Ne pas obéir,
Ne pas leur laisser les armes de l'information
Ne pas accepter la paix militaire
Déserter,
Et chercher à comprendre que seuls ceux qui ont peur
Ont en main un pistolet
Et tirent toujours plus d'une fois.

DÉSOLÉ

DÉSOLÉ


Version française – DÉSOLÉ – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Desolato – Enzo Jannacci – 2013
Morceau inédit de l'album posthume : L'artista
Texte : Enzo Jannacci, J-AX
Musique : Paolo Jannacci
En collaboration avec
J-AX







Désolé mais plus que désolé
Je suis furieux quand je vois les gens se tuer
Je le disais il y à cinquante ans
Je le répète encore maintenant,
C'est peut-être le bon moment
Où parmi vous celui qui entre un crachat et un sentiment
Trouvera une autre pénicilline, d'autres formes d'amour
Un peu plus de mordant, un nouveau tour
Pour chasser tous
Les râleurs, les chanteurs, c'est-à-dire nous

Mais quel est ton problème ?
Mon problème, c'est que le temps ne me suffit jamais
Mais quel est ton problème ?
J'ai un frère en prison et pour lui, il ne passe jamais
Mais quel est ton problème ?
Mon problème est que le temps ne me suffit jamais
Non, non, pour moi, il ne passe jamais, il ne me suffit jamais, il ne passe jamais
Il ne me suffit pas

Qui veut te frapper te demande, quel est ton problème
Problèmes séculaires, populaires dans les quartiers
À tous les niveaux, et au niveau national
Mais pour les Anglais, Italiens ou Albanais : c'est pareil
Des problèmes de retraites et remises
De dettes et histoires finies
Les escortes
L'effondrement des bourses
Les portes ouvertes
La faim qui arrive chez qui ne la connaît pas
Le problème de la cigarette
Le monopole d'État, la dépendance
Le pétrole en Arabie
La servante polonaise
Le gaz de Moscou
Et les pâtes de la mamma.

La religion est un problème quand elle nie la science
L'athée quand il n'a pas conscience
Si la drogue en circulation augmente
C'est parce que maintenant, elle coûte moins qu'un litre de benzine

Désolé si je ne trouve pas la réponse à tes problèmes
Désolé si ma chanson a des alibis sincères
Désolé si ensuite seulement on ne t'écoute plus autant
Désolé ensuite si la vie à moi, à moi plaît encore tant

C'est un problème de comprendre qu'il n'y a pas d'idéal
Un problème total
Mais je suis à la mer
J'ai dit que je suis à la mer

Un problème, le fils d'un grand frère
Des problèmes pour ceux qui ont seulement

Problèmes de nuit
Du grand amoureux
Problèmes de saleté, ou d'huile
Du seigneur

Mais quel est le problème ?

Je voudrais assumer, créer du travail
Mais ici le seul bizzness, c'est l'achat d'or
Et les salles de jeu ; moi par contre, je vends du feu
Je porte des tennis et je parle tout seul
Des mots oiseux à 80% pour comprendre certaines choses, il faut l'oreille
Pour voir qui est l'ennemi, il faut un miroir
Pour gouverner mon pays, il nous faut un vieillard

J'ai vu un roi, comme Jannacci et Fo
Je lui ai demandé : « Je viens moi aussi ? »; il m'a dit : « Non, toi non ! »
C'est un criminel mais on ne peut pas le punir
Pauvre roi, et même, pauvre vizir
Je n'ai pas de problèmes avec le monde, seulement avec vous qui commandez
Ce serait beau comme du Gaber, si vous vous en alliez.
La vie à moi, elle me plaît... Désolé !

Désolé si je ne trouve pas la réponse à tes problèmes
Désolé si ma chanson a des alibis sincères
Désolé si ensuite seulement on ne t'écoute plus autant
Désolé ensuite si la vie à moi, me plaît encore tant


Mais quel est ton problème ?
Mon problème est que le temps ne me suffit jamais
Mais quel est ton problème ?
J'ai un frère en prison et pour lui, il ne passe jamais
Mais quel est ton problème ?
Mon problème est que le temps ne me suffit jamais
Non, non, pour moi, il ne passe jamais, il ne me suffit jamais, il ne passe jamais jamais
Il ne me suffit pas

vendredi 13 décembre 2013

LE TRAIN EN BOIS

LE TRAIN EN BOIS

Version française – LE TRAIN EN BOIS – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Ninna nanna – Luf – 2013







Quand la lune s'éteint
Et les étoiles ne pleurent plus
Ton train de bois s'en va
Il emporte tes rêves plus loin
Une route embrasse le crépuscule
Ensuite le couchant s'embrasera
Quand la nuit s'éveille
Et que pour elle se réveillent tes rêves
Quand le soldat revient
Ce n'est pas lui ; c'est la guerre qui a perdu.

Ninna nanna, ninna oh
Ninna nanna, ninna oh



Là où finit le sable
Il y a l'eau où finit la mer
Quand on éteint la radio
On apprend à voler haut
Un enfant veut espérer
Un père qui sait jouer
Il le verra au loin parti
Dans un train de bois
Sans épée et sans fusil
Un homme, un vrai, alors il verra




Ninna nanna, ninna oh
Ninna nanna, ninna oh
Ninna nanna, ninna oh
Ninna nanna, ninna oh

mercredi 11 décembre 2013

NOIX DE COCO

NOIX DE COCO


Version française – NOIX DE COCO – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson italienne – Noci di cocco – Giorgio GABER – 1972

Album: Dialogo Tra Un Impegnato E Un Non So (1972)












Avec la parodie des naufragés, GABER « vulgarise » sympathiquement la vieille théorie – commencée par Rousseau et ensuite reprise par les pères du socialisme – du « communisme primitif » de la préhistoire fondé hélas sur la pénurie alimentaire, et l'« invention » de l'État qui présenté comme une nécessité d'organisation devient ensuite – en instituant la propriété privée – l'expression et le moyen de la domination des privilégiés au détriment des autres, d'une classe sociale sur une autre.

J.J.Rousseau ouvrait la seconde partie de son « Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes » (1754) en disant :
« Le premier qui, ayant enclos un terrain, s'avisa de dire Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d'horreurs n'eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables: Gardez-vous d'écouter cet imposteur; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne. ».



Belle chanson que celle-là..., dit Lucien l'âne en riant. Elle me fait beaucoup rire tout en étant fort juste et instructive. Et puis, cette histoire de noix de coco m'en a rappelé immédiatement une autre histoire de noix de coco où Arthur, roi d'Angleterre, entame une discussion hallucinante et nébuleuse à propos d'hirondelles migrantes et de noix de coco, lui au pied du rempart interpellant les sentinelles, silhouettes chinoises déambulant au sommet. (http://www.youtube.com/watch?v=JHFXG3r_0B8 – http://www.dailymotion.com/video/x25er5_monty-python-sacre-graal_fun)


En effet, elles sont totues deux drôles. Quant à la chanson de Gaber, elle se présente comme une scène du théâtre de la vie primitive dans le décor d'une sorte d'île idyllique, où de « bons sauvages », collectifs en diable et a priori heureux et solidaires, vivant des fruits de la nature – qu'interprète LE CHOEUR, vont se faire avoir par un d'entre eux plus sournois, plus rusé et plus cynique – qu'interprète GABER , qui va les dépouiller de leurs droits naturels à la vie et imposer le principe de propriété et son corollaire qu'est l'État. D'une part donc, cette canzone montre comment on passe d'un monde commun, d'une société collectivement solidaire à un monde divisé : le monde conçu par et pour les riches, dont ma grand-mère énonçait ainsi le principe fondateur: « Rien pour les autres et tout pour moi ». D’autre part, elle indique de façon imagée ce qu'il en est des débuts de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches font aux pauvres afin d'instaurer leur domination, d'imposer leur mainmise sur le monde, de privatiser à leur profit la nourriture, les biens, la Terre, en attendant de s'emparer de l'univers tout entier. C'est un acte de naissance – imprescriptible, du moins à leurs yeux et scellé dans la majesté de l'État, figure publique, sorte de totem de leur puissance, fondement de la spoliation éternisée et de la violence réservée.


En effet, c'est un joli coup tordu que cet État, seul détenteur de la force armée, seul autorisé à faire usage de la violence – y compris contre ses propres citoyens. Cet État est le moyen par lequel ils (les gens de pouvoir, les tenants et les servants du système) légitiment leur armée d'occupation permanente, chargée du maintien de l'ordre (de leur ordre, évidemment!) ; et son pouvoir intangible est l'instrument de l’iniquité fondamentale de leur société. Car il s'agit bien – dès le départ – de leur société, de leur pouvoir, de leur État, de leur Justice, de leur système où la propriété privatise progressivement tout et où véritable monstre glouton et insatiable, elle avale les biens et les choses et dévore la vie des hommes. Ainsi, il est légitime et il en est plus que temps, comme le chantaient les Canuts, de tisser le linceul de ce vieux monde propriétaire, étatique, inique, violent et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



LE CHOEUR:

Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !
Quelle faim !

GABER :
Quelle faim ! Quelle faim !
Et ici, dans cette île déserte, il n'y a rien à manger !

LE CHOEUR:
Quelle faim !

GABER :
Quelle faim !

LE CHOEUR:
Quelle faim !

GABER :

Quelle faim !
Pauvres de nous. Si unis, si solidaires, tous égaux sans rien à manger !
LE CHOEUR:
Quelle faim !

GABER :
Quelle faim !

LE CHOEUR:
Quelle faim !

GABER :
Quelle faim !

GABER :
Hè ! Hè ! Je vois des noix de coco. Oui, il y a plein de noix de coco !

LE CHOEUR:
Bien ! Hourra ! Nous avons trouvé les noix de coco !
Nous avons trouvé les noix de coco !
Nous avons trouvé les noix de coco !
Nous avons trouvé les noix de coco !

GABER :
Non ! Non. J'ai trouvé les noix de coco !
Ah oui, les noix de coco je les ai trouvées, donc je me les garde !

LE CHOEUR:
Mais nous aussi nous avons faim !

GABER :
Vous ne comprenez pas les gars... Faisons un raisonnement. Dans la vie, tous les hommes ne sont pas égaux : il y a des hommes normaux et des hommes de talent. Ce n'est pas par hasard que j'ai trouvé les noix de coco !



LE CHOEUR:
Mais qu'est-ce que tu en fais de tant de noix de coco ? Tu es seul et nous sommes nombreux !



GABER :
Ce n'est pas le nombre qui compte ; c'est l’intelligence de l'individu !



LE CHOEUR:
Tu es seul et nous sommes nombreux !



GABER :
Vous ne pensez pas me faire de la peur avec des menaces ?



LE CHOEUR:
Tu es seul et nous sommes nombreux !

GABER :
C'est vrai ! Je suis seul et vous êtes nombreux… Il faut que je vous calme. Certes pas avec les noix, hein ? Il faut que j'invente quelque chose, quelque chose de juste, de civilisé. Gaffe si nous commençons avec la violence. Le respect ! Le respect de ce que nous sommes, de ce que nous avons, quelque chose de sérieux, d'important, de démocratique !
Ça y est, j'ai trouvé ! J'invente l'État !

LE CHOEUR:
Entonne l'Hymne national