dimanche 5 juillet 2015

MONSIEUR TOUT BLANC À SANTIAGO

MONSIEUR TOUT BLANC À

SANTIAGO

Chanson italienne – Santiago – Litfiba – 1988
Version française – Monsieur Tout Blanc à Santiago – Marco Valdo M.I. – 2008






De ce côté-ci d'Eboli, le pape est une des icônes de notre temps. Monsieur Tout Blanc, c'est un peu le Tintin du Ciel, audacieux voyageur et redresseur de torts, bonne âme inoxydable. Tout comme il y eut Tintin en Amérique, Tintin au pays des Soviets, Tintin au Tibet (moins politiquement correct, celui-là – à présent, il faudrait l'intituler Tintin en Chine : commerce oblige !) et l'inoubliable Tintin au Congo (plein de racisme et de bandes dessinées), nous avons eu droit à Monsieur Tout Blanc en Amérique, Monsieur Tout Blanc en Afrique... depuis, il y aurait, paraît-il, un Monsieur Tout Blanc au Paradis (Santo subito ! Santo Subito !), mais je ne l'ai pas vu.

En 1987, il y eut – dans ce cas, la chose est certaine, un Monsieur Tout Blanc à Santiago, lorsque Monsieur Tout Blanc s'en alla saluer un général de ses amis, l'Augustissime Pinochet.

Litfiba a voulu et réussi à immortaliser cette béate circonstance au nom du Père, du Fils... et pas du peuple chilien qui lui se souvient encore du 11/9 lorsque en 1973, fut assassiné son président Allende. Quant à sa résurrection, celle du peuple chilien, elle est toujours en cours à l'heure actuelle; pour sa révolution (et la nôtre), elle est en perspective....

Ainsi parlait Marco Valdo M.I.




Espère et espère, un homme va arriver
Je l'imagine dans la rue, dans les cortèges, parmi nous
Avoir peur, pleurer
Chercher ses fils morts pour lui.

Et Monsieur Tout Blanc descendit du ciel
Mais de l'autre côté des barricades
Et l'homme en blanc vit la mort
Mais il était de l'autre côté des barricades.

Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?
Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas

Espère et espère, le pape va arriver
Je l'imagine dans la rue, dans les cortèges, parmi nous
Crier fort, combattre
Chercher ses fils morts pour lui.
Et Monsieur Tout Blanc descendit du ciel
Mais c'était de l'autre côté des barricades
Et Monsieur Tout Blanc vit la mort
Mais de l'autre côté des barricades
Et la dictature et la religion font la noce au balcon
Et la dictature et la religion font la noce

Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?
Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas 
Ange, pistolet
Dis-moi, quelle paix ?
Santiago du Chili
Père, où est ton fils ?

Santiago du Chili
Je ne le vois plus
Noël de sang
Non, je ne l'oublierai pas
Ange, pistolet
Dis-moi, quelle paix ?





samedi 4 juillet 2015

LES PETITS CLOUS

LES PETITS CLOUS


Version française - LES PETITS CLOUS (À CHANTER EN GAÎTÉ POUR FÊTER LE SOLSTICE D'HIVER ET TOUTES LES FÊTES) – Marco Valdo M.I. – 2015

Chanson (enfantine) italienne – La Canzone Dei Chiodini – da cantare in allegria per festeggiare il solstizio d'inverno e tutte le feste – anonyme – s.d.


https://www.youtube.com/watch?v=mCuZ_XMyrTo 
https://www.youtube.com/watch?v=gM5tXxvXIYc


Tous les enfants avec leurs petits clous
Vont clouer Jésus.
Prends tes petits clous,
Viens clouer Jésus.



Mon cher Lucien, une de mes connaissances, un athée notoire, docte professeur et grand admirateur de Jean Meslier – il en fait des conférences, des articles et a publié tout un livre à son sujet (http://lpa.atheisme.ca/montreal2010/sp/deruette_serge_fr.html et http://www.aden.be/index.php?aden=lire-jean-meslier---cure-et-athee-revolutionnaire ), à qui j'avais fait connaître la chanson d'Anton Virgilio Savona : Il testamento del parocco Meslier et par voie de conséquence, les Canzoni contro la Guerra, m'a adressé à son tour une chanson italienne, inconnue au bataillon des Canzoni. C'est une chanson enfantine, pleine de clous.Je suis d'ailleurs étonné de ne pas l'avoir trouvée ici. Mais il est vrai qu'on ne pense pas toujours aux chansons pour enfants et encore moins, à des chansons pour enfants qui mettent en cause les plus grandes autorités, démontent les plus grands mensonges et s'en prennent aux plus rands tabous.

Comment ? Comment ? Une chanson pour enfants qui s'en prend aux plus grands tabous.

Oui, oui, Lucien l'âne mon ami, tu entends bien. Je t'explique. Il te souviendra que j'avais déjà cité ici une chanson française où il était question de la quéquette à Jésus-Christ…

Évidemment… je te la fredonne : Jésus-Christ a une quéquette, qu'est pas plus grosse qu'une allumette et qui lui sert à faire pipi, vive la quéquette à Jésus-Christ.

Celle-là même. Mais là, on était dans le registre de la chanson d'étudiants et en pays de langue française… Ce qui caractérise celle d'aujourd'hui est qu'elle est italienne, enfantine et drôlement forte dans l'impertinence… Les petits enfants se proposent d'aller clouer Jésus et même la Madone avec leurs petits clous. Tu verras qu'à la fin, Joseph en profite lui pour se venger de Gabriel, qui l'avait rendu cocu. Le tout dans la joie...
Voilà donc une chanson bien plaisante que je recommande à tous les enfants et spécialement, à ceux qui en ont plein le dos des catéchismes et d'être pris pour des catéchumènes. Je leur suggère de la chanter partout, en promenade, lors des fêtes de l'école, lors des soirées de famille, chez les scouts, que sais-je… Qu'ils fassent des chorales… Qu'on l'entende partout… C'est une manière comme une autre de tisser le linceul de ce vieux monde déiste, religieux, crédule et cacochyme.


Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane





Tous les enfants avec leurs petits clous
Vont clouer Jésus.
Prends tes petits clous,
Viens clouer Jésus.

Prends un marteau,
Prends-en un beau.
Allons clouer Jésus !
Prends un marteau,
Allons clouer Jésus !
Cloue-le bien, cloue le haut
Pour pas qu'il tombe.
Viens sur le Calvaire
Clouer Jésus !

La Madone, pauvre nounou,
On a cloué son Jésus.
Prends un petit clou
Et viens clouer Jésus !
Le centurion avec son épée
Coupe une couille à Jésus.
Prends aussi une épée
Et coupe une couille à Jésus !

La Madone, pauvre femme,
Nous allons la clouer aussi
Avec nos petits clous, dame !
Nous la clouerons aussi !
Toutes les mères
Au lance-flammes
Vont brûler Jésus.
Prends un lance-flammes
Et toi aussi, tu
Pourras brûler Jésus.

Avec le kérosène,
Il brûle bien Jésus ;
Pour le chauffer davantage
Prends un cierge
Et viens brûler Jésus !

Et Joseph, brave cocu, quand il l'a su,
Vint clouer Jésus.
Allons clouer l'enfant Jésus
Bibidibodidibù
Bibidibodidibù...



vendredi 3 juillet 2015

DAME MERKEL

DAME MERKEL

Version française – DAME MERKEL – Marco Valdo M.I. – 2015
d'après la version italienne de Riccardo Venturi – SORA MERKEL
d'une chanson grecque - Κυρά Μέρκελ – Sorolop – 2010



Savez-vous, l'avez-vous su?
Les Allemands sont revenus
Ils nous harcèlent.
Ils veulent l'Acropole.
Angela, n'as-tu pas de mémoire ?
Ça nous rappelle de vieilles histoires,




Celui qui, par hasard, dans le futur tomberait sur cette petite page perdue d'un site de dimensions maintenant monstrueuses comme celui-ci, contenant une chanson grecque de 2010 chantée par « Sorolop » (ou « Sorolop 2010 », qui a un canal YouTube ; et semble en faire partie Andonis Prekas, journaliste et écrivain, et il est aussi nécessaire de préciser que « Sorolop » est un glacier bien connu situé à Exarchia), et écrite par Anastasia Douma, parolière (ou « sticurga ») de profession, celui-là doit savoir qu'elle a été insérée peu de jours avant un certain référendum lequel, dimanche 5 Juillet 2015, aura en pratique décidé la permanence ou non de la Grèce dans la « zone Euro » par « oui » (NAI) ou « non » (OXI).

Sur le monsieur (M. Tsipras), de son métier premier ministre de son pays pour « Syriza », la formation de synistra (gauche), il y aurait à dire beaucoup de petites choses, et pas nécessairement toutes positives ; cependant la décision de faire s'exprimer le peuple grec sur une petite question qui le concerne de près (et qui, à la rigueur, nous concerne tous, nous autres sujets de ce qu'on appelle, emphatiquement, l'« Union Européenne » et que, par contre, beaucoup plus précisément devrait être nommé un gouvernement dominé par des technocrates, banquiers, financiers, économistes et politiciens tirés de l'Allemagne) est sans discussion courageuse et coupe la tête au taureau.


Celui qui tombera sur cette petite page saura déjà comme cela aura fini, si aura gagné le « oui » ou le « non », ou bien même si le référendum aura vraiment eu lieu, vu que la Cour Suprême Hellénique décidera au tout dernier moment de son « admissibilité constitutionnelle » et si le fameux « peuple » a eu ou non un minimum de droit sur la décision pour son futur.


Entretemps nous autres, titulaires d'un petit site de chansons autant qu'opposants décidés à cette fausse « Europe », dont les produits principaux ont été, outre la « rigueur » néolibérale qui a démantelé tout ce qui pouvait l'être et la « monnaie unique » qui a unifié l'appauvrissement généralisé, l'apparition par réaction d'une poussée de nationalisme de droite, de racisme et de sécuritarisme, d'Aube Dorée, de la Ligue (du Nord) et de Fronts Nationaux, de peurs et de terreurs médiatiques et naturellement, la destruction d'un pays entier (qui aussi, et grâce aux politiques néolibérales et à la corruption, y avait mis beaucoup de lui-même pour s'autodétruire), nous proposons justement cette petite chansonnette dédiée précisément à Elle, à la dame Angela Merkel, ex-citoyenne de la RDA, par certains Grecs.

Elle doit avoir été écrite dans la période où, il y a quelques années, «pour payer la dette » était venue, je ne me rappelle plus de la part de qui, l'idée de vendre à l'Allemagne ou à quelqu'un pour son compte quelques îles grecques (qui sont sûrement un peu plus jolies et ensoleillées que Rügen ou Helgoland) et de donner en concession l'Acropole d'Athènes (déjà par ailleurs abondamment pillé pour former les collections du British Museum).

Évidemment nous sommes bien conscients et nous sommes convaincus qu'une solution du problème ne réside pas dans le «OUI» ou dans le « NON », dans les référendums, dans les « accords » et n'importe quoi d'autre, mais plutôt dans un dépassement généralisé des structures mêmes du capitalisme en profonde crise systémique (la limite désespérée et désespérante de la gauche de Tsipras est vraiment celle-ci : ne mettre jamais en vraie discussion le capitalisme) ; cependant, de quelque façon que ça finisse, la chansonnette exprime un état d'esprit dont il est nécessaire tenir compte. Pour un Grec, la négation « OXI » a une valeur qui n'est pas facilement compréhensible ailleurs ; on rappelle, par exemple, que le 28 octobre est en Grèce la « Journée du OXI », du « NON », réponse qui fut donnée le 28 octobre 1941 à l'ultimatum de Benito Mussolini. Une de ces « vieilles histoires » qui devraient être rappelées à Dame Merkel. [RV]



Savez-vous, l'avez-vous su ?
Les Allemands sont revenus
Et ils exigent nos îles,
Pour nous aider.
Savez-vous, l'avez-vous su?
Les Allemands sont revenus
Malheur et drame,
Dame Merkel ne pourra nous pardonner
Le retour de la drachme.

Raus !, Dame Merkel, assez !
Tu nous les as cassées assez !
Tes folles prétentions, crois-moi,
Même les aveugles les voient.
Et de la folie qui t'afflige encore
Ont ri aussi les morts.

Savez-vous, l'avez-vous su?
Les Allemands sont revenus
Ils nous harcèlent.
Ils veulent l'Acropole.
Angela, n'as-tu pas de mémoire ?
Ça nous rappelle de vieilles histoires,
Et si tu veux nous prendre nos îles,
L'Acropole et tout le reste, eh bien,
Tu n'arriveras à rien.