lundi 23 novembre 2015

La Queue du Chat


La Queue du Chat

Chanson française – La Queue du Chat – Les Frères Jacques – 1956
Paroles et musique : Robert Marcy – 1948


Les agités du vocal à la Nuit des musées à Agde (14/05/2010) : https://www.youtube.com/watch?gl=BE&v=XEi1bsc95CY






Première du journal Le Temps, Genève, 15/11/23




Bruxelles qui est, entre autres choses, la ville qui nous a vu naître, était ces jours-ci, disent les autorités et les médias, en état de siège et quasiment paralysée par l’effroi qui venait de s’abattre sur elle. Enfin, le temps de saison s’installait avec les pluies et les froids prémonitoires des gels et des neiges de l’hiver prochain. Il était temps pour assurer le refroidissement des brassins de lambic. Une peur impalpable imprégnait jusqu’aux brouillards grisouillards ; il régnait une espèce de terreur indéfinissable, qui troublait l’ordre des choses. Il fallait que quelqu’un réagisse… Les chats, qui sont des animaux terriblement pacifiques et casaniers, d’intenses dormeurs qui n’aiment pas le bruit et qui détestent la bêtise, les chats, dis-je, sont entrés en résistance contre ces tracasseries et ont déclenché une salve nourrie de photos d’humour.


Ah, l’humour, toujours, l’humour !, dit Lucien l’âne en tremblant sur ses quatre pieds d’âne aux sabots plus noirs que l’ennui. Et, Marco Valdo M.I. mon ami, je peux te dire que ce n’est qu’un début et que peu de choses résistent longtemps à l’acide comique.


Tu comprendras dès lors qu’il était plus que temps de rendre un discret hommage à ces aimables et subtils félidés qui se sont toujours moqué des Dieux, qui sont des inventions des hommes et des prophètes, qui en sont les inventeurs.


C’est une excellente raison pour aimer les chats, dit Lucien l’âne admiratif, car ces gens-là m’ont toujours cassé les oreilles et elles sont grandes. Mais, dis-moi, Marco Valdo M.I., j’ai bien entrevu que la chanson parle des chats ou d’un chat, mais peux-tu m’en dire plus ?

Une voix dit : « Miaou, me voilà ! »
Je suis Jésus...



Évidemment. Comme tu pourras le constater, le héros principal de la chanson, le protagoniste est un chat ; n’importe quel chat, comme Jésus qui ronronne ici à côté de moi. L’autre, l’anti-héros, c’est une sorte de Prophète, de devin, un « médium », seul détenteur (la chose va de soi) de la Vérité, lequel pratique avec le plus austère sérieux son religieux office au cours duquel il invoque l’Esprit et l’invite à paraître aux yeux des croyants rassemblés. Comme tu le verras en dépit de l’incroyable crédulité des sectateurs du médium, officiant de cette curieuse messe, le Saint Esprit n’apparaît pas à ses appels rituels et à chaque essai manqué, il rejette la faute sur le chat qui passe à ce moment à proximité et parmi les fidèles. Finalement, le médium, sûr de sa précieuse connaissance du monde de l’Esprit, chasse le chat. Et, « savez-vous ce qui arriva ? », comme dit Voltaire à propos de Fréron, ce fut le chat l’emporta car…


Car… quoi ?, demande Lucien l’âne très haletant.


Car, je te cite la fin de la chanson : « Car l’Esprit s’était caché là
Dans la queue du… dans la queue du… dans la queue du chat. »


Que voilà une belle histoire et je suis très content que tu aies eu l’idée de rendre cet hommage aux chattes, aux chats et aux chatons. Voyons dont toute la chanson et la splendide interprétation des Frères Jacques, puis reprenons, en riant encore, notre tâche qui est de tisser le linceul de ce vieux monde hanté par les Esprits, perclus de Prophètes, ennuyé par les Dieux et cacochyme.



Heureusement !



Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane.




Et en vérité, dit Jésus :
"l’Esprit s’était caché là

Dans la queue du... dans la queue du... dans la queue du chat."




Le médium était concentré.
L’assistance était convulsée.
La table, soudain, a remué
Et l’Esprit frappeur a frappé.

Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Qui vous électrise,
Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Qui a fait ce bruit-là.
Non, l’Esprit n’est pas encore là,
Unissons nos fluides
Et recommençons nos ébats
Que le chat gâcha.

Puis un souffle étrange a passé,
Une ombre au mur s’est profilée,
L’assistance s’est mise à trembler
Mais le médium a déclaré ...

Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Qui vous électrise,
Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Qui a fait ce bruit-là.
Non, l’Esprit n’est pas encore là,
Unissons nos fluides
Et recommençons nos ébats
Que le chat gâcha.

Alors en rond, on se remit
Et puis, on attendit l’Esprit,
Quand une dame poussa un cri
En disant : "Je le sens, c’est lui !"

Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Qui vous électrise,
Ce n’est que le petit bout de la queue du chat
Que pensiez-vous là.
Non, l’Esprit n’aurait pas fait ça,
Vous n’avez pas de fluide.
Le médium alors se fâcha
Et chassa le chat.

Une voix dit : « Miaou, me voilà ! »
Quelle drôle de surprise
Car l’Esprit s’était caché là
Dans la queue du... dans la queue du... dans la queue du chat.


dimanche 22 novembre 2015

Fais ta prière, Tom Dooley

Fais ta prière, Tom Dooley


Chanson française, tirée de la chanson étazunienne : Tom Dooley – 


Fais ta prière, Tom Dooley – Philippe Clay – 1958.


Interprétations diverses :

Les Compagnons de la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=oRxUZbudNSg
Philippe Clay : https://www.youtube.com/watch?v=7o4Io47KIbs voir : 00:53:31 « Fais ta prière Tom Dooley » - Philippe Clay



Tom Dula, alias Tom Dooley
Ainsi cette condamnation reposait sur des cancans… 
Sans doute, fallait-il un coupable masculin… 


Fais ta prière, Tom Dooley… Singulier parcours d’une chanson qui raconte une histoire qui s’est passée il y a un siècle et demi en Caroline du Nord. Une chanson qui vit le jour là-bas, sans doute née des ruminations d’un poète local, peu de temps après que Tom Dula, qu’il nomma phonétiquement Tom Dooley (prononciation tout aussi locale), fut pendu. Une chanson qui relate une énorme erreur judiciaire…


Mais dis-moi Marco Valdo M.I. mon ami, en quoi ce parcours serait si singulier ?


Mais, Lucien l’âne mon ami, il l’est à plus d’un titre. En premier lieu, parce que j’ai voulu insérer la version française avant même de retrouver la version originale : Tom Dooley de Alan Lomax et Frank Warner, popularisée par le Kingston Trio vers 1958… Mais je trouvais singulier de commenter en français la version anglo-américaine. Dès lors, j’ai commencé à travailler cette version française et cela m’a amené à insérer la version des Kingston, comme tu l’as vu.


Soit, mais dis-moi… Que raconte-t-elle cette chanson ?


En fait, elle raconte une double mort : celle d’une jeune fille, Laura Foster, assassinée et celle de Tom Dula, alias Tom Dooley, son fiancé, qu’on a pendu. Leur histoire est simple. Tom Dula, un jeune homme très prisé des jeunes femmes du village et qui avait eu des « affaires » avec certaines, était amoureux de Laura et juste avant de partir à la guerre dans les rangs des Sudistes (Confédérés), lui avait promis le mariage. Au retour dans l’Happy Valley (Vallée heureuse), comté de Wilkes, Caroline du Nord, il retrouve la jeune Laura (18 ans) et ils décident de quitter en douce le pays pour aller se marier ailleurs. Un grand matin, ils s’échappent chacun de son côté pour se retrouver à l’écart du village, emportant juste un petit bagage. Tom l’attend en vain et n’ose revenir au village. Soit elle n’a pas voulu le suivre, soit elle a un empêchement… On retrouvera, des semaines plus tard, Laura dans un ravin… Nettement assassinée ; elle a un trou dans le dos, fait par un grand couteau.


Assassinée ? Par qui ?


Là commence l’aventure de Tom Dula. Au début, il n’est pas là pour se défendre. On finit par l’arrêter et il nie avec obstination, jusqu’au bout, d’être l’assassin. Face à la potence, il dira encore : « Vous voyez cette main. Elle n’a pas touché un cheveu de cette femme ».


D’accord, il nie. Mais la plupart des assassins nient aussi, au début. Qu’est-ce qui prouve qu’il était innocent ?


D’accord, mais je te renvoie la question : qu’est-ce qui prouve qu’il est coupable ? Car vois-tu, normalement, les choses vont dans ce sens-là. Il faut prouver la culpabilité. Et cela n’a pas été fait. Les seuls éléments contre lui sont les déclarations des deux cousines de la morte, dont – tiens-toi bien, l’une – Anne – était amoureuse de Tom, mariée à un fermier plus âgé et folle de jalousie en ce qui concerne Tom et sa sœur Pauline, qui avait aussi « connu » Tom, et qui avait des comptes à régler avec sa sœur. Curieusement, lors de l’enquête, les deux sœurs connaissaient (elles étaient les seules) l’endroit où se trouvait le cadavre de leur cousine Laura.


Ainsi cette condamnation reposait sur des cancans…


Sans doute, fallait-il un coupable masculin… Cela dit, Tom a refusé d’avouer un crime qu’il n’a pas commis et on ne disposait d’aucune preuve contre lui. En plus, une sorte de référendum populaire, opéré dans la région à cette époque, avait acquitté Tom Dula de toute charge. Alors, sous la pression de certains journaux de New-York, on alla jusqu’à recommencer le procès dans un autre comté… Il fut alors condamné à la pendaison.


Dès lors, si on avait respecté le jury populaire… Dès lors, si – comme il est de règle civilisée – le doute doit profiter à l’accusé… Ce serait bien une erreur judiciaire impardonnable.


En effet, c'est une erreur judiciaire impardonnable. C'est une nouvelle affaire Calas, mais il n’y avait pas de Voltaire à l’horizon. Ainsi, la chanson a joué son rôle dans les combats pour l’abolition de la peine de mort, comme d’autres chansons. Par exemple, celle concernant Caryl Chessman ou Sacco et Vanzetti ou comme le roman de Vernon Sullivan (I Shall spit on your graves) , que Boris Vian écrivit directement en français sous le titre « J’irai cracher sur vos tombes » https://fr.wikipedia.org/wiki/J'irai_cracher_sur_vos_tombes. Roman où le pendu était un nègre blanc. On avait la pendaison facile dans le Sud des Zétazunis. Je ne sais si c'est encore le cas aujourd’hui.


Bon, eh bien, il nous reste à poster la version originale, à découvrir la version française et à reprendre ensuite notre tâche qui consiste à tisser le linceul de ce vieux monde injuste, empli de jalouses et de jaloux, d’assassins et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane


Fais ta prière Tom Dooley,
Ça peut toujours servir.
Fais ta prière Tom Dooley,
Demain tu vas mourir.

Devant ton verre de rhum,
Dans le matin blafard,
Tâche au moins d’être un homme
Avant le grand départ.
Fais ta prière Tom Dooley,
C’est tout ce qu’on peut t’offrir.
Fais ta prière Tom Dooley,
Demain tu vas mourir.

Quand au lever du jour,
On viendra te chercher,
Pardonne à ton amour,
C’est lui ton seul péché.
Fais ta prière Tom Dooley,
Avant de t’endormir.
Fais ta prière Tom Dooley,
Demain tu vas mourir.

Fais ta prière Tom Dooley,
Y a plus rien d’autre à faire.
Fais ta prière Tom Dooley
Pour éviter l’enfer.
Tu vas enfin revoir
Celle que tu aimais trop,
Emporte au moins l’espoir
De mieux l’aimer là-haut.
Fais ta prière Tom Dooley,
Demain tu vas mourir.
Fais ta prière Tom Dooley,
Pour toi tout va finir.

Fais ta prière Tom Dooley,
C’est la dernière mon vieux.
Fais ta prière Tom Dooley,
Après bye, bye, adieu.



Si tous Les Gars Du Monde

Si tous Les Gars Du Monde

Chanson française – Si Tous Les Gars Du Monde – Marcel Achard – 1956

Musique – Georges Van Parys

Interprètes : Yves Montand, Les Compagnons de la Chanson... et mille troupes de boy-scouts


Le bonheur, c'est une habitude ;
Avec deux cent millions d'amis, (sept milliards ?)
On ne craint pas la solitude !





Bon, la voilà ta chanson, mon cher Lucien l'âne mon ami. Tu jugeras par toi-même. Je ne veux pas donner mon avis tout de suite... Qu'en penses-tu ?


D'abord, Marco Valdo M.I. mon ami, permets-moi de te rappeler que je suis un âne et qu'il m'est dès lors difficile de donner la main à qui que ce soit... Cela dit, elle me paraît bien aimable cette chanson et bourrée de bonne volonté autant qu'un obus de poudre ou qu'une barrique de vin. Évidemment, quand je songe aux scénettes pour patronage de Boris Vian, je me dis qu'en effet, elle paraît convenir pour de jeunes cœurs et de jeunes aspirations... Bref, je lui trouve mille belles intentions et une sorte de joyeuse naïveté. Elle diffuse de bonnes résolutions et de bons sentiments à peu près autant que l'Unesco ou le curé de la paroisse de ma grand-mère. On ne fait pas plus correct...

Je vois... Je vois... Je comprends ce que tu veux dire. Je résume : c'est bien pour les gamins, mais elle occulte bien des choses. Et je pense d'ailleurs la même chose. Cependant, je reste persuadé qu'une chanson de cette sorte est à sa place ici, dans les chansons contre la guerre, car somme toute, c'en est une... Mais elle a aussi sa place dans les chansons de jeunesse... Car quand même, tu en conviendras, il vaut la peine – en ces temps malades de la peste individualiste et consommatrice, de chanter sur tous les tons les joies de la solidarité, du refus du racisme... Ça me paraît un bon début, comme certaines leçons de morale qu'on a reçues à l'école. L'air de rien, elles pénètrent en profondeur... Et si c'est bien pour le bien, imagine aussi que ce sera efficace pour induire des pensées, des convictions et des comportements inverses. Voilà pourquoi j'ai une certaine tendresse pour de telles chansons... D'autant qu'elle est dérivée d'un poème de Paul Fort, qui inspira quelques belles chansons à Tonton Georges, dont Le petit Cheval, La Marine, Comme hier... Je te le cite entièrement, car il est fort court ; il s'intitule : La Ronde autour du Monde :

« Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main,
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien être marins,
Ils feraient avec leurs barques un joli pont sur l'onde.
Alors on pourrait faire une ronde autour du monde, autour du monde,
Si tous les gars du monde voulaient se donner la main. »
(voir la version italienne de Sergio Endrigo : Girotondo intorno al mondo)

Oh, mais moi aussi, Marco Valdo M.I., je les aime ces chansons-là, même si je préfère des chansons plus fortes, aux propos plus poétiques, aux accents plus nets, plus virulents... Mais aussi plus complexes, plus profonds... Mais je dirais de celle-ci, ce n'est qu'un début... Un premier pas et rappelle-toi, les voyages les plus longs et les plus prodigieux commencent toujours pas un premier pas... Alors, voilà, finalement, je l'aime assez cette chanson-là... Elle aussi tisse le linceul de ce vieux monde mercantile, avide, atomisé, antagoniste et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane




Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains,
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins ;
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans main,
Le bonheur serait pour demain !

Ne parlez pas de différences,
Ne dites pas qu'il est trop blond,
Ou qu'il est noir comme du charbon,
Ni même qu'il n'est pas né en France,
Aimez-les n'importe comment,
Même si leur gueule doit vous surprendre ;
L'amour, c'est comme au régiment,
Il faut pas chercher à comprendre !

Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains,
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins ;
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans main,
Le bonheur serait pour demain !

J'ai mes ennuis et vous les vôtres,
Mais moi, je compte sur les gars ;
Les copains qu'on ne connaît pas
Peuvent nous consoler des autres ;
Tous les espoirs nous sont permis,
Le bonheur, c'est une habitude ;
Avec deux cent millions d'amis,
On ne craint pas la solitude !

Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains,
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins ;
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans main,
Le bonheur serait pour demain !

Si tous les gars du monde
Décidaient d'être copains,
Et partageaient un beau matin
Leurs espoirs et leurs chagrins ;
Si tous les gars du monde
Devenaient de bons copains
Et marchaient la main dans main,
Le bonheur serait pour demain !

Si tous les gars du monde devenaient des copains...

samedi 21 novembre 2015


UN BLASPHÉMATEUR

(derrière chaque blasphème, il y a un jardin enchanté)
Version française - UN BLASPHÉMATEUR (derrière chaque blasphème, il y a un jardin enchanté) – Marco Valdo M.I. – 2010
Chanson italienne – Un Blasfemo (dietro ogni blasfemo c’è un giardino incantato) – Fabrizio de André – 1971




Ils me traitèrent d’abord de délinquant
Ils n’avaient pas de loi contre le blasphème.
Plus tard, ils m’internèrent comme insensé.


Voici pour L’Asino, animal athée et blasphémateur, une chanson sur mesure – que j’avais traduite il y a déjà 5 ans. Elle s’intitule Un Blasphémateur, dans la version française et Un Blasfemo en italien. Elle vient de loin : des USA, où le poète Edgar Lee Masters la publia dans son Anthologie de Spoon River vers 1915.
Je l’offre – cette version française de la version italienne de Fabrizio De André, mais aussi de la version anglo-américaine d’Edgard Lee Master, afin de le mettre en garde contre les fous déments, adorateurs de tout et de n’importe quoi, idolâtres ou non de n’importe quel(s) dieu(x), inventé(s) par d’autres maniaques à leur intention. Ces imbéciles pullulent sur cette Terre et sont de parfaits assassins.


Ainsi Parlait Marco Valdo M.I.


Cette chanson du grand Fabrizio De André parle d’un blasphémateur, une personne convaincue que Dieu, s’il existe, non seulement n’est pas bon comme on croit communément, mais, au contraire, il s’est comporté de manière inique et mauvaise contre l’être humain, sa créature : il l’a en fait condamné à vivre dans l’inconscience (« comme un idiot ») en le privant de la connaissance du bien et du mal; s’apercevant ensuite que l’homme avait mangé justement le fruit de l’arbre de la connaissance, préoccupé de ce qu’il avait inventé le Temps (les saisons) et la Mort pour le limiter. Les hommes qui pensaient et soutenaient de telles choses n’avaient pas une vie facile Le blasphémateur meurt en fait sous les coups de deux gardiens – dans l’original de Edgar Lee Masters, il y avait un seul gardien (un infirmier traduit Pivano), mais la substance ne change pas – dans l’asile où il était interné.

Plus jamais je ne m’inclinai, même sur une fleur
Je ne rougis plus à voler l’amour
Dès le moment où l’Hiver me convainquit que Dieu
N’aurait pas rougi de me voler le mien.
Ils m’arrêtèrent un jour à cause des femmes et du vin,
Ils n’avaient pas de loi pour punir un blasphémateur,
Ce n’est pas la Mort qui me tua, mais deux gardiens bigots
M’arrachèrent l’âme à force de coups.

Car je dis que Dieu embrouilla le premier homme,
Le contraint à mener une vie d’idiot,
Dans le jardin enchanté il le contraint à rêver,
à ignorer que dans le monde, il y a le bien, il y a le mal.
Quand il vit que l’homme allongeait la main
Pour lui voler le mystère d’une pomme interdit
Par peur que désormais il n’eut plus de maîtres
Il l’arrêta par la mort, il inventa les saisons.

Et s’il y eut deux gardiens pour lui stopper la vie,
C’est justement ici sur terre, la pomme interdite,
Quelqu’un ici pour nous l’a inventée, et pas Dieu
Elle nous contraint à songer à un jardin enchanté,
Elle nous contraint à songer à un jardin enchanté.




WENDELL P. BLOYD
Poème de Edgar Lee Masters - 
1915

Version française - WENDELL P. BLOYD – Marco Valdo M.I. – 2010


Ils me traitèrent d’abord de délinquant
Ils n’avaient pas de loi contre le blasphème.
Plus tard, ils m’internèrent comme insensé.
Là, je fus battu à mort par un gardien catholique
Mon crime était le suivant :
Je disais que Dieu mentait à Adam et le destina
À une vie de fou.
En ignorant que le mal était dans le monde autant que le bien.
Et quand Adam couillonna Dieu en mangeant la pomme
Et vit clair dans son mensonge,
Dieu le vira de l’Éden pour l’empêcher de cueillir
le fruit de l’immortalité.
Par le Christ, gens sensibles,
Voici ce que dit Dieu lui-même à ce propos dans le livre de la Genèse :
« Et le Seigneur Dieu dit ; voyez l’homme
Est devenu un d’entre nous. » (Un peu d’envie, voyez-vous)
« Pour connaître le bien et le mal » (le mensonge du « Tout le monde il est bon » exposé au jour)
« Et maintenant de peur qu’il avance sa main et prenne
Aussi le fruit de l’arbre de la vie et mange et vive pour toujours.
Voilà pourquoi le Seigneur Dieu le chassa du jardin d’Éden »
(la raison pour laquelle Dieu crucifia Son Propre Fils



Est je crois de rejeter ce maudit pastis, car il Lui ressemble trop.)

vendredi 20 novembre 2015

Y CROIRE ?

Y CROIRE ?


Version française – Y CROIRE ? – Marco Valdo M.I. – 2015
Chanson italienne – CrediciCristiano De André – 2013
Musique de Fabio Ferraboschi et Cristiano De André
Te
xte de Oliviero Malaspina, Fabio Ferraboschi et Cristiano De André




Y CROIRE ?
le troupeau de brebis ... 
vers les alpages célestes.


Voici, Lucien l’âne mon ami, une chanson qui pose la question de la croyance et de la croyance à plusieurs niveaux ou en plusieurs pouvoirs qui entendent mener les gens par le bout du nez ou jouer les bergers et conduire le troupeau de brebis humaines vers les alpages célestes.


Encore un de ces sujets difficiles à mettre en chanson…


C’est, en effet, une chanson difficile et de ce fait, difficile à comprendre ; je voyais bien les mots, les phrases, mais le sens m’en échappait. Dès lors, comme tu sais, pour pouvoir la comprendre, il m’a fallu en faire ma propre version française. Ce n’est qu’en passant par ce chemin difficultueux que souvent, j’arrive à percer le sens de chansons généralement chargées de poésie. Ce ne fut pas aisé. Déjà le titre posait problème : il est très amphibologique, à tout le moins. Ainsi, j’ai longtemps tourné autour et ce n’est qu’en finale que je me suis aperçu que le texte de la chanson en italien ne comportait aucune ponctuation, ce qui épaississait encore le mystère. Ainsi, Credici peut être un indicatif : « Tu y crois. » ; un impératif : « Crois-y !  » ou un interrogatif : « Y crois-tu ? », mais peut légitimement être transposé en français par un infinitif : « Y croire. Y croire ! Ou Y croire ? ». Comme tu le verras, j’ai choisi cette forme neutre, qui a le mérite de s’adresser à tous, locuteur ou chanteur, y compris. Cependant, il me restait à définir le sens exact de cet « Y croire ». Et ce n’est qu’après avoir établi un texte en français que j’ai pu m’orienter. C’est du moins le sens de ma version. Pour formuler la chose de façon explicite, je dirais : « Et tu y crois, toi ? » ou « Faut-il y croire ? ».


Je vais t’aider… Moi, je dirais : « Peux-tu y croire ? » ou « Peut-on y croire ? » à ces gens, à ces puissants… Et là, si l’on songe un instant que ce pourrait, tous comptes faits, bien être un épisode de La Guerre de Cent Mille Ans, que les riches et les puissants font aux pauvres afin de multiplier leurs richesses, d’accroître leur pouvoir, de renforcer leur domination, d’asseoir sur des bases plus fermes l’exploitation, alors, la chanson devient lumineuse.


C’est bien ce que j’ai pensé en faisant le choix d' « Y Croire » et ce que j’ai découvert en l’ayant fait. Le reste est licence poétique.


Fort bien. Alors, reprenons notre tâche et tissons le linceul de ce vieux monde encombré de puissants, perverti par l’Église, étouffé par les médias et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Qui a cru
Aux mensonges des bouches aliénées aux monnaies,
Aux mots d’un pouvoir qui s’incline aussitôt face à un plus rapace,
Qui en trente ans de sous-culture médiatique entre canaux et cannaies ;
À ces langues avides des marchés
Qui pour leurs frasques
Ont vendu le Pays au pire Moyen-Âge
À moins que ce ne soit encore préhistoire
Ce parler sans écouter et ne pas avoir de mémoire…

Y croire ? Y croire ?
Les nouveaux chefs ont des faces toujours plus dures.
Tous habillés de noir métallisé comme leurs voitures.

Y croire ?
Qu’ainsi le rouge est moins rouge et le noir toujours plus noir.
Ne la sens-tu pas cette décadence ? Cette odeur de Bas-Empire ?

Espérons qu’ils soient bannis de l’histoire
Sans une page, une ligne et sans mémoire.

Et maintenant que vous avez mis à genoux ces braves gens,
Des ouvriers, des paysans des pêcheurs qui de toujours ont cherché à vous donner le meilleur mais jamais considérés en rien

Et où toi chère mère Église, maintenant de toutes la plus enceinte,
Toi qui, avec ta CEI, ton IOR, ton Opus Dei,
Nous montre comment tu es à la sainte messe de ta caste,
Ton Christ te récompensera de sa compassion immense.

Y croire ? Y croire ?

Les nouveaux chefs semblent tous des Al Capone
Tous vêtus du même costume rayé,
Et avec l’armée des sauveurs
Sortent des banques, entrent dans les ministères.

Y croire ?

Qu’ainsi le rouge est moins rouge et le noir toujours plus noir.
Ne la sens-tu pas cette décadence ? Cette odeur de Bas-Empire ?


Espérons qu’ils soient bannis de l’histoire
Sans une page, une ligne et sans mémoire.

Et nous serons tous ensemble
Dans une course face au soleil
Avec la force et l’émotion
Dans une embrassade de paroles
Et puis le grain sera lumière
Et le pain sera paix
Dans une envie d’infini
Ainsi libres d’aimer

La valeur du rien, n’y pas croire.