dimanche 8 janvier 2017

Ils ont brûlé

Ils ont brûlé

Chanson française – Ils ont brûlé – Marco Valdo M.I. – 2017






Avant de parler de la chanson, Lucien l’âne mon ami, je reviens un instant sur son titre et sur son antienne.

D’accord, Marco Valdo M.I. Et pour dire quoi exactement ?

Ceci très exactement que cette chanson comme d’autres de celles que j’ai écrites, est bâtie sur une ritournelle qui m trotte en tête ou sur une chanson antérieure qui me sert de canevas. Ici, c’est une chanson de Léo Ferré qui sert de base à cette histoire : « Ils ont voté », dans laquelle Léo Ferré dit, notamment :

« Ils ont voté et puis, après ? »

Ce qui pour moi reste la question centrale qui se pose à la « démocratie ». Il suffit de penser à quelques grands pays de notre monde… Je te laisse le choix.
Ici, il ne s’agit pas seulement de voter, mais aussi de brûler. Et ça sent.
Je raconte l’affaire pour qu’on situe la chanson. Elle se réfère à un événement tout, tout, tout récent.

Dernière petite nouvelle d’Italie :

Dans la région de Florence, quelque part en Toscane, le 3 janvier 2017, à 11 heures du matin, ils ont brûlé un bâtiment détruisant tout le matériel de La Ronce, une commune agricole autogérée. Un repaire de communistes ? Oui, la Ronce est une commune comme en faisaient autrefois les socialistes, les anarchistes et les communistes – avant qu’ils ne deviennent des apparatchiks de bas étage.
La Ronce accueille aussi des réfugiés, des émigrés.
Elle s’est bâtie au fil des années sur cette terre en désuétude, sur cette terre abandonnée. La loi italienne de 1948 prévoyait pourtant que les terres abandonnées étaient libres d’occupation et qu’elles revenaient alors à ceux qui les entretiennent et les cultivent. L’a-t-on abrogée cette loi ?
Je ne sais, mais on a pris prétexte de l’occupation de la terre pour refuser d’alimenter la commune en électricité.
Les gens de la commune n’ont pas baissé les bras. Ils se sont passé des raccordements à la modernité urbaine.
La Ronce : c’est le travail en commun, c’est les légumes et les fruits au naturel et frais, c’est un lieu d’accueil et de fêtes aussi. On y travaille, on y chante, on y mange, on y boit et mille autres jolies choses aussi. Elle augure d’un autre monde.
Mais ça ne plaît pas. Alors ? Alors, on brûle. Ô, on ne sait pas qui, ni vu ni connu. Ô ce sont certainement des malfaiteurs qui ont fait ça. Des malfaiteurs ? On a déjà connu ça vers 1920 : ils se nommaient eux-mêmes des fascistes.
Au début aussi, on brûla juste un bâtiment pour donner un avertissement, pour impressionner, pour faire peur. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.
Puis, on brûla une grange, on brûla une ferme, on en brûla plusieurs. Puis, on bastonna les paysans, puis, on tua les gens. La chose fit scandale un moment. Il n’y eut pas de poursuites ; dans le fond, la chose arrangeait bien les gouvernants.
De fil en aiguille…
On connaît la suite : elle mit le monde à feu et à sang.
Donc, ça recommence : c’est un recommencement.
Dans le fond, la chose arrange bien les gouvernants.
Et pas seulement en Italie…

La question est : va-t-on une fois encore fermer les yeux et faire semblant de rien ?


Je vais conclure, dit Lucien l’âne, car tel est mon rôle. Joseph – sur la couverture de Dachau Express – disait :

« Refuser le fascisme. La bête vit encore. Elle sourit à la télévision ».

Il est temps de relire L’Ode à Kesselring ! Dans laquelle Piero Calamandrei, un Florentin perspicace, disait : Ora e sempre : Resistenza !
Il le disait à Kesselring, mais ça vaut pour les autres nazis et fascistes :

Si tu voulais un jour revenir sur ces routes,
Tu nous trouverais à nos postes :
Morts et vivants avec le même engagement,
Peuple serré autour du monument
Qui s'appelle
Aujourd’hui et pour toujours
RÉSISTANCE !

Nous, on est là, dit Lucien l’âne. On n’en démordra pas. Jamais. C’est notre tâche et notre volonté de tisser le linceul de ce vieux monde avide, hargneux, envieux, sournois, fourbe et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I et Lucien Lane




Ils ont brûlé
Et puis après ?
Chez ces gens-là, c’est une habitude,
Jamais tombée en désuétude.
Hier encore, près de Florence,
Ils ont brûlé la Ronce.
Ils sont fascistes :
Ça existe.
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Ils brûlent les livres,
Ils tuent les gens.
Ils rôdent depuis longtemps,
En rangs sur la même piste.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Au début, ils bavaient dans leur coin,
Puis, ils sont sortis dans les campagnes,
Ils ont brûlé les fermes et les foins,
Ils ont chassé les gens et leurs compagnes,
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Puis, ce fut le tour des villages,
Puis, ce fut dans les villes,
Ils rôdent près des usines ;
Partout, ils laissent leur odeur d’urine,
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
La caque sent toujours le hareng.
Ils jouent aux hommes parfois :
Ils sourient, ils font semblant,
Mais nul n’est dupe de ces gens-là.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Ils vont à la télé, ils ont l’air de braves gens ;
Certains fascistes sont intelligents,
Ils parlent de démocratie en souriant
Et méprisent les autres gens.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Il y en a partout
Dans les parlements, dans les partis,
Dans les églises, sur les parvis,
Il y en a près de chez nous.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Ils ont des représentants
Ils sont ministres au gouvernement,
Dans des villes, des pays, sur d’autres continents
Ils sont élus présidents.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Ils n’aiment pas qu’on vienne d’ailleurs,
Ils portent les costumes, elles s’habillent en tailleur.
Ils parlent de bonheur, ils apportent le malheur.
Ils se disent apôtres, elles se déguisent en fleurs.
Ils sont fascistes,
Évidemment !
Et puis après ?

Ils ont brûlé
Et puis après ?
Chez ces gens-là, c’est une habitude,
Jamais tombée en désuétude.
Hier encore, près de Florence,
Ils ont brûlé la Ronce.
Et puis après ?
Ils brûlent les livres,
Ils tuent les gens.
Ils sont fascistes
Ils rôdent depuis longtemps
En rangs sur la même piste.
Et puis après ?
Après ?
Après, ils restent fascistes
Évidemment !

samedi 7 janvier 2017

Toute l’Allemagne transpire


Toute l’Allemagne transpire



Version française – TOUTE L’ALLEMAGNE TRANSPIRE – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson allemande – Ganz Deutschland im Fieber – Juliane Werding – 1995




« Toute l’Allemagne transpire », quel titre fabuleux, Marco Valdo M.I. mon ami. J’aime autant ne pas y penser, car rien que d’y penser je me sens mal. Imagine l’atmosphère !

Comme dirait Bartleby : « I would prefer not to». C’est d’ailleurs, Lucien l’âne mon ami, l’attitude de Juliane Werding vis-à-vis de toute l’agitation sportive et le fanatisme du fitness dominical et vespéral. Comme tu l’entendras, elle – dans ces cas-là, elle reste au lit. C’est du moins le sens revendicatif de la chanson. Dans les faits, c’est aussi une chanson contre l’effort et sa mythologie, contre le « arbeit macht frei » de si jolie mémoire.

À propos de formules qui se rencontrent ou qu’on fait, comme tu viens de le faire, se rencontrer, je trouve ce tandem : « Arbeit macht frei » – « I would prefer not to », absolument renversant et délicieux et conforme, me semble-t-il, au personnage de Melville et à sa confrontation obstinée et en sens contraire avec la logique de Wall-Street.
Mais quand même, tout cela nous éloigne assez de Juliane et d’Essen ou de Berlin, qu’importe. Toute l’Allemagne transpire : il y a ses odeurs, il y a ses allures et ses tenues rigoureusement à la mode. On ne transpire pas n’importe comment, ni n’importe où. Juliane, elle, se tient en son lit le dimanche matin – comme dans la vieille chanson française : « Le dimanche matin, c’est le moment rêvé pur faire la grasse matinée » et en son chez soi, les soirées de semaine. En quoi, elle aurait reçu l’entier soutien de Winston Churchill, lequel interviewé le jour de ses 90 ans sur sa longévité remarquable, répond un porto dans une main et un havane dans l’autre : « Never sport ! ».

C’est drôle cette chanson. Moi, je l’aime beaucoup et Marco Valdo M.I. mon ami, elle me rappelle tout à la fois Boris Vian Je ne peux pas travailler et Henri Salvador Le Travail, c’est la santé. Et j’ajouterais volontiers, une de tes canzones : Dormir. Pas étonnant que tu aies été dégotter cette chanson de Juliane Werding.

En fait, Lucien l’âne mon ami, tu as raison. D’une certaine manière, il y a une cohérence dans ce monde ; en quelque sorte, tout se tient.
C’est d’ailleurs ce qui m’inquiète aussi, car ce grand mouvement moutonnier d’une large frange de la population allemande et cette aspiration aux exercices au grand air et aux entraînements excessifs font remonter des effluves inquiétants. Oh, je ne parle pas de ces relents de transpiration qui doivent parfumer ces jeunes gens énergiques, je pense plutôt à des remugles anciens. On pratiquait beaucoup le sport en tenue appropriée en Allemagne dans la première moitié du siècle dernier ; ces exercices d’hygiène collective ont conduit à d’innommables défilés. Il y eut d’ailleurs à l’époque toute une jeunesse rétive à la sportivité organisée et musculeuse et tout spécialement, dans la région de la Ruhr où se trouve Essen ; comme tu sembles t’en souvenir, il s’agit bien évidemment des Edelweiss Piraten, dont Franz-Josef Degenhardt racontait l’histoire en l’année 1941.

En fait, considéré de ce point de vue, dit Lucien l’âne en riant, Juliane fait de la résistance.

Évidemment et ce n’est pas un hasard, déclare Marco Valdo M.I., il suffit de voir d’autres de ses chansons. Mais que dit-elle exactement dans celle-ci ? En fait, elle fait une peinture de genre, elle peint une certaine partie de population qui se livre à ces pratiques sautillantes et elle entend se démarquer nettement de cette coterie. Ce qui n’est pas directement dit, mais qui est exposé, c’est la fracture sociale et les comportements qu’il convient d’adopter si l’on aspire à utiliser l’ascenseur social, à être dans le coup, à profiter de la conjoncture. Et si on replace cette appétence dans le cadre de la Guerre de Cent Mille Ans, on comprend le « I would prefer not to » que Juliane oppose à l’effort socialement bien considéré. C’est le sens de tous les signes de reconnaissance sociale, en l’occurrence, c’est la marque (les marques, les bleus, les crampes) de l’appartenance (volontaire) au groupe des prétendants, ceux marqués au signe du buffle, selon Heinrich Böll.

Arrête, Marco Valdo M.I. mon ami, arrête tout de suite, tu t’envoles, tu vas te predre dans ton propre discours. On sait toujours quand et où tu commences, mais on ne sait jamais tu vas, ni quand tu vas aboutir. Je te dis halte, suffit, on y reviendra. Maintenant la chanson et puis continuons notre tâche simple et tissons le linceul de ce vieux monde sportif, attelé à l’effort, musculeux et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Dimanche matin, quand le soleil sourit,
On s’entraîne dehors,
En short et tricot de sport.
Voyez-les déguisés en Pochettes-surprise,
Manger des Power-Food, d’ISO drinks se gaver,
Courir en baskets dans les bois,
Et faire du vélo par plus de 30 degrés.
C’est admirable, mais pourquoi, pourquoi ?

Hey, hey, hey,,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je glande seule au lit.
Je lis un livre, j’ai de la visite
Et en dormant, j’entretiens ma forme.
Hey, hey, hey,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je suis celle, celle qui ne fout rien ;
Je me laisse aller et je me ménage
Et ça me va bien.
Lundi matin – je suis fraîche et dispose,
Les autres sont foutus,
Malgré leurs bleus et leurs crampes
C’est encore tout pour le sport et les exercices
À midi du pissenlit en salade
Et du thé vert, par-dessus
Et le soir quand chez moi, je me délasse,
Alors, ils suent au club de mise en forme.

Hey, hey, hey,,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je glande seule au lit.
Je lis un livre, j’ai de la visite
Et en dormant, j’entretiens ma forme.
Hey, hey, hey,
Toute l’Allemagne transpire.
Hey, hey, hey,
Je suis celle, celle qui ne fout rien ;
Je me laisse aller et je me ménage
Et ça me va bien.

vendredi 6 janvier 2017

La Source


La Source

Chanson française – Isabelle Aubret – 1968
Interprète : Isabelle Aubret
Auteurs : Henry Djian – Guy Bonnet







La Source, Lucien l’âne mon ami, est certainement une des plus belles chansons du répertoire de langue française, une source sourçant tout droit d’une légende répercutée par un film suédois ; intitulé en français : La Source. Cependant, pour la commenter, il eût mieux valu une fille ou une femme ou une ânesse, bref, un être du genre féminin, car, vois-tu, Lucien l’âne mon ami, nous autres, avec nos sabots – mes gros et tes petits – nous sommes trop sujets à certaine pesanteur et nous manquons, je tel dis en vérité, un peu de légèreté. Notre habitude est grande de mettre les pieds dans le plat et je vais m’empresser de le faire à l’instant.

M’est avis, Marco Valdo M.I., que tu tournes autour du pot ou comme on dit chez nous, tu touilles. Alors, viens-en au fait et à la canzone.

C’est une chanson qui sous des dehors de conte, de légende ou de comptine, raconte une histoire terrible : une histoire de viol et de meurtre. Une histoire qui créant par là même une source et comme tu le sais, les sources sont éternelles – relativement autant que la terre d’où elles surgissent et cette source est la dénonciation de ce viol-assassinat collectif aussi longtemps que la source coulera. Mais, bien évidemment, tu t’en doutes, elle ne dénonce pas seulement ce fait crapuleux particulier, mais elle dénonce toutes les violences que les hommes – seul ou en bande – font aux femmes. En cela, elle est une chanson aussi éternelle que la source qu’elle a engendrée.

Oh, Marco Valdo M.I. mon ami, quelle bonne idée, tu as eue d’aller rechercher cette chanson au fin fond de ta mémoire et de nous la restituer. D’autant meilleure qu’il ne sera jamais dénoncé assez ce foutu penchant masculin, brutal et stupide, de s’en prendre aux femmes. Moi qui suis d’une autre espèce d’homme, de celle qui s’efforce d’atteindre à l’humanité morale et juste, qui ait le plus grand et le plus délicat sentiment de la liberté de l’autre – quel que soit son sexe, je peux assurer que l’homme ne deviendra jamais humain, l’homme n’atteindra à sa propre humanité que du jour où il aura banni cette violence stupide de son comportement quotidien, de ses actes de tous les jours. Cela suppose un effort constant de maîtrise de soi, de remise en cause de ses propres gestes, du fondement de sa personnalité. La chose n’est pas simple : elle demande du courage et de la persévérance ; elle demande aussi de rejeter certaines injonctions religieuses ou sociales. Il s’agit d’être une être humain et de ne plus se soumettre à des ukases prophétiques ou divins.

J’entends bien tout cela, Lucien l’âne mon ami, et je pense que tu as raison. Simplement, j’ajouterai qu’il faut aussi prendre en compte tout ce que cette sale habitude des hommes de vouloir dominer les femmes est probablement une des racines les plus solides de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants (ici, les hommes qui se croient tels) font aux pauvres (ici, les femmes que les « mâles » croient telles) afin d’imposer leur domination, de satisfaire leur boulimie, de maintenir l’atmosphère de peur et de terreur et de prolonger et de renforcer leur régime d’exploitation (ici de la femme). Et cette sale habitude est installée dans leur comportement dès l’enfance et renforcée par la religion qui est franchement misogyne.

En effet, Marco Valdo M.I., partout où je suis passé, ce que tu rapportes était exact. Mais alors, si cela est exact, pour extirper ce mal, il faut s’y prendre dès l’enfance et en corollaire, il faut empêcher les religions de nuire aux enfants, tout comme il faut empêcher les religieux d’avoir accès à l’enfance et à son intimité. Ce serait là de premières mesures prophylactiques. Quant à nous, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde violeur, violent, avide, boulimique et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Elle était blonde, elle était douce,
Elle aimait à se reposer
Dans le bois couchée sur la mousse,
Écoutant les oiseaux chanter.
Un jour qu’elle allait à la ville,
Par le bois où elle passait,
Elle vit soudain, immobiles,
Trois hommes qui la regardaient
Trois hommes qui la regardaient

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Ils étaient là trois à l’attendre,
Trois hommes loups, cette brebis,
Elle avait la chair bien trop tendre,
Ils avaient bien trop d’appétit.
Elle ne savait pas défendre
Le souffle léger de sa vie ;
Elle tomba sur l’herbe tendre
Comme un oiseau tombe du nid,
Comme un oiseau tombe du nid.

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

Quand on l’a soulevée de terre
Comme une grande fleur coupée,
Sa robe blanche et la lumière,
On aurait dit une mariée ;
Quand on l’a soulevée de terre
On aurait dit comme un grand lit
Entre les feuilles, entre les pierres,
Une claire source a jailli,
Une claire source a jailli.

Elle chante au milieu du bois,
La Source et je me demande,
S’il faut croire à cette légende
D’une fille qu’on y trouva.

jeudi 5 janvier 2017

RELIGION


RELIGION

Version française – RELIGION – Marco Valdo M.I.– 2012
Chanson allemande – Religion – Slime – 1983







L’autre jour, Lucien l’âne mon ami, comme tu le sais, je cherchais une chanson athée en langue allemande. Comme ça, pour voir s’il en existait. Enfin, une chanson franchement athée, une chanson qui dit son fait aux dieux, aux religions et aux religieux, une chanson qui énonce clairement les griefs que tout homme sensé a contre dieux, religions, religieux, prophètes et autres charlatans. D’aucuns penseront que c’est là une marotte et ils auraient raison. C’est une marotte de désintoxication, car il s’agit bien de désintoxiquer l’espèce humaine de ces miasmes.

Donc, tu cherchais une chanson de langue allemande contre la religion, les religions, les religieux, le religieux et tous les dieux. La question que je me pose est de savoir si tu as trouvé une telle chanson (on le dirait bien), de qui elle est et ce qu’elle raconte.

En fait, je voulais aussi faire un peu le point sur cette question centrale de la nécessité de l’athéisme aux moments où les religions, religieux, prophètes, etc. réenvahissent la monde à grand bruit de bobards, de bottes et de bombes. Je voulais aussi voir comment un tel problème serait abordé. Ainsi, je suis fort surpris de ces derniers vers, où il est que les « églises sont toujours pleines ». C’est très étonnant, mais il s’agit d’une chanson allemande et d’il y a trente ans. Ce n’est évidemment plus le cas dans nos régions et depuis longtemps, où tant le sentiment d’appartenance à une religion que la pratique religieuse sont en chute libre ; malheureusement, elles n’ont pas encore atteint le sol. Elles poursuivent cependant d’année en année leur bienheureuse descente. Selon les études, il semblerait que cette tendance soit semblable en Allemagne, mais avec un certain retard.

Alleluia !, s’écrie Lucien l’âne en se dandinant comme à l’office. Alleluia !, mais au fait que dit cette chanson ?

Au fait ?, eh bien, Lucien l’âne mon ami, cette chanson est véritablement une attaque frontale contre la religion – essentiellement, dans les formes pratiquées majoritairement en Allemagne, c’est-à-dire chrétienne protestante ou catholique et musulmane. Ce qui fait quand même la quasi-totalité des croyants et des religions locales. Je résume son propos : la religion est un tissu de mensonges, les dieux n’ont jamais existé, elle a tué des millions de personnes, elle est un opium pour le peuple, elle est un instrument d’oppression.

Oh, dit Lucien l’âne. Ce sont là toutes des choses exactes, comme on le voit si on jette un rapide coup d’œil sur l’histoire des humains et moi qui ai couru le monde avant l’arrivée de celles-ci, je peux te dire que les précédentes ne valaient pas mieux. En fait, la religion est un instrument de pouvoir, elle l’a toujours été et si on la regarde au travers du prisme de la Guerre de Cent Mille Ans que les riches et les puissants font aux pauvres, même si parfois certaines d’entre elles prenaient le parti des pauvres, ce ne fut jamais qu’une attitude minoritaire, considérée comme hérétique, excommuniée, exilée, bannie et pourchassée jusqu’à travers les déserts, les plaines et les montagnes et le plus souvent, éliminée par la terreur et les massacres. Les religions et les religieux ne sont pas tendres entre eux, mais ils le sont plus encore avec les athées. Tiens-toi le pour dit, Marco Valdo M.I. mon ami, raison pour laquelle il nous revient de tisser le linceul ou le (saint) suaire de ce vieux monde religieux, croyant, crédule, bigot, dévot, pieux, mystique, fétichiste, illuminé, fanatique et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Ne me dites rien de vos dieux,
Car ils n'ont jamais existé.
Jésus Christ ou Mohammed ou les deux
N'empêchèrent jamais la guerre d’éclater.
N'affirmez pas que vous connaissez
La réponse à la question qui vous ronge !
N'affirmez pas que vous dites la vérité,
Parce que votre vérité est mensonge.
Religion signifie oppression ;
La religion, c'est l'opium du peuple ;
Elle a tué des millions de personnes
La religion, mais les églises
Sont encore toujours pleines.

Vous avez béni la bombe
D’Hiroshima et Nagasaki
Tout comme vous étiez solidaires
De Mussolini et Hitler.
Ça vous est égal de savoir qui est au pouvoir
Du moment que vous y
êtes aussi.
Vous amputez les gens de leur
vouloir
Avec votre hypocrisie.
Religion signifie oppression ;
La religion, c'est l'opium du peuple ;
Elle a tué des millions de personnes
La religion, mais les églises
Sont encore toujours pleines.

mercredi 4 janvier 2017

ANARCOÏDE


ANARCOÏDE


Version française – ANARCOÏDE – Marco Valdo M.I. – 2017
Chanson italienne – AnarcoideLitfiba – 2012








Voici, Lucien l’âne, à part le titre, un texte que je qualifierai volontiers de classique.

À part le titre ? Et puis, texte classique ?, Marco Valdo M.I. mon ami, tu m’inquiètes ; tu commences à parler comme un professeur. Je dis tout de suite – avant que tu ne te récrimines et que tu ne m’accuses d’analphabétisme ou de je ne sais quoi – que je n’ai rien contre le rôle de professeur et même que je le trouve utile, mais parfois, les professeurs peuvent être bien ennuyeux avec leurs discours.

Dis tout de suite que je t’ennuie, Lucien l’âne mon ami. Ce sera plus simple et plus direct et en prime, je ne te dirai plus rien.

Ho, Marco Valdo M.I. mon ami, ne prends pas la mouche ainsi et réponds plutôt à mes questions. Par exemple, que veut dire ce titre, que veut-il dire exactement. C’est quand même un mot bizarre que ce mot « anarcoïde », on dirait un alcaloïde anar.

Eh bien, soit, Lucien mon ami, je m’en vais te répondre de façon détaillée et forcément, un peu didactique. D’abord, je te félicite, car tu n’es pas loin de la réponse exacte avec ton « alcaloïde anar » ; ce serait même une façon cocasse de faire de l’étymologie brute. Une étymologie brute, comme on parle d’art brut. On pourrait imaginer qu’il serait aussi une sorte de mot provenant du grec ancien où l’on trouvait pour Atrée toute une descendance d’Atrides et là, un anarcoïde (le tréma s’impose en français pour éviter que le « o » suivi de « i » ne soit prononcé « wa ») serait donc un descendant d’« anarco » ou une sorte d’anarchiste héréditaire.

En effet, un tel personnage est tout à fait plausible et j’en connais même beaucoup du genre, dit Lucien l’âne en riant. Cependant, ce n’est pas une règle absolue. On naît anarchiste, après, c’est un choix : on le reste ou on se laisse prendre aux sirènes de l’autorité. Comprenons-nous bien : quand je dis qu’on naît anarchiste, c’est qu’au moment où on naît, il n’y a pour le nouveau-né ni Dieu, ni maître. Ce n’est que plus tard qu’il les découvre et qu’il accepte ou refuse qu’on les lui impose.

Lucien l’âne mon ami, tu dis là des choses essentielles et bien profondes. Et puis, des choses très belles : « Pour le nouveau-né, il n’y a ni Dieu, ni maître » ; autrement dit, « Au commencement, il n’y a ni Dieu, ni maître ». Bien entendu, si au commencement de la vie, il n’y a ni Dieu, ni maître, cela implique qu’il faut les inventer, les créer et les imposer, car fondamentalement, il n’y a aucune raison qu’ils existent, sauf à y trouver une utilité et cette utilité, c’est l’affirmation et l’instauration du pouvoir. Ainsi commence la Guerre de Cent Mille Ans que les puissants et les riches font aux pauvres. J’en viens au terme « anarcoïde », tel qu’il doit être compris ici. On dit que spécialement en italien, on distingue « anarchico » qu’on dit en français :« anarchiste » d’ « anarcoïde » qu’on dit en français « libertaire ». C’est évidemment une nuance qu’on ressent très bien, mais qu’il est difficile et délicat de préciser. Pour exposer la chose sur un plan logique ou du point de vue de la théorie des ensembles, on peut dire que tous les anarchistes sont censément libertaires, mais que tous les libertaires ne sont pas nécessairement anarchistes ; autrement dit : l’ensemble des libertaires inclut l’ensemble des anarchistes, mais que l’ensemble des anarchistes ne comprend qu’une partie de l’ensemble des libertaires. Une autre façon de voir est de dire que si on situe ces deux mots très proches sur un axe pouvoir – liberté, l’anarchiste se définit contre le pouvoir et que le libertaire insiste plus sur l’aspect liberté.

Étant nettement entendu, précise Lucien l’âne en riant à belle gorge, que ces caractères sont relatifs l’un à l’autre et que le mélange des deux est instable et fluctuant.

Oui, reprend Marco Valdo M.I., dit ainsi, c’est plus nuancé et plus proche de la réalité. Et, maintenant, quand on se reporte à la chanson, on s’aperçoit qu’en effet, l’ « anarcoïde » qui en est le personnage principal, celui qui la chante se définit lui-même plus comme libertaire que comme « anarchiste ».

Moi, en finale, ce que j’aime le plus, c’est le « Ni Dieu, ni maître ».

Je dois t’avouer que pour moi aussi, c’est l’essentiel et j’ajoute un aveu complémentaire du « traducteur », c’est que j’ai ajouté tout à la fin, à ce ni Dieu, ni maîtres… un « ni prêtres », qui faisait si bien la rime et pas seulement, car tous nos amis italiens se plaignent de cette incessante présence des prêtres, curés, prélats de tous rangs, papes et autres nonnettes « à la télé » et bien sûr, dans la presse, dans les écoles et dans les rues… Ils y en a partout et ils mettent leur longs nez jusque dans les affaires intimes des gens.

Oui, je les entends aussi ces récriminations de nos amis et ils ajoutent souvent que l’Italie est une véritable Katolikistan. Voyons cette canzone « anarcoïdale » et reprenons notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde autoritaire, dominateur, responsable, religiolâtre et cacochyme.

Heureusement !

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane
Je suis d’une autre pâte que les gens qui s’abaissent ;
Je veux autre chose que les distractions de masse ;
J’emploie ma tête, je suis un casse-couilles ;
Je suis hors système.

Je suis d’une autre pâte que les patrons de la guerre ;
Je suis pacifiste jamais masochiste, je n’use pas de la violence ;
Je suis autre et je ne suis pas un militaire ;
Je suis libertaire, je suis ma voie.

Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Hors des jeux de l’hypocrisie ;
Je veux de l’énergie,
De l’énergie pure contre toute forme de tyrannie.
Non l’État n’est pas une entreprise,
L’État est chaque citadin qui pense.
Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Contre toute forme de lobotomie
2+2 fera toujours 4, mais 3 ou 5 en option.
Les mathématiques sont une opinion
Et la réalité est une illusion.
Je suis
un anarcoïde, je suis un casse-couilles ;
Je suis libertaire, je suis ma voie.

Je veux de l’énergie, je veux de l’énergie
Hors des jeux de l’hypocrisie ;
Je veux de l’énergie,
De l’énergie pure contre toute forme de tyrannie.
Non l’État n’est pas une entreprise,
L’État est chaque citadin qui pense.
Je veux de l’énergie,
je veux de l’énergie
Contre toute forme de lobotomie.
Je suis énergie, je suis énergie
Hors des jeux de l’apathie ;
Je suis énergie, pure énergie,
Je veux l’idée, pas de l’idéologie.
Je crois au cerveau, je crois au respect,
Je ne crois pas à ce monde parfait.
Nous sommes énergie,
Énergie pure
Hors des jeux de l’hypocrisie
À la télé, ni Dieu, ni maîtres,
Ni politiciens, ni prêtres.