mardi 8 décembre 2015

LA GUERRE EST FINIE



LA GUERRE EST FINIE


Version française – LA GUERRE EST FINIE – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – La guerra è finitaClaudio Lolli – 1973
Album "Un uomo in crisi" (1973).




On apporte à table une tarte aux pommes 
Avec vingt bougies 





On apporte à table une tarte aux pommes
Avec vingt bougies
Et le mousseux de l’an passé,
Gardé au frigo, un peu oublié.

On apporte à table l’émotion,
Tous les souvenirs de jeunesse.
La roue tourne, tourne le timon
Pointe un peu de tristesse.

Bouillonne un peu de rage,
Resurgit une vie dégoûtante,
Revient au clair le jour où la mère
Donna son fruit de jeune épouse.

Le voici mon garçon, le voilà jeune et fort,
Il n’aura jamais de la peur de la mort .
Il ne vivra jamais ma vie de merde.
Et désormais, il n’y a pas plus de guerre,
La guerre est finie.

Sonne à la porte un peu de joie,
Ce sont les enfants de ton frère,
Ils viennent faire la fête,
Car maintenant quelqu’un s’ennuie.

Un cadeau de trois mille lires,
Pour remercier, tu ne sais que dire,
Ta mère voit à l’instant,
Qu’il n’est pas vrai que tu sois content.

Quelqu’un dit « Aujourd’hui, tout est différent »
Et un autre rétorque le contraire.
On blague une tête blanche maintenant
Pour consoler une larme fatiguée.

Le voici ton gars, le voilà jeune et fort,
Il n’aura jamais de la peur de la mort.
Il ne vivra jamais ta vie de merde.
Et désormais, il n’y a pas plus de guerre,
La guerre est finie.

Passe minuit ainsi à bavarder,
Quelqu’un veut s’en aller,
Il dit que ça n’a pas d’importance,
Même si on n’a pas mangé la tarte.

Et tu les salues là sur la porte
Et tous disent des bêtises,
Que tu es un beau jeune homme,
Et qui plaît aux filles.

Même s’il a sommeil, ton père insiste,
Pour que tu souffles ces vingt lumières,
Que tu coupes une tranche de tarte aux pommes,
« Nom de Dieu », dit-il, « c’est ton anniversaire ! ».

Le voici notre gars, le voi jeune et fort, 
Il n’aura jamais de la peur de la mort. 
Il ne vivra jamais notre vie de merde.
Et
désormais, il n’y a pas plus de guerre, 

La guerre est finie.

lundi 7 décembre 2015

LA GUERRE SOUABE, OU LE TAMBOUR ROULE

LA GUERRE SOUABE, 

OU LE TAMBOUR ROULE


Version française – LA GUERRE SOUABE, OU LE TAMBOUR ROULE – Marco Valdo M.I. – 2015

Poème : August Heinrich Hoffmann von Fallersleben
Musi
que : Ernst Richter (1808-1879)
Publi
cation dans les Unpolitische Lieder (1841)


Le tambour roule, dehors à la guerreAvec des piques, des épées, des canons !
Vraiment, c’est un combat terrible !



La Guerre de Souabe se déroula entre les Habsbourg d'Autriche et les Suisses en 1499 et se conclut par la victoire des Suisses.



Le tambour roule, dehors à la guerreAvec des piques, des épées, des canons !
Vraiment, c’est un combat terrible !
Nous
partons avec armes et bagages,Et personne ne reste en arrière.

Et quand la barbare bataille a commencé,
Quand nous dûmes nous frapper,
Je dis alors : Donnez-moi mon homme -
En quoi me concerne donc votre guerre ? -
Avec lui, je veux m’accorder.

La proposition était étonnement neuve,
Pour les courageux comme pour les lâches.
Chacun pensa, ma foi et sans prétention,
Je ne suis pas un tigre, je ne suis pas un lion,
Et je veux rester un homme.

L’ennemi se mit à penser ainsi bientôt.
Et baissa ses drapeaux :
Nous voulons être unis fraternellement,
Et tant que pour nous, le soleil brillera au firmament,
Passer de bons moments.

Nous avons arrosé l’accord, sans délai
Et chanté des chants de paix ;
Et quand finit le banquet,
Chacun dit : ah, quand donc viendra le jour,
Où nous nous battrons de retour !


dimanche 6 décembre 2015

Jef, l'âne du diable

Jef, l'âne du diable


Chanson française – Jef, l'âne du diable – Marco Valdo M.I. – 2015

Ulenspiegel le Gueux – 14

Opéra-récit en multiples épisodes, tiré du roman de Charles De Coster : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs (1867).
(Ulenspiegel – I, LVII)

Cette numérotation particulière : (Ulenspiegel – I, I), signifie très exactement ceci :
Ulenspiegel : La Légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au Pays de Flandres et ailleurs, dans le texte de l’édition de 1867.
Le premier chiffre romain correspond au numéro du Livre – le roman comporte 5 livres et le deuxième chiffre romain renvoie au chapitre d’où a été tirée la chanson. Ainsi, on peut – si le cœur vous en dit – retrouver le texte originel et plein de détails qui ne figurent pas ici.



Les sergents déjà l’avaient encerclé
L'âne rua, braya ; tous dans l'effroi,
Reculaient pétrifiés.



Nous voici, Lucien l’âne mon ami, à la quatorzième canzone de l’histoire de Till le Gueux. Les onze premières étaient, je te le rappelle :

01 Katheline la bonne sorcière [[50627]] (Ulenspiegel – I, I)
02 Till et Philippe [[50640]](Ulenspiegel – (Ulenspiegel – I, V)
03. La Guenon Hérétique [[50656]](Ulenspiegel – I, XXII)
04. Gand, la Dame [[50666]](Ulenspiegel – I, XXVIII)
05. Coupez les pieds ! [[50687]](Ulenspiegel – I, XXX)
06. Exil de Till [[50704]](Ulenspiegel – I, XXXII)
07. En ce temps-là, Till [[50772]](Ulenspiegel – I, XXXIV)
08. Katheline suppliciée [[50801]](Ulenspiegel – I, XXXVIII)
09. Till, le roi Philippe et l’âne [[50826]](Ulenspiegel – I, XXXIX)
10. La Cigogne et la Prostituée [[50862]](Ulenspiegel – I, LI)
11. Tuez les hérétiques, leurs femmes et leurs enfants ! [[50880]](Ulenspiegel – I, LII)
13. Indulgence [[51015]] (Ulenspiegel – I, LIV)

Cette fois, Lucien l'âne mon ami, c'est un grand moment que raconte la chanson. Celui de la rencontre de Till et de l'âne Jef, qui deviendra son ami. Till aura ainsi un interlocuteur, en quelque manière, personnel. D'expérience et c'est tout à ton honneur, je peux dire qu'un tel compagnonnage est précieux.

Je n'en doute pas un seul instant, dit Lucien l'âne en riant. Un âne est toujours un compagnon très précieux.

Et la chanson en rend compte, après l'auteur d'Ulenspiegel lui-même. Il suffit de voir comme l'âne est introduit, comme je le dirais si je parlais le charabia contemporain, car en franglais, on dit : « Puis-je vous introduire Madame Machin ? Ou Mesdames, Messieurs, je vais vous introduire Monsieur Truc. » Je t'assure tout de suite que personnellement, je ne vois pas d'un bon œil que l'on m'introduise Madame Chose ou Monsieur Untel et je n'ose imaginer où.

Moi non plus. Comme toi, je n'aimerais pas qu'on m'introduise qui que ce soit, ni quoi que ce soit… Encore que si j'ai bien entendu, il n'est pas question, dans cette phrase bâtarde, d'introduire dans l'âne… Mais d'introduire l'âne. Ce qui n'est pas moins curieux ; qui voudrait qu'on lui introduise un âne, tout entier ? Car la chose là aussi n'est pas claire. Pour ce qui est des ânesses, je m'introduirai bien tout seul.

Je l'imagine et je l'espère. Mais revenons au texte de la canzone. Donc, je disais avant qu'on ne s'égare un instant, je disais : il suffit de voir comment l'âne est présenté, avec toute la solennité d'une statue de procession ; c’est un âne de cortège, un âne de prestige comparable et comparé à la Vierge elle-même lors de sa grande sortie annuelle du 15 août. C'est un âne de fête. J'aimerais bien te voir ainsi déambuler couvert de « flocquarts, pendilloches et de clous ».

Là, il faut que tu m'expliques, car ce français-là m'échappe un peu. Que sont-ce ces flocquarts et pendilloches ? Que viennent faire là des clous ? J'ai eu beau consulter mes meilleurs dictionnaires, mais aucun n'en parle.


Et ils ont tort et tu as raison.Aucun n'en parle et pourtant, ce sont de beaux mots et qui existent dans la littérature française. Je t'en garantis la présence chez au moins un grand écrivain de langue française du dix-neuvième siècle, le père d'Ulenspiegel, notre Virgile : j'ai nommé Charles De Coster.

Soit, mais cela ne m'explique pas ce que sont les drôles de choses, ces pendillards et ces flocquets.

Eh bien, Lucien l'âne mon ami, comme disent les enfants qui jouent, tu brûles. Tu t'approches fort du sens de ces mots. Mais, laisse-moi conduire la danse. Comme toi, j'ai été surpris de trouver pareils mots, quoique j'en subodorais le sens. Alors, je me suis plongé, comme toi, dans les dictionnaires, pour confirmation de mon sentiment. Posons a priori qu'il devrait s'agir de machins qui floquent et d'autres objets qui pendouillent.


C'est comme l'eau de la Meuse, dit Lucien l'âne tout réjoui.

Si le mot flocquart n'existe pas dans les dictionnaires, c'est qu'on ne l'y a pas mis. La faute en est aux dictionnaires ; ça ne l’empêche pas d'exister et d'être connu sous d'autres formes. Comme bien des mots anciens, il est sans doute une variante d'une forme plus communément usitée par la suite. Je te rappelle que le récit se situe vers 1525-1550 et dans la partie nord de la France. J'ai trouvé la variante auvergnate « floquet » dans le Gaspard des montagnes d'Henri Pourrat, que je te cite : « Leurs chevaux, tous harnachés de même, à grelots et à floquets de laine bleue ». Cette phrase presque identique à celle de l'Ulenspiegel (lequel est bien antérieur) explique nos deux mots. On aura donc : floquet ou flocquart : petite touffe de laine » qui décore le tissu ; pendilloches ( à rapprocher de cloches, mailloches, veilloche, vailloche …) ou grelots : clochettes qui pendillent ou pendent sur un vêtement, une parure. Quant aux clous, dont je vois qu'ils t'inquiètent, ils sont de cuivre doré et ornent le harnachement de cuir.

Merci Beaucoup, dit Lucien Lane. Je n'en demandais pas tant. J'aimerais quand même connaître l'histoire que raconte cette canzone. 

Comme tu viens de le voir, Till rencontre un âne. Autour de cet âne, il y a un attroupement de vieilles femmes et de sergents, qui sont des soldats de ville ou de policiers ; mais l'âne ne se laisse pas approcher. Il rue, il brait, il se fâche. On dirait un démon. Il est d'ailleurs, médisent les vieilles, l'âne de Gilles, le tueur d'enfants. Ce Gilles, je te le confie, ne serait dès lors autre que Gilles de Rais, seigneur breton à qui des jaloux et des extorqueurs dirent une sinistre mémoire pour le dépouiller, aidés en cela par l'Église, le roi et les bien-pensants qui ne supportaient pas le franc-parler et la franche conduite de Gilles. Pour cela, ils l'ont accusé de rébellion (refus de s'incliner), de pacte avec le diable (magie, sorcellerie…) et d'actes contre nature (sodomie…). Bref, les accusations classiques contre ceux qui ne voulaient pas se soumettre ou contre ceux dont on voulait se débarrasser. Cependant, Till va en quelque sorte amadouer cet âne soi-disant démoniaque, le baptiser Jef (diminutif de Joseph) et s'en aller avec lui aux nez et aux barbes des vieilles et de la maréchaussée. Une histoire à la Brassens. Je te laisse découvrir le reste et la façon dont Till console Jef des piqûres de taon.

Avant de conclure, je dois dire que je suis très heureux que Till ait donné un si joli nom à l'âne et qu'il me plaît également qu'il entame une aussi jolie conversation consolante, à la manière de Jacques Brel, qui chantait : « Viens Jef, t'es pas tout seul ! », une chanson qui vous prend au ventre. Concluons quand même et reprenons notre tâche qui tient en ceci que nous tisserons le linceul du vieux monde, de ce vieux monde superstitieux, cancanier, médisant, stupide, avide et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Till vagabondait par voies et sentiers ;
Sur sa route se tenait un âne enharnaché,
Paré comme une madone au quinze août
De flocquarts, de pendilloches et de clous.

Des vieilles se dandinaient autour de lui,
Parlant toutes à la fois, faisant grand bruit.
C'est l'âne de Gilles, le tueur d'enfants,
Le diable le protège, c'est une âme de Satan.

Interloqué, l’âne se tenait coi.
Les sergents déjà l’avaient encerclé
L'âne rua, braya ; tous dans l'effroi,
Reculaient pétrifiés.

C'était un braire de démon ;
On le laissa brouter le chardon.
Et les poules caquetaient et les pies jacassaient
Au mouvement de la queue du baudet.

Alors, Till vînt qui le premier, l'âne considéra.
Il lui donna l'avoine et le monta.
Il bénit les vieilles, les sergents et s'en alla tout droit.
À l'âne, Till dit : Jef, je te baptise et mon ami, tu seras.

Viens Jef, tu n'es plus tout seul à trotter
On est deux à présent à tirer la queue du diable
Un peu plus tard, l'âne broutait, broutait, à l'arrêt.
Till dit : « Moi aussi, j'aimerais me trouver une table ».

Halte, Jef, ne te lamente pas
Tu as comblé ton estomac
N'étaient les taons suceurs
Ce serait le bonheur.

Ainsi, Jef, ne te lamente pas
Chacun a son taon, comme toi,
L'homme à la Sainte Pantoufle et les rois,
Et jusqu'à moi, dont le taon le sang boit.

samedi 5 décembre 2015

BLUES DE L'HOMO SAPIENS

BLUES DE L’HOMO SAPIENS
Version française – BLUES DE L’HOMO SAPIENS – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson italienne – Blues dell’Homo sapiensVintage Violence2011
Album: Piccoli intrattenimenti musicali
Paroles et musique : Rocco Arienti



Tels sont nos ancêtres et les racines de l'humaine nation

La petite chanson dont je viens de faire une version française me plaît beaucoup et je pense, elle te ravira. Déjà par son titre : « Blues dell’Homo sapiens ». Car, Lucien l’âne mon ami, l’homme a le blues. Enfin, il l’a depuis que les esclaves noirs d’Amérique l’ont inventé sur ce continent lointain pour exorciser leurs peurs, exprimer leurs douleurs et exhaler leurs nostalgies. Ils chantaient ainsi la mort de leur liberté.

Nous aussi, les ânes, les somari, les bêtes de somme comme ces hommes à la peau foncée venus d’Afrique, nous connaissons la nostalgie et la douleur de la privation de la liberté et de la dignité et nous remâchons cette mauvaise avoine en trottinant le long des chemins.

Sache, mon ami Lucien l’âne, que les bipèdes que nous sommes actuellement sont tous des homo sapiens sapiens, même si « sapiens », ils ne le sont pas beaucoup, à voir le nombre exagéré de massacres qu’ils perpètrent entre eux et parmi les autres espèces. Ils en sont à présent à rendre la planète insalubre à la vie, à détruire la vie organique sur la planète elle-même. Ce qui, comme je te l’ai déjà dit, m’indiffère assez, car mourir seul ou mourir tous ensemble… On finit tous par mourir. D’ailleurs, la planète elle-même connaîtra le même sort.

Certes, Marco Valdo M.I. mon ami, mais en attendant ?

En attendant, certes… C’est mieux si c’est plaisant.

Juste une dernière question, dit Lucien l’âne en papillotant de ses noires paupières. Je me demande, à voir le schéma de l’évolution de l’homo jusqu’au sapiens, où peuvent bien se trouver ces fameuses racines chrétiennes de l’Europe ?

Eh bien, c’est tout simple. Il n’y en a pas. C’est une marchandise d’importation. On ne saurait considérer comme des racines les effets d’une colonisation tardive. L’humaine nation n’a d’autres racines qu’elle-même et il n’y a pas lieu d’y insérer des intrusions de propagandistes religieux. C’est ce que raconte la canzone :
«  La religion ne nous représente pas.
Pour vivre entre angoisse et confusion, la conscience suffit
Et c’est bien ainsi.
Nous sommes nés ainsi... »

Certes, dit Lucien l’âne en opinant de deux oreilles, l’âne est l’âne et l’homme est l’homme, même quand il revendique une ascendance du côté de Monsieur de Cro Magnon. [[7817]] Cela étant, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde enraciné, malade du sida, de la peste porcine, de la grippe aviaire et des religions, théologique, téléologique et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



La religion ne nous représente pas.
Pour vivre entre angoisse et confusion, la conscience suffit
Et c’est bien ainsi.
Nous sommes nés ainsi
Et on ne peut s’arrêter à chaque pas.
Dans un kilo de cerveau, on ne se reconnaît pas
Et c’est bien ainsi.
On mourra ainsi :
Civilisés sans l’avoir choisi,
Forcés à mentir, à obéir
Pour mieux nous sentir.
Tous font ainsi.
Il suffit de dire de oui.
Mais on ne peut s’arrêter à chaque pas ;
Dans un kilo de cerveau, on ne se reconnaît pas
Et c’est bien ainsi.
On mourra ainsi.
Vivre entre évolution et révolution,
Âme et corps, sang et utopie
Mais à la fin de tout, on sera surpris,
On n’y aura rien compris
Et on finira en pleurant de nostalgie


vendredi 4 décembre 2015

LES DANSES SONT FINIES


LES DANSES SONT FINIES

Version française – LES DANSES SONT FINIES – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – Fine delle danzeBandabardò – 2002
Paroles : Erriquez
Musique: Erriquez / Finaz)
Album "Bondo Bondo" (2002)









Les danses sont finies
Ils étendent un voile

Des oiseaux noirs 
Descendent dans le ciel du soir

Cette chanson parle, comme les autres du recueil, des faits de juillet 2001 au G8 de Gênes.
De
la façon dont les danses peuvent se finir et dont l’espoir se transforme en massacre.


Je m’approchais tranquillement,
L’air de rien… l’air innocent
Mais la rage m’a submergé
La vérité est que je ne sais pas danser
Alors j’ai choisi décidément
Au milieu des gens… au milieu des gens
Qu’il me plairait
De pouvoir te hurler ma vérité

Parle-moi, arrache de moi la pensée de l’homme noir
Parle-moi, déshabille-moi, donne-moi encore de l’espoir

La lumière change, je suis tout innocence
Quelle belle fête, belle fête ! ! !
Mais le cri : « espérance »
Tourne au hurlement et devient massacre.

Les danses sont finies
Ils étendent un voile
Des oiseaux noirs
Descendent dans le ciel du soir
C’est une punition, un sortilège
Une danse de sorcières, un sacrilège
Queues de crapaud
Ailes de pipistrelles
Sur des cheveux d’or, sang de taureau
Treize lunes
Cheveux rouges
Dansent les sorcières
Elles s’élancent

Parle-moi, arrache de moi la pensée de l’homme noir,
Parle-moi, déshabille-moi, donne-moi encore de l’espoir !

Aime-moi, serre-moi soleil chaud et sincère
Aime-moi, serre-moi, parle-moi, déchire-moi !
Remplis tes yeux de mystère !
Serre-moi soleil chaud et sincère, aime-moi !