mercredi 15 février 2017

FRANKENSTEIN



FRANKENSTEIN


Version française – FRANKENSTEIN – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – Frankenstein – Mercanti di Liquore (Zoo)- 2002



Mon cher Lucien l’âne mon ami, j’espère que tu connais, au moins de réputation, le docteur Frankenstein, Victor Frankenstein, ce malheureux créateur d’une malheureuse créature, qui tous deux sont de malheureuses créatures de Mary Shelley, fille de l’écrivain de tendance anarchiste anglais William Godwin. Mary Shelley les – Victor Frankenstein et son monstre, plus une série de personnages annexes – avait mis au monde – si j’ose dire ainsi – lors de l’édition en 1818 de son roman « Frankenstein ou le Prométhée moderne ». Pour le cas où les détails te seraient sortis de la mémoire, ou pour assurer une compréhension plus immédiate du texte de la canzone, je résume l’affaire.

Je t’arrête là, Marco Valdo M.I. mon ami, car moi, j’ai connu tout le monde dans cette affaire. D’abord et avant tout, Prométhée, un bien brave jeune homme qu’il était lorsque nous avons voyagé ensemble dans les montagnes de Thessalie, il y a bien des temps et des temps. On était plutôt copains à cette époque. Après, il y a eu cette malheureuse histoire avec Zeus et puis, Prométhée buvait un peu trop d’ambroisie, puis de tous les vins qu’il pouvait trouver ; à la fin, il souffrait assez d’une sorte de cirrhose, qui le fatiguait beaucoup ; alors, arrivé à la fin de l’après-midi, il se tenait le ventre ; on voyait bien qu’il avait très mal ; il se couchait exténué et il dormait dessus, comme on dit, et le lendemain, il n’y paraissait plus rien, jusqu’à ce qu’avec Zeus, il se remette à boire. Fallait entendre les fariboles qu’ils pouvaient se raconter ces deux-là et puis, ils se disputaient souvent et violents avec ça ; ça cognait dans tous les coins, un vrai combat de Titans, quand ils s’y mettaient. À part ça, de braves garçons. Mary Shelley, c’est évidemment une autre époque. Je me souviens d’avoir fait une promenade avec elle – sur mon dos – dans les Alpes. C’est là qu’elle m’a raconté l’histoire de Victor Frankenstein et de son monstre. Cela dit, elle avait des idées un peu sombres, mais dans l’ensemble, c’était une bonne fille.

Donc, tu sais ce que docteur Victor Frankenstein avait comme idée fixe. Il voulait créer un nouvel homme à partir d’éléments disparates, de morceaux d’hommes. Il y est arrivé, mais son personnage avait comme un défaut, qui va lui gâcher l’existence et le conduire à de tristes extémités. Il était spécialement laid ; repoussant même. Il va suivre et poursuivre Victor Frankenstein et j’arrête là, ce qui se passe dans le roman de Mary Shelley est connu et de toute façon, se trouve dans ce roman. Pour ce qui est de la canzone qui nous intéresse ici, il s’agit d’une conversation entre ces deux-là : Victor et le monstre, comme il l’appelle, car moi, je n’ai jamais entendu d’autre appellation à son propos. En tous cas, pas un nom ou un prénom. Donc, dans la chanson, c’est le monstre qui parle à son créateur et il décrit le comportement des hommes à son égard et sans doute, à l’égard de tous ceux qui sont étrangers aux us et coutumes locaux. Comme tu le verras, il n’a pas une haute opinion de cette humanité.

Et je le comprends, dit Lucien l’âne. J’ai connu les mêmes attitudes à mon égard depuis que je suis âne. Je t’assure, Marco Valdo M.I. mon ami, l’humanisation de l’espèce humaine est encore à faire. Alors reprenons vite notre tâche et tissons, tissons le linceul de ce vieux monde triste, sombre, méchant, stupide, brutal, assassin et cacochyme.


Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Remercions le ciel, monsieur Frankenstein, ici personne ne nous connaît vous et moi
Écoutez ce bourdonnement, monsieur Frankenstein, ce sont des rats bien-pensants, des rats.
Ils me regardent féroces. Leur vérité ne me convainc pas, elle ne me plaît pas,
Vous verrez que tôt ou tard, ils viendront s’en prendre à nous,
Nous étions affolés par la peur, monsieur Frankenstein, oh quelle nostalgie !
Aujourd’hui même vous, monsieur Frankenstein, vous n’êtes qu’une pâle doublure.
Leur vérité est une bêtise évidente et ils me regardent féroces
Vous verrez que tôt ou tard, ils s’en prendront à nous,
Ce sont des bêtes plus que vous, bien plus que vous.
Mieux vaut partir, monsieur Frankenstein, avant que la ville ne s’éveille
Car maintenant arrivent les marchands et leurs fils trop malins,
Nombreux et courageux comme des lapins, les ménagères, les vagabonds et les mondains.
Et tous à la chasse d’une frontière ou d’un éternel rêve
Qui les éloigne un peu de leur besoin, ce sont des bêtes affamées de bassesse.
Leur vérité est une bêtise évidente et ils me regardent féroces
Vous verrez que tôt ou tard, ils s’en prendront à nous,
Ce sont des bêtes plus que vous, bien plus que vous.
Nous avons tout le mal face à nous et tout le bien au cœur
Nous avons tout le mal face à nous et tout le bien au cœur
Nous avons tout le mal face à nous et tout le bien au cœur
Nous avons tout le mal face à nous et tout le bien au cœur.

lundi 13 février 2017

LA GUERRE AUX VIEILLARDS


LA GUERRE AUX VIEILLARDS


Version française – LA GUERRE AUX VIEILLARDS – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – La guerra dei vecchiettiRemo Remotti




Récitatif


Le siècle que nous avons derrière nous est le Vingtième Siècle. Un siècle de sang, de mort, de sueur, de larmes. De douleur.
Il y eut la première guerre mondiale, quelques millions de morts dans une connerie. Avant, il y avait eu la guerre de Libye. Et ensuite, la guerre civile espagnole : trois années où les hommes se sont tués comme des bêtes féroces. La guerre d’Afrique. Et finalement, la seconde guerre mondiale. CINQUANTE MILLIONS DE MORTS. Vingt millions rien qu’en Russie. Six millions de Juifs : l’holocauste. Hiroshima. CENT QUARANTE MILLE MORTS CE MATIN-. Nonante mille morts à Nagasaki. Le jour sont débarqués les alliés, les Américains en Normandie, le D-DAY. Sauvez le soldat Ryan. En ce seul jour : TROIS MILLE MORTS. LÀ, SUR LA PLAGE.
Je suis un ex-colonel du Génie. Je suis un génie. On m’appelle Eugène. Je suis au repos, mais je ne me repose jamais. Je cogito ergo sum. Je pense. Et l’autre nuit, j’ai pensé. Une idée géniale m’est venue qui fera de moi un des hommes les plus célèbres après Einstein. Ils me donneront le prix Nobel pour la paix. J’irai aux Nations Unies exposer mon plan. Une bêtise. Un œuf de Colomb. Ça suffit ces guerres où nous envoyons tuer et se faire tuer ces jeunes dix-huit, vingt ans pour enrichir des pétroliers ou des banquiers internationaux. Dorénavant les guerres seront faites par les vieux !
« Quel âge avez-vous ? »
« S
eptante ans. »
« En avant, sous les drapeaux ! »

Ces vieillards que vous abandonnez dans les jardins publics en compagnie des chiens, des chats et d’autres animaux pour aller faire un voyage dans le monde l’été, dorénavant… un coup de pied au cul !
TOUS À LA CASERNE ! MÊME LES VIEILLES !
Les vieilles nous les mettrons toutes à la Croix Rouge. Nous les ferons marner ces vieillardes, putain !
Allez, la vieille, à la Croix Rouge !
« Ils tirent sur la
Croix Rouge ! »
« 
On s’en fout ! »C’est dans l’ordre des choses. Nous irons dans les hôpitaux, nous irons dans les hospices, partout. Tous les malades en phase terminale : tous kamikazes !
« Mais je suis mal ! »
« 
Putain, on s’en fout, tu dois mourir, et putain con ! Quelle euthanasie, euthanasie mon cul !
Quoi, vous voulez faire mourir votre petit-fils, qui y a dix-huit- vingt ans ? Allez vous faire enculer ! »
Il vaut mieux mourir d’un coup sur la tête, d’une balle dans la tête, que mourir sans couilles : dans un hôpital là, intubé comme un serpent après des mois de souffrances.
Monsieur Marinetti, le futuriste, disait « Les guerres, c’est la hygiène de l’humanité ». Une vilaine phrase, elle ne m’a jamais plu. Mais peut-être dans ce cas, elle pourrait quand même faire bon usage.

Et puis, ces guerres au front seront plus paisibles, comment dire ?, plus débonnaires.
Première ligne :
« 
Tirez ! »
« Et
sur quoi, je tire ? Je ne vois pas à deux mètres ! J’ai la cataracte. Et vous voulez que je tire ? ! ? ! »
«
Alors, lancez une grenade ! »
« 
OUI, bonne chance ! La grenade… j’ai l’épaule ici que je ne peux pas bougerAllez vous faire lanlaire ! »
« Mais que
faites-vous ? Vous vous chiez dans le froc ? Vous avez peur ? »
« Mais que
lle peur, je n’ai pas peur ! J’ai passé quatre-vingts ans, bordel ! De temps en temps, je chie dans mon froc ! Et quoi, vous ne le savez pas ? »

« Achtung achtung ! Un instant ! Frères, ennemis que faisons-nous ici, que sommes-nous en train de faire ? Traduisez un peu ! Achtung ! Ah À quoi joue-t-on ici ? Nous avons réussi à arriver à nos quatre-vingts ans et on va se massacrer comme un tas de cons ? On vous aime bien frères ! Venez ici que nous fassions la paix, embrassons-nous ! »
« Vous connaissez la dernière ? »
« Que s’est-il passé ? »
« Ils ont pris trois otages italiens. »
« Ah
les pauvres garçons… »
« Mais quels garçons ?
Ils ont septante, quatre-vingts, nonante ans… Tout le monde s’en fout ! Et ensuite, même s’ils les renvoient ces otages, nous, savez-vous ce que nous ferons ? Nous les remettrons à l’hospice ! »

jeudi 9 février 2017

Le bon Président


Le bon Président



Chanson parodique de langue française - Le bon Président – Marco Valdo M.I. – 2017
inspirée par Eugène Pottier et sa chanson Leur Bon Dieu – 1884





L’autre soir, Lucien l’âne mon ami, j’ai reçu moi aussi la visite d’un revenant inquiet. Souviens-toi de la Commune, souviens-toi de Nuremberg, il est des massacreurs, il est des assassins qu’il vaut mieux arrêter avant qu’ils ne sévissent.

Un revenant, un fantôme, tu en as d’étranges visiteurs nocturnes ? Marco Valdo M.I. mon ami. Je me demande qui ça peut être et pourquoi tu en parles ici.

Il m’a dit : prends une de mes chansons et fais-en une bigarade contre ce gros balourd étazunien. Peut-être, lui demandai-je, veux-tu dire une arlequinade, une pasquinade, enfin bref, un pasquin. 
Et il m’incite plus encore : fais-en une moquerie, une raillerie, un brocard, une goguenardise, une ironie, envoie-lui des lazzi et des gros mots. Cet homme-là, me dit-il, est un sot. 
Un sot, dis-je, mais il est Président ? 
Ô, me répond-t-il, on peut être Président et sot, président et ambitieux, Président et menteur, Président et dictateur et même, la chose s’est déjà vue, demain, pourquoi pas, comme Napoléon le petit, Président et Empereur. 
Fais cela pour moi, car je ne le peux plus, n’étant plus, depuis si longtemps que poussière et ombre sur les murs et souviens-toi à ma mise en terre l’étoffe rouge et la noire même étaient mes bannières. Il me dit tout cela et voilà pourquoi, j’en parle ici. J’y suis bien forcé, si je veux répondre au vœu de cet ancien auteur.

Certes, dit Lucien l’âne un peu éberlué. Mais de qui s’agit-il ? Finiras-tu par me le dire qui était ce visiteur du soir ?

Bien sûr, Lucien l’âne mon ami, je te le dirai volontiers dans un instant, d’autant que lui ne risque pas d’essuyer les foudres de ce mannequin américain, de cet épouvantail à corniauds, de ce tordu d’envergure. Je te le dirai et même, je n’aurai pas un seul moment l’impression de le dénoncer, de faire du maccarthysme avec plus un demi-siècle de retard et même pas du trumpisme, version nouvelle de ce vieil art de la dénonciation et de la chasse aux sorcières.
Non, je ne le ferai certainement pas, car, comme il est dit plus haut, en son corps, il ne risque plus rien. Pour sa réputation et sa mémoire, il ne risque plus rien non plus, il a déjà tout entendu et plus encore. 
L’insulte-même ne l’atteint pas, il la prend pour un compliment quand elle vient d’un ennemi, fût-il Président ou se prît-il pour un Titan. Il avait du talent plus que je n’en aurai jamais, du courage à décourager l’obstination du répresseur, il avait l’ambition de dire au monde certaines vérités et il y est arrivé. Il avait été immigré en son temps, ici, sur l’île d’Albion et ironie du sort, pendant plusieurs années au pays d’Amérique où règne impudemment ce pseudo-Président.

Ça t’amuse, il me semble de me faire pareil rébus, Marco Valdo M.I. mon ami. Je crois bien cependant que je commence à deviner de qui il peut bien s’agir, mais je ne voudrais pas casser ton jeu. Continue.

Eh bien, Lucien l’âne mon ami, j’y reviens. Cent cinquante ans après, on le chante encore ; il a écrit le chant le plus célèbre de tous les temps, ce fantôme, vois-tu Lucien l’âne mon ami, peut-être même qu’un jour de son vivant, tu l’as croisé. C’était au temps de la Commune, celle de Paris, évidemment.
D’ailleurs outre cette chanson, il m’a recommandé de rappeler ici un passage de sa chanson la plus célèbre en insistant, a-t-il ajouté, tu en feras un avis au milliardaire qui se prend pour un tribun et s’il faut changer un peu mon texte, me concéda-t-il en clignant de l’œil et en hochant sa barbe, je t’en prie va-z-y, entre nous, pas de copyright, pas de droit d’auteur, pas de manigance d’argent.
J’ai donc fait ce qu’il a demandé et voici ce qu’il en est résulté :

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Hideux dans ton apothéose
As-tu jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail
et les gens du commun
Dans les coffres-forts de
ta bande
Ce qu
e les hommes ont créé s’est fondu
En décrétant qu’on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû. »

Oh, dit Lucien l’âne, il me semble reconnaître comme une variation sur l’Internationale et même, j’en suis sûr. Mais ce mystérieux fantôme, je sais qui c’est maintenant. Il s’appelait Eugène Pottier.

C’est bien elle et c’est bien lui, dit Marco Valdo M.I. ; c’est bien lui qui comme François Villon (ces temps-ci, c’est péremptoire, il s’agit en prononçant le nom de ce poète méritoire d’éviter l’accent d’outre-Rhin) chez Wolfgang Biermann, hante mes nuits de pleine lune. C’est Eugène Pottier qui m’a soufflé cette chante-fable de circonstance.

Alors, Marco Valdo M.I. mon ami, il ne reste qu’à la voir, la voir et l’entendre – le jour où quelqu’un la chantera et puis à reprendre notre tâche sempiternelle et nécessaire et tisser, tisser, tisser encore le linceul de ce vieux monde malade de sa richesse, de ses ambitieux, de ses menteurs, de ses vantards, de ses milliards, de ses milliardaires en dollars et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Au citoyen Donald Trump de New-York.

Président jaloux, sombre turlutaine,
Cauchemar de citoyens hébétés,
Il est temps, vieux croquemitaine,
De te dire tes vérités.
Tes invectives, tes sérénades vieillottes,
Font sourire les bonnes sœurs.
Bon Président des idiotes,
Tu n’es qu’un farceur.

Tu déclares sans qu’on t’y invite,
Face au monde ébahi,
Qu’à toi seul, foi de sybarite,
Demain, tu mettras au pas tous les pays.
Ton monde, en six jours tu le bâcles,
Ô tout-puissant républicain.
Président des miracles,
Tu n’es qu’un crétin.

Le Mur se fera par ton ordre.
Tu fais wa-wa tout le temps,
Comme un chien prêt à mordre ;
Tu fais peur aux petits enfants.
Tes ministres, tu les consacres,
Tu les soûles de tes grommelots.
Président des futurs massacres,
Tu n’es qu’un vieux sot !

On connaît tes masquarades
Et l’on te voit, perruqué,
Te pourlécher de fanfaronnades,
Faire ton numéro à la télé.
Tes discours sont des menteries,
Beaucoup de bruit pour rien.
Président des supercheries,
Tu n’es qu’un gredin.

Tu hurles, tu cries, tu éclates
Rien pour les autres et tout pour toi
Ton honneur tient tout dans ta cravate
Tu ruineras les peuples et les États
Tu conduis le monde de mal en pire
C’est toi le fol en rut,
Président de ton Empire,
Tu n’es qu’une brute.