mercredi 2 octobre 2013

L'Hélicon de Berluscon

L'Hélicon de Berluscon - reprise


Parodie de langue française – L'Hélicon de Berluscon – Lucien Lane – 2010 
d'après L'Hélicon – Boby Lapointe, 1963




Commentaire introductif :

Jules César et le Chevalier de Calvino...



Comment n'y avais-je pas pensé plus tôt ? Un journal italien titre aujourd'hui : « Il Cavaliere sotto assedio: io pugnalato » Ce qui veut dire, si je ne me trompe : « Le Chevalier (titre honorifique... à un gars pareil, c'est à mourir de rire...) assiégé : je suis poignardé ». Au passage, « Le Chevalier assiégé » me rappelle ce joli conte d'Italo Calvino « Le Vicomte pourfendu » « .Ah : , mon ami Marco Valdo M.I., tu n'avais pas par hasard (non è a caso che...) apporté ce Jules César dans les CCG. J'aurais dû m'en douter...

Merci, Lucien l'âne mon ami, je te remercie de faire allusion au « Vicomte pourfendu », premier d'une trilogie de Calvino, en effet ; je te rappelle que la-dite trilogie se termine par « Le Chevalier inexistant »... Et souviens-t-en, la vie et la gloire de César se résolvent en une pantalonnade... Et finissent en « Tu quoque... » adressé à Brutus... Sauf que Brutus usa vraiment du couteau et donna vraiment le coup de grâce, en répandant vraiment le sang et en laissant vraiment le grand César sur le carreau. Tu te souviens de cet épisode tragique... Il y eut toujours à Rome, mais bien plus tard, un second (et sans doute bien d'autres dans la papauté romaine... mais je n'ai ni le goût, ni le temps de faire l'énumération des papes empoisonnés, défenestrés ou pensionnés avant l'heure divine) épisode de liquidation par les proches ; tragi-comique celui-là advînt au Grand Conseil du PNF (Parti national fasciste) le 25 juillet 1943, le grand Duce entrait au Conseil en maître et en sortait déchu... en direction de la prison.


Oui, oui, je me souviens bien tout cela... La gloriole se dissolvait en farce... Mais aujourd'hui ?


Aujourd’hui, on voit ainsi le ridicule submerger le clone de César, sa version télévisuelle, son cartoon, le prestidigitateur manchot n'arrive plus à faire illusion... et plouf... il retombe dans la mare de ses marelles, dans la boue de ses poubelles, dans la curée de ses querelles... Car il n'est pas au bout de ses peines... L'empire de ses « affaires » va se disloquer lui aussi... Ce sera la débandade... Il n'y aura plus de petite pilule bleue pour le soutenir dans ses exploits…Cependant, pour la comparaison avec la geste de Jules, on ne l'entendit pas telle une pleureuse exhaler des lamentations interminables et exciper de son grand âge, de sa calvitie ou de sa « fiancée »... Mais pour en revenir à César, je crois t’avoir déjà conseillé la lecture de Bertolt Brecht et de son excellent roman « Les Affaires de Monsieur Jules César »... On y voit comment en ayant des dettes immenses, on se sauve en faisant des dettes plus immenses encore pour acheter ses électeurs, comment intimider ses opposants et ses proches, comment liquider ses alliés quand ils deviennent encombrants ou concurrents, comment distribuer des prébendes et des petits cadeaux... À ce propos, regarde le texte de la canzone du Grand Jojo :

« Tout fier et victorieux sur son grand char
Il ordonnait qu'on distribue de la bière
Qu'on buvait à la santé de… César !

Les gladiateurs dans l'arène
Passaient avec des sandwiches boudin noir
La fiesta durait parfois six semaines
Il fallait l'avoir vu pour… le croire!! »

Et n'oublie pas que le Grand Jojo vit à Bruxelles et qu'on a vu en ce pays un Premier Ministre qui faisait campagne (et les gagnait) à coups de soupers aux boudins et de colis de viande. Quant aux tournées de bières, elles sont de tous les partis.


Bon, maintenant, il ne reste plus qu'à attendre la suite du feuilleton...


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane



Finalement, l'âne avait parlé juste, avec sa chanson L'Hélicon de Berluscon, mais trop vite, trop tôt ... C'est que bien des humains sont durs de la comprenure, ce qui veut simplement dire « lents à comprendre ».


Marco Valdo M.I.



Et pour la bonne bouche ou la bonne oreille ou le bon pied ou le bon œil...



L'Hélicon de Berluscon


Parodie de langue française – L'Hélicon de Berluscon – Lucien Lane – 2010
d'après L'Hélicon – Boby Lapointe, 1963






Oh, oh, Marco Valdo M.I. mon ami, je viens de faire une parodie.

Encore... et à propos de quoi ? De qui ?

Tu connais Boby Lapointe... Je sais que tu le connais et même, presque par cœur... Moi aussi d'ailleurs. J'adore ses chansons. L'ennui, c'est qu'elles sont d'un genre particulier, celui de Boby très précisément. Et qu'elles ont peu de chance d'être dans les CCG. Pourtant, à mon sens, elles devraient y être, parce que... comment dire ?, elles sont par nature des Chansons contre la Guerre. Boby était un gars éminemment pacifique et amilitariste. « Une idée de l'adjudant, qu'en avait très peu pourtant... des idées... »... Il était tellement amilitariste qu'il n'a jamais fait de chansons explicitement contre la guerre... Cela dit, il nous a donné des chansons loufoques, du moins en apparence; de ces chansons qui mettent à mal le « sérieux », cette plaie de toute société, ce corset de l'intelligence et de la liberté, ce fondement de l'autorité et du pouvoir. L'ironie, la dérision sont des respirations essentielles... C'est un peu le ton de celle-ci... J'ai conservé l'hélicon... Un excellent instrument dont je propose l'usage au destructeur de l'Italie et à tous les tenants du pouvoir...

Dans le fond, tu as raison, s'il pouvait aller jouer de l'hélicon... Ce serait bien pour lui et pour tout le monde. Quoique, pauvres Tunisiens !

Bon, d'accord, ce n'est pas l'œuvre du siècle... Mais qui a jamais demandé à une parodie d'être un chef d'œuvre... Et puis, je suis un âne, moi. J'avais juste envie de fustiger ce dément, de lui faire savoir la haute considération que je lui porte. Hihan...
Et enfin, comme disait Boris Vian...

« Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j'écris des vers
C'est que ça m'amuse … »

Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane










Silvio, tu as déjà passé septante ans
Tes vieilles dents sucent les fraises
On ne veut plus d'elles au trapèze
Tu devrais t'en aller, il est temps.
Tu devrais jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Dans ton petit cirque ambulant
Il y a un tas de fainéants
Choisis donc plutôt d'être papi
En Tunisie comme Craxi
Tu pourras y jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

N'en parlons plus mauvaise tête
Tiens va donc là-bas faire des fêtes
Et manger des haricots de moutons
On t'attend déjà à Hammamet
Tu pourras y jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Silvio, tu es bien polisson
De te moquer de la population
La poulationtion qui est si bonne
Eh! que t'importe la population
Va-t-en jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon

Laisse donc cette population
Qui est trop bonne pour toi
Et va trouver d'autres serpents
Tu pourras jouer avec au boa
Pas du hautbois de l'hélicon
Pon pon pon pon

Eh bien, y'a ton ami Kadhafi
C'est ça, le vrai gouvernement
Si tu veux, va jouer avec lui
Il est vraiment très puissant
Jouez ensemble de l'hélicon
Pon pon pon pon

Ah! il nous énerve,
Ah! c'en est trop
Tiens: pan pan pan boum, toc il tombe
On l'a tué à coups de marteau
Et l'on a fait graver dessus sa tombe
"Il voulait jouer de l'hélicon
Pon pon pon pon
Con"

mardi 1 octobre 2013

POÈTES ANDALOUS

POÈTES ANDALOUS


Version française – POÈTES ANDALOUS – Marco Valdo M.I. – 2013
Chanson espagnole – Poetas andaluces – Los Aguaviva – 1970

Poème Balada para los poetas andaluces de hoy de Rafael Alberti (1953)
Musique : Manolo Díaz – 
1970



Chantent encore les poètes andalous

C'était en 1970 et, en Espagne, le généralissime Franco jouirait d'encore bien cinq ans de sa dégoûtante vie. Le poète andalou de lointaine origine toscane Rafael Alberti (son grand-père Tommaso Alberti Sanguinetti était un garibaldien pistoiais réfugié en Espagne) était par contre en exil en Italie. Faisant partie de la fameuse Generación de '27, comme Aleixandre, García Lorca, Salinas et Guillén, il avait adhéré au Parti Communiste et avait combattu le franquisme ; depuis 1939, il n'était plus rentré en Espagne ; depuis 1963, il vivait à Rome.
Son poème « Balada pare los poetas andaluces de hoy » parle du présent d'alors, des poètes andalous de cet aujourd'hui qui se retrouvaient seuls, après que leurs prédécesseurs, les hommes libres, avaient été détruits, anéantis, exilés par la dictature franquiste. Une poésie où la liberté se heurte au désert, à la solitude. Les poètes existent encore, mais que chantent-ils, que voient-ils, que ressentent-ils ? Ils chantent, voient et entendent avec des voix d'hommes, mais les hommes n'y sont plus. Ils sont seuls.
Il semble que l'Andalousie entière soit restée sans rien, privée de ses meilleurs hommes. Tuée par les fusils des traîtres, envoyée au loin sans plus d'espoir de retour. Et Alberti, qui était profondément andalou malgré l'exil qui l'avait ramené sur la terre de ses lointains aïeux, le sentait bien, mieux que les autres. Il le sentira encore plus lorsque, trois ans après, son ami et camarade Pablo Neruda, qui avait l'Espagne dans son cœur, mourra, seul, dans l'horreur d'une autre dictature qui avait à peine commencé à ensanglanter le Chili ; il lui dédiera, à Florence, un discours ému commencé dans un italien incertain et poursuivi en espagnol, et un volume intitulé « A Pablo Neruda, con Chile en el corazón»
Mais les poètes ne sont jamais seuls. Ils chantent, regardent et entendent plus haut ; d'autres voix répondront, d'autres yeux regarderont, d'autres oreilles entendront. Avec cette poésie, Rafael Alberti énonce dans la manière la plus simple (la simplicité est le vrai mètre de la grande poésie) la manière avec laquelle les poètes communiquent, même lorsque leur terre est en proie à la plus sombre et la plus noire solitude de la tyrannie.
Cette même année 1970, un groupe folkloriste espagnol, Los Aguaviva, qui jouissait alors d'une discrète renommée, même en Italie, décida de mettre en musique cette poésie, en la réélaborant pour l'adapter à la mélodie composée leur leader, producteur et compositeur Manolo Díaz. C'étaient vraiment d'autres temps, des temps où une poésie du genre de Rafael Alberti, mise en musique et chantée par un groupe folk espagnol pouvait bondir en tête des classements des disques les plus vendus. Présentée avec le titre abrégé de Poetas andaluces, elle réussit à entrer dans le hit parade italien. On l’entendait jusque dans les juke boxes.
Et je m'en souviens aussi ; rapportée chez nous par mon frère aîné Francesco, qui en était littéralement tombé amoureux, je me vois me la chantonner gamin, , même sur la plage : « hombres, dónde los hombres ? », comprenant à peine le sens des mots. Une des chansons remisée dans un coin de mon esprit, et sortie aujourd'hui par Adriana, que je voudrais remercier de façon entièrement spéciale ; en construisant une page qui en soit digne. [RV]


Apparemment, le chant d'Alberti a été entendu et à présent, l'Andalousie offre ses poètes sans voiles au monde entier : http://www.poetasandaluces.com/index.asp
[Lucien Lane]



Rafael Alberti


Apparemment, ce tableau du peintre Abbé Nozal [http://nozal.com/pintura/piedra.htm] représentant le visage de Rafael Alberti -  poète andalou, aurait lui aussi disparu... Si j'en crois ce message qui l'accompagne :
« -Si si usted, de pronto, cree haber visto este cuadro en algún lugar y puede ofrecer alguna pista de su paradero, por favor comuníquelo de inmediato a través de email. Gracias.



Si vous croyez avoir vu ce tableau dans un certain lieu et pouvez offrir une certaine piste pour le trouver, voulez-vous s'il vous plaît la communiquer immédiatement via cet email. Merci. »







Que chantent les poètes andalous d'à présent ?
Que voient les poètes andalous d'à présent ?
Qu'entendent les poètes andalous d'à présent ?

Ils chantent d'une voix d'homme. Mais, où sont les hommes ?
Avec des yeux d'homme, ils voient. Mais, où sont les hommes ?
Avec leur poitrine d'homme, ils ressentent. Mais, où sont les hommes ?

Ils chantent, et quand ils chantent, on dirait qu'ils sont seuls
Ils voient, et quand ils voient, on dirait qu'ils sont seuls
Ils entendent, et quand ils entendent, on dirait qu'ils sont seuls

Que chantent les poètes andalous d'à présent ?
Que surveillent les poètes andalous d'à présent ?
Qu'entendent les poètes andalous d'à présent ?

Et quand ils chantent, on dirait qu'ils sont seuls
Et quand ils surveillent, on dirait qu'ils sont seuls
Et quand ils entendent, on dirait qu'ils sont seuls

Mais, où sont les hommes ?

Peut-être qu'en Andalousie, il n'y a plus personne
Peut-être que dans les montagnes andalouses, il n'y a plus personne
Que sur les terres et les mers andalouses, il n'y a personne ?

N'y a-t-il plus personne qui réponde à la voix du poète,
Qui voie le cœur sans voiles du poète ?
Tant de choses sont mortes, il n'y a plus rien que le poète

Chantez haut, vous entendrez ce qu'entendent d'autres oreilles
Regardez haut, vous verrez ce que voient les autres yeux
Battez haut le cœur, vous saurez où palpite un autre sang

Même enterré dans son obscur sous-sol, le poète n'est pas seul
Son chant monte du plus profond,
Quand il sort au jour, il est déjà à tous les hommes.
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes
Et déjà, sa chanson est à tous les hommes


samedi 28 septembre 2013

Jules César

Jules César

Chanson française – Grand Jojo – 1982

http://www.youtube.com/watch?v=M8JP0SUz-FY
http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=M8JP0SUz-FY








Mon cher Lucien l'âne, mon ami, toi qui as connu la Rome Antique, toi qui as circulé tout au travers de l'Empire, toi qui as accompagné les légions au travers des territoires, franchi les Alpes, surmonté les Pyrénées, tu as certainement dû rencontrer Jules César, l'envahisseur de la Gaule, celui qui plus tard écrivit – tant il avait pris de raclées dans nos paysages vallonnés et boisés : « Horum omnium fortissimi sunt Belgae, propterea quod a cultu atque humanitate provinciae longissime absunt, minimeque ad eos mercatores saepe commeant atque ea quae ad effeminandos animos pertinent inportant, proximique sunt Germanis, qui trans Rhenum incolunt, quibuscum continenter bellum gerunt. ». J'imagine que cette péripétie de l'histoire gauloise, tu as dû l'entendre des milliers de fois lors des campagnes des Gaules par les légions romaines, dont parle si bien notre ami Ricet Barriet dans sa version des bords de Marne, intitulée La Java des Gaulois. [[40011]]


Oui, certes, mais Marco Valdo M.I. mon ami, je l'ai même porté sur mon dos, ce vieux guerrier chauve avec sa couronne grise sur la tête ; je l'ai même supporté dans son triomphe avec ses lauriers, qu'il lui fallait remettre en place constamment, car ils glissaient sur son crâne comme un skieur sur la neige. Je l'entends encore qui serinait à longueur d'étapes, pendant que marchaient d'un pas alerte ses légions, son « Veni, vidi, vici ». Entre nous, c'était une vaste blague, il n’arrêtait pas de se faire lanterner par les Gaulois, qui se retiraient à son approche et revenaient une fois les matamores passés. Mais peux-tu me dire pourquoi tu me parles de tout ça ?


Je peux le dire... comme pouvait le dire évidemment l'éminent Sar, incarné par Pierre Dac, philosophe disciple de Mordicus d'Athènes. Pour ton plaisir et celui de tous nos amis, je t'offre une version de ce sketch du grand Sar de l'Indre, sans doute le plus célèbre duo des compères Francis Blanche et Pierre Dac, sketch où l'on entend le fameux « Il peut le dire » [http://www.youtube.com/watch?v=YXCIwSgXYX0], mais aussi une autre version sans doute plus connue encore http://www.youtube.com/watch?v=SIKtYsdKOJw ].

Donc, je te parle de tout cela pour te faire comprendre le lien qu'il y a entre cette canzone du Grand Jojo et les Chansons contre la Guerre. Les fauteurs de guerre, les puissants de ce monde et comme il apparaît ici, ceux de l’Antiquité déjà, ont toujours eu le goût des triomphes et de la pompe qui les magnifiaient. A contrario, les moquer, les ridiculiser, les brocarder a toujours été un moyen de les dénoncer, de les affaiblir et de les combattre. Dans la Guerre de Cent Mille Ans (et dès lors, dans toutes les guerres, qui n'en sont jamais que des épisodes partiels), la lutte symbolique, la lutte autour de la respectabilité du pouvoir, de ses manifestations les plus diverses, de ses préceptes et de ses représentants a toujours constitué un enjeu essentiel, une des dimensions fondamentales de l’affrontement. D'où le crime de lèse-majesté ou les sanctions prévues pour protéger la personne « inviolable » du Chef, qu'il soit Roi, Empereur, Caudillo, Conducator ou Président. L'homme est aussi un être symbolique, son monde est aussi un monde symbolique. Il suffit de réfléchir un instant au rôle du drapeau, des médailles, des hymnes, des sonneries, des cortèges, des uniformes et hors de la sphère militaire, le rôle du costume, de la cravate, de l'apparence, de l'automobile, de la coupe de la chemise, jusqu'à la manucure et la coupe cheveux... La Guerre de Cent Mille Ans s'insinue et se mène jusque dans les apparences.


Jusque là, Marco Valdo M.I., je t'ai suivi et je suis parfaitement d'accord. Mais, dis-moi, la canzone elle-même ?


Comme son titre te l'indique, elle chansonne Jules César, dont il te souviendra qu'il fut un général romain, un consul et finalement, si je ne me trompe, un « dictateur à vie », précurseur de l'Empire. C'est en quelque sorte l'archétype de tous les Empereurs (son nom de César et ses variantes Czar, tsar... désignera l'Empereur), le symbole et le rêve de tous les candidats au pouvoir suprême, de tous les « bâtisseurs d'empire » de l'Occident. Peu importe, faut-il le préciser, qu'ils soient formellement « empereurs », qu'il y ait formellement un empire ou que leur empire soit une peau de chagrin ou une bulle en suspension dans l'air du temps. Donc, brocarder César, le mettre en jupette face à l'Histoire, lui ôter son falzar ou autrement dit, son pantalon, c'est – par extension ou par un biais – s'en prendre à tous ceux-là – empereurs, dictateurs, présidents... qui se complaisent et se gonflent de leur pouvoir ou de leur fonction. Une telle chanson dans le Portugal de Salazar, l'Espagne de Franco, l'Italie de Mussolini (pour en rester aux pays latins) aurait valu à son auteur de redoutables remontrances, si ce n'est pire. Thyl et Chveik [[8859]] l'avaient appris à leurs dépens. Ceci reste vrai même si l'intention première de l'auteur de la chanson était tout simplement d'amuser et de faire rire son public.


Sur ce dernier point, Marco Valdo M.I. mon ami, tu as raison ; il est dangereux de faire rire et par ailleurs, parfois, la chanson prend son autonomie et impose d'elle-même son sens profond. Aussi, souvent la chanson, celle-ci en particulier, tisse le linceul de ce vieux monde dictatorial, impérial, respectueux de l'ordre établi, compassé, triomphal, césarien et cacochyme.



Heureusement !


Ainsi Parlaient Marco Valdo M.I. et Lucien Lane






Je vais vous raconter l'histoire banale
De Jules César qui était empereur
Il avait un long nez comme une banane
Et ses oreilles étaient comme des… choux-fleurs !

Le soir doucement sur ses chaussettes
En pyjama en-dessous de son peignoir
Il retrouvait Cléopâtre en cachette
Mais ça personne ne pouvait le… savoir !

Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar

Quand Jules César revenait de la guerre
Tout fier et victorieux sur son grand char
Il ordonnait qu'on distribue de la bière
Qu'on buvait à la santé de… César !

Les gladiateurs dans l'arène
Passaient avec des sandwiches boudin noir
La fiesta durait parfois six semaines
Il fallait l'avoir vu pour… le croire!!

Cléopâtre un jour lui a dit peut-être
Je vivrai chez toi, je quitterai mon rez-de-chaussée
Fou de joie, il cria par la fenêtre : Yodel lala itou
Tous les Romains ont dit il est… cinglé!
Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar


Jules César
On l'appelait Jules César
Il ne mettait pas de falzar
Pour qu'on voie ses belles jambes
Ses jolies jambes
Ses jambes de Superstar